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[PORTRAIT] Marie-Claude Sarr : Ambassadrice des saveurs sénégalaises à Genève

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Marie-Claude Sarr ! À Genève, rue de Bâle, ce nom renvoie au Thiebou dieune ou aux plats sénégalais. D’étudiante au début des années 2000, elle est devenue spécialiste de la cuisine sénégalaise tant courue et fréquentée. Une activité qui marche et lui permet de créer des emplois.



La Coupe du monde bat son plein. La Suisse vient de battre la Serbie. Une victoire lui ouvrant la porte des huitièmes de finale. Dans un restaurant genevois, Africains et Européens sont à table dans un environnement convivial, chaleureux. Ça rigole, ça chahute. Ensemble, ils consomment sans modération, un plat bien sénégalais. Le «Thieré mboum» est la vedette du soir. «On se croirait en terre sérère ». Mais, en réalité, on est en plein cœur de Genève où un froid glacial dicte sa loi, en ce début du mois de décembre. Loin de son pays, le Sénégal, Marie-Claude Sarr fait des heureux, en promouvant la cuisine sénégalaise. «Je vends mon pays à travers les plats proposés à la clientèle. Les plats africains, notamment sénégalais, sont bien adoptés par les Blancs qui sont à la recherche de la cuisine africaine. En semaine, ce sont eux qui fréquentent le plus notre restaurant. Thiebou dieune, Yassa, Mafé, Thiebou yapp, Thieré Mboum, tout est demandé et consommé», dit Marie Claude, toute souriante, en face des murs décorés par endroit avec du Wax.
Et pourtant, lorsqu’elle rejoint la Suisse en 2002, elle ne s’imaginait pas tomber dans le créneau de la restauration. Mais c’était sans compter avec les caprices du destin. En effet, deux ans après son arrivée, Marie-Claude est obligée de mettre un terme à ses études universitaires. C’est le début d’une carrière dans la restauration pour une passionnée de la cuisine. Elle commence comme employée dans une boîte. «J’ai commencé à travailler dans la restauration qui est une passion pour moi. J’ai débuté avec un patron qui m’aimait beaucoup et me motivait tous les jours», renseigne-t-elle, entourée de tables prêtes à accueillir des délégations.

D’employée à employeuse

Lorsque son patron devait ouvrir un autre restaurant, elle reçoit une proposition de collaboration avec 50 % des parts. Occasion qu’elle saisit pour se faire une santé financière et ensuite voler de ses propres ailes. Ainsi, en 2014, elle décide de travailler à son propre compte. En 2020, elle ouvre le grand restaurant dénommé Palmarin, à Genève, Rue de Bâle 14. Des débuts difficiles, puisqu’ayant coïncidé avec le début de la pandémie de la Covid-19. «Un mois après l’ouverture, la Covid-19 est arrivée. C’était compliqué. On ne travaillait pas et on était obligé de payer la location tous les mois. Avec l’aide de Dieu on s’est relevé », souligne Marie-Claude. À côté des affres de la pandémie, elle devait faire face à la stigmatisation et aux descentes fréquentes des contrôleurs. «Ces difficultés m’ont forgée. Je me suis battue, évitant de dormir sur mes lauriers», relate-t-elle. Avec le temps, les activités se sont consolidées et elle a réussi à créer des emplois. «On travaille en famille et on reçoit les étudiants de temps en temps. Les emplois tournent entre cinq et sept», informe la jeune dame de 40 ans.

Attachée aux racines

Le restaurant Palmarin au cœur de Genève affiche fièrement plusieurs personnalités africaines. Des portraits de Léopold Sédar Senghor, Amilcar Cabral, Ndatté Yalla, entre autres, sont accrochés au mur. Marie-Claude se dit attachée à ses racines sénégalaises et sérères. D’où le nom du restaurant «Palmarin».

«Je suis originaire de Palmarin, à Djiwalo (Joal). J’y vais tout le temps. Je ne joue pas avec mes racines. Elles constituent ma richesse. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi ce nom», chantonne-t-elle fièrement. Ainsi, souligne-t-elle, le Sénégal est bien représenté dans la mesure où les plats proposés sont adoptés. «Les plats africains notamment sénégalais sont bien adoptés par les Blancs. Ils sont à la recherche de la cuisine africaine. En semaine, ce sont eux qui fréquentent le plus notre restaurant. On fait tous les efforts possibles pour satisfaire la demande et promouvoir la cuisine africaine. C’est une fierté de représenter mon pays par la culture et par la cuisine. Je me bats pour ce challenge. Je veux que les Africains soient aimés et distingués», souligne Marie-Claude. Elle est déjà aimée et distinguée aux yeux d’Ismaïl. L’Ivoirien rencontré vendredi 2 décembre, quelques minutes avant la soirée dansante, raffole du «Thiebou dieune ».

« Nous avons goûté et aimé. Marie-Claude nous rappelle et nous fait aimer les saveurs africaines », témoigne le bonhomme. À table, Tolotra, journaliste malgache, savoure son plat de Yassa au poulet. Même s’il peine à le prononcer, c’est tout bon pour lui. «Avant-hier, j’ai découvert le Thiebou dieune, aujourd’hui c’est le Yassa, vive l’Afrique !», s’exclame-t-il, déjà amoureux de la cuisine de Marie-Claude. Une dame qui compte se faire un nom, promouvoir son terroir, qu’il vente, pleuve ou…neige.

LeSoleil

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Dimanche 11 Décembre 2022




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