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Sénégal : le taux d'utilisation de la planification familiale serait de 22%

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Voilà une question qui devrait être sur toutes les lèvres des passionnés du bien-être.

Le Sénégal est un pays exemplaire de par son hospitalité, sa magnanimité, mais surtout du fait de l’éternelle cohabitation entre les différentes religions. Contrairement à plusieurs pays d’Afrique où des guerres ethniques sont légion, le Sénégal garde une image très honorable. Cette place, elle la doit sans doute aux magnifiques travaux mis en œuvre par ces illustres érudits que sont les Cheikh Ahmadou Bamba, Mame Malick Sy, Baye Niasse, El Hadji Oumar, Cardinal Thiandoum, etc. Donc sur le plan social et spirituel, le Sénégal se porte bien. En effet, les sénégalais sont aussi très ancrés dans les croyances culturelles, ce qui fait qu’il est parfois même difficile de faire passer certaines politiques malgré les avantages qu’elles peuvent offrir.

La planification familiale qui est pourtant une bonne politique socio-économique n’échappe pas à la règle. Bien qu’ayant déjà montré ses avantages indéniables dans pas mal de pays qui ont parvenu à maitriser leur politique de natalité, elle peine à se faire approprier dans notre pays.

Au Sénégal, le taux de mortalité infanto-juvénile est de 51 pour 1000 naissantes vivantes selon une enquête publiée par l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie. Le taux de mortalité maternelle reste toujours élevé et se situe à 315 pour 100 000 naissances vivantes (ANSD, EDS 2014).

Et pourtant, la planification familiale permet de réduire les taux de mortalité maternelle et infantile, et d’améliorer la santé de la mère et de l’enfant.

Alors qu’on pratique la planification familiale au Sénégal depuis des dizaines d’années ! Mais les choses semblent ne pas bouger. Beaucoup de pays à majorité musulmane devancent le Sénégal (22%) sur l’utilisation de la PF tels que le Maroc (67%), l’Iran (74%), l’Indonésie (60%), l’Arabie Saoudite (32%)… (Farzaneh Roudi Fahimi, dans l’Islam et la planification)

Les impacts de la planification familiale sont pourtant réels. Une meilleure santé reproductive, planification familiale incluse, a de multiples répercussions sur l’économie et donc sur le développement durable. Les femmes qui font moins de grossesses à risque accouchent dans de meilleures conditions de sécurité et courent des risques de mortalité inferieurs et sont en meilleure santé. Leurs bébés sont en meilleure santé à leur naissance et le restent au cours de leur petite enfance. Ces améliorations de l’état de santé apportent de multiples avantages économiques : des investissements supérieurs dans la scolarisation, une participation accrue au marché du travail et, à terme, une augmentation des revenus, de l’épargne, l’investissement et de l’accumulation d’actifs. (Rapport UNFPA 2012).Malgré ces nombreux avantages qu’offre la planification familiale certains sénégalais restent toujours réticents.

Ce refus d’accepter la planification est souvent dû à l’ingérence des religieux avec les diverses interprétations. Certains religieux sont réfractaires et excluent toute forme de contraception. D’autres ballaient du revers de la main l’idée selon laquelle la religion interdit la contraception. Ils accusent leurs pairs de faire une mauvaise interprétation des textes sacrés.

Voici un extrait d’une série de déclarations faites par Serigne Abdou Aziz Al Amine, le défunt khalife des Tidiane (paix à son âme) sur la question de la planification familiale à l’occasion de la visite du Groupe de Travail du Cadre des Religieux pour la Santé et le Développement(CRSD) à Tivaoune le Dimanche 19 Octobre 2014 :

« Il y’a une différence entre organisation et limitation. La limitation est interdite par l’islam. L’organisation est une nécessité. Le nombre de femmes et d’enfants doit être organisé. Trop d’enfants est un problème. On doit être capable de les éduquer, de les entretenir. Il faut intégrer cette idée d’organisation dans l’éducation. La planification familiale est valable uniquement dans le cadre du mariage. Il faut organiser la société. La grossesse et l’accouchement sont très douloureux au Sénégal. Ceci rend la femme très faible. L’homme doit aider la femme dans l’espacement des naissances. Tous les islamiques le font. Il faut des argumentaires islamiques »

Donc c’est un vrai problème d’interprétations de la religion qui semble se poser. Les autorités en charge de la question devraient prendre donc la balle au rebond pour mieux discuter avec les religieux et aussi vulgariser davantage la planification familiale via la sante communautaire pour mettre fin à cet imbroglio qui ne profite à personne.

Ameth Niass est étudiant en master 2, santé communautaire, spécialise en promotion de la santé à l’université Alioune Diop de Bambey et Serigne Thiao est étudiant en master 2, santé communautaire à l’université Alioune Diop de Bambey spécialise dans le suivi et l’évaluation des projets et programmes de santé.

seneplus.com

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Vendredi 18 Décembre 2020




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