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SENEGAL-LITTERATURE-PROFIL MARIAMA NDOYE, UNE VIE POUR L’AUTONOMISATION DES FEMMES

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Dakar, 5 nov (APS) - Mariama Ndoye, marraine de l’édition 2018 de la Journée de l’écrivain africain, à l’initiative de l’Association des écrivains du Sénégal (AES), peut se satisfaire d’une carrière littéraire bien remplie, qui a fait de cette Rufisquoise bon teint une femme "puissante", au sens où on peut le dire de ces représentantes de la gent féminine dont le parcours et les choix de vie sans concession sont emblématiques du combat pour l’autonomisation des femmes.



SENEGAL-LITTERATURE-PROFIL MARIAMA NDOYE, UNE VIE POUR L’AUTONOMISATION DES FEMMES

Née en 1953 à Rufisque, d’une téléphoniste et d’un médecin nutritionniste, elle a poursuivi des études de lettres classiques à l’Université de Dakar sanctionnées par une licence de lettres classiques en 1975 et un doctorat en 1982.

Mariama Ndoye a obtenu en 1977 un certificat de muséologie à l’Ecole du Louvre à Paris et occupé les fonctions de conservatrice du Musée d’art africain de l’IFAN (Institut fondamental d’Afrique noire) à Dakar jusqu’en 1986.

Après la Côte-d’Ivoire, où l’écrivaine a séjourné 15 ans, elle a vécu plusieurs années en Tunisie avant de rentrer au Sénégal suite au départ à la retraite de son époux.

Au Sénégal, Mariama Ndoye a été directrice du Livre et de la Lecture au ministère de la Culture de 2011 à 2013, avant d’être nommée, en février 2014, Conservatrice du musée Léopold Sédar Senghor, situé dans l’ancienne résidence du président-poète rachetée par l’Etat du Sénégal, sur la corniche ouest de Dakar.

"J’ai une vie intérieure très intense qui pallie les divers manques", déclare l’écrivaine sénégalaise dans un entretien avec James Gaasch datant de 2000, une manière d’évoquer l’origine de son inspiration, qui lui a valu une riche carrière littéraire.

Entre romans, recueils de nouvelles et livres pour enfants, Mariama Ndoye s’est essayée à plusieurs genres qui laissent admirer son style offensif, mordant et plein d’humour quelquefois, jusqu’à imposer la reconnaissance de son talent.

En 2012, elle remporte ainsi le prix Ivoire pour son roman "L’arbre s’est penché", une récompense dont l’ambition est d’encourager la création et l’expression littéraire en Afrique, de primer et mettre en exergue les meilleures œuvres du continent.

Dans "L’arbre penché", cet ouvrage primé, Mariama Ndoye rend hommage à sa mère décédée, dévoilant au fil de ses souvenirs des pans de vie qui emportent le lecteur dans l’universalité de l’amour et du respect.

"C’EST L’ÉMOTION QUI ME FAIT PRENDRE LA PLUME’’

"Dans mes écrits je parle de ce que j’aime, de ceux que j’aime, de ce qui m’entoure, m’intrigue, me heurte, me hante. Quand j’évoque des êtres réels, j’ai l’honnêteté de les nommer (...). Ce que vivent les gens dans ma société, j’en suis le témoin direct, indirect ou lointain par les média (...)", souligne-t-elle.

Et d’expliquer : "C’est l’émotion qui me fait prendre la plume, or ma famille, mes amis et ma ville m’émeuvent au plus haut point. Mes nouvelles ont des titres qui dévoilent l’inspiration qui est à l’origine de leur création".

Il y a par exemple "Parfums d’enfance" ou "Retrouvailles", des œuvres dans lesquelles l’auteur parle respectivement de son père et de ses camarades de classe, dans la droite ligne de ce parti pris consistant à relater son vécu de manière à suggérer la condition humaine dans un cas particulier.

Dans la même logique, "La légende de Rufisque" (littérature orale) et "Le sceptre de justice" (littérature enfantine), sont-ils deux livres témoignant de ce souci de parler de soi et de son identité pour porter son imaginaire à une perspective universalisante.

Il y a ensuite "Soukey", un dérivé de tous ces classiques qui mettent en scène les transformations de la société sénégalaise au contact de la modernité, avec des héroïnes dont l’éducation est à parfaire mais qui doivent malgré tout apprendre à vivre en ville et à faire avec les préjugés urbains et les mirages.

’’LE SEXE FORT, GÉANT AUX PIEDS D’ARGILE’’

Mais il y a surtout "Comme du bon pain", un livre féministe pourrait-on dire, une critique assumée de la polygamie, ouvrage dans lequel les histoires contées passent volontairement d’un ton sensuel à sous-entendu sensualiste, puisant dans l’imaginaire, la tradition et les pratiques de générations de femmes sénégalaises pour tenir chronique d’un sujet difficilement consensuel.

Usant d’un Je qui se transforme par endroits en un véritable jeu de la narration, l’auteur et son héroïne se font porte-parole de l’éternel féminin, de toutes les femmes dont l’amour a été bafoué par les hommes, représentants de l’éternel masculin.

"Ah, ces tenants du sexe fort, ces géants aux pieds d’argile qui redeviennent enfants dans notre giron !", s’exclame Mariama Ndoye, riant de bon cœur du caractère puéril des hommes, des mastodontes qui aiment rouler des mécaniques mais qui deviennent enfants au moindre grain de sable dans leur programmation.

A la conciliation, Mariama Ndoye semble préférer dans ce livre le tribunal des femmes, des discussions entre femmes, séances de "waxtan" (causerie-leçon de vie-échange d’expérience-communion-détente).

Les déceptions, tromperies et trahisons dans les couples, des histoires d’alcôve contées dans les cercles restreints de l’intimité des femmes mariées sont exposées sans ménagement sur la place publique, pour mettre à jour l’enfer de certains couples.

Lucide, rien pourtant ne pousse l’auteur à une condamnation sans appel, façon de jeter le bébé avec l’eau du bain.

Mariama Ndoye, pour passer, rappelle quelques vérités dont la prise en compte grandit la sincérité de sa prise de parole.

La polygamie dans certains cas précis est une miséricorde divine qui évite de grands maux, le dénuement, la débauche, le triomphe des passions génératrices de désordre, écrit-elle.

Moyen de régulation sociale, la polygamie mettait les veuves (jadis des guerres de religion, aujourd’hui des suites de malnutrition, épidémies, conflits tribaux), les divorcées, les esclaves, à l’abri de la débauche et du dénuement, note-telle.

Cela étant entendu, l’auteur se demande en même temps s’il est judicieux, à l’heure où les couples tanguent, d’instaurer des ménages à trois, quatre, cinq, puisque quand se tenir sur deux jambes est malaisé, marcher sur des béquilles est un exercice périlleux.


b[APS BK/OID

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Lundi 5 Novembre 2018




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