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Mody Fall, acteur-comédien : « Nous devons revaloriser le théâtre sénégalais »

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Son visage est familier aux Sénégalais. L’homme, qui dispose d’un solide capital-expérience, a su s’imposer très tôt dans le 7ème art. C’est à 13 ans, dans les années 1970, que Mody Fall a intégré ce milieu, en pratiquant le théâtre radiophonique. Une époque bien lointaine, rappelle Mody Fall alias Tonton Sène, personnage central de la célèbre série télévisée « Idoles », actuellement au programme d’une chaîne de la place.



Mody Fall, acteur-comédien : « Nous devons revaloriser le théâtre sénégalais »
Quand il entamait sa carrière d’artiste, la télévision n’existait pas encore au Sénégal. C’était dans les années 1970. Mody Fall, acteur-comédien, peut, dès lors, être classé dans la catégorie des doyens. Juste que son visage n’est pas trahi par des rides, même s’il a une barbe touffue de cheveux blancs. Avec une fière allure de jeunesse, quoique tenant sur ses 59 berges, il s’est décidé à épouser toutes les époques avec un réel dynamisme. Son ardeur au travail, connue de tous, lui a certainement permis de se maintenir.

L’homme brille également par son engagement pour l’essor du théâtre sénégalais mais aussi pour la cause sociale. Il est tout heureux de constater que la série télévisée actuelle « Idoles », dans laquelle il incarne le rôle central de Tonton Sène, a connu un grand succès au Sénégal. En témoigne leur nomination, au mois de mai dernier, comme meilleure série sénégalaise par la Calebasse de l’excellence célébrée, selon ses explications, aux Etats-Unis, en Afrique et en Europe.

« Cela traduit une appréciation positive des téléspectateurs sénégalais. Laquelle doit nous pousser à proposer des films qui cadrent avec nos réalités avec une haute portée pédagogique ». Pour le comédien, qui s’est également construit une popularité grâce à l’adaptation du roman de Marouba Fall, « La collégienne », les acteurs sont dans l’obligation de jouer leur partition dans la conscientisation des masses.

Il souligne, dans le même registre, que la série « "Idoles" reflète des réalités de la société sénégalaise à travers ses tares et ses charmes. Elle contribue aussi à valoriser notre cinéma. Dans ce téléfilm, je défends les valeurs morales et déontologiques qui entourent le journalisme. Mais il faut reconnaître que la série prend comme prétexte la presse pour décliner une vision critique sur la société et susciter la réflexion auprès du public. »

Comme il est souvent de coutume, dans les séries, Mody Fall y arbore le manteau du stabilisateur, du régulateur. Un profil qui semble cadrer avec sa personnalité, surtout qu’il essaie, dans la vie courante, d’apporter quiétude et réconfort à son entourage dit-il. Une fontaine de sagesse ?

« Nous ne nous donnons pas en exemple, nous ne nous considérons pas comme des personnes parfaites, mais nous estimons que nous devons faire le maximum pour rendre service à la Nation et tendre vers un véritable développement. Dans tous les domaines de la vie, nous tenons à œuvrer pour un monde meilleur, un monde plus juste », précise l’artiste comédien.

Il souligne que son rayon d’action est très large. Nommé très tôt délégué de quartier, Mody Fall porte aussi la casquette de moniteur de collectivités éducatives. Il est dans toutes les « sauces ». « Suite à des séries de formations sanctionnées de diplômes dans les domaines du paludisme, du sida, de la tuberculose, dans la santé de la reproduction, je participe à des tournées dans le cadre de programme de sensibilisation ou d’exécution de programme sanitaire… », explique M. Fall.

Le fait d’avoir arrêté les études en classe de Seconde n’a jamais altéré son engagement citoyen qui a toujours guidé ses choix professionnels. Mody Fall qui projette l’image d’un esprit réfléchi, traîne aussi un lourd bagage intellectuel. La profondeur de ses pensées qui dénote d’une vaste culture générale singularise cet homme qui se prononce avec aisance sur tous les sujets d’actualité. Une belle intonation de sa voix traduit son côté artistique qui a été bien modulé par des professionnels du 7e art depuis ses débuts, il y a plus de vingt ans. Il cite avec fierté toute une liste de comédiens et d’artistes de renommée qui ont contribué à sa formation.

ENGAGEMENT CITOYEN
« J’ai été quelque part un ouvrier de la scène qui s’est cultivé à travers le théâtre et l’art, pour donner l’impression de l’intellectuel que je suis. Il faut aussi reconnaître que la formation à l’Ecole des arts est l’équivalent de la formation universitaire », ajoute-t-il.

S’il a démarré sa carrière d’artiste en 1972, avec une trajectoire professionnelle assez riche, c’est en 1993 qu’il a eu la chance d’intégrer la division scénique de l’Ecole nationale des arts. « J’ai pu suivre une formation professionnelle de quatre ans dans cette prestigieuse école, précédés par une année d’observation en 1992. Vu que je ne disposais pas du niveau du bac pour intégrer l’Ecole des arts, je suis passé par cette année d’observation pour sortir avec un diplôme d’Etat de l’école nationale en tant qu’acteur comédien professionnel », relate-t-il.

Et quand Mody Fall raconte les grandes dates qui ont marqué sa trajectoire, il y a des risques de perdre le fil. L’homme qui est passé par la Troupe « Juboo » de Grand Dakar, nous décline un parcours professionnel assez riche. De la création de sa troupe théâtrale tout au début de sa carrière, à ses passages à la troupe « Jamoney Tey » puis « Daray kocc », son partenariat avec la Rts et des personnalités influentes, un parcours assez mouvementé qui lui a permis de connaître le succès. Ombre au tableau, son projet avorté de s’inscrire au Conservatoire de Paris en 1984. C’est le début de périodes ténébreuses en France, puis retour à Dakar.

« Cela avait coïncidé avec la période d’austérité ; Abdou Diouf avait bloqué les bourses étrangères. Du coup, je suis resté en France avec le statut d’émigré. Ce fut une expérience assez dure mais enrichissante qui m’a beaucoup apporté dans le domaine de l’art. J’ai pu rencontrer de grands hommes du théâtre comme le défunt Youssoupha Dione, l’un des précurseurs du théâtre professionnel, Seyba Traoré… », raconte l’artiste comédien.

Mody Fall exprime sa fierté d’avoir bénéficié de l’encadrement et de la générosité des anciens tels Abou Camara, Kido Kounta, Mbagnick Dioum, ou encore son professeur de chorégraphie Abdou Bâ, qui est maître chorégraphe, de Mamadou Diop, Jean Pierre Leurs, présenté comme l’un des meilleurs metteurs en scène en Afrique.

Pour autant, l’homme qui affiche une sérénité laissant entrevoir une stabilité financière souligne que les artistes sénégalais ne vivent toujours pas de leur art.

Lui parvient à tirer son épingle du jeu, mais demande au gouvernement de relever le niveau de vie des artistes, surtout que certains croupissent dans la misère. « Il peut certes arriver que dans les films sénégalais l’on perçoit entre 50.000 FCfa et 100.000 FCfa par jour, mais ce sont des opportunités qui ne se présentent qu’une ou deux fois par an », note-t-il. Comme alternative, Mody Fall propose au gouvernement sénégalais de confier les plages publicitaires aux comédiens professionnels pour leur offrir une bouffée d’oxygène. Le frère de la célèbre comédienne Thiaba Ndiaye, que nous avons rencontrée sur un plateau de tournage, n’a pas encore dit son dernier mot…

LeSoleil Par Matel BOCOUM

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Lundi 9 Juillet 2018




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