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MORT D’UNE DIZAINE DE PERSONNES DANS LES MANIFESTATIONS AU SENEGAL La société civile demande l’ouverture d’une «enquête indépendante et crédible»

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Les manifestations meurtrières de ces derniers jours qui ont causé près d’une dizaine de morts dans le rang des manifestants ne peuvent être passées à perte et à profit. Pour la société civile qui continue de condamner vivement l’utilisation de nervis aux côtés des forces de l’ordre, il y a nécessité de mener une « enquête indépendante et crédible, pour situer les responsabilités dans ces morts et condamner les auteurs et autres commanditaires»



MORT D’UNE DIZAINE DE PERSONNES DANS LES MANIFESTATIONS AU SENEGAL La société civile demande l’ouverture d’une «enquête indépendante et crédible»
SEYDI GASSAMA, AMNESTYINTERNATIONAL : «Nous avons demandé, lorsque nous avons été informés des décès, qu’il ait une enquête indépendante et crédible»

«Avant même la déclaration d’Ousmane Sonko avant-hier, lundi, nous de la société civile avions déjà demandé, lorsque nous avons été informés des décès, qu’il ait une enquête indépendante et crédible. Afin de faire la lumière sur les circonstances des décès de ces personnes. Evidemment, pour poursuivre ces auteurs, parce que c’est une exigence de la société civile, de la loi, chaque fois qu’il y a des décès, des morts d’hommes au Sénégal. Alors pour ce, il esttenu de mener une enquête et de poursuivre les auteurs. Et nous sommes en train d’entrer en contact avec les familles des victimes, et nous comptons mettre les avocats à leur disposition pour les assister dans les procédures. Malheureusement, dans ce pays, le parquet a tendance à protéger les membres des forces de sécurité. Parce que ces membres sont protégés doublement par des ordres de poursuite que doit délivrer leur ministère au procureur pour qu’il puisse engager les poursuites. Mais même quand les ordres de poursuite sont donnés, le parquet a tendance à trainer les pieds et ensuite sera classé le dossier sans suite. Donc, nous allons assister les avocats, déposer une plainte avec constitution de partie civile. Ensuite, nous allons faire campagne pour que les auteurs de ces actes soient poursuivis en justice…Je voudrais aussi dire que le premier pas d’une enquête dans ce cadre, c’est l’autopsie…Nous avons eu des informations qu’à Ziguinchor, des certificats de genre de mort sont délivrés par des médecins généralistes. Lorsqu’une personne décède ; que ce soit pour le certificat de genre de mort ou d’autopsie, il faut un médecin légiste et spécialisé. Or, le procureur à Ziguinchor est en train de se faire délivrer des certificats de genre de mort par des médecins généralistes non qualifiés pour ce genre de chose… La société civile demande que tous les corps des personnes décédées dans ces circonstances soient autopsiés parce que partout ce n’est pas fait, nous considérons que c’est déjà une volonté de l’Etat de ne pas faire la lumière sur ces actes».

ABABACAR FALL, SECRETAIRE GENERAL DU GRADEC : «Il y a lieu de mener dans les meilleurs délais une enquête indépendante afin d’identifier les auteurs et les commanditaires de ces meurtres qui ne doivent pas rester impunis»

« Les manifestations qui ont suivi l’arrestation d’Ousmane Sonko ont été d’une rare violence avec son lot de pillages et de saccages de biens publics et privés. Le fait notoire dans cette situation est l’utilisation de nervis ou gros bras que tout le monde a vu à travers des vidéos et des reportages où on a vu des personnes dans des voitures de types pick-up ou à pied, armées de gourdins et machettes, en découdre avec les manifestants. Ce qui est inacceptable dans un Etat de droit ou l’utilisation de la violence est du seul ressort des forces de défense et de sécurité. Dès lors, peut s’expliquer le nombre de morts qui a été dénombré. Comment ils ont été tués ? Qui les a tués ? Qui a donné l’ordre de tirer ? Tout cela constitue des interrogations légitimes que nous devons nous poser car nous avons des forces de défense et de sécurité connus pour leur professionnalisme. Au-delà de l’émotion que cela suscite, des interrogations et de la décision d’indemniser les familles des victimes, il y a lieu de mener dans les meilleurs délais une enquête indépendante afin d’identifierles auteurs et les commanditaires de ces meurtres qui ne doivent pas rester impunis. Dans une déclaration en date du 7 mars d’ailleurs, notre organisation, le Gradec, a déploré l’utilisation de nervis armés dans des tâches de maintien de l’ordre et avons exigé que des enquêtes soient menées pouridentifier et sanctionner ces nervis ainsi que les auteurs des tueries. Il est également attendu que le ministre de l’Intérieur qui a affirmé publiquement que ces personnes ne sont pas des nervis mais des policiers en civil soit entendu dans la mesure où on les a tous vus agir au vu et au su des forces de sécurité ; ce qui est inacceptable. Même s’il peut arriver quelquefois une bavure, quand ily a un nombre aussi important de manifestants morts par balles, cela est inquiétant ».

ME ASSANE DIOMA NDIAYE, PRESIDENT DE LA LSDH : «Il est important... d’ouvrir des enquêtes impartiales et indépendantes»

Joint au téléphone par la rédaction de Dakaractu, Maitre Assane Dioma Ndiaye souligne que « si on en arrive à dénombrer autant de morts, c’est parce que la démocratie a failli. Donc, aujourd’hui, au-delà de tout ce qui a été dit, je pense qu’on doit avoir la lucidité de ne pas chercher des faux-fuyants, invoquer des forces étrangères ou autres prétextes me paraît dérisoire face au drame humain que nous avons vécu. C’est le peuple sénégalais qui a été victime. Un seul mort déjà c’est trop, maintenant qu’on en arrive à dix morts officiellement est inimaginable pour le Sénégal qui était jadis paisible et stable du point de vue du fonctionnement social », a-t-il expliqué avant d’ajouter : « C’est pourquoi en tant que militant des droits de l’homme, nous avons très tôt réagi pour déplorer, demander l’ouverture d’une enquête indépendante mais appeler au calme et à la retenue. Que chacun sache que la vie humaine est sacrée et l’État a l’obligation de protéger la vie humaine comme le souligne la Constitution sénégalaise. » Selon le juriste, l’État ne doit pas se limiter à indemniser les familles des victimes comme il a eu à le faire avec ceux du bateau ‘’Le Joola’’. « Car, dit-il, ces dysfonctionnements démocratiques engendrent une réitération des faits. Chaque fois qu’on n’a pas le courage d’affronter un dysfonctionnement démocratique, on risque de générer encore de tels faits qui entravent l’efficience de la démocratie. C’est important pourles victimes de pouvoir pardonner mais pour pardonner, il faut que justice se fasse. Mais, si vous refusez une justice à la victime, vous êtes dans ce qu’on appelle un déni de justice qui engendre une frustration qui est la source de violence et on est dans une sorte de cercle infernal. C’est pourquoi il est important quelles que soient les circonstances, la volonté d’apaisement de s’arrêter quand il y a des faits aussi graves surtout d’atteinte à la vie humaine, d’ouvrir des enquêtes impartiales et indépendantes de situer les responsables. Et à partir de là, la société en tire une plus-value»

SudOnLine PAR BARTHELEMY J.COLY (STAGIAIRE) & M D

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Mercredi 10 Mars 2021




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