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La fiscalité, un outil pour aplanir les inégalités

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La fiscalité, un outil pour aplanir les inégalités
La question des inégalités est l’une des plus débattues dans le monde. De Hong Kong au Santiago, en passant par Paris, Beyrouth, Alger et Bagdad, partout des foules en colère se soulèvent. Pour le politiste Bertrand Badie, la simultanéité de ce mouvement, qui touche une douzaine de pays dans le monde, est le signe que «l’acte II de la mondialisation a commencé» et que «dans le nouveau face-à-face entre le politique et le social, ce dernier l’emporte largement» (Le Monde du 8 novembre).
Si les motifs diffèrent, selon le contexte, ces soulèvements ont en commun, en toile de fond, la dénonciation des inégalités. D’ailleurs, il y a quelques constantes dans ces révoltes mondiales. A chaque fois, il suffit d’une petite étincelle – la hausse des taxes sur le carburant en France, la hausse du prix du ticket de métro à Santiago au Chili, la hausse du prix du pain à Khartoum, un texte de loi d’extradition à Hong Kong, etc. – pour mettre le feu aux poudres, avant que ces révoltes prennent une autre envergure. Même constat dans les revendications, notamment contre l’accroissement des inégalités de richesse et le rejet d’élites ou d’hommes politiques considérés comme «déconnectés» du réel. Une convergence des luttes qui se nourrit, bien entendu, de la mondialisation, avec les réseaux sociaux dans le rôle d’amplificateur. Si l’écart qui sépare les pays pauvres des plus riches semble se réduire, les inégalités au sein mêmes des pays s’accroissent. Ce qui est de plus en plus inacceptable pour bon nombre de citoyens.

Mais que sait-on au juste sur cette question ? En effet, percevoir les inégalités, comme les calculer est loin d’être une chose aisée. Une certitude néanmoins : une minorité concentre de plus en plus les richesses. Et cette tendance ne fait que s’accélérer. Par exemple, aux États-Unis, Jeff Bezos, Bill Gates et Warren Buffett, détiennent ensemble plus de richesse que les 50 % les plus pauvres de la population, soit plus de 160 millions d’individus. Stupéfiants, ces chiffres montrent l’ampleur des inégalités de richesse. Les inégalités de revenus ne sont pas en reste et le phénomène ne va pas en s’améliorant. Le dernier centile (0,1 %), celui des plus hauts revenus, les voit augmenter de 28 % entre 1984 et 2014 tandis que les revenus inférieurs à la médiane n’ont augmenté que de 21 %, souligne l’économiste Alan Auerbach dans une étude. Mais ces deux dimensions (richesse et patrimoine) ne suffisent pas, à elles seules, pour percevoir la complexité du problème.
Alan Auerbach propose une nouvelle approche des inégalités dans les pays développés en étudiant les dépenses tout au long de la vie, après imposition et redistribution. Partant de ce postulat de base, il a réussi a démontré, avec Laurence J. Kotlikoff et Darryl Koehler, que si les inégalités de richesse et de revenu existent aux Etats-Unis, ils sont « adoucies par la progressivité du système fiscal états-unien ». Leur étude englobe tout le système d’imposition des États-Unis et prend en compte les inégalités sur le long terme en calculant les dépenses et taxes tout au long de la vie des individus.
Alors que le 1 % des individus les plus riches, âgés de 40 à 49 ans détient 34,1 % des richesses aux États-Unis, cette population ne représente que 14,5 % du total des dépenses disponibles. Par contraste, 1/5 des plus pauvres détient 0,6 % de la richesse totale (de cette même tranche d’âge) mais dispose de 7,3 % du total des dépenses disponibles.

Entre inégalités de richesse et inégalités de dépense, la différence n’est pas négligeable. Pour les auteurs, la raison vient en partie du système fiscal qui atténue les inégalités de revenus en redistribuant les ressources. Autrement dit, les inégalités sont aplanies grâce à la progressivité du système américain. Le taux moyen d’imposition tout au long de la vie s’accroît avec les ressources des individus. Ainsi, le top 1% des quadragénaires paye 34,5 % d’impôt, tandis que le quintile (le cinquième ou 20 %) le plus bas reçoit 46,6 % de la ressource redistribuée sous forme d’allocation.
L’autre constat, c’est que les inégalités de richesse «s’atténuent avec l’âge alors que les inégalités de revenus augmentent passant de 14,3 % pour les 1 % les plus riches âgés de 20-29 ans à 27 % pour les 60-69 ans». Ce rappel nous permet au moins de faire un constat : la fiscalité constitue un outil non négligeable à la disposition des Etats pour aplanir les inégalités, à défaut de pouvoir les gommer. Pour dire que le politique n’a pas totalement perdu la main. Il suffit simplement de la volonté. Mais c’est peut-être ce qu’il y a de plus difficile tant le politique est aujourd’hui dominé par les puissances d’argent !

• Par Seydou KA



Lesoleil

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Mardi 19 Novembre 2019




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