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Guiss Mbax Ci Jamm: La libération des femmes autrement

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L’hygiène menstruelle est une problématique courante pour beaucoup de femmes. En effet, les protections hygiéniques requièrent un investissement mensuel conséquent et inaccessible pour certaines. C’est dans cette logique que l’association Yeewi a lancé ses activités d’aide aux femmes afin de leur fournir des protections hygiéniques gratuitement mais aussi de sensibiliser sur les questions d’ordre sexuel.



La dénomination de l’association « Yeewi » trouve son sens dans la motivation qui a abouti à sa création. « En créant Yeewi j’avais pour objectif principal de libérer les femmes mais surtout leur parole sur leurs droits sexuels et reproductifs, qui sont très souvent ignorés et violés », explique Aïcha Rassoul Sène, fondatrice de ladite association.
Yeewi est selon elle une association féministe, donc l’égalité des sexes est au cœur de ses actions. En effet, le droit des femmes commence par une bonne santé. Ainsi, l’association mène entre autres missions, la lutte contre la précarité menstruelle à travers son projet « Guiss Mbax ci jamm ».
« Le but de Guiss Mbax ci Jamm est de faciliter l’accès aux protections hygiéniques réutilisables et jetables aux femmes et aux filles dans les régions de Matam, Kédougou, Kolda, Sédhiou, Fouta mais aussi aux femmes incarcérées au camp pénal de Dakar. Nous avons choisi ces zones à cause du taux de pauvreté important, mais également à cause de la vulnérabilité de la population féminine », explique l’initiatrice Aïcha Rassoul Sène.

Rendre facile l’accès aux kits hygiéniques

« Guiss Mbax Ci Jamm » est le projet phare de Yeewi, car, selon elle, la précarité menstruelle met énormément en danger la santé sexuelle et reproductive des sénégalaises et est un facteur de déscolarisation des filles.
Dans une autre mesure, de nombreuses femmes n’ont pas les moyens d’acheter des serviettes hygiéniques tous les mois. Pire, « certaines ont recours à des matériaux dangereux pour leur appareil génital comme des morceaux de matelas, du papier journal ou des pagnes usés », constate la jeune dame avant d’ajouter « 56% de filles ratent les cours 5 jours par mois car elles n’ont accès ni aux kits d’hygiène ni aux structures sanitaires adéquates dans les écoles », dit-elle en citant Onu Femmes.
L’accès aux kits d’hygiène a un coût. Yeewi a choisi une méthode basée sur une collecte de fonds. « Nous avons lancé deux systèmes de dons : une cagnotte en ligne sur le site GoFundMe et un numéro orange Money. Nous envisageons notamment de collaborer avec certains artistes pour poser avec eux les élans d’une mobilisation financière », détaille la fondatrice Aïcha Rassoul Sène.
Par ailleurs, Yeewi est aussi une association qui tient à la défense des droits des femmes. Deux missions marquent ce volet de l’association: premièrement, elle a pour objectif de permettre aux femmes et aux filles sénégalaises d’être informées sur leur santé sexuelle, car peu d’entre elles ont recours aux services officiels de santé sexuelle et reproductive à cause de la pression des normes culturelles et religieuses. Deuxièment Yeewi veut ouvrir le débat sur tous ces sujets « tabous » au Sénégal en sensibilisant et en informant sur l’excision, l’avortement, la contraception et les règles.

Le combat de la sensibilisation

La lutte des droits précités s’accompagne d’une approche spéciale. Ainsi, la phase de sensibilisation est importante.
Yeewi veut que le tabou autour des règles soit brisé. « Les règles sont un phénomène biologique qui touchent la moitié de l’humanité, soit chaque femme pendant près de 30 ou 40 ans. C’est aussi le phénomène sans lequel l’espèce humaine n’existerait pas. Et pourtant, loin d’être acceptées comme quelque chose de naturel, les menstruations sont toujours la cible d’interdits forts et de mythes », précise Aïcha Sène.
Toujours selon elle, « il est essentiel de parler de la sexualité avec les jeunes car sinon ils iront s’informer ailleurs et le feront de la mauvaise manière. Le manque d’information et la mystification qui entourent tout ce qui a trait à la sexualité et la reproduction est la cause de beaucoup de maux sociétaux comme les avortements illégaux… », explicite Aïcha Rassoul Sène.
Yeewi veut ainsi, sensibiliser les jeunes sur la santé sexuelle et poser ouvertement un débat avec eux. « D’ailleurs nous avons déjà commencé sur les réseaux sociaux à soulever toutes ces questions et c’est impressionnant le nombre de questions que nous recevons par jour sur Instagram. Les filles s’interrogent sur l’absence de leurs règles, la douleur de leur poitrine qui sont des sujets à aborder avec des professionnels de la santé ».
Elle lance un appel à l’Etat afin qu’il rende gratuites les protections hygiéniques dans les établissements scolaires, les prisons et les foyers pour femmes.

Diery Diagne



Lesoleil

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Vendredi 24 Juillet 2020




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