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Et si le président appelait tous les ambitieux de son entourage et ses alliés qui aspirent à accéder à la magistrature suprême à démissionner et à se lancer

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Et si le président appelait tous les ambitieux de son entourage et ses alliés qui aspirent à accéder à la magistrature suprême à démissionner et à se lancer
En 2007, quelques semaines avant le lancement de la campagne électorale pour la présidentielle, le Premier ministre de l’époque, Macky Sall, interviewé par un journaliste de la radio de Sud FM, est interpellé sur ses éventuelles ambitions présidentielles. Il donne alors une réponse on ne peut plus honnête. Pressenti alors pour être le directeur de campagne du candidat Abdoulaye Wade qui se présentait pour un deuxième et logique dernier mandat, Macky Sall déclare en substance, qu’arrivé au niveau où lui-même était, (Premier ministre et numéro 2 du parti au pouvoir), on peut prétendre logiquement être un jour, Président de la République. Il s’empresse cependant d’ajouter que ce sujet n’était pas à l’ordre du jour. Selon lui, ce qui mobilisait toute son énergie était la nécessité de réélire le Président Wade et de lui assurer plus tard une majorité confortable à l’Assemblée nationale.

A la défénestration du PDS, d’Idrissa Seck, lui-même ancien Premier ministre et numéro 2 du Pds, et son remplacement à cette station par Macky Sall, ce dernier semblait avoir réussi à envoyer des signaux clairs sur ses ambitions politiques. Même s’il tenait à montrer une loyauté apparemment sans faille au Président, il a cherché à montrer qu’il n’était « jardinier que de ses propres rêves. »

Aujourd’hui, Macky Sall est dans la même situation que celle de son prédécesseur en 2007. L’actuel Président de la République, numéro 1 de son parti, l’APR, donne l’impression de chercher une situation confortable qu’il semblait refuser à Abdoulaye Wade, bien avant sa réélection pour un deuxième et «dernier» mandat.

Macky Sall avait donné une réponse claire et précise sur le sujet du troisième mandat. Il avait déclaré que la réforme constitutionnelle qu’il avait lui-même soumise aux Sénégalais, ne laissait aucun doute sur le fait que lui ne pourrait plus briguer un autre mandat s’il était réélu en février 2019.

En fin d’année de 2019, moins d’un an après sa réélection au premier tour de l’élection présidentielle, ré-interpellé sur le même sujet, il entame sa réponse en posant une question : « qu’est ce qui a changé entre temps pour que vous me reposiez cette question ? ». Le journaliste insiste. Et Macky Sall répond : « je ne vous dirai ni oui ni non ». Et justifie sa nouvelle position en disant, que s’il donnait une position nette et définitive, le sujet deviendrait une grande distraction dans l’exécution des projets confiés à son équipe politico-administrative.
Cette attitude n’est-elle pas irréaliste ? La question est réellement posée. C’est dans les sphères de Bennoo Bokk Yaakar, la coalition de partis qui le soutient mais aussi et surtout dans les rangs de l’APR, son parti, que la résistance à ce musellement qui ne dit pas son nom, se manifeste avec plus d’intensité.

Tous ceux qui montrent sans ambiguïté leur rêve de succéder à Macky Sall, le font sans gants, soit par les actes qu’ils posent, soit par des déclarations ou par l’utilisation de tireurs embusqués qui envahissent tous les fora sur les réseaux sociaux et dans les médias traditionnels.

Une ambiance délétère envahit donc ce monde composé d’hommes et de femmes dont la poursuite ou l’arrêt immédiat de leurs fonctions est au bout de la plume de Macky Sall, selon qu’ils transgressent ou non cette consigne de ne pas débattre du troisième mandat du Chef de l’Etat, pour ne pas dit-on, divertir le peuple. Cependant, des occupants de postes électifs, qu’ils soient à l’Assemblée nationale ou ailleurs, poussent clairement à la présentation à un troisième mandat. La rumeur ou l’opinion est ainsi vite née que c’est du Palais de la République que viennent les «suggestions» pour défendre la possibilité d’un 3ème mandat, lançant ainsi des ballons de sonde pour évaluer l’état de l’opinion publique. C’est aussi de ce même Palais que tombent les sanctions qui se sont abattues sur tous les récalcitrants qui ont osé déclarer que le Président de la République est à son deuxième et dernier mandat.

Paradoxalement, il semble que tous ceux qui ont apparemment le privilège de discuter de ce sujet avec l’intéressé lui-même, dans un cadre de confiance, affirment sans détour que Macky Sall n’est pas du tout, mais alors pas du tout, dans une logique de se représenter en 2024. Ces confidences pourraient être confortées par les déclarations publiques de l’occupant du Palais. Dans une interview publiée dans le magazine « Les Pouvoirs » distribué au Maroc il y a cinq ans, le président sénégalais décrit sa vie de Chef d’Etat comme étant infernale, et explique que s’il lui arrive d’avoir des nuits de cinq heures de sommeil, cela relève du quasi-miracle. Il ajoute, qu’il peut endurer cet état de fait, parce qu’assuré que quand il quittera le pouvoir, il sera un jeune ancien Président ayant toute la vie devant lui.

Une autre raison qui pourrait pousser le patron de l’APR à clarifier sa position une fois pour toute, est le fait que tous ses opposants tiennent absolument à maintenir le débat relatif au troisième mandat. Ces opposants savent que l’écrasante majorité des Sénégalais s’oppose énergiquement à toute forme de tentative de briguer ce troisième mandat. Des partenaires économiques et financiers du Sénégal n’hésitent pas à mener leurs propres sondages sur ce sujet, considéré comme étant délicat. Ces sondages des partenaires donnent des résultats similaires à ceux obtenus au plan interne, par les politiques sénégalais.

Ce désir de « paradis » post-pouvoir est peut-être très fort chez Macky Sall. Mais il ne faut pas ignorer les fortes pressions de groupes et d’individus qui ne doivent leur existence sociale et l’accès aux ressources qui confère la position de pouvoir qu’au maintien à la tête de l’Etat de leur mentor. Cette pression qui commence à se manifester sous multiples formes est à mesurer contre les avantages d’une sortie glorieuse qui assure un legs historique et une sécurité personnelle et familiale enviable. Certaines indiscrétions font croire que Macky Sall cherche à choisir cette dernière alternative.

D’autant plus que les exemples foisonnent de chefs d’Etat africains qui ont volontairement quitté le pouvoir et qui s’en sont allés pour mener des vies agréables et qui continuent de jouer des rôles utiles et honorables à l’international. Souvenons-nous entre autres, de Alpha Oumar Konaré, Abdou Diouf, Olusegun Obasanjo, Goodluck Jonathan et bientôt Mahamadou Issoufou…

Cependant, les observateurs avertis rappellent qu’aucun chef n’envisage avec plaisir de devenir un président «canard boiteux». Il est évident que le jour où tout le monde sera assuré que le président de la République actuel quittera définitivement l’avenue Léopold Sédar Senghor en 2024, les politiciens professionnels accorderaient difficilement de l’importance à ce que le sortant dit ou fait. Toute la faune de politiciens commencera ses exercices préférés de météo politique.

Face à ce dilemme, pourquoi le Président Sall ne choisirait-il pas un chemin difficile mais qui rendrait sa tâche plus ménageable ? Il serait peut-être plus sain et plus clair s’il appelait tous les ambitieux de son entourage et ses alliés qui aspirent à accéder à la magistrature suprême pour leur dire que chacun est maintenant libre de s’exprimer publiquement et de travailler pour ses ambitions à la condition de se démettre de toutes charges élective et /ou administrative. Dans ces conditions, Macky Sall pourrait exiger de tous ceux qui resteront et qui gèrent des projets à eux confiés, de travailler sans pression politicienne. Cela créerait un air de liberté et une ambiance de travail sans grande pression. Comme celle de ces gestionnaires de l’image des présidents mexicains qui n’exercent qu’un seul mandat de sept ans, sans être obnubilés par la prochaine élection.

CALAME

sudonline.sn

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Lundi 12 Octobre 2020




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