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Endométriose et sexualité

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Qu’est-ce que c’est ?

L’endométriose est une maladie gynécologique causée par la présence de cellules de l'endomètre en-dehors de l'utérus.

L’endométriose est une maladie chronique qui touche 5 à 20% des femmes en âge de procréer, et 40% des femmes se plaignant de douleurs dans bas du ventre.

La maladie peut être asymptomatique et ne pas nécessiter de prise en charge mais elle peut aussi causer des douleurs gynécologiques ponctuelles ou chroniques, et entraîner une infertilité.

Le retard de diagnostic est malheureusement fréquent : il peut s’écouler 8 à 10 ans entre les premiers symptômes et la confirmation du diagnostic.

L’endomètre est le tissu qui tapisse l’utérus. Sous l’effet des hormones (oestrogènes), au cours du cycle, l’endomètre s’épaissit en vue d’une potentielle grossesse, et s’il n’y a pas fécondation, il se désagrège et saigne. Ce sont les règles. Chez la femme qui a de l’endométriose des cellules vont remonter et migrer via les trompes. Le tissu semblable au tissu endométrial qui se développe hors de l’utérus provoque alors des lésions, des adhérences et des kystes ovariens, (endométriomes) dans les organes colonisés. Cette colonisation, si elle a principalement lieu sur les organes génitaux et le péritoine peut fréquemment s’étendre aux appareils urinaire, digestif, et plus rarement pulmonaire.

10 choses à savoir sur l’endométriose

Endométriose et sexualité
1. C’est une maladie fréquente
On estime qu’environ 15 % des femmes, soit une femme sur sept, est touchée par l’endométriose.

2. Les causes sont mal identifiées
Plusieurs facteurs entrent en compte. Dans plus de 10 % des cas, il y a une origine génétique. Mais les facteurs environnementaux sont également importants, notamment les substances chimiques.

Des perturbateurs endocriniens, comme le bisphénol A ou les dioxines, qui entraînent une hyperœstrogénie, se retrouvent dans la chaîne alimentaire. Cela pourrait expliquer, avec d’autres facteurs, l’augmentation des cas d’endométriose.

3. L'endométriose peut toucher plusieurs organes
La maladie est bénigne, mais elle peut franchir certaines frontières de l’organisme. Au départ, les cellules de la paroi de l’utérus (l’endomètre) se mettent à proliférer. Elles se diffusent ensuite dans les trompes et peuvent pénétrer les organes environnants : les ovaires, la vessie, le rectum, le côlon…

Ces cellules endométriales se mettent à saigner, ce qui provoque des hématomes. Pour se défendre, l’organisme fabrique un tissu inflammatoire. C’est ce qui explique l’inflammation chronique et les douleurs.

4. Cette maladie gynécologique impacte la vie quotidienne
Deux tiers des femmes souffrant d’endométriose se plaignent de douleurs. Mais leur intensité est très variable. Celles-ci surviennent essentiellement au moment des règles. Elles peuvent aussi gêner les rapports sexuels. Ces douleurs ont un retentissement important sur la vie quotidienne et le couple. Les arrêts de travail sont fréquents.

5. Il ne faut pas la négliger chez l’adolescente
Les douleurs peuvent survenir dès les premières règles. Une jeune fille qui ne peut plus se rendre au collège ou au lycée parce qu’elle souffre trop au moment des règles devrait consulter un médecin. Ces douleurs sont trop souvent négligées et considérées comme normales.

6. L'endométriose est responsable d’infertilité
Selon leur emplacement, les lésions peuvent gêner la rencontre d’un ovule et d’un spermatozoïde ou empêcher la nidification. C’est pourquoi l’endométriose est responsable d’infertilité dans 30 à 50 % des cas.

Mais la maladie est déroutante. Certaines femmes ont beaucoup d’endométriose et n’auront, pourtant, aucune difficulté à tomber enceinte.

7. Le diagnostic est souvent posé avec retard
Il faut écouter les femmes qui se plaignent d’avoir mal et penser systématiquement à l’endométriose. Une échographie endovaginale, effectuée par un radiologue spécialisé, permet de cartographier précisément les lésions.Mais peu de radiologues sont suffisamment formés à dépister cette maladie. Au minimum, une IRM doit être effectuée.

En matière d’endométriose, le retard au diagnostic est considérable : sept ans en moyenne. Or, ce retard peut avoir des conséquences très importantes en termes de fertilité.

8. La chirurgie ne concerne qu’une minorité de cas
Le traitement principal de l’endométriose consiste à stopper les saignements, en supprimant les règles. Pour cela, une pilule est prescrite et doit être prise en continu.

Dès qu’un désir de grossesse est exprimé, cette contraception est arrêtée. Le cycle menstruel reprend, alors, normalement. Si la douleur revient, elle est combattue avec des antalgiques.

Sans grossesse au bout d’un an, une procréation médicalement assistée est envisagée. En dernier recours, une opération chirurgicale va supprimer les lésions gênantes et, bien souvent, permettre une grossesse. L'opértaion ne concerne qu'environ 10% des cas.

9. On peut s’en sortir
Les problèmes de douleurs et/ou de fertilité trouvent une solution dans 70 % des cas. Encore faut-il être diagnostiquée à temps et correctement prise en charge, ce qui implique un travail en équipe pluridisciplinaire (gynécologue, urologue…).

Depuis peu, des centres labellisés spécialisés dans l’endométriose (Paris, Rouen…) se créent, mais ils sont encore très peu nombreux.

10. Les symptômes disparaissent à la ménopause
À l’arrêt des règles, les symptômes disparaissent, en particulier la douleur. Mais les lésions restent. Il est recommandé d’enlever les kystes endométriosiques de l’ovaire car ils multiplient par 1,5 le risque de cancer.

Quand le sexe fait mal au couple : le cas particulier de l’endométriose

Endométriose et sexualité
D’une part, l’endométriose nécessite la plupart du temps un traitement hormonal progestatif à haute dose qui bloque l’ovulation et la menstruation, pour faire baisser le taux d’œstrogènes. Or ces derniers étant les acteurs principaux du désir sexuel féminin et de l’excitation; s’ils sont diminués, les femmes expérimenteront forcément une baisse du désir et des difficultés lors de lubrification.

D’autre part, les conséquences de la chirurgie dépendront de son étendue. Si elle touche les ovaires, elle sera à l’origine d’une ménopause chirurgicale, avec tout le cortège de symptômes qui l’accompagnent (bouffées de chaleur, sécheresse vaginale, etc.). Si elle touche d’autres organes non sexuels a priori comme le rectum, ses conséquences, notamment dans les cas de stomies, auront également des répercutions sur la sexualité (gêne, honte, etc.).
On va donc voir apparaître souvent des troubles sexuels dits secondaires, comme des dyspareunies, des troubles de l’excitation et des troubles du désir.

Dans tous les cas, lorsqu’on touche à l’intégrité physique ou aux organes sexuels en tant que tels, c’est bien l’image du corps ainsi que le sentiment intrinsèque de féminité de la patiente qui sont touchés, et qu’il va aussi falloir travailler en sexothérapie.

Endométriose et sexualité – Comment s’adapter dans la pratique ?

Endométriose et sexualité
D’une part, je vous conseille vivement de privilégier la douceur, afin d’éviter de vous faire mal. Le slow sex par exemple permet de faire l’amour en conscience, dans la lenteur, et peut tout-à-fait convenir en cas d’endométriose. Le tantra peut également être une pratique envisageable.

En tant que femme, vous savez ce qui vous fait du bien et ce qui est douloureux pour vous. Il est donc important de vous laisser les commandes lors de la rencontre sexuelle, afin que vous puissiez guider votre partenaire, qui doit être alors à l’écoute. La communication est donc essentielle.

D’autre part, une sexualité sans pénétration dans les périodes de douleurs plus importantes (ou même dans certains cas d’endométriose sévère) est souvent préférable. Cela peut paraître frustrant au premier abord, car il s’agit là d’un grand conditionnement sociétal, mais la sexualité n’est pas forcément pénétrante ! Il y a une infinité de pratiques et de caresses n’impliquant pas la pénétration, et qui peuvent grandement vous satisfaire (caresses buccales, massages, masturbation mutuelle, etc.) ! A vous donc de faire preuve d’imagination et de curiosité, votre sexualité s’en verra non pas tronquée, mais véritablement enrichie…

Par ailleurs, les douleurs étant grandement conditionnées par le cycle menstruel (elles sont notamment plus fortes lors de l’ovulation et des lunes ; et parfois le traitement préserve a minima le cycle), vous pouvez tout-à-fait vous adapter en fonction, et durant les périodes plus difficiles, privilégier tendresse, massages, etc.

En outre, si vous souffrez de dyspareunies profondes, vous pouvez par exemple rechercher les positions sexuelles impliquant une pénétration plus superficielle. Un kamasutra ou un simple guide des positions peut donc vous être utile, afin de trouver celles qui ne vous font pas mal, et varier les plaisirs !

Enfin, le problème de sécheresse vaginale peut être résolu (du moins en partie) par du lubrifiant (à vous de trouver celui qui vous convient le mieux ; privilégiez ceux à base d’eau), et le désir peut être réveillé en favorisant la mise en place de moments cocons et de tendresse, pour faire monter le désir même s’il est plus capricieux. Privilégiez alors les massages, mettez l’accent sur les caresses, les ambiances, partez à la découvertes d’autres zones érogènes, qui ne sont pas forcément celles auxquelles vous êtes habituées, et qui peuvent donner un coup de pouce au désir …

En conclusion, je dirais que chaque endométriose est différente, et que chaque femme la vit différemment. Ces conseils ne sont donc que des pistes que vous pouvez explorer en les ajustant à vous-même, votre vécu personnel de la maladie, etc. Je ne saurais que trop vous conseiller de prendre contact avec un sexothérapeute afin d’adapter au mieux votre sexualité, et de travailler sur votre sentiment intrinsèque de féminité.
En tout cas, on peut avoir une sexualité avec une endométriose ; il faut simplement du temps, de l’écoute envers soi-même, de l’indulgence, et de la bienveillance, et ça, pour soi, dans l’absolu c’est quand même pas mal, non ?

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Lundi 14 Octobre 2019




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