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En Angleterre, une élève discriminée pour sa coupe afro reçoit 10.000 euros de dédommagement

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Ce n'est pas la première fois qu'une élève est victime de discrimination raciale fondée sur les cheveux.



Son Certificat général de fin d'études secondaires, Ruby Williams l'aura principalement préparé chez elle. Au cours de l'année 2017, les enseignant·es de l'école où elle est scolarisée n'ont de cesse de la renvoyer à la maison. C'est que Ruby, alors âgée de 14 ans, arbore une coiffure afro.

Ses cheveux, trop longs, trop noirs, trop crépus surtout, ne collent pas aux standards de l'école Urswick, située dans le borough londonien de Hackney. Selon le personnel enseignant, ils seraient contraires à l'uniforme, et pourraient empêcher les camarades de Ruby de voir le tableau blanc.

Dans l'album de fin d'année de la classe, c'est une photo d'elle vieille de quatre ans qui sera imprimée. À l'époque, elle avait les cheveux lissés.

Plainte pour discrimination raciale

«Comme mon père est un rastafari, il a toujours soutenu que les cheveux étaient très importants, mais ce n'est qu'après avoir fait face à cette situation que j'ai compris ce qu'il voulait dire par là», affirme aujourd'hui Ruby Williams.

Sa famille, soutenue par la Commission pour l'égalité et les droits humains (EHRC), avait intenté à l'époque une action en justice contre son école pour discrimination raciale. Elle vient d'obtenir, à la suite d'un règlement à l'amiable, un dédommagement de 8.500 livres, soit près de 10.000 euros.

Pour Rebecca Hilsenrath, la directrice générale de l'EHRC, «les politiques qui visent à distinguer les enfants appartenant à certains groupes ethniques sont totalement inacceptables».

Après le dépôt de la plainte, l'école Urswick, rattachée à l'Église d'Angleterre, avait modifié son règlement à propos des uniformes. Alors qu'il spécifiait explicitement que «les cheveux de style afro, y compris ceux portés en chignons, [devaient] être de taille et de longueur raisonnable», il stipule désormais simplement que les coiffures doivent être «raisonnables et ne doivent pas avoir d'impact sur les autres étudiants», ajoutant que les cheveux ne doivent pas couvrir les yeux de manière significative, ce qui serait susceptible d'«affecter l'apprentissage».

Politique capillaire
Ayant réglé l'affaire en dehors des tribunaux, la Commission scolaire du diocèse londonien n'a jamais reconnu sa responsabilité. «Ce qui est inquiétant, c'est que ce n'est pas la première affaire qui concerne les cheveux d'une enfant noire ou métisse, et il est essentiel que les écoles revoient leurs politiques pour s'assurer qu'il n'y a pas de risque de discrimination sur de telles questions», estime pour sa part Dan Rosenberg, avocat spécialisé en droit de l'éducation qui représentait Ruby et sa famille.

En 2018, l'école pour garçons de Fulham, elle aussi rattachée à l'Église d'Angleterre, avait annoncé que l'un de ses élèves, précédemment exclu à cause de ses dreadlocks, pourrait réintégrer l'établissement sans avoir à se couper les cheveux. Une action en justice financée par l'EHRC venait d'être lancée.


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Lundi 10 Février 2020




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