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ENTRETIEN Abdoulaye Diagne, économiste, enseignant à la Faseg : «Le Sénégal peut obtenir l’éducation universelle avec moins de ressources»

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Peu de Sénégalais vivant au Sénégal peuvent déclarer n’avoir jamais entendu les autorités gouvernementales se vanter des sommes importantes qu’elles consacrent annuellement à l’éducation et à la formation, aussi bien au niveau de l’élémentaire que du secondaire ou de l’université. Pourtant, pas besoin de grandes recherches savantes pour se rendre compte que le système scolaire et éducatif dans son ensemble semble enfermé dans une impasse.



ENTRETIEN Abdoulaye Diagne, économiste, enseignant à la Faseg : «Le Sénégal peut obtenir l’éducation universelle avec moins de ressources»
Ainsi, comment pourrait-on comprendre et accepter que des pays comme la République démocratique du Congo (Rdc), la Zambie, le Bénin ou le Cap-Vert, pour ne citer que ceux-là, obtiennent de meilleurs résultats dans le domaine de l’éducation, en dépensant de loin beaucoup moins que le Sénégal ? Par ailleurs, alors que le pays a pu réaliser un Taux brut de scolarisation (Tbs) assez notable, il se trouve confronté à des taux de redoublement en année supérieure aussi importants. Plus importants encore restent les taux d’abandon, surtout en ce qui concerne les filles. Ce qui démontre un niveau de rendement du système éducatif assez faible. On ne peut pourtant pas ignorer l’augmentation de l’offre éducative qui se manifeste depuis un certain nombre d’années, aussi bien en matière de construction d’écoles, collèges et lycées, qu’en termes de recrutement. Tout cela, malheureusement, donne souvent l’impression que plus l’of­fre s’élargit, plus les problèmes de l’école sénégalaise augmentent.
De nombreuses personnes, politiques, mem­bres de la société civile, autorités religieuses, se sont demandé comment résoudre ce problème qui menace le tissu de la société sénégalaise. Jusqu’à ce jour, il ne semble pas y avoir eu de solution. Pourtant, la lecture de l’ouvrage de Abdoulaye Diagne, Le Sénégal face aux défis de l’éducation – Enjeux et perspectives pour le XXIème siècle, arrache au lecteur cette exclamation : «Mais c’est vrai, c’est pourtant si simple !». Et on se demande pourquoi personne ne semble y avoir pensé plus tôt.
Professeur titulaire à la Faculté des sciences économiques et de gestion de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Abdoulaye Diagne s’intéresse depuis de nombreuses années aux questions de l’éducation, sur lesquelles il a produit de nombreuses études. Son dernier livre, publié en collaboration entre le Consortium pour la recherche économique et sociale (Cres) qu’il dirige et les éditions Karthala, se réfère parfois à ses travaux antérieurs qu’il complète. Il y fait un large tour d’horizon sur le rapport entre les moyens consacrés à l’éducation et les résultats obtenus par le Sénégal depuis un certain nombre d’années. Et le diagnostic, froid et sans complaisance, interpelle aussi bien les autorités, les enseignants, que les parents. Pour Le Quotidien, il a accepté dans l’entretien ci-après, de dresser une trame assez large de la thématique de son ouvrage.

Quels sont les principaux défis auxquels le secteur de l’éducation doit faire face ?

Le secteur de l’éducation a fait d’énormes progrès aux cours des années 2000. Au cours des années 2010, il devra faire face à des défis, dont certains ne sont pas nouveaux et d’autres le sont un peu plus. Au cours des années 2010, le secteur de l’éducation va devoir atteindre l’objectif de scolarisation universelle qui, à l’heure actuelle, est handicapée par l’existence d’un nombre assez important de garçons qui ne sont pas scolarisés dans les structures formelles de l’éducation. Certains se trouvent dans les daaras, alors que d’autres ne sont tout simplement pas allés à l’école ou ont abandonné l’école de façon prématurée. Et il faut que nous atteignions l’objectif que tous les enfants de 7 à 12 ans soient à l’école et bénéficient d’une éducation de qualité. On peut jouer sur la diversité de l’offre éducative, de manière à ce que les préoccupations des communautés, notamment, en ce qui concerne les aspects religieux, puissent être prises en compte. Mais il faut y arriver et c’est un défi important.

Vous parlez de scolariser tous les enfants dans l’éducation formelle. Est-ce à dire qu’à vos yeux, la politique qui compte les daaras dans les centres d’éducation n’est pas très pertinente ?

Actuellement, il n’y a pas une politique explicite nationale en ce qui concerne l’éducation par les daaras. Du point de vue officiel, il n’y en a pas. Ce qu’il faut, c’est que dans les daaras, comme les autres filières d’enseignement primaire ou de base, l’on veille qu’à la fin de leurs études, les apprenants soient alphabétisés, qu’ils aient le même niveau que ceux qui sont passés par l’école moderne, que l’on appelle école française. Ce qui veut dire que nous devons voir comment réformer les curricula, réformer les méthodes pédagogiques, comment faire en sorte que les enfants qui fréquentent les daaras aient aussi ces compétences de base dont bénéficient les enfants qui suivent l’école moderne.

Dans votre ouvrage, vous avez parlé du défi démographique, qui fait que la population scolarisable est en pleine augmentation, surtout par rapport aux ressources à lui consacrer. Vous avez indiqué que les ressources publiques à consacrer à l’éducation universelle doivent atteindre 6% du Pib. Pourquoi ce chiffre et pas un autre ?

Ce chiffre s’appuie si je puis dire sur l’observation des meilleures pratiques en la matière. Si vous prenez les pays qui sont d’un niveau de développement comparable à celui du Sénégal ou bien les pays qui ont réussi à atteindre l’objectif de la scolarisation universelle avec un niveau de qualité acceptable, on a constaté qu’en général ces pays dépensent entre 5 et 6% de leur Pib pour l’éducation et la formation. Donc, le Sénégal de­vrait atteindre au moins cet objectif. Et si cet objectif est atteint, le principal levier sur lequel il devra jouer sera moins de continuer encore à mettre davantage de ressources dans le domaine de l’éducation, pris en termes relatifs, mais plutôt sur l’utilisation de ces ressources, en insistant sur l’efficience. Parce que l’on constate aussi qu’il y a des pays qui mettent relativement moins de ressources dans le secteur de l’éducation, mais obtiennent de meilleurs résultats que le Sénégal.

N’est-ce pas plutôt cela le plus grand défi au Sénégal, où l’on s’est toujours vanté de mettre 40% du budget dans le secteur de l’éducation…

… Exactement ! Je pense que s’il y a un deuxième défi, c’est celui de l’efficience. C’est moins d’injecter relativement plus des ressources que de tirer beaucoup plus de ré­sultats des ressources disponibles.

Dans quel domaine pensez-vous que cette efficience devrait se manifester en particulier ?

Si vous regardez le budget au­jourd’hui, vous verrez que c’est en­viron 80% des ressources pu­bliques allouées à l’éducation qui sont consacrés au paiement des salaires, pour les niveaux pré-universitaires, à la prise en charge des étudiants, sous forme de bourse ou d’hébergement donc, des œuvres universitaires. S’il faut améliorer l’efficience, c’est dans l’utilisation du personnel enseignant dans les niveaux pré-universitaire et universitaire. C’est aussi de revoir la politique d’aide aux étudiants. Par­ce qu’on est dans une situation u­bues­que dans l’enseignement su­périeur. On dépense plus dans le social que dans le pédagogique. Près des deux-tiers des ressources servent à payer des bourses, à l’hébergement et à la restauration des étudiants. Et une fois que vous aurez payé les salaires des enseignants et du Pats (Personnel administratif, technique et de service. Ndlr), il ne reste presque plus rien.

Cette manière de faire avait été longtemps justifiée par le motif qu’en investissant dans les ressources humaines, l’Etat assurait une relève de qualité. Cela ne semble pas vous avoir convaincu…

Nous sommes en train de dire qu’avec le même volume de ressources, on aurait pu investir mieux et avoir de meilleurs résultats. Parce que l’autre problème auquel nous sommes confrontés, c’est la baisse de la qualité de l’enseignement. Et les ressources humaines, on les apprécie particulièrement en termes de qualité et de compétence, non en termes de quantité.
Et sur ce point, vous avez aussi relevé des défauts d’infrastructures, des problèmes de milieu social et même des disparités entre les régions et en termes de genre…
Un autre problème auquel le système éducatif est confronté, c’est que s’il y a un effort important en termes de scolarisation, d’éducation primaire – ce qui veut dire que les enfants issus de familles modestes sont maintenant de plus en plus scolarisés, ce qui est une bonne chose, les disparités demeurent très fortes dans les autres niveaux d’enseignement. Et de plus en plus, les conditions de vie des ménages déterminent le ni­veau de scolarisation des enfants. Et cela a des implications régressives dans la mesure où seuls les parents à revenus relativement élevés seront en mesure d’investir dans l’éducation de leurs enfants.
Ce qui induit la tendance actuelle des parents dans les milieux urbains à envoyer leurs enfants dans les écoles privés.
Oui, d’autant plus que l’offre publique, ces dernières années, présente des faiblesses notoires. Tout le monde constate que les grèves se multiplient, le temps effectif d’apprentissage se réduit, ce qui va de pair avec la baisse de la qualité. Et les parents qui le peuvent n’envoient plus leurs enfants dans les établissements publics.

Pourtant, dans votre ouvrage vous dites quelque part que l’accroissement de l’offre du public offre à l’Etat la possibilité d’investir plus dans le monde rural. Ne voyez-vous pas là un danger d’établir un système éducatif à deux vitesses ; l’un pour les gens aisés des zones urbaines et l’autre réservé aux pauvres du monde rural ?

Si on laisse les tendances actuelles se poursuivre, nous aurons une offre publique de mauvaise qualité pour les enfants des ménages à conditions modestes, voire pauvres, et une offre privée qui va s’adresser aux enfants de familles non pauvres, qui ont les moyens de subvenir aux besoins d’éducation de leurs enfants. C’est la tendance actuelle, qui va s’accentuer si on ne met pas un terme à cette dégradation continue de la qualité de l’enseignement public.

Revenons un peu par où vous avez commencé. Vous avez déclaré que jusqu’en 2000, le Sénégal a fait beaucoup d’efforts dans le domaine de l’éducation…

Au cours des années 2000

… Oui. Mais qu’en 2010, ce n’était plus le cas. Y a-t-il eu un hiatus entre les deux pé­riodes ou ce sont les mêmes tendances fortes qui se poursuivent ?

Absolument. Il n’y a pas de changement majeur, sinon qu’à partir de 2010, vous avez ce qu’on appelle, un durcissement du climat social, une multiplication de grèves. Vous avez un système éducatif encore plus perturbé à partir de 2010. Et je crois que cela devrait se traduire par une dégradation encore plus forte de la qualité de l’éducation.

Comment pouvez-vous ex­pli­quer qu’au moment même où l’on dit que l’Etat met beaucoup d’argent dans l’éducation, on ait un front social qui se durcisse encore davantage ?

Je pense que globalement, on peut dire que l’Etat ne fait pas ce qu’il aurait dû faire. Et cela ouvre un espace de contestations et d’actions de la part des syndicats. Et le résultat, c’est qu’on va trouver qu’aussi bien l’Etat que les syndicats sont un facteur de péjoration de la qualité de l’enseignement. Ce qui est remarquable en ce qui concerne l’Etat par exemple, c’est que les textes sont là, mais ne sont pas appliqués ou du moins pas correctement. On a constaté une sorte de délitement de la chaîne de commandement. Maintenant, dans le système, un directeur d’école, un principal, un proviseur, un inspecteur, un directeur national, pres­que plus personne n’ose prendre de décision, de sanction négative, tout simplement parce que l’on craint d’être désavoué par son supérieur hiérarchique. Donc, on s’est installé petit à petit, et je dirais presque, confortablement dans un système où plus personne ne sait où commencent ses obligations ou finissent ses droits. Et si vous êtes dans cette situation d’impunité, cela favorise le laxisme. On peut s’absenter, arriver en retard, mal faire son travail et on ne subit aucune sanction. Et aussi, on peut par exemple aller en grève et continuer à percevoir son salaire ! On peut également aller en grève et dispenser des cours dans le privé ou dans sa propre structure privée, en toute impunité. C’est vous dire que l’affaissement de l’autorité a beaucoup contribué à la situation actuelle. Les syndicats ont juste profité de cette situation, parce que c’est le droit d’un syndicat de ne pas être content de la politique mise en œuvre par le gouvernement. C’est le droit d’un syndicat d’aller en grève. Mais le même Code du travail qui donne le droit aux enseignants d’aller en grève stipule aussi, de façon très claire, que les jours que l’on n’a pas travaillé de manière volontaire, on ne doit pas être payé. Pourquoi l’Etat n’applique-t-il pas cette règle ? Et je constate que malgré les déclarations de ce nouveau gouvernement, il y a partout des grèves qui se déclarent. Les enseignants arrêtent de travailler pour une raison ou une autre et il n’y a aucune conséquence ! Donc, je pense que la responsabilité fondamentalement est celle de l’Etat. Mais il y a aussi les parents qui ne jouent pas leur rôle.
Un système éducatif, ce n’est pas fait pour le gouvernement. Ce n’est pas fait pour les fonctionnaires qui travaillent dans ce système, ce n’est pas fait pour les enseignants. Un système éducatif est fait pour les enfants, pour les apprenants. Donc, les parents doivent défendre l’intérêt de leurs enfants. On ne les voit jamais manifester parce que leurs enfants sont privés d’école.

Mais il arrive de plus en plus que l’on voie des enfants qui décrètent des mots d’ordre de grève…

Oui, oui ! Mais cela aussi, c’est parce que les parents ne s’intéressent pas à ce qu’ils font. Croyez-moi, les élèves du privé ne décrètent pas des grèves ! Parce que leurs parents qui paient à chaque fin de mois vont leur dire, «Vous ne pouvez pas rester à la maison alors que moi je sors de l’argent tous les mois.» C’est cela le problème. Je crois que nous avons des associations de parents d’élèves extrêmement faibles. Peut-être est-ce aussi parce que les parents d’élèves, quand ils ne sortent pas de l’argent de leur poche, considèrent qu’ils n’ont pas à se préoccuper de ce qui se passe à l’école.

Au point où en sont les choses aujourd’hui, pensez-vous qu’il y a moyen de renverser la situation ?

Oui, absolument ! Commençons par appliquer les règles qui existent, améliorons ces règles et petit à petit les choses vont changer. De deux, il faudrait qu’il y ait un système d’incitation qui rémunère l’effort et qui sanctionne ceux qui ne travaillent pas bien. Dans la situation actuelle, ce n’est pas par l’effort que l’on devient inspecteur ou responsable d’une Iden ou d’une Ia. Ce n’est pas par l’effort que l’on devient directeur national. C’est la volonté du Prince, c’est des nominations sur des bases, je dirais, purement arbitraires, dans le sens où il n’y a pas de compétition, sur la base de critères objectifs, qui permettent de prendre les meilleurs et de les promouvoir.
De deux, il n’y a aucune différence, en termes d’incitation et de rémunération, entre ceux qui font bien leur travail et ceux qui ne travaillent pas du tout. Cela aussi incite à un découragement général.

Vous avez indiqué qu’il y a environ 4 enseignants sur 10 dans les écoles qui sont payés à ne rien faire…

Oui, à ne rien faire parce qu’ils sont absents. Je parle là des enseignants qui sont affectés à une école. Je ne parle pas du cas de ces enseignants qui sont affectés à l’Ia et que celle-ci ne sait où les placer. Je parle ici de ces enseignants qui sont payés alors qu’ils ne se présentent même pas en classe, parce qu’ils sont peut-être en voyage à New York, à Barcelone ou ailleurs. Ils sont payés mais n’exercent aucune activité.

Donc, quelque part, vous devez saluer l’audit du personnel enseignant qui se déroule actuellement…

Je pense que ce que l’audit peut apporter, c’est une mise à jour du fichier des personnels enseignants, c’est tout. Mais vu la façon dont l’audit s’est déroulé sur le terrain, je ne pense pas que cela permette de débusquer des cas litigieux. Mais si on a un fichier mis à jour et qu’à partir de là on fait une gestion active, c’est-à-dire que l’on veuille que le fichier enregistre les entrées et les sorties, que tous les mouvements puissent être enregistrés de façon régulière, on aura un fichier à jour, ce qui n’est pas du tout le cas actuellement. On aura aussi une idée claire de la répartition des enseignants entre les Ia, les Iden, les écoles, etc. Si on ne fait pas d’effort pour rationaliser les effectifs d’enseignants, on ne pourra pas améliorer l’efficience globale du système

Croyez-vous qu’actuellement on ait suffisamment d’enseignants pour occuper toutes nos salles de classe ?

Il faut raisonner niveau par niveau. Je pense que dans l’ensemble, sur un an ou deux, on peut réduire fortement les besoins en recrutement, en utilisant mieux les effectifs d’enseignants disponibles. Mais vous avez, par exemple dans l’enseignement moyen secondaire, des disciplines où il y a un déficit global. En maths par exemple où il y a un déficit, il y a un effort à faire pour augmenter l’offre. Donc, former pour pouvoir recruter. Mais dans l’enseignement primaire, il y a un excès. Parce que ces deux ou trois dernières années, on a recruté à tout-va sans tenir des besoins. Donc, là, on peut dire que l’on peut augmenter le taux de scolarisation avec les mêmes effectifs d’enseignants. Il s’agit juste de mieux utiliser ces ressources humaines.
Dans les défis, vous avez occulté le défi sociologique, qui voit qu’une bonne partie de la population n’accepte pas l’enseignement de type français, alors que vous avez relevé à quel point l’enseignement de base en français est important.
Je pense que c’est de plus en plus une idée reçue, qui veut qu’il y ait de larges couches de la population qui n’acceptent pas l’école moderne. Si on le dit, on pense à Touba, parce qu’en dehors de Touba, ce phénomène est vraiment marginal. A l’heure actuelle, quand vous allez à Touba, vous êtes impressionné par un phénomène. Ces hordes d’enfants qui quittent la ville de Touba, pour aller à Mbacké, dans les villages environnants et fréquenter les écoles. Dans Touba même, vous avez des jardins d’enfants qui voient le jour, des écoles franco-arabes qui se développent et vous avez des quartiers où existaient des écoles qui enseignaient en français et qui continuent de le faire. Et je parie que si vous interrogiez ces populations, la majorité dirait qu’elle aimerait que leurs enfants puissent devenir médecins, ingénieurs, présidents de la République, etc. et ces gens savent très bien que leurs enfants doivent acquérir les connaissances que les autres enfants ont pu acquérir pour accéder à certaines fonctions. Et si en plus, il y a un enseignement conforme au mouridisme, qui leur est dispensé, leurs enfants auraient peut-être même un plus par rapport aux autres. Donc, c’est vraiment plus un mythe actuellement et qu’il faut que l’on voie comment sortir de cette situation qui est inconfortable pour tout le monde.
Des gens se sont posé la question de savoir quel serait l’intérêt économique d’une étude sur l’éducation au Sénégal.
L’éducation, c’est comme l’agriculture, la santé. C’est un domaine d’activités. Et la science économique, fondamentalement, étudie l’allocation de ressources limitées entre des besoins illimités. L’éducation a besoin de ressources, mais elle est en compétition avec la santé, l’alimentation, la sécurité et d’autres besoins, y compris les loisirs, le sport,… Donc, se pose nécessairement la question de savoir quel est le volume optimal de ressources que l’on peut allouer à l’éducation, étant entendu qu’il y a d’autres besoins concurrents, que je viens de citer. C’est cela qui amène les économistes à se préoccuper de l’éducation. Concrètement, on dit que le gouvernement consacre jusqu’à 40% de son budget à l’éducation. On aurait dû dire 40% des dépenses publiques hors service de la dette, hors dépenses communes. Ce qui fait entre 25 et 30%. Mais ces précisions ne sont jamais faites. Mais cela est déjà très important.

Surtout pour un secteur non production

Oui, un secteur dont les effets sur l’appareil productif ne se manifestent que sur le long et non le court et le moyen terme. Donc, il est normal que l’on se préoccupe de savoir jusqu’où l’Etat doit aller dans le financement du secteur de l’éducation, à côté de tous les autres secteurs.

mgueye@lequotidien.sn

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Mardi 12 Février 2013





1.Posté par alfa le 13/02/2013 09:32
Un nul et rien d'autre!!!!

2.Posté par Lat Soucabé MBOW le 13/02/2013 10:44
De 1980 à nos jours, le Sénégal s’est payé le luxe de deux consultations nationales sur les problèmes d’éducation et de formation. Il s’apprête à organiser d’autres assises sur l’école. Si elles devaient seulement servir à poser un autre diagnostic sur ceux déjà existants, formuler des recommandations et inciter les acteurs du système éducatif à les mettre en œuvre en conservant le même cadre de gestion et de pilotage, il est fort peu probable d’assister à un début de rupture avec les pratiques dégénérées justifiant la tenue de ces fora.

Nul ne conteste que l’allocation de ressources publiques au secteur est appréciable : 40% des dépenses de l’Etat, dit-on. Mais rares sont les années scolaires ou universitaires exemptes de perturbations. Généralement on se met en grève pour des raisons économiques (paiement des bourses aux étudiants, réclamations de prestations dues aux enseignants, revendications relatives au statut de certains corps à la Fonction publique) davantage que pour d’autres motifs. En préconisant la rationalisation des dépenses dont les 90% servent à des salaires et des transferts sociaux, ne risque-t-on pas de provoquer une exacerbation des tensions déjà perceptibles dans les campus et les cours d’école ? Une telle recommandation avait été exprimée par exemple à la Concertation nationale sur l’enseignement supérieur en 1993, et, avait même connu un début d’application, moyennant la réforme des œuvres universitaires. Elle tourna court à la suite du changement de régime survenu en 2000. Le gouvernement libéral alla même à contre courant en instaurant un système généralisé de bourses et d’aides. Toutes choses étant égales par ailleurs, avec ce legs de la première Alternance, la marge de manœuvre politiquement disponible pour améliorer maintenant l’efficacité ou l’efficience du système est fort réduite.

Comment pourrait-on inverser la tendance, notamment dans le nouveau contexte dessiné par la cartélisation de l’action syndicale pour imposer à l’Etat un nouveau type de rapport qui n’est pas seulement dicté par l’usage de la force ? Les associations de parents désabusées par les grèves cycliques ne peuvent-elles pas adopter d’autre posture que celle consistant à déplorer que l’Ecole soit prise en otage ? Par qui d’ailleurs ?

De la même manière que les réformes antérieures ont été à l’expérience dénaturées dans le passé, je ne serai pas étonné que de nouveaux projets de refondation du système éducatif subissent le même sort en maintenant le cadre global des procédures de gestion comme un invariant. A l’Ecole, il faut donner un nouveau visage en la rendant à la société. Cette institution ne rentre pas du reste originellement dans les attributs régaliens de l’Etat. Mais l'histoire a fait que la puissance publique ait été investie de l’obligation de veiller au bon fonctionnement de cette institution.

Dans le principe, l’éducation fait partie des compétences transférées selon les lois sur la décentralisation et la régionalisation. Il faut en tirer toutes les conséquences à tous les échelons de gouvernement et favoriser un autre mode de gouvernance dans lequel chaque acteur aura à cœur de remplir la plénitude de son rôle et de manière responsable. D'aucuns diront de manière citoyenne. L’Etat devra définir les grandes orientations en cohérence avec les objectifs globaux du développement national, et, veiller à assurer l’égalité des chances tant à l’entrée qu’à la sortie du système et entre les différentes parties du territoire. La gestion courante des établissements ainsi que leur équipement et leurs dotations en intrants devront revenir aux collectivités territoriales en tenant compte de la subsidiarité entre elles. Les établissements devront être gérés par des conseils d’administration où siègeront les représentants des collectivités décentralisées, ceux des associations des parents d’élèves et des syndicats d’enseignants. Ces instances auront un avis à donner sur les projets d’établissement indiquant entre autres les besoins en termes de fonctionnement et d’investissement, les objectifs arrêtés d’un commun accord par la communauté éducative et servant de référentiel pour l’appréciation de la productivité des gestionnaires, des personnels enseignants et de service de l’établissement. Pour assurer à cette nouvelle architecture une base équitable et transparente, l’Etat apportera sa caution à la contractualisation de ces engagements pris par l’ensemble des parties prenantes dans le cadre du système décentralisé.

L’efficience pourra être intégrée à ce dispositif d’autant plus aisément que l’allocation des ressources sera fondée sur le degré de réalisation des objectifs prescrits par les projets d’établissement et par l’évaluation de la participation des différents personnels employés au cours de la mise en œuvre. Elle pourra être obtenue également par la rationalisation des dépenses de gestion et de pilotage du système en faisant l’économie des services déconcentrés actuels auxquels on pourra substituer l’externalisation des fonctions de contrôle et d’animation pédagogiques.





3.Posté par que le 13/02/2013 19:30
bien dit alpha il n'a ka faire ses cours de macroeconomie normalement
c sa ki vaut mieux

4.Posté par Diagne le 14/02/2013 10:03
Ce mec est tout sauf un bon enseignant c'est un commerçant il a sacrifié pas mal de générations à l'UCAD. Il ferme sa gueule.

5.Posté par Diallo le 14/02/2013 10:20
Il est incapable de faire un bon cours de IS/LM/BP. C'est un nul qui a sacrifié beaucoup de jeune brillant. En plus il parle mal. Tous les jeunes de ma génération regrette ce monsieur. Je souhaite vivement qu'il n'ait jamais de responsabilité étatique au Sénégal. J'ai jamais vu un homme aussi méchant dans ma vie. Tout le monde est unanime sur sa méchanceté. DOMARAM.

6.Posté par Sané le 14/02/2013 10:24
Hé hé voici professeur DIAGNE. Moi je me demandais, lorsque j'étais étudiant en 2ème année, comment ce monsieur a fait pour être un agrégé en science économique. Il avait un fascicule de monnaie truffé de fautes. Il était minable en cours monétaire. Actuellement je vis à Poitier et j'ai obtenu mon master 2 en Economie monétaire internationale. Il était vraiment nul. Diallo a raison de dire qu'il est un véritable DOMARAM.

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