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DOCTEUR GÉRARD CALIXTE FEYEMI, SPÉCIALISTE DE LA PROCRÉATION MÉDICALE ASSISTÉE «10 A 15% DES COUPLES SENEGALAIS SE FONT CONSULTER POUR INFERTILITE»

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10 à 15% des couples sénégalais consultent pour infertilité et dans les 10 à 15% d’infertilité qu’on a dans la population, les causes féminines sont de l’ordre de 40% alors que les causes masculines sont d’environ 30% à 35%. Cependant, il faut relever que les femmes consultent tardivement. Ce constat est du docteur Gérard Calixte Feyemi, spécialiste de la procréation, par ailleurs président de la Société sénégalaise de fertilité. Ce dernier a aussi rappelé qu’avec la technique de l’aide médicale à la procréation, développée au Sénégal depuis 2008-2009, près de 150 000 naissances vivantes ont été dénombrées. Dans cet entretien, le gynécologue et spécialiste de la fertilité revient sur les chances des femmes à concevoir mais aussi sur les tenants et aboutissants de la procréation médicale assistée au Sénégal.



DOCTEUR GÉRARD CALIXTE FEYEMI, SPÉCIALISTE DE LA PROCRÉATION MÉDICALE ASSISTÉE «10 A 15% DES COUPLES SENEGALAIS SE FONT CONSULTER POUR INFERTILITE»
Comment peut-on définir l’infertilité ?

On définit l’infertilité comme étant cette incapacité qu’une femme a de mettre au monde un enfant dans de bonnes conditions, après douze mois de rapports réguliers sans contraception. L’infertilité peut toucher la femme comme l’homme.

Quelle est la situation de l’infertilité au Sénégal ?

Nous avons fait de la lutte contre la fertilité un de nos axes majeurs d’actions parce que nous avons constaté dans la population sénégalaise, 10 à 15% des couples consultent pour infertilité. Nous avons également fait le constat que les femmes consultent de plus en plus tard et que cela grève les possibilités de mettre au monde un enfant. On sait aujourd’hui, dans les 10 à 15% d’infertilité qu’on a dans la population, les causes féminines sont de l’ordre de 40%, les causes masculines d’environ 30%. Il y a des causes mixtes et des causes inexpliquées.

Quelles sont les conséquences d’une consultation tardive ?

Les femmes porteuses d’infertilité doivent consulter tôt. Parce qu’il y a le problème de l’âge, principal gène que nous avons dans le domaine de l’infertilité. Il y a aussi ce que l’on appelle le vieillissement ovarien parce que la femme nait avec un potentiel folliculaire et qu’elle consomme ses folliculaires au fur et à mesure de sa vie génitale et à partir d’un certain moment, ses follicules disparaissent.

Quelles sont les chances de concevoir pour les femmes porteuses d’infertilité ?

On considère aujourd’hui qu’une femme de 20 ans a à peu près 45% de chance de grossesse par cycle. A 35 ans, ses chances sont de l’ordre de 30% et lorsqu’elle va atteindre l’âge de 40 à 45 ans, ses chances ne sont que de l’ordre de 8%, 9% ou 10%. Donc, il faut consulter tôt pour pouvoir identifier les causes et surtout pouvoir identifier les stratégies de traitement qu’on peut procurer à un couple.

Est-ce qu’on peut avoir une estimation de l’infertilité chez les hommes ?

Ce qu’il y a de nouveau, c’est que l’infertilité occupe aussi les hommes. On considère que 30 à 35% des causes d’infertilité dans un couple ont une origine masculine mais que ce soit pour des facteurs masculins ou des facteurs féminins, on considère aujourd’hui que dans 80% des cas, il s’agit de maladies sexuellement transmissibles à savoir des infections. Et donc, il faut que les femmes consultent tôt ainsi que les hommes pour avoir des bilans tôt.

Quelles sont les solutions pour sortir de l’infertilité ?

Ce que nous avons mis au point, c’est que nous travaillons sur la procréation médicalement assistée, l’aide médicale à la procréation qui constitue une technique de laboratoire qui permet de mettre en contact le gamète male qui reçoit le spermatozoïde avec le gamète femelle qui le réceptionne. Cette technique a commencé à se développer au Sénégal à peu près en 2008-2009. Le premier bébé est né en 2009 et depuis par cette technique-là, nous avons obtenu à peu près 150 000 naissances vivantes. Le taux de naissances vivantes pour cette technique est de l’ordre de 29%, ce qui rejoint les taux mondiaux. Donc, nous avons des chiffres qui sont tout à fait honorables de ce point de vue.

Est -ce ne technique qui marche au premier coût ?

Je ne peux pas l’affirmer et souvent quand ça ne marche pas lors de la première tentative, vu le coût que cela implique, les couples sont parfois déçus, se découragent. Ce que nous faisons, c’est d’agir en sorte de choisir de bons cas à savoir des femmes relativement jeunes qui ont des résultats de bilan qui laissent présager de bons résultats.

Comme on le sait, cette technique n’est pas à la portée du Sénégalais lambda ?

L’aide médicale à la procréation, c’est l’aspect du coût. La difficulté que les couples ont, c’est que cette technique coûte cher et que beaucoup de couples ne peuvent pas y accéder juste à cause du montant. Pour y accéder, il faut au moins un million cinq cents à un million 800 pour une tentative. Ce qui est beaucoup trop cher.

Quel est le plaidoyer que vous faites pour rendre plus accessible cette technique de procréation ?

On considère aujourd’hui que les femmes et les couples qui sont demandeurs de cette technique sont de l’ordre à peu près de 24% qui ont les moyens d’y accéder du fait de leur coût. Il faut que nous puissions travailler sur le coût de médicaments qui valent beaucoup trop cher. Il faut travailler aussi sur le coût des consommants biologiques que les laboratoires utilisent et ça je pense qu’il faut absolument qu’on nous aide à pouvoir diminuer ces prix-là et voir dans quelle mesure on peut les rendre davantage beaucoup plus accessibles pour les laboratoires et permettre au plus grand nombre d’accéder à cette technique.

Est-ce qu’il y a assez de spécialistes dans le domaine ?

Pour les acteurs de la procréation médicalement assistée, nous sommes une bonne quinzaine mais actuellement il y a beaucoup de jeunes médecins compétents qui sont en formation et je pense que le nombre va augmenter très prochainement. C’est une bonne chose, il faut penser également à développer cette technique dans les régions. On considère que tous les centres qui pratiquent cette technique-là sont à Dakar, il faudrait pouvoir faire de telle sorte que ça aille vers les régions de Saint Louis, Thiès, Ziguinchor, Kaolack qui sont des régions très peuplées avec une forte demande.

Le cadre juridique est-il favorable pour la pratique à la procréation médicalement assistée ?

Ce qui se passe pour le Sénégal comme pour d’autres pays africains, il n’existe pas de législation claire là-dessus. C’est vrai qu’il y a une loi sénégalaise qui dit que tous les couples ont le droit d’accéder à la procréation médicalement assistée mais il n’existe pas de cadre légal. D’ailleurs, nous les praticiens, qu’il s’agisse des cliniciens, des biologistes, nous exerçons dans une espèce d’anonymat, nous n’avons pas de cadre juridique qui nous régit. Et comme l’assistance médicale à procréation est une technique très pointue qui nécessite absolument des garanties et donc, ce que nous faisons dans nos plaidoyers, c’est de faire en sorte que le législateur puisse nous permettre d’exercer dans de meilleures conditions et il faut légiférer là-dessus.

Quelle est la norme de l’Oms concernant le taux de réussite ?

29%, ce chiffre est même supérieur à certaines équipes françaises. Si je prends certains hôpitaux français, ils sont à 22%. 29% pour le Sénégal reste un taux qui n’est pas celui que nous souhaitons parce que nous avons beaucoup plus d’ambition, mais c’est un taux tout à fait honorable.

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Mardi 6 Novembre 2018




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