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DIALOGUE POLITIQUE Fortunes diverses de Senghor à Macky

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Depuis 1960, les présidents sénégalais ont tous appelé au dialogue. Mais le résultat n’a pas toujours été couronné de succès. Retour sur quelques appels marquants.



Senghor face à l’équation Mamadou Dia

Premier président de la République du Sénégal, Léopold Sédar Senghor a dû, dès son accession au pouvoir, faire face à une équation. Mamadou Dia un allié un peu trop encombrant. Par exemple, quand Mamadou Dia voulait « aller en guerre contre les confréries », qu’il jugeait trop puissantes, Senghor voyait en elles, « un instrument inespéré de stabilité ». Des divergences qui aboutiront à une rupture. Dia passa, à partir de 1963, onze ans et demi en prison avant d’être gracié…Ce n’est qu’à sa libération, en 1974, qu’un semblant de dialogue commença à s’installer. Il sonne la fin du monopartisme.

Quand Abdou Diouf donnait le ton

En 1988, alors que le Sénégal sortait d’élections on ne peut plus agitées, marquées par un état d’urgence et un couvre-feu, le Président Abdou Diouf comprend la nécessité de tendre la main à l’opposition incarnée par Me Abdoulaye Wade pour apaiser le climat social. Il s’en suit un échange fructueux qui aboutira 3 ans plus tard, à l’adoption d’un Code électoral consensuel, ce qui permettra l’organisation des élections de 1993 dans une relative transparence. Un code qui sera maintenu jusqu’en 2000. La cohabitation entre le parti au pouvoir et ceux de l’opposition devient réelle. Même si les ministres venant de partis de l’opposition n’hésitaient pas à démissionner à l’approche des élections, cette approche avait installé un climat politique relativement calme.

Wade : L’As des appels au dialogue
Selon beaucoup d’analystes politiques, Abdoulaye Wade aura été jusque là, celui qui aura lancé le plus d’appels au dialogue politique. On parle de près d’une vingtaine durant ses 12 années passées au pouvoir. C’est suite à l’un de ses appels d’ailleurs que les règles pour disposer d’un groupe parlementaire ont changé. En effet, de 1966 à 2000, pour créer un groupe parlementaire il fallait disposer du 1/10ème du nombre de députés. Wade fera baisser ce nombre. Avec lui, il faut 10 députés pour disposer d’un groupe. C’est ainsi que le Ps et l’Afp ont pu avoir leur groupe.

C’est aussi grâce au dialogue politique que Wade a fini par nommer Cheikh Gueye, en août 2011, un ministre chargé des élections n’appartenant à aucune formation politique, à la place de son homme fort d’alors Ousmane Ngom, le ministre de l’Intérieur.

Macky Sall : Les prédécesseurs à la rescousse

Même s’il l’a réitéré dans sa déclaration post-scrutin, Macky Sall a posé des jalons d’un dialogue politique. C’est en 2016 que les choses concrètes ont commencé. Le mardi 28 mai 2016, il tient sa première rencontre avec les acteurs politiques au Palais de la République. Même si tous n’ont pas répondu à l’appel, il maintiendra le cap. Il remet ça le Jeudi 1er décembre 2016, toujours au Palais. C’est par la suite qu’il rencontre régulièrement la société civile, les élus locaux, le patronat, les syndicats… Les annales de l’histoire politique de notre pays, retiendront que c’est sous sa gouvernance que le dialogue politique a été intégré dans le calendrier républicain, à travers une Journée nationale qui lui a été dédiée, celle du 28 mai. Et dans sa première sortie après la proclamation des résultats officiels du 24 février, Macky Sall a réitéré sa volonté d’installer un dialogue fécond entre toutes les franges de la société. Un dialogue qu’il veut inclusif. C’est tout le sens de sa volonté d’impliquer ses deux prédécesseurs Abdou Diouf et Abdoulaye Wade.

Ousmane Badiane, Ligue démocratique (LD)

« Le dialogue politique a atteint son point culminant avec le Code Kéba Mbaye »

Selon Ousmane Badiane de la Ligue démocratique, au Sénégal, le dialogue politique a atteint son point culminant en 1992 avec l’adoption du Code consensuel, dit « Code Kéba Mbaye ». Selon lui, c’est qui a abouti à la création en 1997, à la création de l’Observatoire National des Elections (ONEL), devenu aujourd’hui CENA (Commission Electorale Nationale Autonome). Parce que dit-il, après des couacs notés dans l’organisation des élections locales en 1996, le Président Diouf décide d’arrondir les angles. « Il faut se parler entre partis politiques sans exclusive, recourir au dialogue politique et à la concertation, rechercher les solutions consensuelles, comme nous l’avions fait pour le Code électoral. C’est la raison pour laquelle la démarche qui me parait la meilleure est que tous les partis se retrouvent autour du Ministère de l’Intérieur, fassent ensemble dans la confiance mutuelle et de bonne foi, une évaluation critique du déroulement des élections, situent les insuffisances ou manquements constatés et, proposent, en partant du Code électoral et des autres textes pertinents, toutes les mesures nécessaires pour envisager et améliorer tout ce qui peut et doit l’être ».

Momar Diongue, Journaliste
« L’appel au dialogue n’a pas toujours été sincère »

Journaliste analyste-politique, Momar Diongue voit positivement l’appel au dialogue lancé par le Président Macky Sall. «Il faut saluer la grandeur et la hauteur dont il a fait montre. Il a compris qu’il y a beaucoup de plaies à panser. Le parrainage a montré ses limites, les cartes d’identité biométriques aussi…Donc il y a de la matière à dialoguer », estime-t-il.

Mais Macky Sall n’est pas le premier à appeler au dialogue. Ses prédécesseurs ont eux aussi essayé. Mais selon l’analyste politique, l’appel au dialogue politique «n’a pas toujours été sincère ». «Sous Wade par exemple, on parle d’une vingtaine d’appels lancée à l’opposition. Mais le constat c’est que les Présidents ne faisaient ces appels que quand ils ne se sentaient pas en position de force. Mais celui que vient de lancer Macky semble être cohérent. Il le fait au début de son second et dernier mandat. Il a envie de recoller les morceaux. Ce mandat doit être constructif. Il a le pari d’assoir la démocratie », a-t-il analysé.

SOLEIL

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Vendredi 8 Mars 2019




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