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Coronavirus : un couple jugé pour avoir contraint une infirmière à déménager

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«Ce qu'ont fait ces gens est abject», a déclaré le ministre Julien Denormandie à propos de ces propriétaires d'une maison dans l'Hérault.



Pendant la crise du coronavirus, Mélina n'a pas compté ses heures au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Montpellier (Hérault). Mais ce lundi 29 juin, cette infirmière anesthésiste ne passe pas la journée au bloc, ni en réanimation. Elle a rendez-vous au tribunal judiciaire de Montpellier, pour assister, en tant que partie civile, au procès de ses anciens propriétaires, âgés de 76 et 80 ans.

Initialement révélée par La Gazette de Montpellier , l'histoire de Mélina a fait grand bruit. En mars, cette soignante de 37 ans décide de faire évoluer son organisation familiale en raison de la crise sanitaire. Elle s'installe seule dans un appartement de ville, proche de l'hôpital, dans lequel habitent d'habitude sa fille de 20 ans et sa petite-fille de 3 ans.

Ces dernières déménagent quant à elles temporairement dans le logement que louent Mélina et son compagnon à Montarnaud, une petite commune de 3800 habitants située à moins de vingt kilomètres de Montpellier. La mère de l'infirmière, qui vit d'ordinaire dans une résidence pour personnes âgées, rejoint le compagnon, la fille et la petite-fille de Mélina.

L'eau chaude coupée
Des tensions naissent alors entre les propriétaires de la maison de Montarnaud, qui vivent juste au-dessus du logement qu'ils louent à Mélina, et les occupants du rez-de-chaussée. Âgés et de santé fragile, les propriétaires auraient craint d'être contaminés par le coronavirus. Selon l'infirmière, ils auraient coupé l'eau chaude, le chauffage, la télévision, et fait à dessein beaucoup de bruit le matin.

La gendarmerie de Castelnau-le-Lez est contactée et essaie d'apaiser la situation, mais la querelle ne se calme pas. De guerre lasse, Mélina décide de rendre le logement fin mars. Les gendarmes doivent à nouveau intervenir pour que les propriétaires acceptent de clôturer le bail.

La famille se disperse : Mélina déniche un logement gratuit grâce à une opération solidaire lancée par Airbnb en partenariat avec le ministère chargé de la Ville et du Logement, sa mère réintègre sa résidence, sa fille et sa petite-fille reprennent possession de leur appartement de centre-ville et son compagnon repart chez ses parents.

Les propriétaires placés en garde à vue
Le 2 avril, le parquet de Montpellier ouvre une enquête préliminaire «afin d'établir si les conditions dans lesquelles cette personne a été amenée à quitter son domicile sont susceptibles de recevoir une ou plusieurs qualifications pénales», souligne le procureur Fabrice Belargent dans un communiqué. La gendarmerie de Castelnau-le-Lez est saisie de l'enquête.

Le même jour, Julien Denormandie, le ministre chargé du Logement, réagit auprès de La Provence . «Ce qu'ont fait ces gens est abject. Cela montre ce que la crise révèle de plus sombre chez certains», déclare-t-il. Une source proche du dossier tempère : «À l’origine, ce n'est ni plus ni moins qu'un conflit de voisinage, qui en outre s'est vite réglé... Mais le contexte très particulier a fait que l'affaire a pris de l'ampleur».

Mi-avril, les propriétaires sont placés en garde à vue et se voient remettre une convocation pour le 29 juin. Ils comparaissent ce lundi pour «emploi de voies de fait ou contrainte pour forcer des personnes à quitter leur lieu d'habitation», «harcèlement moral», «atteintes à l'intimité de la vie privée» et «dégradations volontaires légères».

La maison taguée
Les propriétaires contestent «vigoureusement» la version de Mélina ainsi que les infractions qui leur sont reprochées, mais ont choisi de garder le silence avant le procès. «La réalité des faits apparaîtra à l'audience», assure au Figaro leur défenseur, Me Jean-Christophe Legros.

«Raison n'a pas été gardée dans ce dossier», déplore l'avocat montpelliérain spécialisé en baux d'habitation, qui raconte que ses clients ont reçu des «tombereaux d'insultes» et qu'un tag les traitant de «nazis» a même été inscrit sur leur maison à la suite de cette affaire.

De son côté, Me Rémy Lévy, conseil de Mélina, déclarait début avril au Parisien qu'«il y a certes une psychose sur le coronavirus, peut-être qu'il y a eu de la panique, mais les propriétaires auraient pu échanger avec [sa cliente] pour constater qu'il n'y avait rien de dangereux». «On aurait dû être dans une situation d'entraide et de solidarité plutôt que de distance et de peur», estimait le bâtonnier du barreau de Montpellier.

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Lundi 29 Juin 2020




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