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BATAILLON DES COMMANDOS DE THIES : DANS « L’ANTRE SACRÉ » DE CES BAROUDEURS TRÈS SPÉCIAUX

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Sur terre, dans l’eau, dans les airs, sous-bois, au corps-à-corps, au fusil, à l’arme blanche, les commandos sénégalais excellent partout. Ils synthétisent à eux seuls tout le savoir-faire militaire.

Dans presque tous les théâtres chauds, les codos sont en première ligne. Immersion au camp feu lieutenant Mamadou Konté, bastion de cette force d’élite.



BATAILLON DES COMMANDOS DE THIES : DANS « L’ANTRE SACRÉ » DE CES BAROUDEURS TRÈS SPÉCIAUX
Le plus fort du groupe a fini d’installer la tyrolienne pour permettre aux autres de franchir l’obstacle en hauteur. Le premier élément accroche sa ceinture appelée « assurance » sur le câble et se lance dans le vide. Au bout de quelques secondes, il atteint l’autre côté, descend tout doucement à l’aide d’une corde avant de se détacher. Le second élément le suit. Mais au cours de sa progression sur le câble de franchissement, il fait un réchappe mais est accroché par « l’assurance ». Avec force et technique, il manœuvre pour se rétablir sur la corde et poursuivre sa progression. Le troisième élément s’y met. A mi-parcours, il pique un malaise et devient inconscient. Heureusement, il est tenu par « l’assurance », mais reste suspendu dans les airs. Un autre élément vient à son chevet avec tout son matériel. Il a 7 minutes pour le secourir parce que le baudrier qui le tient empêche la circulation sanguine. Arrivé à sa hauteur, il fait un nœud d’arrêt sur un moucheton du câble puis libère son sac. Il fait ensuite une pédale pour aller le chercher. Il le soulève, le dégrafe et le fait descendre à partir du haut. Les éléments qui ont déjà franchi l’obstacle viennent le prendre. Les commandos ne laissent jamais un élément sur le terrain.

Nous ne sommes pas dans un film d’action où les acteurs, avec l’aide du réalisateur, traversent de façon spectaculaire les montagnes escarpées et autres douves. Nous sommes bien dans la réalité à Thiès, au camp Mamadou Konté, bastion des commandos de l’armée sénégalaise. Ici, ces forces d’élite souvent appelées à opérer dans des théâtres difficiles, sont entrainées à toutes les techniques, tactiques et procédures commandos. Pour eux, les obstacles ne doivent pas empêcher l’accomplissement d’une mission qui est sacrée à leurs yeux. C’est la raison pour laquelle ils se préparent à toutes les situations possibles sur un théâtre d’opération. « La guerre se prépare en temps de paix. Vous voyez que le commando, il est autonome. Il a tout son matériel avec lui. D’où la nécessité d’être très fort pour être dans ce corps. Nous sommes appelés parfois à œuvrer seul face à des obstacles. Donc on doit s’entrainer à toutes les situations parce qu’une fois en mission c’est le terrain qui commande », souligne le lieutenant Erick B. Hassine, chef de section à la troisième compagnie et instructeur.

Commando un jour, commando pour toujours !
Un commando est un militaire d’élite. S’il descend sur le théâtre d’opération c’est parce que la situation n’est plus sous contrôle. Au bat ’codos, les éléments se préparent à toutes sortes d’interventions. Ils sont hyper-entrainés et effectuent des exercices de maintien au quotidien. « Un commando se sent plus fort que tout le monde de par sa formation. Parce qu’on lui demande ce qu’on ne demande pas aux autres. La mission commando n’est pas la même que celle d’une autre compagnie territoriale », explique le capitaine Ibra Gningue, officier social du bataillon des commandos de Thiès. Ce codo comme on les appelle communément a blanchi sous le harnais. D’habitude c’est après la formation commando que les gens commencent vraiment à aimer ce bataillon et épouser l’esprit du corps. Mais lui, il avait déjà acheté son béret commando qu’il arbore fièrement depuis 1982 avant même de sortir de l’école. Il a roulé sa bosse partout. En 1993, il a même sauté sur une mine en Casamance. « Quand on est commando on ne peut plus évoluer ailleurs que dans ce genre de milieu. Même si tu vas ailleurs, tu as toujours cet esprit codo », soutient cet officier qui assure en même temps la base arrière du bataillon engagé en Gambie.

Au-delà de la mission classique de tout bataillon d’assurer la libre circulation des personnes et des biens, la mission des commandos est d’intervenir partout sur le territoire national pour s’occuper d’un ennemi qui aurait violé l’intégrité du sol sénégalais. Soit pour le détruire, soit le repousser au-delà de la frontière en lui infligeant le maximum de pertes. « Nous avons aussi des missions particulières comme par exemple la conquête d’une tête de pont ou l’attaque d’un objectif d’intérêt stratégique au sein du dispositif ennemi, y mener des raids mais aussi de participer à la formation des écoles et unités aux techniques et entrainements commandos », souligne le capitaine Gningue. Même, au-delà de nos frontières, là où c’est difficile, on fait souvent appel à eux. C’est le cas en 1998 lors de la sanglante opération Gabou, du nom de l’intervention des armées sénégalaises au Guinée Bissau pour combattre les mutins du général Ansoumana Mané. Les commandos étaient aussi en première ligne lors des opérations Fodé Kaba 1 et 2 en Gambie. C’est d’ailleurs lors de l’opération Fodé Kaba 2 que le lieutenant Mamadou Konté, dont le bataillon porte aujourd’hui le nom, et ses hommes ont péri lors du clash de l’hélicoptère des commandos en pleine mer.

Cette crème militaire a aussi fait une importante contribution lors de la récente mission de la Cedeao pour le rétablissement de la légalité constitution en Gambie. C’est d’ailleurs l’une grande satisfaction du lieutenant Henry Sarr, commandant de la 3e compagnie des commandos. « La plus grande fierté que j’ai eue en tant que commando est ma participation au rétablissement de la légalité constitutionnelle en Gambie en janvier 2017. C’était original. Avec des chefs et des soldats professionnels, nous étions applaudis partout où nous sommes passés de Madina Ba au State house en passant par Birkama, Youdoum etc. Tout le monde s’était préparé à une guerre, mais nous n’avons pas tiré un coup de feu », se félicite l’officier commando.

Un corps qui s’adapte aux réalités du moment
Parmi les innovations apportées au corps des commandos, le capitaine Gningue relève une certaine spécificité des unités au sein du bataillon. « Nous avons une première compagnie de commandos qui est spécialisée dans les opérations aéroportées. Cette unité peut être larguée en sein du dispositif ennemi pour y mener un combat. Les commandos sautent d’un hélicoptère à une certaine hauteur sans utiliser de parachutes. La deuxième compagnie est spécialisée dans les opérations nautiques. Les éléments peuvent combattre dans des zones marécageuses et des zones où il y a beaucoup de coupures, s’y infiltrer pour y mener des raids. La troisième compagnie est une unité qui est entrainée en vue de mener des combats en zone forestière, urbaine ou mener des opérations anti-terroristes », mentionne-t-il.

Les commandos sont aussi entrainés aux Techniques d’intervention opérationnelles rapprochées. Quand un codo est ceinturé au cours d’un corps-à-corps, il peut se dégager et envoyer l’ennemi à terre. Quand il est pris par derrière, il peut se retourner pour neutraliser son adversaire. Quand il est attaqué avec une arme, il est en mesure de désarmer son vis-à-vis et de lui chiper l’arme. « Nous sommes à tout moment prêts. La route de l’inconnue est bien connue ici. Amènes quelque chose et tu trouveras la réponse », avertit le Lieutenant Sarr qui se vante en ironisant d’être à la tête de la meilleure compagnie commando.

REPORTAGE DE NDIOL MAKA SECK

LE COMMANDO, UN BATAILLON TRÈS DYNAMIQUE
Commando 3Le bataillon des commandos est héritier de l’armée coloniale française. Il a été créé le 1er février 1963 et installé au camp Xavier Lelong à Rufisque. Il était alors constitué d’un peloton de commandement et de deux compagnies de combat. Dès l’année suivante le groupement entame une progression du point de vue de sa localisation et de ses effectifs. C’est ainsi que le 15 février 1964, il fut déplacé au camp Marchand dans la même ville puis au camp Archinard à Dakar, communément appelé « Les Mamelles ». Le 15 mai 1975, le groupement fut installé au camp Leclerc appelé aussi camp Front de Terre. La première grande évolution sur le plan organisationnel intervient le 02 janvier 1981 avec la création de la compagnie de Commandement d’appui et des Services en remplacement du Peloton de commandement. En avril 1981, le bataillon des commandos quitte la région de Dakar pour s’installer à l’ex-base aérienne de Thiès. Une fois encore il connut de nouvelles restructurations par la création, en 1984, d’une Cellule d’éclairage et des Renseignements qui est devenue aujourd’hui une Cellule de renseignement et de Reconnaissance. Quatre ans plus tard, le bataillon s’enrichit de nouveau avec une troisième compagnie de combat créée en 1988. « Cette création répondait aux besoins d’une unité spécialisée en combat sous-bois, anti-terroriste et en zone urbaine », précise le capitaine Ibra Gningue.

Nd. M. SECK

BEAUCOUP D’ÉTAPES À FRANCHIR POUR ÊTRE COMMANDO
Pour être commando, il y a beaucoup d’étapes à franchir et beaucoup d’exercices à subir Quand le soldat est recruté, il subit une instruction au 12e bataillon communément appelé Dakar-Bango. A l’issue des quatre mois de formation, le bataillon des commandos envoie des moniteurs pour faire des tests et choisir parmi ces soldats. On leur fait faire des mouvements physiques : flexions, abdos, cordes et un semi-marathon de 21 km. Ensuite pour ce qui est de la qualification codo, il faut quatre mois de formation et de qualification d’armes commandos. Les deux premiers mois c’est l’instruction comme ça se fait dans tout bataillon. Ensuite, il y un mois pour faire le certificat pratique(Cp), un mois d’initiation aux tactiques, techniques et procédures commandos. Il y a par la suite ce qu’on appelle l’aguerrissement niveau compagnie, l’aguerrissement niveau 2, la formation des aides-moniteurs qui est l’aguerrissement niveau 3 pour les gradés, et enfin, le niveau 4 pour les sous-officiers et les officiers moniteurs et instructeurs des techniques commandos. Mais à en croire le capitaine Gningue, le jeu en vaut la chandelle parce que le corps des commandos est attractif à tous points de vue. « Il suffit simplement de mettre le béret, la tenue et de dégager pour le savoir », ironise-t-il.

Soleil Nd. M. SECK

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Mardi 3 Avril 2018




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