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Accompagnant sexuel, un métier nécessaire...

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"Faire l'amour c'est pour tout le monde" : le sensible sujet du travail d'accompagnant sexuel pour les personnes handicapées relancé



Si j'ai fait ça, c'est que j'étais vraiment très mal. Je me sentais tellement seule que j'avais vraiment besoin d'avoir de l'affection." Lucie* a une quarantaine d'années, elle est handicapée moteur, en fauteuil roulant depuis sa naissance car paralysée du bas du corps. Il y a quatre ans, elle a fait appel pour la première fois à un accompagnant sexuel. "Faire l'amour c'est pour tout le monde", estime-t-elle.

Comme Lucie, certaines personnes en situation de handicap se retrouvent dans une situation "d'abstinence non-choisie". Pour y remédier, le gouvernement relance la réflexion sur l'accompagnement sexuel. L'activité est toujours assimilée à de la prostitution et est donc illégale en France. Mais la secrétaire d'État au handicap Sophie Cluzel a saisi cette semaine le Comité consultatif national d'éthique à ce sujet.

Grâce à ces séances régulières en compagnie de son accompagnant sexuel, Lucie retrouve peu à peu confiance en elle. "C'est de l'affection, un bon moment, de l'écoute, de la compréhension, du bonheur d'être une femme. Je me sens aimée et pas rejetée."

Son accompagnant sexuel d'il y a quelques années s'appelle Fabrice. Son métier est thérapeute, mais à côté, il consacre aussi du temps à l'accompagnement sexuel des personnes en situation de handicap. "Certaines n'en peuvent plus, on a des cas de personnes qui se suicident à cause de ça."

Pour faire venir Fabrice, Lucie doit payer : 150 euros pour une séance d'accompagnement sexuel d'environ deux heures. La séance prend des formes diverses et variées. "Je peux la prendre dans les bras, avoir un échange, une communication sincère, je m'intéresse à elle, je donne de la sensualité physique aussi, c'est important, voire éventuellement de la sexualité."

Aider à reprendre confiance

L'accompagnement sexuel porte ses fruits avec le temps, affirme Fabrice : "La plupart [des femmes accompagnées], je ne les vois plus, elles n'ont plus besoin de moi. Si demain, cette pratique est reconnue de façon plus officielle et pas diabolisée, je pense que ça va ouvrir des possibilités à des centaines, des milliers de personnes qui souffrent en silence et qui n'osent pas faire la démarche. Si déjà l'état d'esprit des gens évolue, ce sera déjà ça."

Depuis quelques mois, Lucie ne fait plus appel à Fabrice. "Je n'ai plus besoin de lui, mais il est toujours là. On est toujours en contact, c'est ça qui est bien. Maintenant, c'est devenu un ami. Si j'ai besoin de lui, je sais qu'il est là."

Lucie, comme Fabrice, appellent tous deux à une évolution de la loi, pour mettre fin à cette pénalisation des clients handicapés. Fabrice signale d'ailleurs que depuis les annonces du gouvernement, son téléphone est rempli de nouvelles demandes.

Pas sûr que la législation évolue : le Haut conseil à l'égalité (HCE) a annoncé mardi 11 février son opposition "ferme" à la légalisation de cette activité. "Légaliser l'achat de services sexuels serait contraire à notre législation contre l'achat de prostitution", a écrit le HCE dans un communiqué.

*Le prénom a été changé.

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Vendredi 14 Février 2020




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