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Ababakar Mbaye, DG de l’Onas : « Les conséquences des inondations se sont atténuées grâce aux ouvrages »

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Le Directeur général de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas), Ababakar Mbaye, a effectué des visites de terrain jeudi, vendredi, samedi et dimanche derniers. Dans cet entretien, il explique les contraintes rencontrées. Mais, d’une manière globale, il confirme une réduction des conséquences des inondations dans des zones dotées d’ouvrages d’assainissement.

Propos recueillis par Eugène KALY



Monsieur le Directeur général, le Sénégal a enregistré ces derniers jours, des pluies intenses. Qu’est-ce que vos services sont en train de faire pour atténuer les impacts des inondations ?

Nous tenons à compatir avec les personnes qui sont dans des inondations. Nous savons qu’elles passent des moments difficiles. L’Etat restera à leur chevet. Sur le terrain, l’Office national de l’assainissement du Sénégal (Onas) a intensifié les opérations de pompage des eaux dans différents points bas. Je dois rappeler qu’à «Jarga Montagne» où le flexible a été perforé, le pompage a repris. Nous avons commencé à poser de nouvelles conduites. Au fil des jours, notre système de pompage va monter en puissance aussi bien à Dakar qu’à l’intérieur du pays. Déjà, dans les stations, nous avons renforcé les agents. Nous avons des équipes qui travaillent 24 heures sur 24. Nous avons engagé plus de 200 jeunes dans les différents quartiers pour assurer ce travail. Contrairement aux années passées, nous avons déjà déployé des électropompes de grande puissance à Thiès, Tivaouane, Saint-Louis. Ces nouvelles acquisitions ont pesé sur la réduction des inondations. C’est vrai que parfois le rythme d’évacuation peut sembler un peu lent, mais la remarque globale, quelque temps après, les eaux sont évacuées. Partout où il y a des ouvrages, les conséquences se sont atténuées.

Pourquoi lorsqu’il pleut, nous avons des débordements d’eau dans certains endroits où il y a des ouvrages ?

La pluie, c’est la durée et l’intensité. Si nous recevons une forte pluie en un temps si court, il faut un temps pour que les ouvrages puissent évacuer les eaux. Il y a ce que nous appelons le temps de latence. C’est le temps qu’il faut pour que l’eau s’infiltre ou qu’elle soit évacuée. Les ouvrages ne peuvent pas évacuer, d’un coup, toutes les eaux pluviales recueillies sur un site. Aujourd’hui, nous avons réduit de manière nette ce temps de latence. Actuellement, lorsqu’il pleut, les usagers continuent d’emprunter la Rn1 et les autres grandes artères. L’eau ne reste pas dans les voies principales durant des heures. Bien avant 2013, il y avait des quartiers comme Djeddah Thiaroye Kao, Médina Gounass, Wakhinane Nimzatt, Dalifort, Cité Soleil, où les habitants vivaient dans l’eau durant au moins 6 mois. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Après la pluie, quelques heures après, les habitants vaquent à leurs occupations. Le trafic reprend, même s’il est perturbé. En somme, nous pouvons dire que les ouvrages ont permis d’abréger la souffrance des anciennes victimes des inondations. On ne le dit pas souvent, beaucoup de sinistrés ont été relogés à la Cité Niague et Tawfekh.

L’Onas a réceptionné, le 10 juillet dernier, des électropompes à grands débits. Où en êtes-vous avec leur déploiement ?

Dans le cadre du projet du renouvellement du collecteur Hann-Fann, nous avons réceptionné des équipements de dernière génération, des camions hydrocureurs, des motopompes, des électropompes, des véhicules d’inspection des réseaux. Le projet de renouvellement du collecteur de Hann-Fann est un projet structurant. C’est dans ce cadre que nous avons acquis des électropompes et des pompes de grande puissance. Nous les avons déjà positionnées dans des zones basses à Thiès, Saint-Louis et à Tivaouane.

Quels sont les apports des ouvrages réalisés dans les différents projets de lutte contre les inondations ?

Les ouvrages ont joué un rôle essentiel dans la lutte contre les inondations. Depuis quelques années, il y a moins de personnes qui déménagent en cas d’inondations. L’année dernière, nous n’avons pas noté à Dakar des retards d’ouverture d’une école à cause de son occupation par les sinistrés. Dans des villes comme Kaolack et Kaffrine, l’impact des inondations s’est nettement atténué. Il en est de même à Nioro, à Sédhiou, dans une ville comme Saint-Louis. Le marqueur de l’impact des ouvrages peut s’expliquer par le fait qu’on parle moins de Médina Gounass et de Djeddah Thiaroye Kao, lorsqu’on parle d’inondation. Les ouvrages ont réduit les impacts négatifs des inondations. L’épicentre s’est déplacé à Keur Massar où l’Etat est en train de construire de grandes canalisations. Déjà, on commence à noter les effets avec les infrastructures déjà réalisées.

Quel bilan tirez-vous des opérations pré-hivernage ?

Le bilan est positif. Nous avons un bon taux de curage aussi bien à Dakar que dans les régions. Sans le curage, nous aurions plus de contraintes pour évacuer la première forte pluie du mercredi dernier. Mais nous avons constaté après cette première grande pluie, que l’eau a été évacuée et que la circulation a repris sur les artères principales. En résumé, comme l’a dit le Ministre de l’Eau et de l’Assainissement, Serigne Mbaye Thiam, les ouvrages ont bien fonctionné, c’est ce qui a contribué à minimiser les impacts.

L’année dernière, il y avait des sabotages de vos réseaux. Cette année, nous avons également appris que le flexible a été perforé à la Cité Jarga Montagne. Qu’est-ce qui peut expliquer ces actes inciviques ?

Ce sont des actes inacceptables. Rien ne peut expliquer ces genres de comportements. Je dois le dire, les premières personnes qui seront impactées par ces sabotages, ce sont les populations, les riverains des ouvrages. L’obstruction des canalisations entraîne une perturbation de l’évacuation des eaux, cela peut déboucher sur des reflux et des inondations. Lors de la visite que le Ministre Serigne Mbaye Thiam a effectuée à Jarga Montagne, nous avons constaté que le flexible a été endommagé et c’est ce qui a conduit à l’arrêt du pompage.

Les inondations sont aussi notées dans les villes de l’intérieur. Quelles sont les réponses que l’Onas est en train d’apporter ?

Nous avons procédé au curage des canalisations de plusieurs villes de l’intérieur. Je peux citer Kaolack, Saint-Louis, Diourbel, Touba, Louga. Nous avons mis en service des ouvrages à Kaffrine, Tambacounda et Matam. Nous avons renforcé la capacité de stockage de la station de Keur Niang et le système d’évacuation des eaux d’une manière générale. Hormis ces mesures, nous avons aussi déployé des motopompes et des électropompes de grande puissance à Thiès, à Tivaouane et à Saint-Louis. Le déploiement de ces équipements va se poursuivre dans les prochains jours.

LESOLEIL

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Mercredi 27 Juillet 2022




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