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XALAM II GROUPE DE MUSIQUE: «Le Xalam est une institution… »

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Vu comme un groupe légendaire sénégalais, le Xalam II qui compte ses quarante ans de musique revient encore à Dakar pour revisiter ses tubes à succès. Autour du damier, Babou, Tapha Cissé, Cheikh Tidiane Tall, Koundoul, Henry Guillabert et Ablo reviennent sur l'avenir du groupe et sur le départ de Souleymane Faye, ainsi que sur leur perception de la musique sénégalaise...



XALAM II GROUPE DE MUSIQUE: «Le Xalam est une institution… »
Walf Grand-Place : On vous a trouvé en pleine répétition, êtes-­vous en train de préparer un nou­vel album ?



Henry Guillabert : On fait des ateliers, on revoit les anciens morceaux pour les remettre au goût du temps. C'est-à-dire qu'on essaie de les réadapter parce que ce sont des morceaux qu'on a joués depuis très longtemps. Tout d'abord on va essayer de les mettre au goût du jour, surtout les alléger un peu. C'est ce qui explique qu'on joue avec beaucoup de cuivres pour les réa­dapter. C'est comme cela en fait, parce que, c'est un travail perpétuel.



Tapha CISSE : Oui, c'est ça. Nous les réadaptons surtout pour les scènes que nous allons jouer plus tard, et voir comment on peut les mettre en jeu avec les futurs morceaux.



Vous parlez de réadapter, est-ce à dire qu'un nouvel album n'est pas encore en vue ?



Tapha : Dans l'immédiat non. On vient de sortir un Best of, donc il faut lui laisser faire son temps. Mais pour les nouveaux titres, nous avons au moins un répertoire de 150 morceaux. Et nous avons de quoi faire trois albums tout de suite. Mais à quoi bon ? On a bossé sur des morceaux, chacun de nous possède au moins une dizaine de morceaux.



Et pourquoi avoir misé sur le Best of alors que vous avez de quoi faire un nouvel album avec de nou­veaux titres ?



Tapha : C'est pour permettre à tous ces gens qui écoutaient le Xalam sans le connaître, de faire enfin sa connaissance. Car il y avait toute une génération qui voulait faire la connaissance du groupe. Et certains morceaux qui sont dans le best of n'existaient pas sur le mar­ché. La deuxième raison, c'est qu'on n'a jamais fait de best of. Et comme le Xalam n'est pas un groupe qui fait un album tous les ans, ni tous les deux ans, donc c'était l'occasion de sortir ce best of pour le public. Il y a toute la bibliographie du Xalam, car il y en a qui n'ont commencé à écou­ter le Xalam qu'avec Souleymane Faye. Ils ne savaient pas que le Xalam existait depuis quarante ans. Il est donc essentiel que l'on mette tous ces morceaux dans un double cd. Donc il faut laisser du temps à ce best of. Et d'ici un ou deux ans, on verra pour un nouvel album.



Si vous prenez le temps de réa­dapter ces anciens morceaux, c'est sûrement pour des spectacles, donc on peut dire qu'il y a des dates en vue au Sénégal, et même au plan international ?



Babou : Au plan international, il y a des choses qui se préparent, en Europe et aux Etats-Unis. Et éven­tuellement, comme l'a dit Tapha, un nouvel album peut bien sortir d'ici un an. Nous comptons égale­ment faire des tourmées. Nous avons comme date officielle ici à Dakar le 26 décembre, c'est l'anni­versairc du Patio, et d'antres dates ne sont pas encore confirmées. Nous sommes très occupés pour le mois de décembre, on veut rentabi­liser notre venue. Le plus impor­tant, c'est le travail qu'on doit faire.



Henry : Pour compléter, nous projetons d'avoir un pied-à-terre ici au Sénégal. Nous avons trop vécu en Europe et certains sont restés. Nous sommes sur un projet pour avoir un lieu à nous. Un club Xalam où on jouerait tous les week-end. En tout cas, un club a nous. On a envie de se poser pour justement faire des concerts pour tous ceux qui nous adorent. Tous les specta­cles qu'on a eu à jouer depuis nos retrouvailles c’est soit au stade ou au Just 4 U. Donc nous sommes en train de nous y etteler pour que celui qui est au Sénégal ou en France sache que le Xalam a un club. Pour le moment, on cherche l’endroit et on a bon espoir de le trouver.



Cheikh Tidiane TALL : Le Xalam, comme c'est un orchestre de concert, on ne peu pas jouer dans certains endroits. Certains veulent qu'on joue dans des boîtes, et ce n'est pas parce qu'on ne veut pas, mais nous ne sommes pas un orchestre de bal, mais un groupe de concert. Et comme l'a dit Henry, nous sommes en train de chercher un endroit idéal pour cela. Et ce sera l'occasion de faire venir nos copains qui sont à l'étranger, des artistes qui jouent de la musique africaine moderne, du jazz, et même une musique traditionnelle très originale. Et si tout le monde est là, c'est pour préparer 2010, parce qu'on sait que nous n'avons pas le temps de le faire en Europe, donc, on revient ici, cher nous, à la source pour réaménager les anciens morceaux, et préparer un nouveau disque. Tous les beaux morceaux ont été joués il y a très longtemps. On les appelle morceaux standard, On les joue a chaque occasion et à tout temps. Et, pour faire un standard, cela demande une certaine réflexion et c'est pourquoi nous sommes là pour travailler les stan­dards qui vont demeurer entre 4 et 5 ans.



Tapha : Moi, je pense qu'il y a un esprit Xalam, et il faut qu'on revienne avec cet esprit-là. Comme l'a dit Cheikh, on n'est pas un groupe de soirée, de boîte, mais de concert et comme à l'époque ou le Xalam jouait au Baneex, et dans les clubs, on sortait pour faire des shows. L'esprit d'un groupe, c'est de faire découvrir aux gens le côté scénique, le son, bref, tout ce qui englobe un groupe qui monte un spectacle. Et nous ne sommes pas un groupe qui fait dans ces légère­tés. N'empêche que s'il y a des gens qui ont envie de danser, qu’ils le fassent. Mais, comme nous sommes un groupe qui a un vécu, il faudrait qu’on mette ce vécu au devant. Il y a des gens qui attendent que le Xalam jeue pour sortir, mais malheureusement, ils ne peuvent pas venir à certains endroits. L'idée, c'est d'inviter des gens à venir là où ils peuvent faire des col­laborations, créer quelque chose dans l'esprit du Xalam. Apporter quelque chose de plus que ce qu'il y a ici. Cela dit, nous n'avons pas la prétention de changer quoi que ce soit. Si les gens ont envie d'écouter le Xalam avec tel artiste, que cela soit possible et même de faire venir un artiste, et de travailler avec lui en résidence. Il y a toutes ces idées qu'on est en train de développer. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'on a affirmé dès le début qu'on est la pour travailler. Chacun enregistre et après on verra jusqu'où ça peut aller.



Henry vient de dire que vous avez l'ambition d'avoir un pied-à-terre à Dakar. Après les retrouvail­les du Xalam qui symbolisent les quarante ans de votre existence, comment se dessine l'avenir ?



Henry : C'est comme si on renaît parce que nous avons eu un temps de pause. C'est à dire que chacun a eu un temps de répit et on revient. Nous redémarrons une autre expérience. Et on prend ce qu'on avait pour essayer de l'améliorer, de revenir au Sénégal pour chercher une base. Dans le temps, nous habitions tous dans une même maison, ce qui n'est plus possible. Mais on peut avoir notre club à nous pour y accueillir nos amis parce que nous en avons à travers le monde. Et dès qu'ils sau­ront que nous avons un club, ils n'hésiteront pas à venir, ne serait-ce que pour jouer avec nous. Nous avons cette possibilité et donc, c'est indispensable. Si on reçoit au Sénégal, c'est encore beaucoup plus intéressant.



Ne comptez-vous pas changer de style ?



(Chacun souhaite répondre)



Babou : On veut simplement dire qu'on n'a pas envie de changer. Changer, c'est simplement venir avec autre chose et l'ajouter à ce qu'on faisait.



Vous allez apporter un plus à quoi ?



Henry : On sous-entend qu'il y a une musique qui s'impose et cer­tains vous disent qu'ils en ont marre. Les journalistes disent eux­-mêmes qu'ils en ont marre du mba­lax et c'est pourtant eux qui en font la promotion. Pareil pour le public qui est le principal consommateur.



Mais si on sait, aussi que le Xalam est resté incompris très longtemps de par sa musique, ne pensez-vous pas vous mettre au mbalax ?



Tapha : Mais non. Et la preuve, c'est que le temps nous a donné rai­son. Ensuite, il y a en combien de groupes qui ont existé depuis qua­rante ans et qui n'existent plus. Il y a des chanteurs qu'on entend à la radio et le mois d'après, ils dispa­raissent.



Henry : je pense qu'il faut poser la question aux artistes. Car certains d'entre eux veulent faire comme nous. Après le Sénégal, nous sommes partis en Europe où nous avons été acceptés directe­ment. Et puis, nous avons été les premiers à jouer du mbalax et on le joue dix fois mieux que d'autres. Le mbalax quand il est bien joué, c'est une belle musique. Mais le pro­blème c'est qu'il y a des musiciens qui ne font pas d'efforts pour amé­liorer la qualité technique de leur musique ou encore le mbalax. Parfois, il y a des chanteuses améri­caines, anglaises qui reprennent le mbalax, qui le jouent d'une manière extraordinaire. Nous, on a notre manière et dans certains de nos morceaux, il y a du sabar.



Mais justement, c'est là où la question se pose, parce qu'on sait que votre style est assez décalé du mbalax. Donc ce changement, c'est par rapport à la musique sénéga­laise en général ou votre musique ?



Henry : Tout le monde ne peut pas faire la même chose, il ne peut pas y avoir cinquante grandes stars sur un même style. Ce n'est pas pos­sible ça.



Tapha : Il faut dire les choses comme elles sont. Au Sénégal,

comme dans d'autres pays, il y a beaucoup de musiques comerciales. C'est ce qu'on appelle le yaourt. Et vous savez, le pot yaourt, vous le buvez et vous jetez. II y en a plein au Sénégal, de la musique qu'on écoute aujourd’hui et demain on la jette. Aujourd'hui tous les morceaux du Xalam, sont des morceaux d'il y a vingt ans et pourtant, certains pensent que ça date d'hier. Et on pourrait rêver, car un morceau qu'on fait il y’a vingt ou trente ans, qu'on entend à la radio, qui passe dans certaines éditions, font des jingles, ce sont des standards, comme l'a dit Cheikh. C'est un patrimoine. allez demander à certains artistes leur premier morceau, il y a dix ans. Qui s'en rappelle ? Alors que pour notre cas, tout ce qu'on joue actuellement a été joué il y a des années. Le son et les arrangements, c’est pour que la musique soit belle, et pourtant c'est d'actualité. Et c’est pareil pour Miles Davis et d'autres grands groupes. Maintenant, à côté de cela, il y a plein d'artistes qui veulent être connus, et eux, ils ont un objectif qui n'est pas de faire la musique, mais se faire un nom seulement. Et moi, je vous dis que ça ne marche pas, ils vont retourner à la vente des cacahuètes ou à autre chose.



Babou : C'est pourquoi on dit en wolof, «lu yag rek dëg la» (ce qui dure est vrai).



Cheikh T. TALL : Moi, je crois que ce sont des questions posées par des journalistes nés à l'époque du mbalax.



Mais ce n'est pas seulement les journalistes ?



Cheikh T. TALL : Quand je le dis, je sais pourquoi. Car, j'étais bien là moi. Actuellement, tous les journalistes sont nés vers les années 80. Ils ne savent même pas d'où vient le mbalax. Alors que nous sommes les seuls qui osons jouer notre musique sénégalaise sans y mettre le sabar. Parce que nous sommes les premiers à mettre cette musique. Le mbalax, c'est la salsa transformée, manipulée, rythmée. Les pionniers du mbalax ont hérité de ce que nous avons posé et les nouvelles générations ont comme référence ces derniers. Le mbalax est une belle musique quand elle est bien faite.



Est-ce cela qui a motivé votre retour ? Ne vous êtes-vous pas dit que même après quarante ans, vous allez retrouver votre public ?



Tapha : Vous avez fait le constat. Car nous, on croyait qu'on n'aurait que des vieux, et malheu­reusement ou heureusement pour nous, les 75 % du public étaient des gens qui n'avaient pas 30 ans. On les entendait chanter nos morceaux, et ils les connaissaient mieux que nous. Cela veut dire que la musique n'est pas forclose quand elle est bien faite. Tout le monde sait que le mbalax a un problème, car c'est un produit qui n'est que pour nous. On peut le jouer de différentes maniè­res, mais il restera une musique locale tant qu'on ne pourra pas l'ex­porter. Nous, c'est de la musique panafricaine qu'on fait et c'est nor­mal, nous sommes africains.

Quand Cheikh parle de jeunes journalistes, moi, je dis que ce n'est pas seulement une question de jeu­nes journalistes, car on peut être jeune et aller chercher dans les archives, savoir ce qui s'est passé avant. Nous avons eu les meilleurs articles de presse avec les jeunes

journalistes qui ne connaissaient pas le groupe avant, qui n'étaient même pas nés quand nous débu­tions le Xalam. C'est juste une question d'avoir envie de faire des recherches. Et ces gars (le groupe) qui ont quarante ans d'existence sont encore là, en train de jouer. On serait dans un autre pays comme les Rolling Stones...



Henry : Et ça quelqu'un l'a dit et ça nous a touchés parce que pour lui, nous sommes comme ces der­niers. Vous savez, quand vous par­lez du Xalam au Burkina Faso, ils vous diront que c'est un groupe légendaire.



Tapha : Allez chercher dans un autre pays, un groupe qui a qua­rante ans de longévité. Je ne dis pas un artiste, mais un groupe. Vous ne le verrez pas. Ça existe, mais c'est rare, et on les trouve seulement en Occident, avec les Beatles. Au Sénégal, nous avons un ou deux groupes qui sont toujours là et c'est le Baobab et le Xalam. Et avec le Baobab, c'est des reprises, des arrêts et ce sont ces morceaux qu'ils jouent encore et qui cartonnent.



Cheikh T.TALL : Moi, quand je suis là, c'est comme si j'étais au Baobab. Ils jouent tellement bien leurs anciens morceaux qu'ils font le tour du monde avec. On les connaît bien et ça c'est partout dans le monde. La musique, si elle est bien faite, elle résiste au temps. Quatre musiques résistent pour la vie, c'est la musique classique, le rock, la salsa et le jazz. Et nous som­mes entre ces musiques susnom­mées. Nous sommes des musiciens qui ont un niveau jazzistique et connaissons bien la musique tradi­tionnelle. Nous sommes des Sénégalais qui jouons la musique africaine.



Henry : De toute façon, c'est ce que nous avons toujours défendu. Et nous n'avons pas besoin de dire qu'elle vient du Sénégal, du Congo ou d'un autre pays.



Tapha : Il n’y a aucune contradiction, parce que nous sommes tous des Affricains.



Cheikh T. TALL : La musique n’a pas de frontiere.



Par rapport à cette musique africaine, on constate aussi que vous jouez beaucoup sur le rythme traditionnel sérère. Est-ce parce qu’il y’a un sérère dans le groupe ?



Henry: Ma mère est sérère. Mais nous chantons aussi en dialecte diola, peul....



Koundoul : Ce qui est important ­c'est que nous avons toujours travaillé avec des cours tradition­nels. Nous sommes allés chercher les traditions parce qu'il n'y a pas que le wolof au Sénégal. La musique qu'on fait, elle doit représenter la population du Sénégal. Si on prend juste le mbalax qui a un rythme, il faut savoir qu'il n'y a pas que ça. Et c'est très important, car la recherche que nous avons toujours faite tourne autour de ça.



Babou : Moi je prépare d'ail­leurs un morceau maure qui se nomme Lakh dar... (ils éclatent tous de rire) je bosse là-dessus avec Henry.



Tapha : Il faut savoir que la par­ticularité du groupe réside dans ça. Car le Xalam vivait à Dakar, mais faisait le tour du pays, c'est-à-dire que c'était déjà un groupe sénéga­lais. Nous partions dans la brousse pour y rencontrer des musiciens traditionnels et amener deux ou trois batteries, brancher les guitares et voir les sonorités que joue l'ar­tiste que l'on trouve dans son vil­lage. Ça nous permettait de savoir comment on joue avec cet instru­ment, comment le transposer. Et donc, ce n'est même pas une ques­tion de dire on va chanter wolof, diola, c'est aussi essayer de jouer les autres musiques du Sénégal. Aujourd'hui, quand on demande à un jeune musicien c'est quoi le ndjouck, il ne vous le dira pas.



Cheikh T. TALL : Nous repré­sentons un peu la musique vitrée du Sénégal. Il y a toutes les sonori­tés du Sénégal dans notre réper­toire.



Henry : Quand on sort, il faut une vitrine de là où on vient. C'est un choix de faire un rythme, mais nous, on varie,



Pensez-vous un jour faire bénéficier votre expérience aux jeunes ?



Henry : Nous voulons créer une académie. Nous, on a toujours joué avec des jeunes, par exemple Habib Faye, Youssou Camara, Samba Laobé, ce sont des jeunes qui nous ont approchés et on leur a ouvert nos portes.



Tapha : Habib, il peut vous jouer n'importe où dans le monde une musique qui plaise. Nous, nous restons ouverts à tout le monde.



Cheikh : II y a eu un grand fes­tival dans ce pays. Bb King est venu ici, on ma amené dans sa loge et il a voulu que je lui joue une sonorité africaine. Quand j'ai joué, il m'a demandé ce que c'était, je lui ai dit que c'était de la musique sénéga­laise. Parce que le toubab, vous lui expliquez, il copie et le fait mieux que vous. Il a voulu que je reprenne maintes fois pour qu’il comprenne, mais à chaque fois, je jouais autre chose et ça l’a un peu énervé, il a compris.



Babou : Depuis que je suis là, j’écouté la radio. Mais un son sans voix, on ne peut pas savoir qui c’est parce que tout se ressemble.



Cheikh T.TALL : Les médias devraient avoir un comité de cen­sure. Les journalistes ont un rôle a jouer. C'est du n'importe quoi. La faute est aussi aux arrangeurs et aux instrumentistes, ils doivent s'améliorer. Si on ouvre une acadé­mie, je ne parle pas des chanteurs, mais les instrumentistes viendront apprendre.



Henry : La guitare et le clavier sont des instruments occidentaux et il y a des règles. Les instrumen­tistes doivent améliorer.



Tapha : On ne peut pas faire jouer au clavier les rythmes du sabar. On n'a pas la prétention de changer, mais on peut prétendre apporter quelque chose.



Cheikh T. TALL: Beaucoup de jeunes font de l'acoustique, ça c'est une musique qui peut être écoutée partout. Mais on ne la promeut pas et elle retombe dans le mbalax.



Koundoul : Il faut aussi travailler les textes, innover. II faut édu­quer la population.



Tapha : Youssou a un niveau supérieur, il fait du mbalax avec musiciens, mais il le fait bien. Si les autres ne travaillent pas assez, il y aura toujours un seul Youssou et pourtant, il peut y en avoir d'autres.



Quarante ans de Xalam, beau­coup de temps est passé, beaucoup de musiciens aussi. Qu'avez-vous perdu et qu'est-ce qui est resté ?



Tapha : On n'a rien perdu et beaucoup de chose sont restées. On s'est rendus compte que les gens nous aiment, c'est pourquoi on est allé au stade et vous avez vu ce qui s'est passé. Entre temps il y a eu beaucoup de nouveaux artistes, beaucoup de mouvements. Nous prenons exemple sur le mouve­ment Hip Hop qui a beaucoup évo­lué. Lors du concert, il y a Awadi, Xuman et d'autres qui étaient là. Titi aussi parce qu'elle a joué un morceau de Souleymane...



Justement, on ne voit pas Sou­leymane à cet atelier. Où est-il ?



Tapha : Il est quelque part dans la nature parce que...



Parce que quoi ?



Tapha : Souleymane par exem­ple, on l'a découvert ici, on l'a amené en France, il a fait un album avec nous et il est revenu. Quand Xalam avait disparu, qui se posait la question ? Nous étions en train de tourner et on tournait avec Seydina Issa, Meïssa Ngom. Et avant Sonleymane, il y a Pape Niang qui a eu le succès. Vous savez, Souleymane, on n'a pas joué avec lui depuis 88.



Mais on l'a vu au moment des retrouvailles, pourquoi n'est-il pas là aujourd'hui ?



Tapha : D'abord, parce qu'il a une carrière solo qui ne lui permet pas d'être tout le temps avec le Xalam. Ensuite, il a décidé de jouer individuellement. Mais ce n'est pas grave, c'est notre ami et il se peut qu'il vienne jouer avec nous demain. Nous n'avons pas ce problème, le Xalam est un groupe ouvert.



Cheikh T. Tall : Le Xalam est une institution. De la manière dont a découvert Souleymane, de la même manière on peut voir un jeune chanteur qui a du talent et on travaille avec lui.



Tapha : On a fait de belles cho­ses avec lui et chaque fois qu'on a été à Dakar, on l’a appelé. Peut-être qu'il a d'autres envies qu'on ne peut pas satisfaire et c'est tout. On est partis en Afrique du Sud sans lui et on est revenus. La veille du jour ou on devait jouer à Dakar, il jouait. On est parti le voir et le lendemain on a joué. C'est notre ami. Peut-­être qu'il reviendra jouer, mais c'est à lui de décider. Mais ça peut être quelqu'un d'autre aussi.



Henry : On n'a jamais voulu en parler parce qu'il n'y a rien à dire. Le Xalam est un groupe, Souleymane en a fait partie. C'est un épisode. Koundoul est le plus important pour nous parce que c'est le chanteur du Xalam. C'est un gars humble qui laisse aux autres la possibilité de s'éclore.



Tapha : Tous les morceaux que Souleymane a chantés avec, nous, il les a trouvés déjà faits. Il n'a fait que mettre sa voix. Il ne peut pas les jouer avec quelqu'un d'autre.



Le Xalam a assisté à la nais­sance de la World music en 80, pourquoi n'avez-vous pas pu signer de disque d'or au moment où Touré Kunda ou Mory Kanté en avait ?



Henry : Parce que notre musi­que n'est pas commerciale. Pour avoir un disque d'or dans ces conditions-là, il faut une musique qui cartonne en boîte, des clips et tout. Nous, nous ne faisons même pas de clips. Notre musique est conçue pour la scène. En quarante ans de carrière, on n'a fait que cinq albums. Entre 82 et 87, on a été le groupe qui a le plus tourné en Europe. 150 concerts par an, on n'avait même pas le temps de faire un album. Et puis, le Xalam n'était pas à l'aise en studio, nous on est fait pour le spectacle. Mais je crois que c'est maintenant qu'on va avoir un disque d'or (ils rient tous).



Tapha : En Europe, ce qu'on connaissait de la musique afri­caine, c'était le soukouss, la rumba. Ils voient un jour un groupe avec des cuivres, des instruments, des chorégraphies, une manière de s'habiller, ils se posent des ques­tions. Ils disaient même que nous sommes un groupe d'intellectuels, comme disent aussi certains Sénégalais. On nous disait : faites nous danser, Gorée là et autres, ça ne les intéressait pas. C'est un patrimoine et ça ne peut pas être commercial. Notre objectif, c'est de laisser une trace.



Ablo, vous qui êtes le plus jeune du groupe et de surcroît bur­kinabé, comment s'est passée votre intégration dans le Xalam ?



Ce sont mes tontons et papas. Mon intégration a été spontanée et je pense que c'est à cause de leur expérience humaine et musicale. Notre génération a besoin de grou­pes comme le Xalam et moi, j'en profite beaucoup.

Réalisé par Aissatou THOYE & Lalla CISSOKHO
Source Walf Grand Place

Article Lu 12218 fois

Lundi 21 Décembre 2009





1.Posté par xalaman le 21/12/2009 05:39
grand rester humble un peu TOURE KUNDA na jamais fait de musique commerciale ce qui a mon avis les a bcp couter pour la suite de leur carriere
mais vous rester un groupe de legende
quand a jules faites le tout pour kil revienne khorome lathi

2.Posté par ABDOU le 21/12/2009 22:10
Du COURAGE mes grands..

Je vous écoute depuis + de 20 ans.
Dommage qd je suis venu à paris le groupe avait fait une pose. Mais J'espère vous revoir un jour en Live.

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