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Voyage dans l’univers des veuves

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Elles ont perdu leurs maris et sont ainsi contraintes à affronter une nouvelle vie de célibat, après une période de veuvage fixée à 4mois 10 jours, qui peut être différente selon les croyances et ethnies. Cette recommandation de l’islam destinée à évacuer l’émotion, atténue la douleur par l’accompagnement sociale mais aussi permet de vérifier qu’elle ne porte pas une grossesse du défunt. C’est une étape d’abstinence, d’intenses prières avec un encadrement de femmes plus âgées pour veiller sur elles, en assurant certains services domestiques notamment le bain, et le linge de la veuve.



Voyage dans l’univers des veuves
Cette étape est marquée par l’habillement très simple de la veuve qui évite le maquillage et autres produits pouvant séduire les mâles, pour faire plus modeste. Un temps de réflexion sur son avenir qui voit aussi la ronde des amis, parents et autres proches. Parmi les visiteurs, les prétendants venus observer, font semblant de compatir à la douleur de la famille mais surtout, voir comment et sur qui s’appuyer pour réussir à séduire la veuve.

Les chasseurs de veuves

Après le choc de la disparition avec la fin de la période légale de veuvage Madame redevient un cœur à prendre. Les frères du défunt qui ont assuré l’intérim pendant la période sont les premiers prétendants pour officiellement, l’empêcher de quitter le cercle familial et aider dans l’éducation des enfants. Les arguments sont nombreux et jadis le remplacement du défunt était assuré automatiquement par une officialisation de l’union d’où le lévirat aussi ancien au Fouladou. Les temps ont changé, la femme prend d’abord un petit repos avant de commencer à s’occuper d’elle. Ce temps est propice à se refaire sur le plan physique, et matériel pour mieux affronter les prétendants. Témoignage de Coumba Baldé veuve depuis 6ans « c’est normal de se reposer, de se retaper, « Tabax bamuu kawé » mais aussi mesurer ses nouvelles charges. » Ne pas arrêter de vivre a cause de l’autre, et accepter la volonté divine, explique t-elle. A partir de cet instant commence la gestion de la famille, l’intendance, l’immixtion des amies et autres conseillers avec chacun ses vérités. Les premiers pas du retour au célibat sont couronnés par quelques souvenirs ou caprices de jeunes filles.

Les chasseurs sont souvent des personnes à la bonne présentation qui mènent des enquêtes sur la veuve, le passé du couple, les biens hérités, les qualités du défunt mari, bref toute une documentation pour mettre la chance de leur côté. L’appui des copines est fondamental. Ici la bourse commande le cœur. Le reste devient une affaire de technique bien étudiée avec la phase d’attaque d’abord, les messages avec les intermédiaires proches, puis le face a face avec un argumentaire forgé après la collecte d’infos. Le souci de combler le vide, aider les enfants pour leur éducation, tout est important à ce stade. Ahmadou est de ce calibre en 2007, il a célébré sa seconde noce avec une veuve dont l’époux, un homme d’affaire est décédé à la suite d’un accident de circulation. Il réfute le mariage d’intérêt, « non, c’est un hasard je l’aimais, si elle n’avait pas de maison je pouvais la faire vivre chez moi, je ne crois pas au mariage arrangé. Pourtant Ahmadou jadis un débrouillard dans l’informel, a été retapé après ce mariage, il a presque abandonné sa première épouse et ne se rend qu’occasionnellement chez elle. Chez la veuve il n’est soumis à aucune dépense, au contraire. Lui se défend « je suis un musulman donc je suis pour la polygamie, ce qui implique un respect d’une certaine manière de faire, il n’est pas interdit d’épouser une veuve. Et si elle peut vous entretenir c’est encore une chance. Les problèmes avec ma première femme n’ont rien à voir avec ce nouveau mariage comme je ne peux pas être respecté là-bas, j’ai fait une option de rester ici. Ce n’est pas un divorce mais une séparation de corps. ». Coumba, est une drianké qui est au petit soin de son mari, noir d’ébène avec un large visage orné par un sourire distribué. En plus des biens matériels hérités de son défunt mari, ses mensurations ne laissent personne indifférent. Un cliquetis de la spécialité des dames sénégalaises accompagne chacun de ses pas dans cette petite salle parfumé de Thiouraye en cette matinée, où une légère pluie tombe depuis plusieurs minutes. « Vous avez vraiment autres choses à faire que de vous occuper de nos couples » avant de poser cette question : quel homme peut refuser d’épouser une belle femme qui a les moyens de vous assurer une vie décente, sans histoire ? Allez répondre !

Certes, il est difficile en cette période de renchérissement des prix des différentes denrées, de résister aux veuves couronnées d’or. La chasse aux veuves ne concerne souvent que celles qui ont la chance d’hériter de biens matériels, une villa d’abord et autres de préférence, avec peu d’enfants. C’est la cible idéale. Pour les veuves sans capital de décès, ni pension, il faut vraiment bénéficier d’un appui de la nature pour retrouver un mari. Les vieilles veuves sans ressource rencontrent des difficultés énormes et il faut recourir à l’imam du quartier, lui signifier sa volonté de trouver un homme pour mieux pratiquer sa foi. Nombreuses sont les femmes qui croient que le mariage est indispensable pour une bonne pratique de l’Islam. Selon certains religieux cependant, une veuve peut rester sans mari si elle peut s’abstenir de rapport sexuel.

Au Fouladou le « Sina Foutou » reste une pratique bien connue « se nouer la corde » avec un homme qui accepte de jouer un rôle de mari sans réellement être astreint à certaines obligations d’entretien de la conjointe ou de « partager le lit « C’est le lot des vieilles veuves qui font recours à cela pour aller à la Mecque ou passer la période du mois de ramadan. Il arrive que ce soient les enfants de la veuve qui trouvent un remplaçant à leur défunt papa.

La chasse aux veuves devient de plus en plus risqué, du fait que la veuve peut porter l’origine du départ du défunt, avec l’apparition des maladies comme le SIDA comme l’explique un médecin « les fausses croyances font que le sida ne soit une maladie de jeunes ou des vagabonds sexuels. Malheureusement le sida reste une maladie qui se retrouve dans toutes les couches de notre société, chez les marabouts, chauffeurs, journalistes ou autres. Pour épouser une femme, il est plus sûr de faire des tests avant de consommer tout mariage, surtout pour ceux qui veulent épouser des veuves. »

A côté des veuves pauvres, vieilles ou malades, celles qui peinent à retrouver, un mari sont celles qui ont perdu leur époux au début de leur mariage. Elles sont indexées par la société comme des dévoreuses de maris, gare à ceux qui rôdent autour, très vite avertis par cette interrogation : voulez vous mourir ? Elles sont souvent accusées d’avoir quelque chose à voir avec la mort de leur conjoint. Comme Aby qui a perdu depuis 5ans son mari, le jour où le mariage a été célébré. Depuis elle attend de retrouver un nouveau candidat, elle a quitté son village pour Kolda mais toujours pas de mari.

Autre phénomène qui a perdu du terrain de nos jours, le sororat, pratique qui consiste à faire remplacer sa sœur défunte sur son lit conjugal. Reprendre la vie avec le mari d’une sœur décédée très tôt. Des phénomènes souvent justifiés par l’islam, mais aujourd’hui certains marabouts réfutent ces arguments pour qui l’Islam ne recommande point le lévirat ou le sororat. Il ne l’interdit pas non plus car c’est une façon de gérer mieux les héritiers de la personne décédée, explique Thierno Baldé un islamologue.

Une association des veuves de Kolda qui végètent dans le dénuement et l’indifférence regroupe plus de 500 membres dans la commune et le département. Créée en 1986, elle est dirigée par hadja Ousseynatou Diallo. Elle entend venir en aide à ses membres en menant des activités génératrices de revenus, mais l’association ne vit que de ses cotisations et aucune structure ne lui vient en aide à part le Pam qui les assiste en vivres de temps à autre. Elles sont entrain de préparer de vastes superficies pour leur champ de maïs, mais aucune aide pour l’instant, notamment pour l’accès aux intrants et cela risque fort de les empêcher de réussir leur participation à la Goana. « Nous sollicitons une aide en matériels agricoles et en intrants pour que les veuves puissent trouver de quoi se nourrir », lance la Présidente.

Source: African Global News

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Dimanche 3 Août 2008





1.Posté par chercheur de veuve riche le 05/08/2008 15:13
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