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VOL AGGRAVE : Les deux cambrioleurs condamnés aux travaux forcés à perpétuité

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La Cour d’assises de Dakar a frappé fort pour punir deux cambrioleurs qui avaient emporté 13 millions de francs et d’importants objets après avoir malmené une domestique. Pape Adrien Diallo et Ibrahima Bitèye passeront le reste de leur vie en prison.



La bande à Pape Adrien Diallo avait fait un grand coup le 1er octobre 2001, lorsqu’ils quittaient le domicile du sieur Amadou Diallo, sis à l’immeuble « Air Afrique » à la Place de l’Indépendance. Leur opération a failli aussi coûter la vie à la femme de ménage Thérèse Gomis qui venait de surprendre les voleurs en action. Elle fut malmenée à un point qu’elle s’évanouit et, croyant peut-être qu’elle avait rendu l’âme, les voleurs firent leur razzia. Ils emportèrent des bijoux en or, des montres de valeur ainsi qu’une somme de 13 millions de francs Cfa gardée dans un placard encastré dans le mur de la chambre. Tout le mobilier avait été mis sens dessus dessous et des traces de sang étaient visibles çà et là. Les policiers, alertés, découvrirent dans la chambre à coucher un pantalon de sport, une chemise à manches courtes appartenant vraisemblablement aux voleurs ainsi qu’une pince-monseigneur, tous tachetés de sang.

A la suite d’investigations, Pape Adrien Diallo, qui depuis le jour du vol se faisait remarquer par des sorties nocturnes et ses importantes dépenses dans les bars, tomba. Il a d’ailleurs été arrêté en même temps que la nommée Ndèye Kassé, à la porte d’un dancing, à l’aube du 29 octobre 2001. Entendue, Ndèye Kassé déclara que trois semaines plus tôt, à une date qui pourrait correspondre à celle des faits, Pape Adrien Diallo s’était présenté à leur domicile en compagnie de son oncle, Ibrahima Bitèye, tenant à la main un sac en plastique rempli de liasses de billets de banque. Interrogé sur la provenance d’une si forte somme estimée à 10 millions de francs Cfa, celui-ci avait révélé qu’elle avait été soustraite du domicile d’un « toubab ». Mieux, il distribuait de l’argent à tout va, ce qui valut à Ndéye Kassé, qui avait aussi bénéficié de ses largesses, d’être arrêtée pour recel et non-dénonciation de crime. Elle a aussi révélé qu’à son arrivée, Pape Adrien Diallo portait une blessure saignante à l’un des doigts. A la police, M. Diallo avait reconnu les faits et donné le nom de Ibrahima Bitèye. D’ailleurs, c’est Bitèye qui fractura la porte d’entrée et, ayant été surpris à l’œuvre par la domestique, ils exercèrent des violences sur elle pour l’empêcher d’appeler du secours. Une fois leur forfait accompli, poursuit-il, les nommés Daouda Thiam et Magor Mbaye en compagnie de qui il était au à un dancing au moment de son arrestation ont profité de ses largesses alors qu’ils savaient parfaitement l’origine frauduleuse de l’argent.

Interpellés à Thiès, Ibrahima Bitèye et Rama Kâ confirmèrent avec force détails les déclarations faites par Pape Adrien Diallo et Ndéye Kassé. Rama Kâ reconnaissait même avoir bénéficié de présents de la part de Bitèye aussi bien en espèces qu’en nature (bijoux notamment). Interpellés et entendus à leur tour, Daouda Thiam et Magor Samb avouaient avoir tiré profit de cet argent qu’ils savaient d’origine frauduleuse.

La dame Thérèse Gomis rétablie et entendue confirmait la version des faits donnés par Bitèye et Diallo. Elle avait formellement identifié Pape Adrien Diallo comme l’un de ses agresseurs, précisant qu’il avait même tenté d’attenter à sa vie. Elle n’avait dû son salut qu’à son évanouissement.

A la barre, Pape Adrien Diallo nie catégoriquement les faits qui lui sont reprochés et souligne que ses aveux ont été extorqués sous la violence. Sur sa blessure au pouce, il indique l’avoir contracté en effectuant le polissage d’un « diembé », soutenant ne rien comprendre des accusations de Ndèye Kassé à son encontre. Il indique que l’argent avec lequel il faisait la bamboula provenait du coup qu’il avait réalisé avec Ibrahima Bitèye et portant sur une somme de 1,5 millions de francs. Idem pour Ibrahima Bitèye qui qualifie les allégations de sa nièce de non-sens. Lui aussi a déclaré avoir fait des déclarations sous la violence policière. Les déclarations de Magor Mbaye vont cependant enfoncer Pape Adrien. Selon ce dernier, il lui avait avoué un cambriolage pour justifier ses folles dépenses.

L’avocat général, dans son réquisitoire, a rappelé que Thérèse Gomis a identifié formellement Pape Adrien Diallo. A ce stade, note-t-il, les infractions étaient déjà constatées. « Il y a vol, avec plusieurs circonstances aggravantes en citant l’effraction, la réunion, les violences entre autres. Au regard de ces faits, nous sommes en présence de deux infractions, indique le maître des poursuites : un vol aggravé et une tentative de meurtre ». S’agissant de Daouda Thiam et de Magor Mbaye, l’avocat général souligne qu’ils suivaient Pape Adrien Diallo parce qu’il avait de l’argent. “ Ils ont donc bénéficié des produits du vol en connaissance de cause ”, observe-t-il. En conséquence, il a requis à l’encontre des premiers la peine des travaux forcés à perpétuité. Pour les autres, il a demandé à la Cour en se fondant sur l’article 431 du code pénal de les condamner à 10 ans de travaux forcés.

Me Abdoul Wane un des avocats du pool commis pour défendre les accusés, a déclaré à l’entame de son propos que son client, Daouda Thiam, disciple de Bacchus, a toujours été peu gâté par la vie. Me Wane déclare que l’infraction de recel suppose une détention de la chose volée, or, à aucun moment de l’enquête, il n’est établi que son client a détenu un produit provenant du vol. « Il a tout au plus partagé un verre d’alcool avec Pape Adrien Diallo, ce qui lui a valu la prison », se désole-t-il, ajoutant que voilà un verre trop cher payé. Sur l’accusation de non-dénonciation de crime, il indique que même si la loi fait obligation à Daouda Thiam de dénoncer un malfaiteur, dans notre société, souligne Me Wane, on voit très mal un dénonciateur. Alors la cour doit-elle condamner son client sur cette base ? Assurément non, répond le conseiller de Daouda Thiam, en demandant l’acquittement son client qui, à son avis, a trop payé.

Me Guèye, en dressant le portrait de Pape Adrien Diallo et d’Ibrahima Bitèye a indiqué qu’ils n’ont pas été choyés par la vie, ajoutant que si par extraordinaire, la Cour concluait à la culpabilité de son client, elle devait pardonner les accusés. Me Ciré Clédor Ly, quant à lui, était convaincu que le dossier d’accusation est manipulé. Aussi, dans sa plaidoirie, il a demandé l’acquittement des accusés. Finalement, Pape Adrien Diallo et Ibrahima Bitèye ont été condamnés aux travaux forcés à perpétuité. Rama Kâ, Daouda Thiam et Magor Samb ont été acquittés.


Mamadou Guèye
Source: Le Soleil

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Lundi 23 Juillet 2007


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