Référence multimedia du sénégal
.
Google

Université Cheikh Anta DIOP : Les étudiants manifestent contre la fermeture du campus et le retard des bourses

Article Lu 1341 fois

Comme à leur habitude, les étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) se sont fait entendre hier, de façon violente, bruyante pour protester contre le retard dans le paiement des bourses et la fermeture annoncée des restaurants et pavillons universitaires pour ce 10 août. Les responsables du campus social n’écartent pas de revenir sur leur décision.



Université Cheikh Anta DIOP : Les étudiants manifestent contre la fermeture du campus et le retard des bourses
Durant toute la matinée et une bonne partie de l’après-midi d’hier, la circulation était paralysée sur la très passante avenue Cheikh Anta Diop, obligeant les automobilistes à effectuer de longues et pénibles déviations.
Pour cause, les étudiants sont sortis dans la rue en y érigeant des barricades à l’aide de branches d’arbres coupées, des gravats et des pneus brûlés. Par ce geste de révolte, les pensionnaires de l’Ucad entendaient protester contre le retard enregistré dans le paiement de leurs bourses et la fermeture annoncée des restaurants et pavillons universitaires. ‘C’est le seul moyen de nous faire entendre. Les autorités ont l’habitude de faire la sourde oreille’, déclare, pour se justifier, Charles Diouf, étudiant en licence d’anglais.

Toutefois, l’occupation de la rue par les étudiants de l’Ucad n’a été que de courte durée. Une demi-heure environ, après, les éléments du Groupement mobile d’intervention (Gmi) lourdement armés sont venus disperser, à coups de grenades lacrymogènes, les étudiants dont certains fredonnaient des bravades, tandis que d’autres proféraient des menaces contre l’autorité. Se sentant assiégés et dominés sur le plan des armes, les étudiants prennent leurs jambes à leur cou avant d’apporter la riposte avec des jets de pierres une fois à l’intérieur du campus social. Et c’était parti pour un échange nourri de jets de pierres et de grenades lacrymogènes ; de courses-poursuites entre les policiers soucieux de rétablir l’ordre et des étudiants désireux de se faire entendre par tous les moyens. ‘Ce sont les policiers qui déclenchent la violence. Nous voulions marcher pacifiquement pour nous faire entendre de la population ’, accuse Michel Diouf . Selon ce dernier, les étudiants, contrairement, à une idée largement répandue ne sont pas violents du tout. C’est la raison pour laquelle, d’après lui, les problèmes des étudiants doivent être connus des populations comme le retard dans le paiement des bourses . ‘Les autorités devaient prévoir tout cela’, dit-il en parlant du retard enregistré dans le paiement. Ajoutant qu’ ’ il paraît qu’il n’y a pas d’argent . Il n’y a que l’Etat qui puisse régler ce problème’.

L’autre motif du courroux des étudiants est relatif à la fermeture annoncée, pour ce vendredi 10 août, des restaurants et pavillons universitaires alors que les examens se poursuivent dans certains départements et facultés, sans compter ceux qui vont subir dans quelques jours la session rapprochée conformément à l’esprit de la réforme Licence-master-doctorat. ‘Les étudiants en première année d’anglais viennent de voir leurs résultats affichés. Après, ils doivent passer les oraux. Et il y a des étudiants qui n’habitent pas Dakar, qui n’ont pas où aller. Qui plus est, ils n’ont pas d’argent avec ce retard constaté dans le rappel des bourses. Même ceux qui veulent aller en vacances ne peuvent pas partir’, peste Nafi Diakhaté, une étudiante en droit qui n’était pas ‘au front’ , mais solidaire de ceux qui se battaient avec les policiers sous un soleil de plomb.

Face à cette situation, les responsables des cités, des restaurants universitaires ainsi que le régisseur des bourses de l’Université de Dakar ont apporté des réponses. Pour Mouhamed Coly , régisseur des bourses, ‘pour aujourd’hui (hier, Ndlr) c’était une impatience de la part des étudiants’. Et de préciser que c’était ‘indépendant de sa volonté’. ‘Nous ne pouvons payer qu’en fonction de ce que nous avons sous la main. Moi, je n’ai pas intérêt à garder de l’argent, je préfère les payer pour être tranquille après’, soutient Mouhamed Coly. Et de préciser que la situation a été rendue plus difficile par le fait que, les étudiants en partance pour les vacances doivent recevoir les rappels des mois de juillet, août et septembre en même temps, sans occulter la massification. ‘J’ai peur des chiffres, mais je peux vous dire qu’il y a des étudiants qui perçoivent 540 mille. Et si vous donnez aux 30 guichetiers, chacun 10 millions, ce qu’ils vont payer peut être considéré comme insignifiant par les étudiants’, explique le régisseur des bourses de l’Ucad. Pour rassurer les passionnaires du ‘ Temple du savoir ’, il déclare qu’il a sous la main de quoi payer jusqu’à aujourd’hui.

D’après Sidy Diouf, directeur des restaurants universitaires : ‘nous ne sommes pas dans une dynamique de fermer les restaurants . Nous sommes entrain d’accompagner les étudiants en ouvrant deux restaurants : Argentin et celui de la cité Claudel.’ Et de préciser que ‘le fonctionnement des restaurants universitaires est lié au fonctionnement des résidences universitaires’.

C’est pourquoi dit-il ‘moi j’attends la date officielle de restitution des clefs’. Mais en tout état de cause, M. Diouf déclare : ‘ce que je sais, c’est que incessamment nous allons fermer. Nos restaurants fonctionnent 18 heures sur 24, le taux d’usure est extrêmement élevé. C’est pourquoi, nous sommes obligés d’arrêter pour procéder à des réparations.’ Poursuivant, il fait remarquer qu’il ne va pas aller jusqu’au 15 août ’parce que je n’aurais que 45 jours pour faire des réparations’ dit-il.

Le responsable des cités, Amadou Télémaque Sow n’écarte pas lui une prolongation de la date butoir du 10 août pour la fermeture des pavillons. ‘Beaucoup d’étudiants n’ont pas encore fini leurs examens, d’autres doivent faire la session rapprochée . Face à cette nouvelle donne, nous devons trouver une solution pour essayer certainement de proroger pour permettre aux étudiants de terminer l’année dans de bonnes conditions’, explique M. Sow. Toutefois, il observe que les textes du Centre des œuvres universitaires de Dakar fixent au 31 juillet de chaque année la fermeture et l’ouverture en octobre. Une manière pour lui de dire que les délais sont dépassés de dix jours. Mais force est de reconnaître qu’avec les sessions rapprochées, un toilettage des manuels de procédures du Coud s’impose pour coller à ce qui se fait au niveau pédagogique avec l’avènement de la réforme Lmd.

Mamadou SARR
Source: Walfadji

Article Lu 1341 fois

Vendredi 10 Août 2007

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State