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Une belle idée de lutte contre la pauvreté : Les Sister Taxis trop luxueuses pour les femmes

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Lancés comme un projet de lutte contre la pauvreté des femmes, les véhicules qui devaient servir de taxi pour femmes ont vu leurs coûts tripler. Et les conditions d’acquisition semblent draconiennes pour beaucoup. Au point que ce projet ressemble plus à un luxe que nombre parmi elles ne semblent pas en mesure de s’offrir.



En lançant le projet dit «Sister taxis», le concessionnaire Espace autos, du Comptoir commercial Bara Mboup (Ccbm) avait annoncé des prix de l’ordre de 4 millions de francs Cfa pour ses véhicules. Or, depuis que le projet a été pris en charge par le ministère de la femme de la famille, et de l’entreprenariat féminin, les candidates à un véhicule se voient demander de débloquer 7 millions de francs, ce qui laisse nombre d’entre elles perplexes.

Ce qui les étonne encore plus, c’est que, ce projet de Sister taxis, destiné à ouvrir ce secteur de transport en commun à la gent féminine, a été présenté par le ministère de Mme Aïda Mbodj, comme partie intégrante du programme de l’Etat pour la lutte contre la pauvreté. Et Espace auto se plaît à présenter son prix de vente comme une promotion !

L’ambition conjointe du ministère et d’Espace auto, qui sont partenaires dans l’opération, est de placer une cinquantaine de véhicules dans un premier temps, selon les agents du concessionnaire. «Quand une candidate se présente à nous, nous lui faisons remplir un formulaire. Elle emmène ce dossier au Fonds de promotion de l’entreprenariat féminin, logé à la direction de l’entreprenariat féminin. C’est eux qui jugent de la validité des candidates.» Les choses sont faites de façon à ce qu’une personne désireuse d’acquérir l’un de ces taxis est obligée de passer par le Fonds. On ne peut y accéder autrement.

Sur l’augmentation de prix, le président du groupe Ccbm, M. Serigne Mboup explique qu’il a fallu ajouter de nombreux accessoires pour assurer la sécurité des conductrices. «Tous les véhicules sont maintenant dotés d’un système de radio, et de repérage par Gps, pour localiser les conductrices à tout moment. Ces systèmes n’existaient pas dans les voitures à l’origine, cela a d’autant joué sur le prix.» Le ministre de la Femme, de la Famille, du Développement social et de l’Entreprenariat féminin, Mme Aida Mbodj Mbacké, ne dit pas autre chose de son côté : «Ces mesures d’accompagnement contribuent à la sécurité des femmes conductrices. Ceci leur permettra de pouvoir contacter les services de sécurité à tout moment et d’être localisées le plus rapidement possible en cas de problème.» Cependant, le ministre assure qu’il n’a jamais été question, pour ses services, de céder les véhicules à moins de sept millions de francs. Et le fonds de promotion a prévu ce barème pour déterminer le taux de remboursement à 150 000 francs Cfa mensuels.

«Le fonds garantit les candidates auprès des banques et apporte une caution équivalent à 50% du prix du véhicule, qu’elles pourront rembourser tranquillement sur plusieurs années», indique un fonctionnaire de la direction de l’entreprenariat.

Le projet est si verrouillé que personne ne peut se lancer dans les «Sister taxis», si elle ne passe pas par le Fonds pour l’entreprenariat féminin. Néanmoins, aussi bien Espace auto que le ministère assurent que tout particulier qui le désire, peut acquérir ces véhicules par lui-même. Et dans le cas d’espèce, ils reviennent à 5,5 millions, déclare-t-on chez le concessionnaire. Ce qui fait un peu plus d’1,5 millions de francs Cfa d’économie. Mais, «c’est parce qu’elles sont en promotion», s’empresse-t-on d’ajouter. Ah bon ? Pourtant, le promotion, au départ c’était bien 4 millions, non ? «Oui, mais, la demande a été beaucoup plus importante depuis», ajoute la charmante voix au téléphone. En clair, les véhicules sont toujours en promotion, mais face à la demande, la promotion a été revue à la hausse. De même, le ministère revend les mêmes véhicules à des tarifs promotionnels à des femmes désireuses de se lancer dans le taxi, dans le cadre d’un programme de lutte contre la pauvreté, mais en leur cédant les véhicules plus cher que si elles les avaient acquis d’elles-mêmes auprès du concessionnaire !

La situation semble n’avoir pas échappé au ministre Aida Mbodj. Mme Mbacké renseigne : «Ces prix ont été jugés exorbitants par le Président de la République, Me Abdoulaye Wade. Et il a promis de faire quelque chose pour rendre le coût moins cher. Sans doute, comme les élections sont passées, va-t-il se pencher à nouveau sur cette question.»

Concernant le retard noté dans le démarrage de ces taxis, le ministre explique : «Pour que ces femmes puissent circuler, il faut qu’elles obtiennent un permis de conduire de la catégorie transport en commun. Par ailleurs, elles doivent bénéficier d’un renforcement de capacités sur les réalités de l’espace du transport en commun.» Avant d’ajouter : «On est sur les derniers réglages pour pouvoir mettre ces taxis en circulation.» Le projet va démarrer avec dix véhicules, avant que quarante autres dames viennent renforcer le parc, assure-t-on chez les deux partenaires.


Par Dialigué FAYE et M. GUEYE
Source: Le Quotidien

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Mardi 12 Juin 2007

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