Référence multimedia du sénégal
.
Google

Un jeune élève se noie dans un bassin de rétention

Article Lu 11462 fois

Les inondations dans la banlieue continuent de charrier un lot de malheur et de désolation pour les populations riveraines des bassins de rétention. Ces ouvrages construits par le gouvernement Sénégalais pour capter le trop plein des eaux de pluie sont devenus de véritables mouroirs. Avant-hier Samedi, un élève âgé juste de six ans a glissé dans un de ces bassins avant de couler au fond des eaux. Repêché l’enfant a rendu l’âme sous le regard impuissant des populations.



Un jeune élève se noie dans un bassin de rétention
La douleur était bien perceptible hier à Guédiawaye et particulièrement au quartier Ndoff Niane (ex-Champs de courses) où habite la famille du défunt. Un quartier où l’on réapprend à vivre après avoir été chassé des maisons par les fortes pluies de l’année dernière. Ici on côtoie la mort tous les jours. Le drame est au quotidien avec cette série de mort par noyade qui n’épargne même pas les bêtes. La dernière en date de cette série macabre est survenue avant-hier Samedi. Il était 19 heures lorsqu’un groupe d’enfants parmi lesquels le jeune Maguette Mbaye jouent une dernière partie de cache-cache prés du vaste bassin de Médina Gounass. Ignorant le danger, les enfants s’approchent du bassin pour scruter l’eau. Et soudain l’un d’eux en l’occurrence le jeune Maguette Mbaye habillé d’une short noire et d’une chemise rouge glisse sur un monticule de sable et se retrouve dans le bassin. Ses camarades accourent et l’un deux tente désespérément de lui tendre la main. Une main que Maguette Mbaye n’a pu saisir. Il dérive et disparaît très rapidement au fond des eaux du bassin. L’alerte est immédiatement donnée et une foule monstre se forme tout autour du bassin. Les pleurs et les cris fusent de partout. Malgré tout, personne n’a osé aller au secours du jeune Maguette élève dans une école franco-arabe.

Une corde pour plonger dans le bassin

Pendant que la foule en hystérie laissait éclater sa douleur, un jeune habitant du quartier arrive sur les lieux. Mamadou Dia –c’est son nom – se débarrasse alors de ses habits et noue une corde autour de ses reins avant de plonger dans le bassin. Dans les eaux opaques et verdâtres, Mamadou Dia perçu désormais dans son quartier comme un héros, réussit à nager « Je sais nager voilà pourquoi je n’ai pas hésité quand on m’a dit qu’un enfant est tombé dans le bassin. J’ai plongé et pendant quatre minutes, j’ai cherché l’enfant en vain. L’eau était opaque et il faisait sombre à l’intérieur. Quand j’ai retrouvé, il était blotti dans un endroit qui ressemble à une fosse septique. Je l’ai pris par la main pour le remonter à la surface, mais, au bout de quelques brasses, sa main a glissé et il m’a échappé. D’ailleurs c’est par deux fois qu’il m’a échappé et chaque fois je reviens à la surface des eaux pour souffler un peu avant de replonger. Ce n’est qu’au quatrième essai que j’ai réussi dans les eaux bien saisir l’enfant par les habits pour ensuite le remonter à la surface des eaux. Je crois qu’il était déjà mort car il ne réagissait plus » note Mamadou Dia. Alertés, les sapeurs-pompiers se sont déployés sur les lieux quelques minutes plus tard avant de procéder à l’enlèvement du corps suivi de son acheminement d’abord au centre de santé « Roi Baudouin » de Guédiawaye puis à la morgue de l’hôpital A.Le.Dantec.

Hier dimanche c’est une famille meurtrie car frappée par deux drames en l’espace de quelques mois ,mais digne dans la douleur, qui nous a reçu. Le père du défunt ne pouvant pas s’exprimer c’est le porte-parole de la famille répondant au nom de Mamadou Seck qui est monté au créneau pour fustiger l’absence de clôture qui aurait pu isoler le bassin et éviter de tel drame. «Nous ne sommes plus en sécurité. L’Etat doit penser à clôturer le bassin» fulmine Mamadou Seck.

Selon toujours les populations riveraines du bassin de Médina- Gounass, l’entreprise Gecom chargée de construire le bassin a dégagé en touche « Les responsables de Gecom nous ont clairement fait comprendre que la clôture du bassin n’est pas prévue par le cahier de charges qu’ils ont réussi » informe Giles Diop l’un des membres de Saaba (synergie des acteurs pour l’assainissement de la banlieue) qui lutte contre les inondations. Sur la même lancée Cheikh Diop le cordonnateur local de Saaba informe qu’il y a juste quelques jours, au moment où des partenaires Européens tentaient de s’imprégner des dures conditions de vie des sinistrés dans la banlieue « Un membre de la délégation des Européens qui s’est approché du bassin a failli tomber dans les eaux. Il a été très vite secouru »

Les riverains des bassins de rétention brocardent le nouveau porte-parole du gouvernement
Le drame survenu avant-hier samedi avec la mort du jeune Maguette Mbaye a servi de prétexte aux populations de la banlieue pour remonter un peu les bretelles à Bamba Ndiaye, le nouveau porte parole du gouvernement. En effet réagissant à la sortie musclée des populations après l’octroi par le président Wade d’une enveloppe substantielle aux sinistrés Haïtiens, Bamba Ndiaye certainement dans l’euphorie de sa nomination avait soutenu que « les inondations n’ont pas fait de mort au Sénégal ». Une méconnaissance de la réalité en banlieue qui l’a hier installé dans le viseur des sinistrés victimes des dernières inondations. « C’est nul pour un Sénégalais » ont clamé en chœur les populations de Guédiawaye qui ont hier rafraîchi la mémoire au nouveau porte –parole du gouvernement. « Il y a eu des décès dûs aux fortes pluies qui n’ont pas été médiatisés et rien qu’avec les bassins plus de sept enfants sont déjà morts sans compter les chevaux et moutons qui ont disparu dans les bassins de rétention » ont pesté les riverains du bassin de Médina Gounass.

Alassane Hanne
Source L'Observateur

Article Lu 11462 fois

Lundi 15 Février 2010





1.Posté par iba le 15/02/2010 22:59
c vraiment desolant c ki se passe au senegal, on ditrait k nous ne sommes plus dans une republique.De grace au moins proteger la nation surtout les plus demunis .

2.Posté par xam leep wakh leep le 16/02/2010 07:49
La famille peut bien porter plainte contre l'etat du Senegal pour defaut de service publis ayant entrainè mort d'homme,il y'a plusieurs jurisprudence,car l'etat est responsable de la sècurisation tout autour des bassins car ayant installè des espaces à danger en milieu habitable .

Nouveau commentaire :
Twitter

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State