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USA-Obama : « l’Amérique n’est pas en guerre contre l’Islam

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Buchenwald est un haut lieu chargé de symboles. D’horreur, de barbarie tous enfantés par le Nazisme triomphant. Il a accueilli, vendredi dernier, Barack Obama, l’homme le plus populaire du Monde, le Nobel de la paix Elie Weisel et la dame de fer A. Merkel. D’un pas lent, ils déposent leur gerbe de fleurs à la mémoire des soldats tués (56.000 ont péri dans ce camp d’extermination doté de fours où l’on brûlait vif des soldats. Un lieu qui renvoie à une période sombre de l’histoire. Celle du Nazisme qui, comme le Sionisme, est une idéologie aux relents racistes. Le choix porté par le président Obama sur ce lieu chargé de symboles donne encore plus de vigueur à son historique discours du Caire et à son long périple (Allemagne, France Egypte). Une véritable offensive de charme qui s’inscrit dans une stratégie bien pensée de réduction des tensions au Moyen-Orient et de restauration de l’image de l’Amérique que les années Bush ont ternie à travers le monde, et particulièrement auprès du milliard de musulmans. Se situant ans un contexte pré ou post électoral et ayant pour cadre trois foyers au cœur de la diplomatie américaine (Israël Liban et Iran), ce périple lançait un message fort à la fois au Hezbollah, au Hamas et à Al Qaida. Il était destiné, pour ceux qui savent aller au-delà de l’événementiel, à corriger les aspects négatifs auxquels l’unilatéralisme triomphant sous l’ère Bush a conduit. Le plus criard aura été la radicalisation des mouvements extrémistes. « L’islam n’est pas un problème dans le combat contre l’extrémisme, c’est, au contraire, un élément important pour amener la paix », dira le président de la plus grande puissance militaire mondiale qui, aveu de taille ou désaveu de son prédécesseur, reconnaît que « la puissance militaire à elle seule ne va pas résoudre les problèmes en Afghanistan et au Pakistan ».



USA-Obama : « l’Amérique n’est pas en guerre contre l’Islam
En s’en prenant à la fois au nazisme et au sionisme, Obama se donne une plus grande marge de manœuvre face aux lobbies juifs très puissants et fort sensibles aux pressions exercées ces dernières semaines sur leur protégé (Israël). Au Caire, il était question d’ouvrir une ère nouvelle avec le monde arabe et musulman qui, après l’invasion de l’Irak et de l’Afghanistan, et les expéditions punitives au Pakistan, a cru dur comme fer que l’Amérique est en guerre contre l’Islam. Un sentiment renforcé pendant des années par le soutien inconditionnel à Israël dans sa lutte répressive contre les Palestiniens et les menaces répétées contre l’Iran. Au point qu’il faudra des actes forts pour corriger cette image de l’Amérique, image faite d’incompréhension et de méprise. « Le partenariat entre l’Amérique et l’Islam doit être basé sur ce qu’est l’Islam, pas sur ce qu’il n’est pas », a dit de la tribune d’Al Hazar, au Caire, le président Barack Obama qui est revenu sur des éléments de sa biographie le liant fortement à l’Islam, la religion de plus de un milliard d’âmes dont son père kenyan. Même si ses rapports avec l’Islam ont suivi une route tortueuse et ont failli lui coûter son siège au plus fort de son duel avec Hilary Clinton, le tout nouveau locataire de la Maison-Blanche n’en estime pas moins qu’il est de sa « responsabilité de combattre les stéréotypes négatifs de l’Islam où qu’ils apparaissent ». Un principe qui doit s’appliquer aussi, ajoute-t-il, au stéréotype grossier » que l’on colle à l’Amérique. Riche de ses sept millions de musulmans, l’Amérique, dira encore Obama », n’est pas et ne sera jamais en guerre contre l’Islam ». En revanche, souligne-t-il avec force, « nous confrontons sans rémission les extrémistes violents qui sont une grave menace à notre sécurité parce que nous rejetons ce que les gens de toutes les fois rejettent : le meurtre d’hommes, de femmes et d’enfants innocents ». Il n’en fallait pas plus pour qu’on parle de discours de réconciliation, de reconstruction, mais aussi de rupture avec la politique destructive de Bush opposant musulmans et chrétiens à tout bout de champ et qui a attendu, contrairement à Obama, et bien avant lui Bill Clinton, les dernières semaines de son mandat pour oser poser, lors du sommet d’Annapolis, de timides jalons dans le processus de paix israélo-palestinien. Après s’être acharné, par ailleurs, sur l’Irak et l’Afghanistan, deux autres pays musulmans laissés en ruines.

Le gel des colonisations et la création d’un Etat palestinien » prônés par Barack Obama lors de sa rencontre avec le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, le plus intransigeant des chefs de gouvernement israélien, ne semble pas encore avoir trouvé d’écho favorable côté israélien. Il faudra plus que de la rhétorique, si séduisante soit-elle, pour asseoir la crédibilité de Barack Obama, laquelle crédibilité passe nécessairement par l’arrêt du drame palestinien. Prenons au mot le président américain lorsqu’il déclare que « l’Amérique ne tournera pas le dos aux aspirations légitimes du peuple palestinien à la dignité à l’opportunité et à un Etat qui est sien ». Jugeant la situation du peuple palestinien intolérable, il n’en invite pas moins les uns et les autres à ne pas « rester aveugles à la vérité » et assène que « la seule résolution possible de ce conflit réside dans la solution de deux Etats, où Israéliens et Palestiniens vivront chacun en paix et dans la prospérité. Que « c’est dans l’intérêt d’Israël, de la Palestine, de l’Amérique et du monde ». Mais, une chose est de s’attirer la sympathie d’un milliard et demi de musulmans et une autre de tordre le bras à Israël. Netanyahou, sans nuance, s’oppose résolument à la création d’un Etat palestinien. « Je suis prêt à donner tous les pouvoirs souverains aux Palestiniens leur permettant de se gouverner eux-mêmes à l’exception de ceux qui mettent notre sécurité en danger », lance celui qui a estimé devant la Knesset « qu’il y a des demandes raisonnables et d’autres inacceptables » et que le « sort des implantations sera décidé lors d’un accord final sur le statut d la Cisjordanie ».

Principal point de friction, l’arrêt de la colonisation et le processus conduisant à la paix viennent cependant de recevoir un soutien de taille. En effet, plus de 400 élus de la Chambre des représentants et du Sénat viennent de signer une lettre demandant une intensification des efforts de paix au Proche-Orient. Dans le contexte ou le président américain maintient les pressions sur Israël, la lettre de la Chambre évoquant la création d’un Etat palestinien est un soutien décisif. « Alors que chaque obstacle est immense, nous sommes d’accord avec vous pour dire que tous les efforts doivent être faits pour essayer de parvenir à la paix le plus vite possible », indique la lettre du Parlement. Plus est, l’Aipac, puissant groupe de pression pro-israélien aux Etats-Unis, a « applaudi » l’initiative des 400 parlementaires et, par ricochet, à la démarche de Barack Obama en faveur de la paix.

La visite au Caire s’inscrit donc dans le cadre d’une approche nouvelle, d’une stratégie et d’une démarche globales. Barack Obama, qui entend restaurer l’image de l’Amérique à travers le monde arabo-musulman, a conscience que rien ne peut se faire en direction des pays arabes sans l’appui de l’Arabie saoudite et l’Egypte. Ces deux piliers posent comme préalables à leur soutien la résolution de la question palestinienne devenue pour eux, voire même la sous-région, un facteur de déstabilisation. En effet, Riyad soutient toujours que c’est l’échec du processus de paix au Proche-Orient qui a redoré le blason de l’Iran et a accru son influence dans la région où il peut compter sur le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais. Du fait des liens supposés de Riyad avec les talibans et autres groupes pakistanais, on mesure la place centrale que va désormais occuper la capitale saoudienne dans la démarche de Washington en vue d’un rapprochement avec es alliés arabes et d’une réconciliation avec le monde musulman, riche de la diversité de ses 1,5 milliard de fidèles. Les ouvertures américaines en direction de Damas et de Téhéran visent, en définitive, un certain apaisement au Liban notamment, et l’Amérique subordonne son aide à ce pays (le Liban) à la composition et à l’orientation du prochain gouvernement issu des élections.


PAR Amadou GAYE
Source Le Soleil

Article Lu 1940 fois

Mardi 16 Juin 2009




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