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Traite négrière ou la revanche du destin

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Tandis que George Bush fait, en signe d’adieu et peut-être de sincère amitié pour l’Afrique, un second et dernier voyage sur le continent noir, ce déplacement du chef de l’Etat le plus puissant militairement, le plus riche financièrement, le plus interventionniste, en raison précisément des obligations qui incombent à la charge de superpuissance politico-économique du monde de l’Amérique, ce voyage, disons-nous, en Afrique, du président de la puissante Amérique, pour nous Africains et pour ceux qui ont un regard prospectif sur la marche du monde et l’avenir même de l’Amérique, s’il est loin d’être banal, n’est pas moins l’événement. L’événement de ce début de millénaire, même s’il est américain géographiquement, soulève d’autres interrogations, induit chez les intellectuels africains d’autres prospectives, autorise d’autres bouleversements politique et social dont les perspectives éloignent déjà de ce que fut et a représenté dans l’esprit des hommes, pendant des siècles, la "Case de l’oncle" Tom et son symbolisme.

Etait-il permis, il y a juste dix ans, malgré le rêve prémonitoire de l’inoubliable Martin Luther King et son action salvatrice sur la mentalité américaine, de rêver à un président noir des Etats-Unis d’Amérique ? Tout, en effet, laisse supposer que la patrie d’un autre grand noir américain, le savant George Washington, et d’un autre éveilleur de conscience, le fondateur de la première université noire, Booker Washington, avait trouvé la solution définitive d’intégration d’une minorité dont la densité numérique, le poids historique, la tragédie de sa condition de tous les jours, du lynchage dans les plantations du Sud à la ségrégation érigée en règle dans tout le système de gouvernement des Etats-Unis, était enfin trouvée.

L’Amérique de la deuxième moitié du vingtième siècle avait, reconnaissons-le, beaucoup changé. La volonté d’intégration politique avec l’acceptation du vote noir dans les partis traditionnels que sont le Parti démocrate et le Parti républicain et l’accès à l’emploi supérieur d’une élite noire sortie émoulue des grandes universités américaines seront les signes évidents de l’émergence d’une Amérique débarrassée de son racisme suicidaire, au profit du respect des droits de l’homme et de l’éminente dignité de la personne humaine. Si l’amorce d’un tel virage était contenu dans les exigences morales et politiques issues d’une troisième guerre mondiale menée précisément contre le racisme et l’impérialisme hitlérien, le totalitarisme soviétique et toutes les dominations de l’homme par l’homme, singulièrement celles de l’homme des colonies européennes d’Afrique et d’Asie dont le peuplement noir et jaune était systématiquement indexé et confiné dans un total mépris.

En Amérique même, l’éveil d’une conscience noire se faisait sentir et pesait de tout son poids sur la culture avec l’émergence des géants du jazz dont Armstrong, Dizzy Gillespie, Lionel Hampton, Mahia Anderson donnèrent au negro spirituel, au jazz et à la culture américaine une dimension spirituelle qui fit son incontestable universalité. Sans parler des poètes noirs, des écrivains noirs, des hommes politiques noirs comme les Africanistes Marcus Garvey, George Padmore. Ce ne sera pas un hasard si un brillant officier noir de l’Armée américaine, le Général Colin Powell, se retrouve à la tête de la diplomatie américaine -la plus puissante du monde- et que ce soit une négresse, Condolezza Rice, qui l’y remplace, au moment où sortiront ses lignes - quel progrès dans un pays où, il y a encore quelques décennies, un certain gouverneur Wallace en personne empêchait l’entrée des élèves et étudiants noirs dans les établissements scolaires et universitaires de l’Alabama.

Mais l’hirondelle, nulle part, n’a fait le printemps. Elle peut l’annoncer et le réveil peut être salutaire, mais brutal. C’est ce qui nous semble être les messages forts qui nous parviennent ces jours-ci d’Amérique.

Un noir possible président de la grande et puissante Amérique au nom du changement, au nom d’un soudain bouleversement des mentalités tel que n’en rêvait pas Martin Luther King. Un certain Barack Obama, américain noir métissé de père kenyan et de mère américaine blanche, par la clarté de ses engagements, la nouveauté de ses idées, l’idéal égalitariste profondément américain des pères fondateurs qui l’anime, la fraîcheur de sa voix, son ardeur au combat et sa volonté de changement profond d’une Amérique qui refuse de marquer le 21e siècle où le long règne controversé de George Bush inquiète plus qu’il n’apaise les consciences est aujourd’hui pour tous l’homme parti pour gagner. Contre Hillary Clinton d’abord, malgré le poids de son époux, l’ancien président Clinton, dont la présence trop voyante et trop active auprès de l’épouse candidate, agace l’Amérique de la bonne conscience et de tout ce qui peut rappeler le « Watergate ». Contre ensuite McClain, le républicain qu’il est, selon tous les sondages, seul capable de vaincre en novembre prochain lors des élections. Le racisme jouera-t-il, contre toute attente, finalement contre lui ? Le vote noir si profondément déterminant, mais si acquis à Bill Clinton et à son épouse saura-t-il faire le saut qualitatif prédit par Martin Luther King ? C’est la revanche, ni dans le sang, ni par on ne sait quelle indemnisation, ni dans la haine et le racisme à rebours sur les forces du mal véhiculées, depuis des siècles, par l’esclavage et la sinistre traite négrière qui l’a entretenu pendant trois siècles.

Source: Le Soleil

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Lundi 18 Février 2008

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