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Témoignages X : « Je n’ai jamais entendu parler de gynécologie »

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Témoignages X : « Je n’ai jamais entendu parler de gynécologie »
Ignorance, ténacité des préjugés. Telles sont les principales raisons qui justifient la faible fréquentation au Sénégal des gynécologues.

« Depuis ma naissance, je n’ai jamais entendu parler de gynécologie », lance tout de go Khardiata Ba, la cinquantaine. Poursuivant, elle ajoute : « Ni ma maman, ni mes sœurs, encore moins mon mari ne m’ont jamais parlé de cette spécialité médicale ». Cette méconnaissance de la Gynécologie (spécialité médicale consacrée au corps de la femme et à son appareil génital) par la plupart des Sénégalaises est confirmée par les propos d’une autre mère de famille, Aïda Mbodji, qui déclare devant ses deux enfants n’avoir jamais entendu parler de cette discipline médicale. « C’est la première fois de ma vie que j’entends parler de gynécologue », confie cette lébou qui fait cependant savoir que lorsqu’elle est tombée enceinte, pour la première fois, sa maman l’a amené chez une tradipraticienne spécialisée dans le diagnostic et le traitement des femmes en état de grossesse. Puisqu’elle n’a jamais rencontré de problèmes nécessitant l’intervention d’un gynécologue, elle ne voit pas de différence entre aller consulter une sage-femme, une tradipraticienne ou un gynécologue.

Prenant le contre-pied de nos deux précédentes interlocutrices, Khady Seck, la trentaine, pense qu’il « est indispensable pour une femme de se faire consulter par un « gynécologue ». Et pour cause, soutient-elle : « On peut banalement attraper une infection vaginale. Dans ce cas, il faut aller voir un gynécologue, ne serait-ce que pour connaître l’état de l’infection ». Notre interlocutrice de poursuivre : « Qu’une fille soit vierge ou pas, mariée ou pas, consulter un gynécologue est une nécessité pour elle. Pour moi, il n’existe pas d’âge pour consulter un gynécologue. Même à 6 ans on peut le faire et là j’invite les mamans à beaucoup plus de communication envers leurs filles ».

Etudiante, Ndèye Awa Diom soutient : « C’est primordial pour nous jeunes filles d’aller se faire consulter chez un gynécologue pour connaître le fonctionnement de notre corps (cycles menstruels, et autres maladies liées aux infections ». Pour elle, « une jeune femme doit connaître son corps surtout s’il s’agit de son (sexe) ».

Dans le même ordre d’idées, Aïcha Betty, une étudiante gabonaise indique : « La flore vaginale est une partie très sensible. Le meilleur moyen de la protéger, c’est d’aller consulter un spécialiste tous les 3 ou 6 mois comme on fait un contrôle chez le dentiste. Pour moi, cela doit être une visite de routine ».

Malheureusement, la Gabonaise constate qu’au Sénégal, rares sont les jeunes filles qui font recourt à un gynécologue ». Manque d’informations ? Préjugés ? A ce propos, Ndèye Awa Diom pense que « la gynécologie est mal perçue par nos mamans ». Cependant, même si elle est d’avis qu’il faut cultiver l’habitude de consulter un gynécologue, elle reconnaît qu’il n’est pas facile pour une femme de se déshabiller devant un homme. Selon elle, « cette peur hante beaucoup de jeunes filles et de femmes ». Ce que confirme Khardiata Bâ qui avoue : « Je ne pense pas pouvoir me déshabiller devant un homme et je ne conseillerai jamais à mes filles de le faire ».

Pour Barnabé, un étudiant camerounais, sa femme ne se fera jamais consulter par un gynécologue. Et ses réticences se justifient ainsi : « La femme d’un ami a été enceintée par un gynécologue ». Donc, « se faire consulter par un gynécologue a beaucoup plus de risques, parce que les sentiments prennent souvent le dessus sur le professionnalisme ». Estimant qu’une gynécologue maîtrise mieux le corps d’une femme que quiconque, il est d’avis « qu’entre femme, il n’y a pas de complexe ». Pour étayer son propos, il fait savoir qu’il a un oncle qui est gynécologue et qui envoie toujours sa femme chez une gynécologue.

Cheikh Atab Badji, gynécologue : « Il ne faut pas croire que les femmes âgées sont exclues »

« Il n’y a pas d’âge pour aller consulter un gynécologue ». Ces propos sont du gynécologue Cheikh Atab Badji qui soutient que c’est même grave de croire que les femmes âgées sont exclues. Selon lui, « on peut et on doit consulter systématiquement un gynécologue avant le mariage ». Cela, pour plusieurs raisons. La première tient au fait que la fille doit être préparée à sa future vie de femme, soutient Dr Badji, qui estime que « le gynécologue reste avant tout un conseiller de choix ». Mieux, poursuit-il : « La femme devrait se préparer à affronter certains évènements majeurs dans sa vie de femme et qui souvent surviennent avant le mariage notamment à la puberté qui représente un véritable bouleversement physique et psychique ». L’après puberté constitue également, selon le Dr Cheikh Atab Badji, « une véritable école où la femme s’apprend par surprise et qui dit surprise dit risque de choc ».

C’est aussi, dit-il, le départ de phénomènes dont la méconnaissance peut-être lourde de conséquences à la fois biologique, psychique et sociale. Donc, il invite les parents à mettre en place une éducation sexuelle à la maison pour éviter à la fille de tomber dans certains travers. Il donne l’exemple de l’éducation à mieux connaître ses modifications corporelles, à savoir gérer sa future vie de couple et sa future maternité. Certaines méconnaissances, avertit-il, peuvent être lourdes de conséquences, car au début, les règles sont souvent irrégulières et constituent l’une des rares occasions où un gynécologue reçoit une fillette de 12 voire 13 ans en consultation.

Pour le Dr Badji, très souvent les parents s’inquiètent d’un supposé retard de règles de leur fille, alors que c’est une situation strictement normale. Le gynécologue d’ajouter que, dans ces cas, il est même dangereux de traiter la fille qui risque de connaître un cycle définitivement perturbé.

Le Dr Cheikh Atab estime également qu’il existe un réel déficit de communication entre les gynécologues et les femmes. Ce qui est source de blocage surtout pour la fille qui aura du mal à poser ses problèmes intimes à un gynécologue.

Tout comme la puberté, il pense que la ménopause est aussi un phénomène majeur où la femme a beaucoup plus besoin d’être suivi par un gynécologue pour lui éviter certaines pathologies gynécologiques telles le cancer du col.

SOurce: le SOleil

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Mardi 1 Juillet 2008


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