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Talla Sylla rentre au Sénégal «Je n’ai jamais songé à quitter la vie politique»

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A la suite de sa «Déclaration» publique faite dimanche dernier au restaurant La Pointe de Sangomar à Paris, l’ex-président du Jëf-Jël s’est prêté de bon cœur aux questions d’une assistance composée de journalistes, hommes politiques de différents bords, simples anonymes. Tour d’horizon.



Talla Sylla rentre au Sénégal «Je n’ai jamais songé à quitter la vie politique»
ETAT DE SANTE «Je vais très bien grâce à Dieu. Je tiens également à remercier les nombreux Sénégalais qui ont eu énormément de sympathie et de compassion pour moi pendant ces heures difficiles. En un moment donné, j’ai même pensé que je ne méritais pas cet élan de sympathie, tellement c’était fort, tellement c’était important, tellement c’était grand. J’étais particulièrement marqué par cette solidarité. Aujourd’hui, je dois dire à tout le monde que je me sens mieux.

Depuis un moment, l’hôpital m’a laissé partir en me demandant de mettre la pédale douce, de réapprendre à vivre, de réapprendre à agir, de réapprendre à avoir des activités physiques. Maintenant ça va mieux.»

CONDAMNE A MORT

«J’ai entendu dire que j’étais peut-être condamné. Mais nous sommes tous condamnés. Par ma naissance, je signe en même temps mon acte de décès.

Vous savez, j’ai eu l’occasion d’écrire une chanson au lendemain de ma sortie d’hôpital. J’ai lu par la suite les commentaires. J’ai peut-être dû faire une erreur au plan de la communication, parce que j’aurais dû tenir compte du contexte. En fait, ce que les gens ont retenu était vraiment loin de la réalité. J’ai écrit un texte qui commençait par : «Je chante ma mort prochaine.» Mais ce texte n’avait rien à voir avec ma maladie. C’est un texte que j’ai écrit en 1998 à l’Université (…) J’avais un ami Malien très engagé. Il s’appelait Seydou Mamadou Diarra dit Toto. Il a été ravi à notre affection très tôt, le 8 février 1998. Ça a été un choc. Toto était plus âgé que moi, plus intelligent et connaissait plus de choses que moi. Et physiquement, il n’y avait pas photo. Un beau jour, on me dit que Toto est mort. Ce qui veut dire qu’un jour ce sera à mon tour. A l’occasion de l’hommage qu’on lui rendait à la salle Soweto, j’ai imaginé le dernier discours de Toto face à la mort qui avançait. Et j’ai dit que je suis sûr qu’il a dû lui (à la mort) dire comme Jacques Brel : «J’arrive» -parce que Jacques Brel a écrit une chanson où il parle à la mort : «Ce n’est même pas toi qui est en avance, c’est déjà moi qui suis en retard.» Je me suis dit que je suis sûr que Toto a dû dire ça à la mort quand il a su qu’il allait mourir. Mais moi, comment devrais-je réagir le moment venu ? Je me suis alors mis à écrire immédiatement la chanson, «Je chante ma mort prochaine.»

J’ai dit : «Elle me sourit telle une amie, pour le meilleur et pour le pire. Le pire est le lot de la vie. Cet endroit lassant qui descend des collines célestes vers les sombres profondeurs, si la vie est la fin des rêves, je la fuirai de toutes mes faiblesses, mes forces économisées, j’investirai pour ma mort prochaine qui comprend le visage impassible d’une belle laideur que pour le vent vivant de ma mort, mort bien-aimée de mon Talla, tu m’embrasseras jusqu’au sang par une étreinte douloureuse, ma vie ne vit que pour toi, ô mort, par une nuit éclatante comme des dents de croque-mort, libre comme la médaille de patience, tu frapperas à la porte de l’attente et moi je t’ouvrirai, et toi tu m’ouvrira. Et nous nous fermerons à cette vie méprisable par ses belles quêtes de sens, je t’arroserais d’un regard vide toi qui est pleine d’une fidélité divine.»

Et quand j’étais à Thiès, au mois de juin, certains chefs religieux venaient me voir pour me préparer à la perspective imminente du passage à l’au-delà. Justement, j’essayais de leur montrer que je me suis toujours préparé à ça, et je leur répétai ce texte en wolof. C’est pourquoi, certains d’entre eux, à leur sortie de visite, pleuraient et donnaient l’impression que j’étais dans un état plus que lamentable (…) Effectivement, j’ai toujours pensé que tout ce qui naît, meurt. Nous sommes tous condamnés. Donc, «je chante ma mort prochaine», cela ne signifie du tout que j’étais dans des dispositions de me mettre à genoux et dire que c’est fini, c’est terminé. Au milieu de ma maladie, j’ai dit : «Même couché, je resterai debout.» D’ailleurs, couché, je reste debout.»

TENIR LE PLUS LONGTEMPS POSSIBLE

«On a tenté de m’assassiner. On a tenté d’assassiner un Sénégalais qui intervenait sur la scène publique parce que simplement, il avait une position différente de celle de ceux qui sont au pouvoir. Cela veut dire qu’on a fait quelque chose au Sénégal et aux Sénégalais. Ce n’est pas une affaire de Talla Sylla. J’ai le devoir de tenir le plus longtemps possible, pour que ceux qui sont à la base d’un tel acte se disent qu’au fond, cela ne leur a servi à rien. En tout cas, il ne faut pas que ça soit positif. Il faut les amener à regretter d’avoir fait cela pour protéger les autres. Car, s’ils se rendent compte que c’est efficace, ils vont le faire à d’autres. C’est la raison pour laquelle j’ai estimé qu’il fallait tenir, j’ai accepté de faire des choses que jamais je n’aurai acceptées de faire. Maintenant je suis là. Pour combien de temps ? Dieu seul le sait. Depuis que nous sommes nés, nous recevons toujours des nouvelles du décès de tel ou tel autre. Et la plupart de ces gens ne font pas de la politique, ne se battent pas. Et pourtant ils meurent. C’est aujourd’hui, demain, ou après-demain, ça viendra quand Dieu le décidera.»

RETOUR EN POLITIQUE ?

«Il faut rappeler un aspect de ma déclaration du 5 juin 2007 dont je n’ai jamais entendu parler. J’avais dit : «Je suis malade, épuisé, et je ne me sens plus la force de continuer. J’ai donc décidé de me retirer de la vie politique publique.» J’ai ajouté «publique». Je pense qu’il est beaucoup plus simple d’écrire : «J’ai décidé de me retirer de la vie politique point» que d’écrire : «J’ai décidé de me retirer de la vie politique publique.» Surtout en un temps où je devais penser à venir me soigner et que je n’avais aucun moyen. Je devais donc au moins chercher à ne pas gaspiller, surtout de l’encre. Mais, j’ai mis «publique» pour des raisons politiques parce que je n’ai jamais songé à quitter la vie politique. A aucun moment. Je n’ai jamais pensé quitter la politique ou cesser de parler de politique. Mais je n’étais pas en mesure d’exercer une fonction publique, d’avoir des activités publiques ou de faire des déclarations publiques. Et c’était évident. Dans ma déclaration (de juin), j’avais ajouté : «Mon amour pour le Sénégal et les Sénégalais reste intact.» Et : «Un jour, peut-être, s’il plaît à Dieu, je reviendrais.»

Même à l’hôpital, je n’ai jamais cessé de discuter de la situation du pays. Certains qui m’ont rendu visite et qui sont dans cette salle, pourraient en témoigner.»

A L’ECOUTE DES SENEGALAIS DE LA DIASPORA

«Quand je suis allé aux Etats-Unis pendant ma période de convalescence, j’ai parcouru le pays de long en large pour aller à la rencontre des Sénégalais qui y vivent. La discussion que nous avons aujourd’hui en public, je l’ai eue avec eux, en privé. A Washington et environs, à New York, Dallas, Houston, Chicago, Seattle, Los Angeles..., je suis allé à la rencontre des Sénégalais afin d’échanger avec eux. Et c’est sur la base d’une analyse approfondie que j’ai estimé qu’il faut vraiment aller au-delà de ces rencontres privées et donc, mettre le tout sur la place publique parce que la situation du pays l’exige. Donc aujourd’hui, je suis ici devant vous, à nouveau dans l’espace public. C’est donc un retour dans l’espace public. Mais ce n’est pas encore un retour dans le cadre d’un parti politique (…)

Je reviens dans l’espace public, mais j’ai choisi une démarche graduelle, par étape, car à chaque chose son temps. Si quelque chose doit se passer le vendredi et qu’on est lundi, tant qu’on n’est pas encore à jeudi, il ne faut même pas s’attendre à voir quelque chose se passer.

Je prévois de parler de beaucoup d’autres choses une fois au Sénégal. Je donnerai mon avis sur certaines questions. Car aujourd’hui, il faut qu’on se concentre sur l’essentiel. J’estime qu’aujourd’hui, on peut dire beaucoup de choses sur beaucoup de gens, mais le plus important, après une analyse globale de la situation du pays, est comment régler les problèmes.»

ACTUALITE SENEGALAISE

«Je ne réagis pas par rapport à l’actualité. Aujourd’hui, je suis venu uniquement lancer un appel. Une fois que je serais au Sénégal, je pourrais éventuellement répondre à d’autres questions.»

(Ndlr : Talla Sylla rentre cette semaine au Sénégal. Il prévoit de tenir une conférence de presse dimanche à Thiès).

Source: le Quotidien

Article Lu 1585 fois

Mardi 27 Novembre 2007





1.Posté par amoctad le 27/11/2007 19:25
ah bon. pourtant on penser c fini pour toi. Demande a Wilane qui a fait le tour des radio pour te faire un "dialé" publique.

2.Posté par SALL le 27/11/2007 19:58
Good luck Talla. Ma surtout essaie de cotoyer, de travailler avec les Senegalais de la Societe Civile..Me Adama Geuye...et les Patriotes qui vivent a l'exhagone car comme tu le sais tous ses Politiciens sont pareils et...ont les mains sales. Qu'Allah vous protege et tous les Senegalais integres qui oeuvres pour la paix, la justice.

3.Posté par ibra le 27/11/2007 21:21
le peuple a besoin de toi

4.Posté par M. Birima Seck le 28/11/2007 11:16
Vous éte un grand homme, un homme exemplaire, qui croi en quelque chose contrairement aux autres hommes politiques; qui mérite plus de sympatie que vous pouissiez le penser.

Seul les hommes de ton genre pourront sortir le pays de sa situation catastrophique.

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