Référence multimedia du sénégal
.
Google

TRANSPORT URBAIN À MBACKÈ : Quand les calèches ravissent la vedette aux taxis

Article Lu 1870 fois

Les calèches font partie des moyens de locomotion qui assurent le transport urbain à Mbacké. Elles ravissent même la vedette aux taxis. La mairie prévoit des solutions. Mais beaucoup d’habitants pensent que leur présence est bénéfique.



TRANSPORT URBAIN À MBACKÈ : Quand les calèches ravissent la vedette aux taxis
Une dizaine de passagers sont à bord. L’âne trotte sur la voie routière qui relie le centre ville à Diamaguène, un quartier périphérique de Mbacké. Malgré les klaxons du véhicule qui est derrière, le cocher semble imperturbable. Il continue son chemin. Un bâton entre les mains, il tape sur l’âne qui galope.

Il est soutenu dans son refus de céder le passage par les passagers. « Les automobilistes se croient importants. La route est pour tout le monde. Il ne faut pas lui céder le passage. Qu’il attende que l’autre voie soit libérée pour passer », lance une dame, la quarantaine, vêtue d’un grand boubou vert et portant un panier contenant des légumes. Une autre femme ajoute : « c’est une voie publique. Les passagers qui sont à l’intérieur du véhicule ne sont pas plus importants que nous… ».

Le cocher est apparemment ragaillardi par les propos des femmes. Il veut à tout point laisser derrière les autres calèches qui sont devant lui. Mais ses collègues ne veulent pas se laisser faire. Et les ânes en pâtissent, recevant des coups de bâtons. Le spectacle impressionne le visiteur. Ce qui n’est pas le cas pour les populations qui le vivent quotidiennement. « Les calèches sont un moyen de transport de luxe à Mbacké. Parce qu’elles concernent de nombreux habitants, surtout ceux qui habitent les zones périphériques. Elles se sentent bien dans ces calèches », explique un homme.

Ses propos se lisent sur le terrain. Ce sont des dizaines de calèches qui se côtoient sur le rond-point qui fait face aux trois stations d’essence. Elles sont remplies de personnes, notamment des femmes. Si certaines se dirigent vers le centre ville, d’autres regagnent la banlieue de Mbacké. « Puisque nous n’avons pas les moyens de venir en ville à bord d’un taxi en payant 100 Fcfa, nous préférons débourser 25 Fcfa pour vaquer à nos occupations sur des calèches », explique une femme. Une autre poursuit : « les taxis sont là pour les riches. Il faut nous laisser. Nous sommes bien à l’aise à bord des calèches. C’est lent, mais nous arrivons à destination sans peine majeure ».

Même si certains habitants approuvent la présence des calèches, d’autres voient le contraire. « Mbacké est une ville moderne. Nous méritons des moyens de transport modernes. La mairie doit s’atteler à nous trouver des voitures », soutient un élève. Kiné, une autre élève, soutient le contraire. « Ceux qui logent dans les quartiers périphériques empruntent les calèches. On doit les laisser faire leur travail », indique-t-elle, précisant que des mesures doivent être prises pour leur limiter les zones d’accès.

Le métier de cocher de calèche est assez rentable. « Nous gagnons entre 2000 et 5 000 Fcfa par jour », confie, Amadou Mbengue, un cocher. Cependant, précise-t-il, « nous obtenons difficilement cet argent. Il nous faut une dizaine de courses pour y arriver ». Et le jeune Mbengue de poursuivre que cet argent permet aux cochers d’avoir des revenus. « Nous soutenons les parents. Il n’y a pas d’emplois dans notre ville », selon lui. Les taxis souffrent de la présence des calèches.

« Elles sont encombrantes et prennent d’assaut les artères de la ville dès le début de la matinée, nous empêchant de travailler correctement », se désole Cheikh Fall, un chauffeur de taxi. Notre interlocuteur poursuit que les calèches diminuent les recettes des taxis. « Certains préfèrent les emprunter, parce que c’est moins cher pour eux », déplore-t-il. Même s’il reconnaît la faiblesse de la bourse de certaines populations, M. Fall pense que les calèches n’ont plus leur place à Mbacké, parce que, selon lui, les autres villes sont dans la même situation que Mbacké du point de vue économique, mais elles ne sont pas envahies par les calèches ».


BABACAR DIONE
Source: Le Soleil

Article Lu 1870 fois

Vendredi 8 Juin 2007

Actualités | Politique | Economie | Fait Divers | Société | People | Sport | Coin des femmes | Culture | International | Vidéo News | Buzz du monde | Bande dessinée | Un café avec | Dinama Nekh | Buur Guewel | Double vie | Ndiaye Dollar | Wiri Wiri | Le reve de Akis | Rirou tribunal | Revue de presse | Blagues





Copyright © 2007 - 2016 Xibar multimedia Tous droits réservés

DIRECTEUR DE PUBLICATION: Abdoulaye Sogue - Contact: Protect e-mail with only css

Xibar Multimedia - 2901 41st Ave, Long Island City, NY 11101, United State