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TRANSPLANTATION D’ORGANES AU SéNéGAL : La première greffe rénale attendue à la fin de l’année

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La transplantation rénale sera réalisée sous peu au Sénégal. Toutes les conditions sont réunies au plan technique. Il ne reste qu’à rechercher les financements nécessaires et à parfaire le plateau technique pour expérimenter cet acte tant attendu par les patients atteints d’Insuffisance rénale chronique. Surtout ceux qui demandent des évacuations sanitaires pour être transplantés en Europe ou dans les pays du Maghreb.



Les malades qui souffrent d’Insuffisance rénale chronique (Irc) au Sénégal pourront bientôt bénéficier à domicile d’une greffe rénale. L’information est donnée lors d’un atelier préparatoire consacré à la transplantation rénale au Sénégal tenu les 28 et 29 juin 2007 à Mbour. Et au plus tard, au premier trimestre de l’année 2008, l’équipe pluridisciplinaire désignée pour la mise en œuvre de la greffe rénale au Sénégal compte réaliser la première transplantation de rein. Pour l’instant, c’est la deuxième quinzaine du mois de décembre 2007 qui est retenue, si toutes les conditions de faisabilité sont réunies. Pour le Pr Boucar Diouf, chef du service néphrologie de l’hôpital Aristide Le Dantec, il est possible de faire la transplantation au Sénégal, d’autant qu’il est difficile dans les pays sous développés de se contenter uniquement de la dialyse. Le Dr Boubacar Gueye, coordonnateur des maladies chroniques non transmissibles au ministère de la Santé et de la Prévention de renchérir : « La greffe rénale est à notre portée techniquement ». Mieux, souligne le Pr Abdou Niang néphrologue : « La transplantation rénale est le véritable traitement de l’insuffisance rénale. La dialyse est en fait un traitement d’attente ». D’ailleurs, cette alternative à la dialyse, dont le coût est onéreux pour les quelques patients qui y ont accès, s’avère nécessaire dans un contexte où les besoins en postes d’hémodialyse ne sont pas encore comblés.

En plus, il est noté que les évacuations sanitaires pour raisons relatives à une greffe rénale sont de plus en plus importantes au Sénégal. A cet effet, Pr Abdou Niang précise : « Chaque année, nous évaluons entre 2 ou 3 demandes d’évacuations sanitaires pour greffe. Et lorsque vous évacuez pour la greffe, il n y a pas que le geste. Il y a l’hôtellerie dans les pays hôtes, ce qui fait un coût important. En Europe, il faut dépenser entre 50 et 60 millions de F Cfa. Pour les pays du Maghreb comme le Maroc ou la Tunisie, c’est entre 15 et 20 millions de F Cfa. Et nous pensons que si nous parvenons à réaliser ce geste sur place, ce coût peut être diminué de moitié voire des deux tiers ».

Prise en charge gratuite pour le donneur

Mais, puisque le coût réel pour faire une greffe rénale est à l’étude au Sénégal, notamment dans le cadre du comité mis en place pour faciliter la réalisation de la première greffe rénale, l’accent est mis, entre autres, sur la disponibilité des ressources humaines, la mobilisation des ressources financières, le relèvement du plateau technique afin que tout se déroule dans les règles de l’art, le moment venu. Et à ce niveau, les spécialistes attendent beaucoup des autorités et des partenaires. Techniquement, estime Pr Cheikhna Sylla, urologue, aucune difficulté ne bloque la réalisation de la transplantation rénale. Selon lui, le véritable problème, c’est la notion d’équipe. Donc, « il faut une certaine célérité, une certaine spontanéité », suggère-t-il.

Dr Boubacar Guèye de préciser que durant la phase d’expérimentation de la transplantation rénale, les frais seront supportés par l’Etat. Seulement, une fois cette étape franchie, ce sont les malades qui doivent prendre en charge eux-mêmes les coûts afférant à leur traitement. Mais, s’agissant de la prise en charge du donneur, il fait savoir que ce dernier ne paie rien. Tous les frais étant inclus dans la prise en charge globale du receveur. Toujours concernant le donneur, les spécialistes indiquent qu’il ne court presque pas de risque en cédant un de ses reins à une autre personne. La morbidité opératoire étant très faible du fait de la chirurgie qui est réglée. « Dans le monde, notamment dans les pays où on a une grande expérience de greffe, le risque a été évalué à 0,003%. Donc, on peut dire que ce risque est très faible. Et si on se rapporte aux mêmes études, on peut dire que les individus qui ont donné un rein ont une survie plus importante que celle de la population générale. Non seulement, ils ne sont pas exposés à des risques majeurs au cours de l’acte, mais ils ont une espérance de vie beaucoup plus élevée. Et ceci pourrait se comprendre par le suivi médical qu’ils ont et que les autres n’ont pas », explique le néphrologue Abdou Niang.

S’exprimant sur le coût de la dialyse comparé à celui de la greffe rénale, Pr Boucar Diouf estime que les premiers mois qui suivent la transplantation rénale sont plus chers que la dialyse. Mais, après les coûts baissent. « Ils vont chuter de manière significative », déclare-t-il. Dans le même sillage, Pr El Hadji Niang, radiologue indique que pour la première année, le coût est quasi égal à celui de la dialyse. Mais après, on sent nettement la différence.

Tout compte fait, même si la transplantation est aujourd’hui une nécessité, le néphrologue Fary Kâ insiste sur l’évaluation pré transplantation et la définition d’une stratégie de prise en charge minimisant aussi bien les risques de rejet du greffon que les complications liées aux immunosuppresseurs.

Donneur/receveur - Quelles conditions remplir ?

Avant de réaliser une greffe rénale, certaines conditions doivent être remplies par le receveur et le donneur.

Pour qu’il y ait greffe, il faut un receveur et un donneur. Donc, quelques conditions doivent réunies au préalable avant de passer à la transplantation rénale au Sénégal. Cela veut dire qu’indépendamment des ressources humaines, du plateau technique qui sont indispensables, il y a des exigences qui reviennent aussi bien au receveur qu’au donneur.

Ainsi, toute une stratégie doit-elle être mise en branle avant de procéder à la transplantation rénale. Pour ce qui est du receveur, il doit être un patient qui est en insuffisance rénale chronique, qui est dialysé depuis un certain temps. « C’est sûr que nous allons choisir ces types de malades d’abord. Mais, il faut aussi savoir qu’il est possible de greffer un malade sans pour autant qu’il passe en dialyse. C’est ce qu’on appelle la greffe préemptive. Et cela est très intéressant chez les enfants âgés de 2 à 5 ou 6 ans avant qu’ils ne connaissent les souffrances liées au traitement de la dialyse », indique Pr Abdou Niang du service néphrologie de l’hôpital Aristide Le Dantec qui souligne que l’espérance de vie du malade doit être raisonnable et que ce dernier doit éprouver le désir d’être transplanté et accepter les impératifs du traitement et de la surveillance. La chirurgie et les traitements immunosuppresseurs qui permettent d’abaisser les défenses de l’organisme pour que ce dernier puisse accepter en contrepartie le rein mis en place, doivent également être disponibles.

S’agissant du donneur, il est important qu’il soit bien informé. Parce que, pour Abdou Niang, il est facile pour quelqu’un de dire : « Je veux offrir à mon frère un rein ». Mais, pour le spécialiste, il va falloir que ce geste soit encadré par une information pour montrer à ce donneur-là que les risques sont extrêmement minimes pour qu’il lui arrive des problèmes après ce don qui est extrêmement fabuleux comme geste humain. Le donneur sera aussi encadré sur le plan du suivi, parce que quelqu’un qui a fait un geste pareil ne doit pas être abandonné, selon Pr Niang qui ajoute qu’il faut au donneur un suivi médical qui, en principe, est gratuit et assuré par l’équipe de néphrologie. En somme, les spécialistes, avant d’autoriser la transplantation rénale, doivent s’assurer que le consentement du donneur est libre et éclairé. Dans ce cadre, souligne l’urologue Cheikhna Sylla : « Il faut vérifier les relations intrafamiliales, la sincérité et le caractère gratuit et non commercial du don ». Et toutes ces précautions entrent dans le cadre du bilan pré greffe qui comprend outre l’information, l’étude du dossier, les examens complémentaires et la préparation immunologique.


Maïmouna GUEYE
Source: Le Soleil

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Mardi 3 Juillet 2007


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