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TRANSMISSION DU POUVOIR DE PERE EN FILS: La société civile décrie et met des barrières

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Les successions organisées entre le père et le fils au sommet de l’Etat ont constitué l’un des sujets phares abordés hier, jeudi 18 octobre, lors de l’atelier régional sur la gouvernance et la prévention des conflits en Afrique de l’Ouest organisé par le Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest/Ocde en partenariat avec la Cedeao. Les participants, ainsi que le conférencier, par ailleurs maître d’œuvre de la rencontre, ont beaucoup décrié ces pratiques. S’appuyant sur les protocoles qui régissent les Etats de la sous-région et de leurs expériences en tant qu’universitaires et membres de la société civile, Massër Diallo a indiqué dans quel cas il est limitativement possible mais aussi le travail que les organisations de la société civile et autres doivent mener pour l’éducation politique des citoyens.



TRANSMISSION DU POUVOIR DE PERE EN FILS: La société civile décrie et met des barrières
Un président de la République remplacé par son fils ou sa descendance est une pratique à bannir foncièrement en démocratie. Depuis le décès de l’ancien président de la République du Togo, Gnasimbé Eyadéma qui a été aussitôt succédé par son fils, ce « vile » cas commence à fleurir dans la région ou à tenter certains chefs d’Etat de la zone Cedeao. L’atelier organisé par le Club du Sahel et de l’Afrique de l’ouest/Ocde depuis mardi à Saly a été l’occasion pour les membres de la société civile de s’insurger contre de telles pratiques et à vouloir mettre des gardes-fou pour qu’elles ne se reproduisent plus.

Le chef d’unité gouvernance, dynamique des conflits, paix et sécurité du Club du Sahel et de l’Afrique de l’ouest, Massaër Diallo a estimé que le Togo n’est pas le seul exemple et que « la plupart de nos Etats, qu’ils s’agissent des Etats de l’Afrique de l’Ouest sont enclins à cela, c’est-à-dire des réformes constitutionnelles calculées ayant un caractère partisan fonctionnalisant les règles du jeu au niveau du code électoral, au niveau de la Constitution de sorte qu’elle arrange la réélection du candidat au pouvoir ».

Dans certains cas, a-t-il ajouté, « les gens vont plus loin. Soit le président en place cherche à placer son proche, cela peut être ses proches du même parti, de la même famille ou même ces descendants ». Le maître d’œuvre d’atelier a ainsi précisé que « ce genre de chose est régi par un certain nombre de valeur. Tout le monde a le droit de se présenter, à prétendre à une compétition électorale ». Massaër Diallo a, à cet effet, donné l’exemple des Etats-Unis où Georges W Bush est devenu président de la République sans interférence de son père qui a eu à être chef d’Etat et après s’être bien débrouillé dans le jeu politique.

« Eviter de conserver le pouvoir de manière dynastique »

« Je considère aussi que sur cette même base, au Sénégal le Président en place où un autre président a le droit de voir son fils ou son neveu se présenter. Mais ce qui ne peut se passer nulle part c’est qu’on puisse créer les conditions que sa descendance puisse pérenniser un système politique. Qu’il s’agisse du neveu, du fils, du camarade, il faut que cela soit soumis au processus de validation constitutionnelle », a souligné le chef d’unité gouvernance, dynamique des conflits, paix et sécurité du Club du sahel et de l’Afrique de l’ouest/Ocde.

Pour lui, « ce qui n’est pas faisable, c’est qu’on puisse trouver des stratagèmes pour mettre quelqu’un en place simplement d’une manière dynastique, c’est contraire à la démocratie et les citoyens qui sont dans des systèmes démocratiques ne peuvent pas fonctionner comme cela. Cela ne peut pas faire avancer les choses ». Il a pensé que « même si cela se fait ailleurs, l’Afrique de l’ouest ne peut pas prendre de mauvais exemple ailleurs ».

Le professeur se veut plus légaliste et déclare sur la même lancée : « tout en ne bloquant pas le droit de tout citoyen à avancer vers ses chances, il faut que les chances soient égales en démocratie, que celui qui n’est le fils de personne, le neveu de personne ou le camarade de personne mais qui remplie les conditions puisse participer à la compétition, avoir ses chances et les résultats seront déterminés par le rapport de force démocratique. Donc pas d’exclusion dans un sens ou dans un autre ».

Massaër Diallo a, en outre, indiqué que « la démocratie est menacée par la ruse des acteurs politiques à trouver sur le chemin de l’histoire les moyens à reproduire leur domination. Or la démocratie ne peut être au service de la paix et de la construction du développement que si elle incorpore un principe qui permet de changer. Si les changements ne se font pas de manière démocratique, il y a un blocage qui peut susciter la violence ». La prévention de la violence consiste, selon lui, à rappeler que la démocratie ne doit jamais décourager la possibilité qu’il ait changement. Le maître d’œuvre de l’atelier a, par ailleurs, tenu à marteler que « la possibilité qu’il ait changement ne veut pas dire qu’il faut toujours renverser un pouvoir par un autre démocratique mais il faut que les règles du jeu soient respectées de sorte que nous ne piégeons pas la démocratie avec des systèmes qui sont d’ordre monarchique ou d’ordre despotique ».

L’Education des citoyens pour freiner la tendance

La meilleure lutte contre la transmission du pouvoir de père en fils dans une démocratie semble être l’instruction, l’éducation à la vie politique des citoyens. Cette mission incombe, selon le chef d’unité gouvernance, dynamique des conflits, paix et sécurité du Club du sahel et de l’Afrique de l’ouest/Ocde par ailleurs maître d’œuvre de l’atelier qui se déroule à Dakar et Saly depuis le mardi dernier sur la gouvernance et la prévention des conflits, aux organisations de la société civile, aux partis politiques et aux institutions. « Les citoyens, même s’ils ne sont pas instruits, ne sont pas bêtes. Quelqu’un peut ne pas savoir lire, ne pas avoir ce qu’on appelle l’instruction mais savoir ce qu’il veut », a déclaré Massaër Diallo qui poursuit ainsi qu’il « va de soi maintenant qu’un peuple non instruit, analphabète est un peuple malléable à volonté à la fois par l’ignorance, l’obscurantisme et par la peur et la pauvreté ». De son avis, ce sont quatre facteurs qui contribuent dans un contexte à affaiblir la démocratie.

Le maître d’œuvre de la rencontre d’expliquer qu’en outre, « même une personne alphabétisée qu’on tend un billet de banque, si elle n’a pas un niveau de conscience élevée, un système d’encadrement de son parti ou de la société civile, il va finir par flancher et préférer un billet de banque à la liberté de son bulletin de vote ».

Massaër Diallo ratisse large en indiquant qu’une « personne qui n’a pas du tout suffisamment d’autonomie peut considérer que son marabout doit décider pour lui alors que tous les deux sont égaux devant Dieu et devant la démocratie ». D’un autre côté, il enfonce le clou et affirme que « maintenant, les organisations politiques ont la ruse de vouloir jouer sur l’assujettissement idéologique, jouer aussi sur la condition économique et jouer sur l’ignorance ».

En revanche, a-t-il fait comprendre, « la société civile et les organisations qui se réclament de la démocratie ainsi que les institutions ont le devoir d’aller à contre courant de cela ». Ce n’est, selon lui, jamais gagné d’avance parce que, argumente le professeur et ancien acteur de la société civile sénégalaise, même si vous allez dans les pays développés, l’ignorance ou l’assujettissement idéologique ou culturel joue sur la liberté. « La liberté se conquiert à travers l’histoire en faisant reculer ces bornes là. Mais il va de soi que cela peut avancer et la citoyenneté doit permettre à chacun de savoir qu’il peut compter et que la décision dépend aussi de lui et qu’il doit faire en âme et conscience ce qu’il a librement choisi », a prodigué Massaër Diallo.

Source: Sud Quotidien

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Vendredi 19 Octobre 2007





1.Posté par sow le 20/10/2007 20:32
Je crois que c tout le systeme social qu il faudra changer pour une reelle citoyennete. Quand un marabout par son appel peut vous donner des millier de voix ou est la citoyennete.Quand le citoyen se reconnait plus a un secte qu a une nation.


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