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TOUBA: Résistance Culturelle

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La récente décision du Calife des mourides de s’opposer à la réouverture des écoles publiques à Touba n’a point manqué de soulever un certain nombre de réactions et de réflexions. Aux fins de recadrer le débat, il nous a semblé assez intéressant d’invoquer un certain nombre de matériaux d’analyse fondés sur la philosophie et les enseignements de Cheikh A Bamba à même de jeter une lumière nouvelle sur cette question sujette à controverses, surtout en cette ère de mondialisation des idées et de révolution numérique.



TOUBA: Résistance Culturelle
Une analyse sommaire du discours de Serigne Bara peut aisément démontrer son souci de perpétuer et de s’inscrire dans la ligne tracée par ses prédécesseurs, relativement à la sauvegarde du patrimoine spirituel et culturel légué par le Serviteur du Prophète (PSL). En effet, le combat idéologique que menait Cheikh A. Bamba, « à travers les sciences et la crainte de Dieu », contre la puissance d’occupation coloniale, intégrait une forme de résistance culturelle jusques là méconnue sous nos latitudes et d’autant plus pertinente qu’elle s’opposait à la politique d’assimilation et aux diverses stratégies d’acculturation des « indigènes » caractérisant l’impérialisme français.

En enseignant aux jeunes enfants africains et asiatiques colonisés que « leurs ancêtres étaient des Gaulois », en leur inculquant les idéaux hérités des Lumières et de ses penseurs athées, l’école française dépassa ses objectifs formels et théoriques d’instruction et de « civilisation des masses ignorantes de Naturels d’Afrique », mais constitua plutôt, aux mains des missionnaires Chrétiens et d’autres précepteurs coloniaux, un formidable outil d’aliénation intellectuelle et culturelle au service de cette prétendue « mission civilisatrice, fardeau de l’Occident ».

Car, l’Histoire à toujours montré que là où échoua le fusil, ont souvent triomphé sur les esprits la craie et la plume.

En rappelant très tôt dans ses écrits que « l’appartenance à la race noire ne peut en aucun cas constituer le signe d’une prétendue infériorité intellectuelle » (Cf. « Les Itinéraires du Paradis », vers 49), Cheikh A. Bamba remit fondamentalement en cause le paradigme originel posé par cette stratégie et entreprit une œuvre de restauration de l’identité culturelle de ses contemporains, basée sur les principes de l’Islam, à travers la formation théorique et l’éducation spirituelle des musulmans. L’éducation des masses (Tarbiya) et l’acquisition de la science utile (Ilm nâfih) pour l’adoration de Dieu, à travers le culte et les services (Khidma) rendus à la société, furent au cœur de la mission de Renaissance culturelle et spirituelle (Tajdîd) à laquelle s’était assignée le Cheikh. Cette œuvre salutaire, dans le contexte particulier du 19e siècle marqué par l’hégémonie spirituelle orientale et la domination politique occidentale sur les Noirs, contribua significativement à rétablir la dignité de « l’homo-sénégalensis » et à annihiler progressivement tout complexe envers les autres civilisations et cultures.

Cheikh A. Bamba ne cessa ainsi de dénoncer les effets néfastes du complexe d’infériorité créé par les idées et prouesses techniques des colons sur les mœurs de ses coreligionnaires, comme l’attestent ces propos figurant dans son ouvrage « Ilhâmu Salâm » (Inspiration procédant du [Seigneur] qui assure la Paix, vers 13-19, 37-39, 47-49, 50-52) : « [Sachez que ces Occidentaux ont été égarés par] Satan qui les a menés vers la désobéissance, l’audace et la perdition. Il les a leurrés de par son stratagème au point qu’ils se sont mis à parcourir, avec insolence, le monde entier et à opprimer [les peuples]. Cependant, ceux [d’entre les indigènes] qui ne suivent que leurs passions et les ignorants en sont arrivés à penser qu’ils sont d’un genre supérieur et dotés d’une suprématie naturelle. Ces sots insensés n’hésitent même pas à les considérer comme les seigneurs des Nobles Hommes de DIEU, le DETENTEUR de la Majesté ! Ceux-là qui ne réfléchissent point et sont empêtrés dans l’illusion les tiennent pour honorables et illustres. Aussi les imitent-ils dans la débauche et le vol, de même que dans des habitudes immorales autres que celles-ci. De par la crainte que [ces Colons] leur inspirent, certains d’entre ces indigènes en arrivent à oublier [DIEU], le MAJESTUEUX, et Son Prophète (…) De même, s’émerveillant devant leurs prouesses [techniques], leur attribuent-ils les actes qu’accomplit Seul, en réalité, le SEIGNEUR de la Création à travers eux. Ils sont désormais convaincus que « la Force et la Puissance » en actes (Hawla wa-l-Quwata) leur sont entièrement dévolues, au même titre que le Pouvoir. Alors qu’en réalité la Force et la Puissance véritables reviennent exclusivement au CREATEUR des Cieux, notre SEIGNEUR, le NOVATEUR (...) D’aucuns, parmi ces autochtones, ne pensent qu’à les imiter, ne se souciant point, ce faisant, [de suivre les Traces du Prophète Élu] selon la Volonté du CREATEUR, l’INFINIMENT CAPABLE. Il en est même qui, à la vue des Colons, les rangent littéralement parmi les Anges du MISERICORDIEUX ! Certains demeurent solidement convaincus que le Commandement de même que les bienfaits et les dommages relèveront, en tout temps, de leur seul pouvoir (...) Sachez que je n’ai relevé [tous ces travers] que dans le seul but de faire reprendre conscience. Ô vous les miens, réveillez-vous de l’ivresse du sommeil ! Et n’assimilez plus l’enflure purulente de la pustule à de l’embonpoint, car une telle méprise demeure un signe manifeste d’ignorance (...) » [Ouvrage complet disponible dans le site web du Projet Majalis].

Une telle critique démontre que le Cheikh dénonce plutôt l’immoralité et le vide spirituel créés par les dérives du matérialisme occidental, transformant les indigènes musulmans en déracinés (« gourmettes ») dépourvus de toute réalité identitaire et de confiance en soi. Mais elle n’est point destinée, il convient de le noter, à la science objective et utile tirée de l’école occidentale, car le savoir constitue, par essence, un bien universel non appropriable que partagent également toutes les civilisations humaines et que le Prophète (PSL) a recommandé de rechercher jusqu’à la lointaine Chine. N’a-t-il pas fallu à la très Catholique Europe du Moyen-âge aller puiser sans aucun complexe aux sources de la science orientale et islamique, alors à l’avant-garde de la connaissance moderne, pour réaliser le miracle de la Renaissance ? Ainsi, pour Cheikh A. Bamba, la connaissance (‘Ilm) n’est point noble par nature, mais elle acquière sa véritable valeur et sa noblesse à travers sa mise en pratique (‘amal) en conformité avec les Principes Divins : Science sans Dieu n’est que ruine de l’âme. Serigne Touba ne cessa ainsi de réaffirmer sans cesse (et il nous semble une tautologie de le rappeler, du moins pour ceux qui ont fait l’effort d’étudier sa vie) l’excellence et la primauté du savoir véritable, ceci à travers toute son œuvre et ses innombrables écrits :

« Celui qui ne craint pas Dieu, le Seigneur des mondes, ne peut être qualifié de véritable savant ; eût-il maitrisé l’ensemble des branches de la science » (Les Itinéraires du Paradis, v.183). « Quiconque vous interdit de rechercher le savoir, sachez que cette interdiction relève de l’égarement. Car celui qui empêche, en cette époque, aux gens de s’instruire, convie à la déviation, car toute pratique qui n’est pas inspirée par la science sera forcément entachée d’imperfections. La science et la pratique constituent assurément deux joyaux précieux qui mènent au bonheur dans ce monde-ci et dans l’au-delà. » (Les Verrous de l’Enfer, v. 21-24).

La carence remise en cause par cette perspective scientifique proposée par Cheikh A. Bamba est donc cette absence de fondements spirituels et de limites morales métaphysiques promue par la pensée matérialiste occidentale qui mena l’homme moderne jusqu’à oublier son véritable sens et le but ultime de son passage sur terre, bien que disposant théoriquement de tous les moyens matériels pour satisfaire toutes ses passions. Ce défaut de morale spirituelle critiquée par le Cheikh met présentement en danger l’humanité elle-même dans la mesure où il l’a déjà menée aux deux guerres les plus meurtrières de son histoire, à la destruction latente de son environnement écologique, à concevoir un modèle économique et financier mondial hautement injuste et inhumain, à promouvoir l’approbation globale de l’homosexualité et d’autres valeurs immorales, à travers notamment le Cheval de Troie des Droits de l’Homme. C’est ainsi que la refondation du Capitalisme unanimement réclamée actuellement pour faire face à la crise mondiale risque de n’être qu’un replâtrage technique superficiel éphémère tant que l’on persistera à faire fi des véritables et profonds soubassements idéologiques à la base de la spéculation sauvage qui ont pour noms : individualisme effréné, matérialisme, absence de sens moral véritable et de limites spirituelles… Il nous a semblé, d’une certaine manière, assez intéressant de noter que les soubassements philosophiques de ces dérives morales trouvent certaines de leurs sources dans le fondamentalisme intolérant de l’humanisme des Voltaire et autres penseurs athées ou déistes qui ont tenté d’exclure le Divin de l’axe de l’univers, en représailles aux crimes de l’Église complice de la royauté. (Ceci sans nul esprit de généralisation abusive ou un quelconque anti-occidentalisme grossier ou manichéisme facile, car il a toujours existé et il existera toujours des hommes justes et épris de bien dans tous les peuples). L’on ne peut ainsi, à notre sens, comprendre la nature profonde de certains enjeux majeurs du monde moderne sans déceler les traces de la survivance des idéologies dénaturées héritées notamment des philosophes des Lumières qui, sous le couvert d’un humanisme tentant et de la liberté humaine, dénient toute réalité à la véritable spiritualité et à toute autre morale autre que rationnelle (appelée insidieusement « éthique »).

La formation d’une grande partie des élites intellectuelles et politiques africaines occidentalisées à ces idéologies, sans aucune maîtrise solide et éclairée de la philosophie féconde des grands penseurs autochtones, comme Cheikh A. Bamba et d’autres grandes figures historiques africaines, n’a point manqué d’avoir un impact certain dans l’élaboration des stratégies de développement local. Car, c’est notre conviction, un peuple sans âme et sans identité est condamné à la régression et à l’errance culturelle, et restera indéfiniment un consommateur d’idées dans le marché globalisé actuel « du donner er du recevoir ».Renoncer à son identité, sous le prétexte fallacieux du « métissage culturel » ou d’un prétendu « universalisme » du monde moderne, est tout simplement un marché de dupes, à notre sens. Car même la très « moderne » France, cette prétendue « Patrie des Droits de l’Homme » et « Terre des Lumières et du métissage » (le cadre exigu de cet article ne nous permet malheureusement pas d’expliciter les raisons de notre récusation de ces formules de propagande) n’a pas hésité à ériger récemment un Ministère de l’Identité Nationale ( !) Cela, tout en consacrant parallèlement des ressources importantes pour bâtir la Francophonie autour d’un conglomérat de pays satellites, serfs culturels, regroupés autour de ses idéaux et sous la direction d’un sénégalais (Abdou Diouf), formé à leurs idéologies et tout à fait convaincu de l’excellence desdits idéaux. Et c’est précisément un autre sénégalais (Senghor), également fervent défenseur et chantre de cette même langue, ce « Nègre de Normandie », qui fut le premier Noir admis à l’Académie Française. Bégaiement de l’histoire ? C’est également aujourd’hui une jeune sénégalaise « intégrée », absolument convaincue aux valeurs intangibles de la République (Rama Yade) qui est mise à la tête du Haut Secrétariat aux Droits de l’Homme et qui, à ce titre, n’hésita pas récemment à être à l’avant-garde de la lutte pour la défense des droits des homosexuels, en se rendant personnellement à l’ONU pour convaincre tous les États jugés « rétrogrades » du monde entier de légaliser l’homosexualité, cette nouvelle « minorité visible ».

Cette fille du pays, née dans la patrie de Cheikh A. Bamba, de El H. Malick Sy et de Seydina Limamou Laye, n’hésiterait le moins du monde, il faut le prévoir, de réclamer le vote, au niveau des instances internationales, de résolutions contre les « propos homophobes » ou l’éventualité de dispositions en faveur de l’homoparentalité, comme c’est actuellement le cas dans sa patrie d’adoption. Ce que Serigne Bara sous-entend, à travers son refus, et que tous les musulmans éclairés du Sénégal approuvent, c’est que nous ne voulons point d’un modèle d’école qui ferait de nos filles des Rama Yade en puissance. Et il nous semble assez caractéristique de constater, en outre, la gêne évidente de beaucoup d’intellectuels sénégalais convertis aux idéaux de la République et des Droits de l’Homme (à la française) face à ces mêmes questions ; en est un exemple assez triste la défense actuelle des homosexuels par les associations des Droits de l’Homme sénégalais et un certain nombre d’autres effets des caisses de résonance intellectuelle et culturelle.

A contrario, l’influence profonde des enseignements du Serviteur du Prophète (PSL) sur son peuple a amorcé une dynamique de recomposition sociale et culturelle dont les signes s’expriment dans tous les domaines de la vie religieuse, sociale, économique, politique, intellectuelle, artistique etc. de la société sénégalaise. Il ne nous semble ici point besoin de nous épancher outre-mesure sur les nombreux exemples à même d’illustrer les spécificités du système de représentation symbolique propre des mourides qui sont devenues une réalité incontournable (« envahissante » pour d’autres) de notre identité nationale : langage mouride, habillement mouride, architecture, ville de Touba, mode de vie, écriture et poésie wolofal, art etc.

Il faut dire que ce projet de Renaissance culturelle du Cheikh a pu se matérialiser grâce au système de formation qu’il a mis en place et qui se donne comme objectifs d’ancrer le Message éternel et universel de l’Islam (dépourvu de toutes coordonnées raciales ou géographiques) dans un contexte négro-africain particulier. C’est, en quelque sorte, la réponse mouride à la vieille problématique Islam-Arabité théorisée par Senghor ; dialectique Religion-Culture incomprise par un Paul Marty et ses séides et galvaudé à travers son perfide concept d’ « islam noir », opposé à l’Islam prétendument plus « pur » des Arabes (« Le vêtement de l’Islam n’est pas taillé pour le Noir », disait-il). Ce système éducatif mouride est principalement basé sur l’enseignement du Coran, des sciences religieuses et pratiques, celui des règles de bonne conduite (Adab), le combat contre les traditions locales dénaturées tout en conservant les usages sociaux conformes à l’esprit de l’Islam et en s’ouvrant aux vents fécondants des autres civilisations.

Toutefois, ce système traditionnel mouride, malgré ses résultats, se doit d’être constamment mis à jour et mieux adapté aux réalités de l’espace et du temps, conformément au principe de Tajdîd (Renouveau) continuellement prêché par le Cheikh. Il s’avère, en effet, évident que Touba (la communauté mouride et le pays de façon plus générale) ne saurait vivre en vase clos et ignorer les exigences de plus en plus prégnantes de la modernité, en termes de circulation de l’information et d’émergence de nouveaux concepts et perspectives. Le recours passé et actuel aux compétences et expertises formées à l’école occidentale (architectes de la mosquée de Touba, ingénieurs en génie-civil pour la construction des nouvelles routes et infrastructures, médecins, urbanistes etc.) est déjà devenu une réalité incontournable, de même que la fréquentation de l’école française par une bonne partie de l’élite actuelle de la communauté mouride et d’un nombre significatif de disciples et d’habitants de Touba qui n’hésiteront pas à rechercher ailleurs un système à même de répondre à leurs besoins. L’éducation a horreur du vide. Sous cet angle, cette question se pose plus en termes de choix entre subir docilement la dynamique de la mondialisation au risque d’être submergés par ses vagues irrépressibles ou s’y insérer intelligemment afin de tirer profit de ses immenses potentialités tout en évitant au mieux ses effets néfastes. L’appropriation des avancées organisationnelles et techniques de l’humanité, quelles que soient les civilisations par qui elles sont transmises (même « la Chine »), constitue à nos yeux un impératif important pour Touba et pour tout le Sénégal.

C’est cette prise de conscience qui justifie, entre autres, qu’une réflexion approfondie sur la modernisation de ce système ait été entamée, avec l’accord du défunt Calife Cheikh Saliou Mbacké, par un groupe d’intellectuels et de spécialistes de l’éducation appartenant à la communauté mouride. Ce projet ambitieux, qui sera prochainement soumis à Serigne Bara, et qui se propose de mettre en place un nouveau système éducatif alternatif de synthèse pour Touba (inspiré du modèle des écoles franco-arabe), a déjà permis d’élaborer un programme académique assez complet intégrant à la fois les sciences religieuses et profanes (mémorisation du Coran, apprentissage des sciences religieuses à partir des ouvrages du Cheikh et d’autres auteurs sénégalais ou étrangers, sciences sociales, matières techniques et littéraires à l’instar de toutes les écoles publiques etc.). L’implication active des pouvoirs publics et une meilleure prise de conscience de toute la communauté mouride pour la mise en place de ce système permettraient de mieux adapter le système d’enseignement traditionnel aux réalités du monde moderne et de la globalisation, en s’appropriant les méthodes d’organisation et d’enseignement récentes, intégrant notamment les nouvelles sciences et technologies, tout en offrant des possibilités supplémentaires d’emplois jusqu’ici inaccessibles à notre système traditionnel.

Une telle innovation constituera, en un sens, un début de réponse à la lancinante question et au fameux dilemme posé par « L’Aventure Ambigüe » : Enracinement ou Ouverture ? En effet, cette « École Nouvelle » permettra aux futures générations de sénégalais « de lier le bois au bois » (formation scientifique) sans laisser leur âme plier mollement sous le joug des lois de ce bois. Car l’âme creuse et évidée des futurs Samba Diallo d’un 21e siècle naissant ne saurait entrer en résonnance avec les ondes de l’univers tant qu’elle restera amputée de la sève nourricière du « Maître » qui, seul, et en définitive, lui donne sa véritable valeur et son sens devant l’Autre. Sens et dignité que ne pourront leur donner le simple pragmatisme et le réalisme d’une « Grande Royale ». N’avons-nous pas le droit de rêver, enfin, d’une école où l’on aura au programme Masâlikul Jinân, Nahju ou les importants ouvrages de Seydi E. Malick Sy et d’autres grands penseurs musulmans ou sénégalais, en lieu et place des « Candide » et autres « Précieuses Ridicules » ? Serions-nous éternellement condamnés, pour raisonner juste, de nous référer à Sartre, Nietzche ou Kant et ne jamais goûter à la sagesse savoureuse de Baye Mbaye Diakhaté, Serigne Moussa Kâ et autres grands poètes wolof de la Pléiade mouride ? Pourquoi étudier uniquement Homère et son célèbre « Odyssée » et laisser des générations de fils de ce pays continuer à ignorer l’immense « Xarnu bi » et « Jazâu Shakôr » ? Les tentatives passées « d’introduction de l’enseignement religieux » dans les programmes ont toujours, plus ou moins, buté sur la double muraille laïque du Sénégal, érigée autour de la République par nos proconsuls intellectuels locaux : (1) la laïcité neutralisante et ghettoïsante à la française, qui consacra la séparation de la Mosquée de l’État et a confiné la religion dans la sphère strictement privée, (2) la laïcité confrérique et dissuasive à la sénégalaise, qui annihile, de facto, toute prise en compte sérieuse du « religieux » dans les affaires publiques, sous prétexte de clientélisme politique ou de traitement déséquilibré et partial des différentes communautés religieuses du pays (« Si on le fait pour les mourides, nous serons obligés d’en faire de même pour les tidianes et les layènes, et on en sortira pas ! ». Ce qui n’empêche pourtant pas de le faire pour Voltaire et Césaire…).

Aux maladresses ou malentendus passés avec les pouvoirs publics, ayant conduit à l’impasse constatée, il faudra donc substituer une meilleure implication de l’État, en synergie avec toutes les composantes représentatives de la communauté mouride, pour la matérialisation de ce nouveau modèle d’écoles publiques dont Touba et beaucoup d’autres localités religieuses du pays ont tellement besoin. Le soutien matériel et pédagogique aux différentes initiatives privées déjà entreprises ou envisagées devra aussi être à l’ordre du jour, comme cela se fait depuis toujours pour le système d’enseignement Catholique, à travers les subventions accordées par l’État par exemple. Des rencontres sous forme de séminaires ou de forums regroupant toutes les entités externes (Ministère de l’Éducation et autres organismes) et internes (professionnels et spécialistes de l’éducation en milieu mouride, représentants du Calife etc.) pour discuter amplement sur ces thèmes nous semblent également souhaitables. L’État sénégalais se doit ainsi, à notre sens, d’apprendre à considérer désormais la communauté mouride plus qu’un simple vivier électoral, mais comme un vivier de compétences et de potentialités formidables à même de contribuer pleinement, en tant que partenaire respectable et valable (à condition d’être mieux organisée et canalisée) au progrès socio-économique de toute la nation. Ce formatage du système éducatif national aux besoins spécifiques et justifiés du peuple est un devoir de l’État, qui n’est que l’émanation de la volonté populaire, au lieu du formatage longtemps tenté de ce peuple aux idéaux empruntés sans discernement à des systèmes de pensée souvent opposés aux aspirations profondes de ce même peuple.

Il est cependant devenu évident, en outre, que les flux d’information et d’influence culturelle du monde moderne dépassent aujourd’hui de loin le cadre restreint de l’école publique et empruntent de plus en plus les voies des médias et des autoroutes de l’information (comme l’Internet). C’est la raison pour laquelle la réflexion déjà entamée se doit d’intégrer les résultats et propositions issues du « Forum sur les NTIC au service de l’œuvre de Cheikh A Bamba » tenu récemment, lors du Grand Magal de Touba 2009, par les ingénieurs mourides, qui ont notamment suggéré de mettre en place un système de protection numérique pour censurer au niveau de la ville sainte l’accès aux contenus jugés contraires aux principes de l’Islam et à la déférence due au lieu. Ainsi sans prétendre créer un « bouclier médiatique » sanitaire parfait autour de la ville sainte, il est aujourd’hui tout à fait possible d’imaginer la mise en place d’un système de brouillage pour certaines fréquences aux contenus clairement indécents ou à caractère choquant, comme le prévoient d’ailleurs tous les pays dits civilisés. Une telle initiative s’inscrirait parfaitement dans la ligne des principes fondateurs de la ville sainte de Touba dont l’objet est d’offrir à tous les croyants un cadre propice à « la science, l’adoration de Dieu et la méditation » (Matlabu Fawzayni). Cela, en dépit de la persistance de brebis galeuses au sein de la ville dont les transgressions à cet esprit ne sauraient aucunement remettre en cause la pérennité du projet initial.

Car Touba n’est nullement censé être le lieu paradisiaque et la cité idyllique où toutes les difficultés matérielles et imperfections humaines seraient totalement inconnues, ni un pays des rêves où tous et tout seraient parfaits. Ce n’est point « un État dans l’État », mais un projet de société spirituel, l’émanation de la pensée, non pas d’un rêveur idéaliste détaché des réalités et aspirations profonde du peuple, mais d’un homme qui sacrifia entièrement sa vie et son œuvre pour la réhabilitation de son peuple dans le concert de la religion et des cultures. Touba ne correspond pas, non plus, à l’Utopie de Thomas Moore ou à la République de Platon, où Dieu n’est pas l’élément fondateur, et la communauté mouride n’est très certainement pas l’Eldorado ou le « meilleur des mondes possibles », où tous seraient éclairés et moralement parfaits. Ce qui fait la particularité de Touba et lui donne sa valeur, ce n’est point une aspiration irréaliste à s’extraire totalement du courant imparfait du monde et de la vie, mais c’est plutôt son projet fondateur de bâtir progressivement, à travers les innombrables obstacles et limites du monde matériel, brique par brique, mosquée par mosquée, école par école, un foyer pour l’Islam en terre d’Afrique. Aussi, face à l’influence incontestable de certains médias sur la perversion des mœurs de notre jeunesse et la menace des valeurs cardinales du fonds culturel patrimonial sénégalais, l’émergence de médias puissants et modernes propres à la ville sainte (télévision, radios, etc.) et chargés de vulgariser les enseignements authentiques de son fondateur devront être également envisagée.

Pour terminer nous ne pouvons manquer de souligner la portée assez intéressante et significative du refus de Serigne Bara et de son courage de s’opposer publiquement à une mesure qui lui a semblé aller à l’encontre des principes défendus par tous ses illustres prédécesseurs. Démentant ainsi tous les nombreux Cassandres et autres oiseaux de mauvais augure qui, unanimement et tacitement, avaient prédit la « dislocation de la Mouridiya » (selon la cynique formule de Paul Marty, qui l’avait longtemps prédit avant eux) à travers la trahison des nobles idéaux originels hérités des Vertueux Anciens, avec l’avènement de « l’ère des petits-fils ». Le Calife, malgré sa grande ouverture reconnue et les importants travaux de modernisation de la ville sainte qu’il a personnellement initiés, semble rappeler que « modernisme » ne rime pas forcément avec la négligence des principes essentiels qui, en définitive, ont donné sa véritable valeur à la communauté au destin de laquelle il a aujourd’hui la lourde charge de présider : Science, Adoration de Dieu, ardeur au travail, forte identité culturelle, esprit d’initiative et d’autonomie etc. En un mot que, non seulement le Combat continue, mais aussi que « YES MURIDS ALSO CAN ».

Par Abdoul Aziz MBACKE
Concepteur de Majalis, Projet de Recherche sur les Enseignements de -*Cheikh A Bamba (www.majalis.org)
Membre de la Cellule de Communication du Calife Général des Mourides.
Email : majalis@majalis.org
Source SudQuotidien

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Mardi 14 Avril 2009





1.Posté par TEUSS le 14/04/2009 11:19
Vréma on est fatigué avec ce probleme et d'ailleur ou est le problemen dans tout ca s'ils disent que ils ne veulent pas de l'ecole pas on leur laisse vraiment c'est tout

2.Posté par grece le 14/04/2009 11:46
tres bonne contribution, anlyse pertinente, claire, nette et precise. c l'intellectuel [et non le Mbacke Mbacke] ki parle en apportant des justificatifs, en argumentant. ceux ki decrient la decision du Khalife, ignorent la doctrine mouride dans son essence meme. Cheikh Ahmadou Bamba [DSSL] a toujours defendu et oeuvre pour la Connaissance.
merci de prendre 1 peu de recul en postant vos contributions sur ce texte, prenez le temps de le lire et de le comprendre SVP,
de grace le respect n'a jamais porter prejudice a un humain.

3.Posté par fallou le 14/04/2009 12:08
merci beaucoup serigne bara yalla nga fi yague té wére l'école française a que pour but de créer que des athés je suis trés fier de cheikh ahmadou bamba pour n'avoir pas céder

4.Posté par Diop le 14/04/2009 12:48
Tres bonne contribution grece, bonne continuation.

5.Posté par talibe le 14/04/2009 12:50
santati lifi mame bayi wone doufi diouk serigne tanki kanam rek la am amoul you guinaw lastou assoukou abadane fi kawni diaral badihi hadiabann lil kawni

6.Posté par diakhoumpa le 14/04/2009 13:20
lisez et essayez de comprendr ,lecol française a detrui notre jeunesse commen une senegalaise et en plus mulsulmane peut defendre les homosexuels devan des blancs

7.Posté par SOKHNA MAY SADIKH le 14/04/2009 13:38
BEAUGARS WAYE

8.Posté par touba le 14/04/2009 18:02
diadiuef. verement

9.Posté par Doub's le 14/04/2009 18:09
Ce qui me laisse un peu perplexe c'est de voir un texte dans lequel on nous sert énormément de références occidentales (T Moore-Platon-A Huxley, j'en passe...) et dont l'auteur défend une décision qui prive l'accès à ces mêmes références occidentales dont il semble s'être abreuvé à des milliers d'enfants.
Que l'on m'explique cela!
Que je sache, M MBacké l'auteur de cet article admet avoir fréquenté avec d'autres illustres mourides l'école française: cela ne l'a apparemment ni perverti ni coupé de ses racines: pourquoi en serait-il autrement pour les autres?
L'enseignement de la philosophie occidentale est essentiel pour former l'esprit au discernement et à la critique positive: j'ai rencontré très peu d'arabisants exclusifs dotés de ces qualités.

10.Posté par touba le 14/04/2009 18:06
Laïc, laïque : chrétien qui est ni clerc ni religieux. Conseil des laïcs.
Laïcité : Principe de séparation des Eglises et de l’Etat).

Véritablement, la laïcité est définie, selon le Larousse, comme la séparation entre l'Eglise et l'Etat mais pas entre la religion et l'Etat. Par conséquent, elle ne concerne que le christianisme. Au moyen âge, les pratiques peu orthodoxes de l'Eglise avaient poussé les croyants chrétiens, en Europe, à se départir de l'influence ou du pouvoir de l'Eglise en tant qu'Etat. C'était d'ailleurs la position des Martin Luther, Calvin et Zwingli, des réformateurs, qui a conduit au protestantisme. C'est aussi la raison pour laquelle un penseur comme Galilée (physicien, mathématicien et astronome italien ; fondateur de la science expérimentale. Il établit les lois du pendule, découvrit grâce à une lunette perfectionnée par lui les anneaux de Saturne et les satellites de Jupiter, inventa le thermomètre. Il proclama que la terre tournait au tour du soleil, en contradiction avec la théorie géocentrique de son époque. Poursuivi par le Saint-Office, il dut se rétracter devant l’Inquisition en 1633. l’abjuration de sa théorie ( qu’il ne pouvait étayer de preuves tangibles ) aurait été suivie par sa célèbre affirmation : (( Et pourtant, elle tourne. )) a été contestée par l'Eglise pour sa pensée. C'est pour toutes ces raisons que les Européens ont voulu la séparation entre l'Eglise et l'Etat.
Maintenant, nous autres musulmans qui ne connaissons pas ces formes d'obscurantisme, ne sommes nullement concernés par la laïcité. En quelque sorte, la laïcité était une roue de secours pour les chrétiens qui ne pouvaient pas penser librement et pratiquer sainement leur religion révélée. L'Eglise était, à l'époque, un obstacle pour la bonne pratique de la religion chrétienne. Donc, nous tenons cette forme de laïcité de la France qui, pourtant, ne la pratique que de manière partisane. Dans aucun de ces pays occidentaux, les fêtes musulmanes ne sont officialisées. Les musulmans constituent pourtant 5 % de la population française. Chez nous, où les chrétiens constituent une minorité de moins de 5 %, toutes les fêtes officielles sont quasiment pour eux. Sinon, elles ont une origine occidentale comme le jour de l'an, etc. Dans tous les pays à dominante musulmane, le week-end commence le vendredi. Ce qui n'est pas le cas au Sénégal. Donc, cette laïcité n'est pas pour l'épanouissement des religions, mais elle favorise une religion par rapport à une autre. Les musulmans doivent s'unir davantage et oublier leurs divergences pour faire face, à l'image des fondateurs des confréries qui n'avaient de point de mire que l'implantation de l'Islam.

Ce qui est sûr est que nous avons une démocratie qui fait partie des meilleures démocraties en Afrique, au point de vue de l’alternance, des libertés d’expression , de la presse, de culte, même s’il y’a trop à dire sur ses libertés là. Mais malgré cette démocratie dont nous jouissons, il y’a une chose qui est de TROP dans cette démocratie, il s’agit de cette répartition injuste de nos fêtes nationales. Si quelqu’un fustige cela, on lui prête l’inattention de susciter la haine ou quelque chose du genre ; ou alors il prône la xénophobie, ou tout simplement il déteste les chrétiens, qui pourtant sont des sénégalais qui jouissent des mêmes droits. Donc pourquoi essayer de priver quelqu’un de ses droits légitimes ? si on soutient cela, il peut sembler que quelqu’un essaie de priver son concitoyen de ses droits. Mais il ne s’agit pas ici de droits que l’on veut reconnaître à quelqu’un ou l’on veuille priver à quelqu’un d’autre. Mais il s’agit tout simplement d’un surplus qu’on a oté à quelqu’un et qu’on a conféré à un autre. Cet autre là n’est pas le chrétien, ni l’animiste, mais l’occidental, le « toubab », le français qui en administrant le pays, n’avait aucun respect pour la dignité des ses autochtones. Pour lui, le colon blanc, ses administrés n’ont que des devoirs : travailler pour lui, faire la guerre à sa place, construire sa maison etc.

Nos fêtes nationales sont très nombreuses et mal reparties.
Un clin d’œil sur ces jours fériés, montre comment le colonisateur a substitué ses propres fêtes aux nôtres, de manière injuste et déséquilibrée. Aujourd’hui, la population sénégalaise musulmane est de plus de 95 % et le reste est partagé entre chrétiens et animistes. Mais, pourquoi les fêtes animistes, qui pourtant existent ne figurent pas dans le calendrier des fêtes nationales ? En voila une insuffisance par rapport a la liberté de culte.

Si aux noms de la démocratie, du respect des principes républicains et de la laïcité, ces fêtes sont reparties entre les confessions, on devait tenir compte du faible pourcentage démographique que représente la population chrétienne, qui, paradoxalement célèbre le plus grand nombre de fêtes (je dois préciser que cela n’est pas du fait des chrétiens sénégalais, mais, d’un héritage colonial.). Si on examine le calendrier annuel de 2007, le calendrier non musulman, on se rend compte du nombre de fêtes chrétiennes par rapport aux fêtes musulmanes.
Le décompte des fêtes donne le tableau suivant :
- Le jour de l’an qui a une origine chrétienne.
- Tamxarit (musulmane ).
- Grand Magal de Touba qui est une fête nationale mais pas officielle, et de ce fait n’est pas un jour férié.
- Le Gamu (m),
- Le 4 avril (nationale),
- Le 8 avril Pâques (chrétienne)
- Le 1er mai fête du travail (n)
- 17 mai Ascension (c )
- 27 mai Pentecôte ( c)
- 15 août assomption (c ),
- Korité (m)
- 1 novembre toussaint (c ),
- Tabaski (m)
- 25 décembre Noël ( c) .
Au total il y’a 6 fêtes chrétiennes sur 4 fêtes musulmanes et aucune fête animiste. Ajoutons qu`a l`occasion de Noël et Pâques c’est pratiquement vingt cinq (25) jours de repos qui sont accordés au monde scolaire sénégalais. Tel n’est pas le cas pour les fêtes musulmanes .Injuste non !Les élevés et étudiants chrétiens par exemple disposent ainsi d’un temps de repos assez suffisant pour vaquer a leurs festivités avec aisance , tandis que les étudiants et élèves musulmans se sentent dans un camisole de force psychologique quand ils pensent a la reprise du travail le lendemain d’une fête.
Cette laïcité qui s’accouple toujours avec la démocratie joue souvent un rôle néfaste dans la société, par ce qu’elle sème la discorde, étant mal gérée. D’ailleurs elle est toujours et partout mal gérée.
Nous autres musulmans sénégalais, avons une ignorance notoire de notre religion, de ce qu’elle nous permet de faire et ce qu’elle nous défend. C’est pourquoi certaines choses n’ont aucune gravité à nos yeux, tandis qu’elles sont bien assez graves religieusement.
A vrai dire cette laïcité sénégalaise, détruit la majorité, leur prive de leurs droits les plus élémentaires. Si au Sénégal on veut protéger les minorités et préserver leurs droits légitimes, les minorités aussi doivent se battre pour les droits de la majorité.






11.Posté par mouride le 14/04/2009 18:18
bayyil toonj saway taw mi publie en arabe bindebmi broom bakkol koko publie merci

12.Posté par baye fal le 14/04/2009 18:24
un interview

Le président de la République vient d'effectuer un séjour dans la ville sainte de Touba. Comment appréciez-vous cette visite ?
Je crois qu'il est tout à fait normal que le président de la République, au vu de ce que représente Touba au Sénégal, rende visite au Khalife général. Avant lui, Senghor et Diouf rendaient régulièrement visite aux différents khalifes de Touba. Il ne faut pas perdre de vue le fait que Touba est la deuxième ville du Sénégal, sur les plans économique et démographique, sans oublier que plus de la moitié de la population du pays est derrière le khalife des Mourides. Le Sénégal compte 95 % de musulmans et Serigne Saliou est l'une des autorités religieuses musulmanes les plus représentatives. En Italie, il est fréquent de voir les autorités du pays rendre visite au Pape, au Vatican. Le spirituel et le temporel ont toujours cheminé ensemble. En dehors de tous ces paramètres, le président de la République se réclame talibé mouride.

Douteriez-vous, à l'instar de certains Sénégalais, dont Sidy Lamine Niass, de la mouridité du président de la République ?
Je ne suis pas là pour douter ou pas de l'effectivité de la mouridité du président de la République. Cela n'a aucune utilité pour moi et, je pense, pour beaucoup de gens. Le constat est que deux courants dissertent sur la question. Il y a, d'une part, Sidy Lamine Niass, président du groupe Walfadjri, qui remet en cause la mouridité du président et, d'autre part, un éminent membre de la communauté mouride qui conteste cette mouridité de Wade. Ce que je peux dire sur la question, c'est que le mouridisme est un bienfait répandu sur terre et seuls ceux qui en bénéficient peuvent en témoigner. Autrement dit, le mouridisme est comme un plat de mets succulents servis à des affamés. On n'a pas besoin de faire des injonctions à ces gens-là pour qu'ils mangent à leur faim. Ils se servent d'eux-mêmes et sont les seuls à savoir s'ils sont rassasiés ou pas.

Wade se sert du mouridisme
Je n'irai cependant pas jusqu'a contester les propos de Sidy Lamine Niass. Effectivement, Wade se sert du mouridisme. Pour nous autres mourides, Wade est un lourd fardeau. Depuis son avènement à la magistrature suprême, les gens ne cessent de vouer aux gémonies les mourides à cause des déplacements intempestifs du président alors que, sur le terrain, il n'y a aucune réalisation concrète à mettre à l'actif du président ou de l'alternance. Ce handicap est même perceptible jusque dans la région de Diourbel. Il suffit de regarder tout simplement l'état de la route qui mène à Touba via Diourbel pour se rendre compte de l'ostracisme dont est victime la ville sainte. Pratiquement toutes les autres routes du pays ont été réhabilitées. Des milliards sont investis dans d'autres villes comme Thiès, Ziguinchor ou encore Matam entre autres alors que, sur le plan démographique et même économique, ces villes sont loin derrière Touba. Et pourtant, Touba est la seule ville où l'Etat bénéfice d'une assistance sans pareille de la part du khalife et des talibés. En effet, les réalisations qui devaient être l'apanage de l'Etat sont le fait du khalife et des talibés. Regardez ce bijou que constitue Matlaboul Fawzeini, un hôpital ultra moderne construit et équipé par les talibés. A ce jour, l'Etat ne parvient pas à garantir à cet hôpital un budget de fonctionnement correct. Sur environ 500 millions de F Cfa demandés, l'Etat a contribué à hauteur de 200 millions environ. Or l'Etat, qui a un devoir d'assistance des populations pour leur bien-être, devait être au premier plan pour la réalisation d'infrastructures hospitalières dans cette ville à l'explosion démographique extraordinaire. Depuis Abdou Diouf, Touba ne comptait qu'un petit centre de santé. C'est inadmissible et incompréhensible. Mais, Dieu merci, à Touba les gens, conformément aux enseignements de Serigne Touba, ont toujours pris leurs responsabilités pour ne pas se focaliser sur le concours de l'Etat.
Wade vient souvent à Touba pour inaugurer des réalisations faites par le khalife et les talibés. La seule réalisation à mettre à l'actif de Wade est l'hôtel de police et l'héliport, qui ne sert exclusivement qu'à Wade. Et pourtant, du point de vue des taxes payées à l'Etat, Touba remporte largement la palme devant les villes de toutes les autres régions, à l'exception de Dakar. Prenons par exemple la Tva versée à la Sonatel, à la Senelec, sur les marchandises qui quittent le port de Dakar pour Touba, sans compter les taxes sur le ciment et celles versées aux nombreuses banques éparpillées dans la cité. Et que dire des autres taxes payées par les populations. Tout cela n'a pas donné à Touba une position enviable dans le traitement des villes. Au contraire, à chaque fois que le nom de Touba est prononcé, certains ne manquent jamais de crier au favoritisme. Mais de quel favoritisme s'agit-il ? Qu'a fait l'Etat pour Touba ? Touba n'est-elle pas partie intégrante du Sénégal ? Ou bien se situe-t-elle dans le territoire cap-verdien ? On se le demande…

L'activisme de Wade à Touba
Pourquoi les gens trouvent-ils normal qu'on s'occupe des autres localités et que Touba soit laissée en rade ? C'est comme s'il y avait dans ce pays un lobby anti-Touba. Aucun cadre de Touba n'occupe un poste de responsabilité dans ce pays. Et ce ne sont pas les cadres qui manquent dans la ville sainte. Je vais vous raconter une anecdote : dans un véhicule de transport commun, j'ai une fois entendu un chauffeur dire que Abdoulaye Wade a pris tout l'argent du pays qui devait servir à l'éclairage public pour l'investir dans le secteur de l'eau à Touba. Comme si les populations de Touba ne devaient pas bénéficier de l'eau potable. Pourtant, ces informations sont manifestement fausses et d'une extrême gravité. Et tout ça est dû à l'activisme de Wade à Touba.
La ville de Touba a besoin d'infrastructures modernes, à l'instar des autres villes. Sur fonds propres, le khalife a montré l'exemple en décaissant 10 milliards de F Cfa pour rénover la ville. Dans quelle autre localité du pays l'Etat bénéficie t-il d'une telle assistance ?
Le mouridisme joue aujourd'hui un rôle incommensurable dans ce pays. Feu Serigne Mourtada Mbacké a construit un réseau d'établissements scolaires dans tout le pays pour l'intérêt des fils du pays. Des villes ont été construites grâce au dynamisme des mourides. De même, les mourides jouent un rôle capital dans l'agriculture, le commerce et l'entreprenariat. Des infrastructures ont été construites dans tous les foyers d'émigration. Les mourides sont des ambassadeurs permanents. Ils assistent les Sénégalais nouvellement arrivés en terre étrangère, sans distinction de religion. Alors, pourquoi cet intense lobbying anti-mouride ? Dernièrement, même Cheikh Abdoul Khadre Cissokho est entré dans la danse pour dénoncer un favoritisme qui serait fait aux mourides. Il oublie que le premier président sénégalais, Léoplod Sedar Senghor, était un chrétien soutenu par les mourides. Il finançait pourtant les écoles catholiques en laissant en rade les «darhas» sans qu'aucune voix ne s'élève. Son successeur, Abdou Diouf, était un tidiane, ce qui n'a pas empêché les mourides, à travers feu Serigne Abdoul Ahad Mbacké, de le soutenir. Donc, les mourides ne sont pas sectaires. Ils voient à travers nos dirigeants des Sénégalais et rien que des Sénégalais. S'il y a maintenant des sectaires dans ce pays, il faut les chercher ailleurs.

Vous avez abordé la question de l'émigration. Aujourd'hui, le constat est que les jeunes veulent tous plier bagages, même à bord d'embarcations aussi rudimentaires que la pirogue pour rallier l'Espagne. Que vous inspire ce phénomène ?
Il faut d'abord saluer le courage de ces jeunes. Des jeunes qui préfèrent mourir dans la dignité que de vivre dans la misère. C'est une sorte de Jihad. Ils ne partent pas pour mourir, mais pour trouver un bien-être meilleur pour eux et leur famille. Donc, je salue l'esprit tout en condamnant la forme. Le pays a besoin de ces jeunes gens courageux.
Ce sont ces jeunes qui ont élu Abdoulaye Wade pour effacer cette misère de leur vie. Le constat est que l'Etat ne privilégie pas une politique de jeunesse. Wade est en train de réaliser des infrastructures importantes dont le pays a certes besoin pour son émergence mais, il oublie les jeunes. Il est vrai que la réalisation de ces infrastructures peut rendre immensément riches une certaine catégorie de personnes parce que favorisant souvent la corruption. Déjà, il y a des accusations encore non élucidées sur les chantiers de l'Oci. L'Etat devrait mettre en place une véritable politique de jeunesse pour sortir les jeunes de l'ornière au lieu de s'adonner à de la politique politicienne. Pourquoi ne pas encourager les Pme et Pmi qui peuvent générer des emplois au lieu de les étouffer et d'empêcher leur épanouissement en mettant en place un système peu propice. J'ai voyagé un peu partout dans le monde, notamment aux Usa, en France, en Italie et en Espagne et je puis vous dire que l'extérieur n'est qu'un mirage. Ca ne vaut même pas la peine de prendre l'avion, a fortiori la pirogue. L'Etat du Sénégal doit faire comme l'Italie qui encadre ses Pme et Pmi qui bénéficient des chantiers de l'Etat au même titre que les grandes entreprises. C'est comme ça qu'il peut favoriser la création d'emplois mais pas avec son fameux plan Reva qu'il veut imposer aux gens. Si l'agriculture était encore un bon créneau dans ce pays, les jeunes n'allaient pas privilégier l'émigration clandestine.

Que pensez-vous de la laïcité ?
Véritablement, la laïcité est définie, selon le Larousse, comme la séparation entre l'Eglise et l'Etat mais pas entre la religion et l'Etat. Par conséquent, elle ne concerne que le christianisme. Au moyen âge, les pratiques peu orthodoxes de l'Eglise avaient poussé les croyants chrétiens, en Europe, à se départir de l'influence ou du pouvoir de l'Eglise en tant qu'Etat. C'était d'ailleurs la position des Martin Luther, Calvin et Song Ali, des réformateurs, qui a conduit au protestantisme. C'est aussi la raison pour laquelle un penseur comme Kopernick, père de la théorie de la terre ronde, a été contestée par l'Eglise pour sa pensée. C'est pour toutes ces raisons que les Européens ont voulu la séparation entre l'Eglise et l'Etat.
Maintenant, nous autres musulmans qui ne connaissons pas ces formes d'obscurantisme, ne sommes nullement concernés par la laïcité. En quelque sorte, la laïcité était une roue de secours pour les chrétiens qui ne pouvaient pas penser librement et pratiquer sainement leur religion révélée. L'Eglise était, à l'époque, un obstacle pour la bonne pratique de la religion chrétienne. Donc, nous tenons cette forme de laïcité de la France qui, pourtant, ne la pratique que de manière partisane. Dans aucun de ces pays occidentaux, les fêtes musulmanes ne sont officialisées. Les musulmans constituent pourtant 5 % de la population française. Chez nous, où les chrétiens constituent une minorité de moins de 5 %, toutes les fêtes officielles sont quasiment pour eux. Sinon, elles ont une origine occidentale comme le jour de l'an, etc. Dans tous les pays à dominante musulmane, le week-end commence le vendredi. Ce qui n'est pas le cas au Sénégal. Donc, cette laïcité n'est pas pour l'épanouissement des religions, mais elle favorise une religion par rapport à une autre. Les musulmans doivent s'unir davantage et oublier leurs divergences pour faire face, à l'image des fondateurs des confréries qui n'avaient de point de mire que l'implantation de l'Islam.



13.Posté par Ndongoly le 14/04/2009 18:53
je trouve que la décision du calife ou de ses prédécesseurs est inacceptables dans une république et pays a majorité musulmane.
toutes les terres du sénégal appartiennent à l'Etat du Sénégal fussent-ils un titre foncier donc sur cet angle les autorités au plus haut niveau le chef de l'etat a failli à sa mission et à son autorité car nul n'est au dessus de l'etat Nous l'avons choisi comme modéle de gouvernance, d'organisation et d'évolution du pouvoir
alors aucune autorité ni confrerie n'a pas le droit de fattouwa dans une république
comment peut on comprendre que le calife de touba interdit l'ouverture d'école dit d'enseignement en langue française a touba de peur....si c'est le cas le calife doit aller jusqu'au bout de sa logique en interdissant à tous les talibés mourides de ne pas fréquenter l'école d'enseignement françaises car je pense que tous les talibé mourides sont les mêmes que soient de touba , kébémer, prokhane, de mbacké etc..
tous les mourides se glorifient de leur "talibé président "abdoulaye wade alors lui c'est un produit de l'école dit d'enseignement français
le prophét Mouhamed salahou anleyi walam avait d'allait chercher le savoir jusqu'en chine tout le monde sait que à cette époque la chine n'était islamisée
ce même Prophet a reçu de Dieu la première instruction qui était ikhara bismirabica = apprends
pourquoi alors interdir la construction d'un citoyen futur medecin, docteurs pour guérir les talibés mourides, les ingénieurs agricoles, industriels, astraunotiques pour developper la nourriture, l'industrie, le nucléaire etc...
en conclusion le calife a tord sur toute la ligne et répondra de ces actes devant Dieu car Dieu aime le savoir et a fondé le monde sur le savoir
wasalam !!!!!!!!!!!!!!
alors

14.Posté par ASS le 14/04/2009 18:53
Ndongoly démal nopolou SVP ne nous fatigue pas please

15.Posté par defilè national le 14/04/2009 19:27
Jeunes d'Afrique, la civilisation européenne a eu tort de se croire supérieure à celle de vos ancêtres, mais désormais la civilisation européenne vous appartient aussi.

"
Jeunes d'Afrique, ne cédez pas à la tentation de la pureté parce qu'elle est une maladie, une maladie de l'intelligence, et qui est ce qu'il y a de plus dangereux au monde.


Jeunes d'Afrique, ne vous coupez pas de ce qui vous enrichit, ne vous amputez pas d'une part de vous-même. La pureté est un enfermement, la pureté est une intolérance. La pureté est un fantasme qui conduit au fanatisme. "sarkozy

16.Posté par defilè national le 14/04/2009 19:30
Jamais l'homme ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin.


Le problème de l'Afrique et permettez à un ami de l'Afrique de le dire, il est là. Le défi de l'Afrique, c'est d'entrer davantage dans l'histoire. C'est de puiser en elle l'énergie, la force, l'envie, la volonté d'écouter et d'épouser sa propre histoire.


Le problème de l'Afrique, c'est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l'éternel retour, c'est de prendre conscience que l'âge d'or qu'elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas pour la raison qu'il n'a jamais existé.


Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance.


Le problème de l'Afrique, c'est que trop souvent elle juge le présent par rapport à une pureté des origines totalement imaginaire et que personne ne peut espérer ressusciter.


"Le problème de l'Afrique, ce n'est pas de s'inventer un passé plus ou moins mythique pour s'aider à supporter le présent mais de s'inventer un avenir avec des moyens qui lui soient propres.


Le problème de l'Afrique, ce n'est pas de se préparer au retour du malheur, comme si celui-ci devait indéfiniment se répéter, mais de vouloir se donner les moyens de conjurer le malheur, car l'Afrique a le droit au bonheur comme tous les autres continents du monde." sarkozy

17.Posté par defilè national le 14/04/2009 19:32
Ne vous laissez pas, jeunes d'Afrique, voler votre avenir par ceux qui ne savent opposer à l'intolérance que l'intolérance, au racisme que le racisme.


Ne vous laissez pas, jeunes d'Afrique, voler votre avenir par ceux qui veulent vous exproprier d'une histoire qui vous appartient aussi parce qu'elle fut l'histoire douloureuse de vos parents, de vos grands-parents et de vos aïeux.


N'écoutez pas, jeunes d'Afrique, ceux qui veulent faire sortir l'Afrique de l'histoire au nom de la tradition parce qu'une Afrique ou plus rien ne changerait serait de nouveau condamnée à la servitude.


N'écoutez pas, jeunes d'Afrique, ceux qui veulent vous empêcher de prendre votre part dans l'aventure humaine, parce que sans vous, jeunes d'Afrique qui êtes la jeunesse du monde, l'aventure humaine sera moins belle.


N'écoutez pas jeunes d'Afrique, ceux qui veulent vous déraciner, vous priver de votre identité, faire table rase de tout ce qui est africain, de toute la mystique, la religiosité, la sensibilité, la mentalité africaine, parce que pour échanger il faut avoir quelque chose à donner, parce que pour parler aux autres, il faut avoir quelque chose à leur dire. " sarkozy

18.Posté par defilè national le 14/04/2009 19:32
http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/interventions/2007/juillet/allocution_a_l_universite_de_dakar.79184.html

19.Posté par defilè national le 14/04/2009 19:33
et si sarkozy avait raison?

20.Posté par defilè national le 14/04/2009 19:38
nous tous mourid nous devons nous elever et aller rencontrer le marabout gentiment pour lui demander de revenir de cette decision.. c est extrement grave que les jeunes senegalais demain seraient dirigès par les autres africains ..maliens ivoriens gabonais etc........c est triste ....qu'est ce qu'ils vont devenir ? rien ..car le moudou-moudou est dejà fini.....vraiment depuis que j'ai appris la descision je tremble de peur......

21.Posté par mame diara le 14/04/2009 19:41
NDONGOLY le khalife ne interdit pas les science ,il veux une prgramme d'educations speciale a touba

[InitiativeEnseignementTouba

Sous le Ndiguël et la bénédiction de Cheikh Saliou Mbacké, Khalife Général des Mourides, une initiative est prise pour l'élaboration, la mise en place et la gestion d'un système moderne d'enseignement et de formation à Touba, allant du préscolaire au lycée.
La vocation du système proposé est, à la fois, de relever les défis lancés au système éducatif traditionnel par l'évolution du monde moderne tout en préservant les valeurs essentielles enseignées par l'Islam et revivifiées par Le Serviteur du Prophète (PSL) Cheikh Ahmadou Bamba.

2. Contexte et justifications
La création de la ville de Touba par Cheikh A Bamba en 1888, répondait à un désir de son fondateur de bâtir une société basée sur le culte exclusif de Dieu, la quête du savoir et le travail.
L'actuel Khalife, Cheikh Saliou (puisse Dieu lui prêter longue vie), suivant les pas de ses illustres prédécesseurs qui veillèrent à la perpétuation de cette mission, vient de donner son aval et sa bénédiction à cette initiative qui se justifie au regard de quelques éléments d'appréciation qui ont pour noms:
• La nécessité de préserver les valeurs morales et spirituelles de l'Islam transmises par le fondateur de la ville.
• La nécessité de transmettre ces valeurs aux nouvelles générations de musulmans vivant dans la ville ou provenant d'ailleurs, à travers la revitalisation du système d'enseignement existant mais également par la mise en place d’un système modernisé parallèle
• L'exigence de faire de Touba un centre de formation intellectuelle et de perfectionnement spirituel conformément aux vœux exprimés par son fondateur dans Matlabu-l-Fawzayni et dans bien d'autres écrits
• La nécessité de conserver ces valeurs religieuses tout en profitant des nouvelles opportunités offertes par les sciences pratiques en matière d'avancées technologiques, d'organisation, de gestion des affaires de la cité etc.
• Le problème de n'avoir actuellement que le système éducatif occidental classique qui offre des opportunités d'un avenir professionnel exclusivement réservé à ses étudiants.
3. Objectifs de l'initiative
Objectifs généraux:
 Assurer une formation intellectuelle spirituelle et professionnelle aux habitants de la ville de Touba
 Améliorer les conditions et la qualité des études dans les structures existantes d'enseignement et de formation

Objectifs spécifiques
 Mettre en place un dispositif éducatif moderne, prenant en charge les préoccupations spirituelles et religieuses de la ville tout en intégrant les sciences pratiques
 Elaborer un curriculum à même de prendre en charge l’ensemble des besoins en éducation et en formation des habitants de la ville en conformité avec la vision du Fondateur
 Créer des infrastructures d'éducation modernes et conformes aux aspirations des autorités religieuses de la ville
 Mettre en place un dispositif efficace de pilotage pour la gestion du projet
 Revitaliser le système d’enseignement traditionnel existant (daaras coraniques, majalis etc.) à travers une stratégie de subvention et d’assistance fondée principalement sur les ressources propres de la communauté.
• Assurer une assistance aux institutions d’enseignement existantes comme l’Institut Al-Azhar, les établissements scolaires Serigne Cheikh Mbacké, les autres écoles privées de la ville (préscolaire, primaire et secondaire) etc.

4. Stratégie de mise en œuvre
Afin de réaliser ces objectifs, des démarches basées sur une approche participative seront adoptées sur les plans administratif, technique et financier.

A. Sur le plan technique

Un Comité de Pilotage du Projet, composé de compétences et de personnes ressources de la communauté, a été mis en place avec pour charge de procéder et de superviser toutes les diligences nécessaires à la réussite du projet.
Un Comité Scientifique regroupant l’ensemble des techniciens appelés à réfléchir sur les contenus et la gestion technique du projet sera mis en place. Ce Comité sera pour le moment divisé en 2 sections :
• Section 1 appelé à réfléchir sur la revitalisation du système traditionnel mouride et des autres systèmes existants
• Section 2 pour la mise en place d’un système éducatif modernisé

B. Sur le plan administratif

Aux pouvoirs publics dont la mission comprend l’éducation de qualité pour tous les sénégalais, il sera proposé d'implanter des écoles publiques à Touba dans le respect des principes fondateurs de la ville sainte et de ses spécificités religieuses, sur la base d'un document d'entente ou d’un protocole d'accord entre la ville de Touba et l'administration précisant les finalités, les contenus et les modalités de gestion du dispositif à mettre en place afin de garantir sa pérennisation.
Ce document sera conçu et approuvé par le Khalife et proposé à l'appréciation des services de l'éducation nationale.

C. Sur le plan financier

En plus de l'appui financier de l'Etat, des ressources propres de la communauté mouride seront mobilisées. Des démarches seront aussi entreprises auprès des partenaires susceptibles d'apporter des contributions pour assurer le bon fonctionnement du dispositif.

22.Posté par siva le 15/04/2009 01:06
limiter vos commentaire
touba boulniou distop ces histoire de fete on la trouver ici donc on y peut rien on es bien comme ça ne souleve pas de conflit

23.Posté par Ndongoly le 15/04/2009 13:08
je trouve que la décision du calife ou de ses prédécesseurs est inacceptables dans une république et dans un pays a majorité musulmane.
toutes les terres du sénégal appartiennent à l'Etat du Sénégal fussent-ils un titre foncier donc sur cet angle les autorités au plus haut niveau le chef de l'etat a failli à sa mission et à son autorité car nul n'est au dessus de l'etat Nous avons choisi la république comme modéle de gouvernance, d'organisation et d'évolution du pouvoir
alors aucune autorité aucune confrerie n'a pas le droit de fattouwa dans une république
comment peut on comprendre que le calife de touba interdit l'ouverture d'école dit d'enseignement en langue française a touba de peur....si c'est le cas le calife doit aller jusqu'au bout de sa logique en interdissant à tous les talibés mourides de ne pas fréquenter l'école d'enseignement français car je pense que tous les talibé mourides sont les mêmes que soient de touba , kébémer, prokhane, de mbacké etc..
tous les mourides se glorifient de leur "talibé président "abdoulaye wade alors lui c'est un produit de l'école dit d'enseignement français
le prophét Mouhamed salahou anleyi walam avait dit "allait chercher le savoir jusqu'en chine" tout le monde sait que à cette époque la chine n'était pas islamisée
ce même Prophet a reçu de Dieu la première instruction qui était ikhara bismirabica = apprends
pourquoi alors interdir la construction d'un citoyen futur, médecin, docteurs pour guérir les talibés mourides, les ingénieurs agricoles, industriels, astraunomiques pour developper la nourriture, l'industrie, le nucléaire etc...
en conclusion le calife a tord sur toute la ligne et répondra de ces actes devant Dieu car Dieu aime le savoir et a fondé le monde sur le savoir.
le calife de touba non seulement il a tord mais aussi il a commis un grand pêché.Heureusement cette fattouwa n'a pas été respectée par les talibés de touba car chaque jour des centaines d'éléves quittent touba pour aller à mbacké pour suivre les cours d'enseignement français malgré les difficultés de transport, de la chéreté de la vie etc...
wasalam !!!!!!!!!!!!!!

24.Posté par Diatta le 01/03/2010 01:25
Bonjour tout le monde,

je voudrais juste dire que les religions en tout cas celles présentes au Sénégal sont des religions qui nous viennent d'ailleurs. On peut dire ce que l'on veut, l'Islam nous vient des arabes et le christianisme nous viens des européens. Nous négro africains on est divisés par ses religions, aucun de ses prophètes n'est noirs. La traite arabo-islamique nous a fait autant de mal sinon plus que la traite occidentale, personne n'en parle au Sénégal, c'est d'une hypocrisie ou d'une ignorance extraordinaire.
Où sont passés tous ces millions de noirs arrachés à leur terre par les arabes ?
Les européens ont laissé des traces de leur œuvre (noirs américains, antillais etc...)
Il faut arrêter. Les religions ou les pratiques religieuses de nos ancêtres ne sont ni islamiques ni chrétiennes.
Ces religions importées de par leurs doctrines nous ont divisé de sorte que le musulman originaire de kaolack se sent plus proche du musulman d'Indonésie ou d'Arabie que de son frère chrétien qui est originaire de sine et que même pas 200 kms séparent et qui plus est noir comme lui.
Les chrétiens au Sénégal représentent entre 8 et 10%, et je pense qu'a force d'être bousculé finiront par avoir une séparation territoriale sans doute par force ou ils pourront vivre tranquillement.
Les chrétiens écoutent, ne disent rien mais murissent leur réflexion.
Les musulmans pourront à partir de ce moment ériger une république islamique, rester entre musulmans et vivre selon les percepts de l'Islam.
Être plus nombreux ne veut pas dire imposer sa loi.
Vivre ensemble impose le respect des autres même s'ils sont minoritaires.
A bon entendeur, salut.


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