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THEATRE : « LA TRIBU DES GONZESSES » - Une insulte aux cochons

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THEATRE : « LA TRIBU DES GONZESSES » - Une insulte aux cochons
Avant-hier, lundi 26 mai 08 a été donnée en première presse, la pièce de Tierno …. « La tribu des gonzesses » dans la grande salle de la Maison de la Culture. Tierno Monénembo était jusqu’ici connu pour avoir écrit des romans. Il signe avec cette pièce son entrée dans le monde des dramaturges.

Les hommes sont tous des cochons.
Ca, c’est une injure aux cochons

Voila une réplique bien roulée et qui, mise dans la bouche d’une femme, donne le ton à la pièce de Tierno Monénembo puisqu’à coté d’un homme, le cochon a le profil d’un respectable animal. C’est peu dire, de la manière dont ces gonzesses traitent Samba Ngari le représentant du sexe mâle. « La tribu des gonzesses » est ourlée de petites répliques qui valent autant leur pesant de rire que de poils à gratter. Ainsi la petite Kesso (Madeleine Diallo) qui a du mal à trouver sommeil est comparée à un lampadaire. Les Africains vivent si bien en communauté qu’il leurs arrive de tout partager y compris la carte de séjour. Le concours que vient de rater Néné Gallé, la guinéenne (Josephine Zambo) peut s’insérer dans le plan de carrière des nombreux traducteurs, employés des grandes institutions internationales. Elle postulait pour un emploi de Traductrice des traducteurs.

Entre pleurs, rires et niaiseries, la pièce de Tierno Monénembo retrace le vécu d’une bande de copines qui tous les vendredis se réunit dans le salon « parisien » de Eyenga , l’ivoirienne ( Assi Deng Ba) et qui sans le savoir ont en partage Samba Ngari, un coq du village qui a la manie de noter dans son calepin-agenda ses ébats amoureux. Néné Gallé va dérober le carnet et arracher la date du 31 mai pour soustraire de la mémoire collective, sa torride nuit avec Samba Ngari. La tribu des gonzesses a la dent dure, le verbe tantôt cru, tantôt poétique, tantôt pathétique voire franchement rigolard. Mais ce tir groupé contre Samba Ngari dont la photo trône sur les rayons d’une modeste bibliothèque provoque aussi des dégâts collatéraux.

Pour meubler leur fade vie parisienne faite d’esseulement, ces six copines Penda, la sénégalaise qui fait les cent pas sur les trottoirs de Paris ( Ndéye Fatou Ciise), l’Antillaise ( Imaniyé), Okassa ( Khady Sy), Zenzie, qui se promène sans slip ( Yacine Felane Diouf), Néné Gallé, la guinéenne ( Josephine Zambo) et Eyenga , l’ivoirienne ( Assi Dieng Ba) se retrouvent pour s’empiffrer de « plakali », une recette qui réveille leurs souvenirs du pays. Mais, à la place du Gombo, la petite Kesso (Madeleine Diallo), fille de Samba Ngari, confiée à Eyenga s’évertue à mettre de l’aubergine dans le menu. Elle déteste le gombo. De toutes les boissons que Dionysos a offert aux humains, le « Koutoukou », de la gnole et véritable arrache gueule est la meilleure. Elles sont bruyantes, ces gonzesses quand le Koutoukou réchauffe leur cervelle, ce qui attire leur voisine de palier Madame Scarano , connaît tout (Michèle Braun) et pour qui Plakali ou Kaplali, c’est du tout pareil et il faut juste s’assurer qu’il n’est pas cuit avec des vers, de la viande de serpent car on ne sait jamais avec les Africaines. Son mari n’aime pas les négres mais adore les négresses. Ce qui la place au rang des cocufiées et fait qu’elle appartient à la même communauté de destin que les Gonzesses.

Le décor de la pièce dont la mise en scène est cosignée Mamadou Diop, Seyba Traoré et Oumar Ndao est dépouillé : Juste un canapé, trois chaises, une petite bibliothèque, une glace , une machine à coudre et deux tables dont une table bureau. Le canapé devient très vite une commodité vitale, lieu où se font et se défont les complicités au gré des circonstances. Le salon se transforme en un espace de jeu de sentiments où se croisent disputes, rancoeurs, affections, franche camaraderie où les femmes se rendent compte que la fortune qu’elles étaient venue chercher dans l’immigration n’était que mirage et que sans y prendre garde , elles ne sont plus

d’authentiques africaines. La vie parisienne, malgré leur réticence au changement les a bien transformée. Mais derrière les jacassements se joue un drame, celui de la petite Kesso qui apprendra dans le journal, le vrai visage de son père Samba Ngari.

Une avant première comporte bien évidement de petites imperfections qui se corrigent au fil des représentations surtout quand il s’agit d’une troupe composite, regroupant professionnelles et amateurs qui après tout ont su tirer leur épingle du jeu. La troupe Archipel a eu le soutien de l’Ambassade des Etats-Unis d’Amérique et du ministère sénégalais de la Culture, du Patrimoine Historique Classé, des Langues Nationales et de la Francophone.

Source: Sud QUotidien

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Mercredi 28 Mai 2008

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