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TABAGISME CHEZ LES FEMMES: Un phénomène devenu banal

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Aujourd'hui, il est de plus en plus fréquent de voir une femme en public, griller tranquillement une clope sans même se soucier des autres. Plus besoin de se cacher, plus peur des préjugés, les femmes fument en toute liberté sans même se soucier du jugement des autres. Plusieurs raisons sont avancées pour justifier l'usage de la nicotine.



TABAGISME CHEZ LES FEMMES: Un phénomène devenu banal
Le tabagisme chez les femmes est devenu un phénomène à la mode au Sénégal, à Dakar surtout. Jadis, pour fumer, elles se cachaient. Maintenant, il n’est pas rare de voir une femme, cigarettes à la main, même dans la rue. Qu’elles sont les raisons qui les ont poussées à griller leur première cigarette. A. Guèye, jeune fille a bien voulu nous conter son histoire. Assise sur une table, sirotant du jus d’orange, elle se laisse aller en confidences : "C'est depuis le lycée que j'ai commencé à fumer. Nous étions un groupe de quatre filles et toutes mes trois copines fumaient. Au début, je leur faisais la morale, mais un jour j’ai essayé par simple curiosité. Chez moi, dans la douche, loin des regards indiscrets, j’ai allumé une cigarette. Au début cela ne me disait rien mais par la suite, je ne pouvais plus arrêter. J'ai rejoins le groupe des fumeuses.
J'avoue que j'ai été influencée par mes copines". L’une de ses copines de la bande, affirme avoir été influencée par sa propre mère : « J’ai commencé à fumer depuis la classe de troisième. Je vis avec ma maman qui, elle aussi fume. C’est l’une des causes de son divorce avec mon père qui ne pouvait plus supporter de la voir fumer. J’avoue que c’est en voyant ma mère le faire que je me suis dite pourquoi ne pas essayer. C’est ainsi que j’ai commencé à fumer en cachette avec la complicité de notre bonne. C’est elle qui achète la cigarette et la nuit quant tout le monde dort, je fume ». Pourtant, nous dit notre interlocutrice, « une tante ne cessait de dire à ma mère d’arrêter de fumer, devant moi car cela peut m’influencer. Mais ma mère disait toujours que ma fille est libre de mener sa vie comme elle l’entend.
Depuis que j’ai commencé à fumer, je suis devenue plus nerveuse que ma mère. Je suis accro maintenant, dieu seul sait quand je vais cesser de fumer. Parfois, quand je n’ai pas d’argent, je vole les paquets de cigarette de ma mère, qui me soupçonnait sans rien me dire. Elle se contente seulement de dire, celle ou celui qui vole mes cigarettes peut au moins me laisser quelques-unes au lieu de tout emporter ». Penda, elle, une femme, la quarantaine sonnée, a commencé en suivant les conseils d’une collègue. « Je travaille dans un poste de santé de la place.
Comme à la maternité nous sommes en contact permanent avec le sang, j’ai la plupart du temps la nausée. C’est ainsi qu’une collègue m’a conseillé de fumer. Au début, c’était très difficile, mais depuis que j’ai commencé, je n’ai plus de nausées. Maintenant, je suis adepte de la cigarette. Je fume même à la maison. Pourtant, c’était pour évacuer un problème mais aujourd’hui, je suis devenue accro. Presque toutes les copines de mon âge fument. Certaines mauvaises langues nous traitent de vieilles putes », témoigne Penda. Contrairement à ces filles, les femmes que nous avons rencontrées dans un quartier très pauvre de la banlieue de Guédiawaye, soutiennent que c’est à cause de leur métier qu’elles fument. «Je suis prostituée et je vois plusieurs hommes par jour. Une personne lucide ne peut pas le faire. Pour affronter cette réalité, il nous faut de la cigarette et de l’alcool. J’ai commencé à fumer depuis que je suis dans le « maquis ».
C’est une manière pour nous d’affronter les clients pour un peu les impressionner. Avec la cigarette, les gens nous indentifient rapidement», raconte une prostituée. Et une deuxième de dire : « Nous fumons pour pouvoir surmonter les durs assauts des hommes. La cigarette tue nos craintes et le stress ». Dans une maison en baraque, elles sont quatre à louer une chambre commune pour y recevoir des clients de passage. Avec les coupures de courant, elles ont allumé deux bougies pour s’éclairer. Chacune d’elles fume tranquillement sa cigarette en attendant avec impatience qu’un client se pointe pour que les autres libèrent la chambre.

Les jeunes filles y voient un effet de mode !

Dans l’univers scolaire, les jeunes filles ne sont pas épargnées par la nicotine. Beaucoup d’entre elles s’adonnent à la cigarette à l’insu de leurs parents et surtout de leurs professeurs. « Aujourd’hui, la cigarette est un effet de mode. Pratiquement, toutes les célébrités mondiales femmes que j’apprécie fument. Je me suis dit pourquoi pas moi, même si nos réalités sociales ne sont pas les mêmes. J’ai commencé à fumer par le simple fait de voir des célébrités le faire », avance Madjiguène que nous avons trouvée en compagnie de ses copines dans une boutique faisant face à leur établissement. Elles sont au nombre de six. Quelques garçons sont dans le groupe.
Tous fument tranquillement. « Je fume pour avoir de l’inspiration pour le devoir de Mathématiques. Avec deux cigarettes fumées, je peux affronter les devoirs sans avoir peur. On me soupçonne chez moi de fumer. Et mon grand frère ne cesse de me dire que si jamais il me surprend avec de la cigarette, c’est ma mort. Ma grande sœur m’avait une fois prise en flagrant délit et elle me menace de dire cela à mon père si jamais je recommence», souligne une deuxième fille avec la cigarette à la main droite et la bouteille de boisson sur l’autre main. Dans cet univers, la vulgarité est au rendez-vous. Le boutiquier, très sage, derrière son comptoir, regarde les filles avec des yeux grand ouverts.
Une fille fume en dansant, elle a son appareil MP3 collé aux oreilles. Dans la boutique, la radio du boutiquier distillait de la musique Mbalax que certains membres de la bande à Madjiguène écoutent tranquillement avec la cigarette à la main. Il y a toujours deux garçons qui montent la garde devant la boutique pour alerter les autres dès qu’ils voient la silhouette d’un professeur prenant la direction de la boutique. Une autre fille qui vient de faire son entrée, avance : « J’étais dans la voiture garée à côté. Dedans, avec les vitres teintées, c’est plus discret et j’ai fumé tranquillement mes deux cigarettes.
Comme les professeurs fréquentent la boutique, c’est trop risquer de fumer ici, même si nous ne sommes pas dans l’enceinte de l’établissement. En Europe, les filles fument au lycée, je ne vois pas pourquoi on ne laisse pas ici celles qui ont envie de fumer le faire en toute liberté. Au niveau de l’établissement, il y a des enseignantes qui fument durant la pause dans les classes. Et pourtant le règlement intérieur interdit formellement l’usage de la cigarette à l’école», se disent-elles d’un ton révolté.

Les fumeuses, proie des préjugés !

La plupart des femmes qui fument sont mal vues dans notre société. Elles font l’objet de beaucoup de préjugés. « On nous traite de putes au sein de notre établissement parce que notre groupe compte en son sein les plus grandes fumeuses. Les gens parlent de nous et disent toutes sortes de mauvaises choses », raconte une jeune fille. «Personnellement, je ne peux pas concevoir une fille qui fume. Il n’y a que les prostituées qui s’adonnent à la cigarette », avance Motar Diop.

Massaër DIA & Adama M. Coulibaly ( stagiaire)
Source: Le Matin

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Vendredi 1 Juin 2007





1.Posté par Ndiog le 01/06/2007 17:30
Vraiment nice l'article. Mais je tiens à dire à la fille qui pense qu'on fume dans les lycées en europe que maintenant c'est interdit dans tout les lycées coléges.Meme à l'université on fume plus dans les space couvertes.
mais nak kou bote bouki ,athe mbowe laa, té kou nane di lakhou, bo mandéé fégne..........kou néka akh saye droits nak


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