Au début de son mandat, entamé en l’an 2000, le président Wade avait soulevé l’idée de ramener les provinces, qui datent de l’époque coloniale. Il y a quelques mois, il les avait, encore, évoquées. Puisque, « jamais deux sans trois », pendant que le Sénégal s’apprête à commémorer le cinquantième anniversaire de son indépendance, le vieux président est revenu à la charge : « C’est une réflexion que nous avons eu depuis quelques années. J’ai été relancé par beaucoup de personnes qui me reprochent d’avoir abandonné ce projet ».
Les personnes qu’il évoque sont imaginaires. Entre les mots, il avoue son dessein : « Les régions deviendraient des provinces avec des présidents de province, un ministre résident. Le ministre ne se déplace pas pour venir à Dakar sauf s’il est convoqué pour une session », souligne-t-il. Et le chef de l’Etat de poursuivre : « la province est structurée en deux pouvoirs : le pouvoir législatif exercé par une assemblée provinciale, le pouvoir exécutif qui a à sa tête un président et des secrétaires qui font office de ministres provinciaux ».
On se souvient qu’il menaçait d’envoyer à la retraite les gouverneurs. Car, ils ne veut pas d’administrateurs, qui s’en tiennent aux textes. Ce que Wade veut c’est installer ses hommes de confiance à la tête de chaque province, pour qu’il la vassalise. Comme du temps des « Pachas », il veut que tous se précipitent à sa cour. Son projet est monarchique : se faire succéder par son fils. Ce que la République et la décence lui interdisent, il veut l’avoir par le forcing et la ruse. Son projet va encore coûter aux Sénégalais. Wade affiche tant de mépris à l’endroit de la République, qu’il veut des « ministres de province ». Il a banalisé les institutions et tripatouillé, seize fois, la Constitution. Il ne veut plus d’État.
Le président malien Amadou Toumani Touré ne plaisantait pas en l’appelant « empereur ». C’est ce titre qu’il aime bien, mais qui est le seul qui lui manque. Il est devenu président. Ainsi, il poussera ses « ministres de la capitale et ceux des régions à venir se courber devant lui, au pied de sa statue. Mais, il hésite encore à passer à l’acte. Car,« rien n’est décidé. Il s’agit tout simplement de trouver une meilleure formule pour la véritable démocratie », a-t-il souligné. Il sait que les Sénégalais l’ont démasqué et lui ont tourné le dos. À l’extérieur, on ri sous cape à sa vision ou à l’évocation de son nom. Si on le laisse faire, il transformera les militaires en « spahis ». C’est un nostalgique, qui prêche sans convaincre.
Le président Wade ne s’accommode pas de citoyens, mais de sujets. À l’âge de 86 ans, il est devenu gâteux et oublie, en conséquence, qu’on ne nage pas à contre-courant de l’histoire.
La Redaction