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Succession et Héritage: Quels écueils contre ce projet ?

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Comme il n'y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas, à en croire un certain adage, Gorgui et Ngorsi ont fini par se retrouver. Seulement, il faut reconnaître qu'une telle tournure prise par ce film digne d'un oscar, ne man­que pas de donner le tournis à plus d'un observateur de la scène politique sénégalaise. Sans aucun doute, ils ont à leur manière et dans la plus grande discrétion, soldé leurs comptes, mais il n'en demeure pas moins que ce qui les a opposés durant ces trois dernières années, dépasse de loin les querelles de personnes d'une même famille politique. C'était une affaire d'Etat, avec des accusations aussi graves sur la personne d'un ancien Premier ministre du Sénégal sur la gestion des chantiers de Thiès et des fonds politi­ques. Et là, le contribuable sénégalais, n'a-t-il pas le droit de savoir ?



Succession et Héritage: Quels écueils contre ce projet ?
En tout cas, un tel projet de retrouvail­les ne saurait se réaliser comme sur du papier à musique. Même si le terrain passe pour être bien balisé, tout porte à croire que des écueils et non des moindres, ne manqueront pas de gripper la nouvelle machine enclenchée par Wade et Idrissa Seck. Ces écueils, on en trouve aussi bien au sein du Pds qu'au niveau de Rewmi, la formation politique de M. Seck. Que dire de la famille du président Abdoulaye Wade, ses alliés politiques, et l'opposition significative ? Sans oublier la personnalité du revenant, Idrissa Seck lui-même.

Les verrous au sein du PDS

Au sein du Parti démocratique sénégalais (PDS), les faucons sont toujours là. Ces res­ponsables politiques très proches de Me Wade et qui n'ont jamais caché leur hosti­lité vis-à-vis du maire de Thiès vont sans doute reprendre du service. Ce n'est pas pour rien que les entourages respectifs ont été tenus à l'écart par les deux protagonis­tes que sont Wade et Seck. Le meilleur moyen pour ces derniers de prendre de court les ultras.

Il s'agira maintenant, pour ces faucons, de travailler pour faire avorter ce projet de retour de Seck et de sa bande au sein de la famille libérale. Ou bien, mis devant le fait accompli, il ne leur restera qu'à verrouiller à l'intérieur des instances du parti et mener une bataille de tranchées. Comme ils l'ont fait et réussi entre 2002 et 2004. Wade, en prenant la décision de renouer le fil du dia­logue avec Idrissa Seck a, sans aucun doute, lancer un autre défi à Pape Samba Mboup, Farba Senghor, Cheikh Tidiane Sy, Ousmane Ngom, Souleymane Ndéné Ndiaye, pour ne citer que ceux-là. Il suffit de revisiter les sorties médiatiques des uns et des autres pour apprécier, à des degrés divers, le degré d'inimitié entre ces derniers et l'ancien Premier ministre de Wade. Me Ousmane Ngom restera le grand rival de toujours. Celui-là même qu'il avait sup­planté dans le cœur de Wade jusqu'à le contraindre à la démission en 1998 et à la création de sa propre formation politique, le Parti libéral sénégalais (PLS). Me Ngom qui, cinq jours seulement après le départ de Idrissa Seck de la Maison militaire, siège de la Primature, avait crié au crime écono­mique à propos des chantiers de Thiès. «Tout le monde sait qu'à Thiès, on n'a même pas investi 20 milliards, même pas 15 milliards (...). C'est un crime économique et je suis persuadé que le président de la République ne le laissera pas impuni... Personnellement, je me battrai avec tous les patriotes jusqu'à ce que ce scandale et les autres soient éclaircis et que les préva­ricateurs soient châtiés de façon exem­plaire », avait menacé l'actuel ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, Oumane Ngom, dans l'Observateur du 26 avril 2004. Quant à Farba Senghor, il a fallu une injonction du président Wade pour qu'il arrête de taxer publiquement Idrissa Seck de voleur.

Aujourd'hui, à côté de ces faucons, l'actuel président de l'Assemblée nationale, Macky Sall et ses amis ne feront rien pour faciliter un retour d'Idrissa Seck et de ses proches au sein du Pds. Lui qui a commencé à exis­ter politiquement, au sein du parti et sur le plan national, à la faveur de la défenestra­tion de Seck. Premier ministre et numéro deux du Pds, Macky Sall, un second sans ambitions au départ, contrairement à Idrissa Seck, a eu le temps d'asseoir un précarré avec lequel il a réussi à faire réélire Wade le 25 février 2007 et à lui offrir une majorité écrasante au soir des législatives du 3 juin 2007. La guerre entre les deux est tellement feutrée que l'on se souvienne d'une lettre de Idrissa Seck datée du 24 août 2005 et adressée à Macky Sall en ces termes : « A la lecture dans Le Soleil des propos de Macky Sall (qui reste un « frère ») sur les faucons qui ont sauvé le président d'une tentative d'usurpation des fonctions prési­dentielles, même si la lâcheté l'empêche de dire par qui, sur la page Idrissa Seck qui serait tournée (vers où ?, devrait-il se demander), j'ai souri. Est-ce le même Macky Sall qui, au cours d'un dîner à cinq, chez Pape Diop, à l'été 2003, lors de ma démission-reconduction, me suppliait, devant témoins, de pardonner sa trahison que seule la lâcheté lui avait dictée ». Autour du maire de Fatick, toute une équipe s'est échinée, avec des fortunes diverses, à mettre en place une machine libérale capable, non seulement de prendre en charge la vision du président de la République, mais d'assurer avec brio sa réélection. Mieux, le temps est à la refonda­tion et Abdou Fall, le maître d'œuvre doit faire avec la donne Idy qu'il connaît très bien pour l'avoir empêché de tourner en rond à Thiès.

La famille va-t-elle freiner des quatre fers ?

C'est Idrissa Seck lui-même qui l'a affirmé dans son Cd 1. Viviane Wade, l'épouse du président Wade le portait en haute estime. Avec Karim, les relations frisaient même la complicité. Toutes choses qui faisaient que dans la grande famille des Wade, même si d'aucuns nourrissaient certaines craintes face à la toute puissance de Idy auprès de Me Wade. Mais, force est de croire que depuis lors, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. Surtout à la suite des passes d'ar­mes par Cd et presse interposées. Idrissa Seck n'est-il pas allé trop avec son fameux Cd sur Wade pour que le fils Karim lui par­donne ? D'ailleurs, si l'on se réfère au Journal l'As du mardi 31 juillet dernier, tout porte à croire qu'une sortie lui est restée à travers de la gorge. « Que penseriez-vous de quelqu 'un qui traite votre père d'ancien spermatozoïde ? », une question-réponse de Karim Wade dans un entretien avec Cheikh Diallo, repris par l'As.

Ainsi donc, malgré toute la bonne disposition du maire de Thiès à mettre de l'eau dans son vin, rien n'est moins sûr pour que Karim puisse en faire autant. Lui le fils qui a été témoin d'une parenthèse durant laquelle on a cherché à traî­ner son père dans la boue. Surtout que cette tentative de rapproche­ment est arrivée à un moment où il est beaucoup question d'un passage du témoin par Wade à son fils. Pour ne pas dire Karim à qui on prête des ambitions politiques. Quant à Doudou Wade, le neveu du président de la République et par ailleurs Président du Groupe parle­mentaire libéral, il a été au-devant de la scène pour traduire l'ancien Premier ministre Idrissa devant la Haute Cour de Justice.

Que peuvent les alliés politiques et l'opposition ?

C'est pour dire que les obstacles que le maire de Thiès est appelé à surmonter ne proviennent pas que du Pds. Qui ne se souvient pas de la position affichée par Idrissa Seck à un moment où il était beaucoup question de retrouvailles entre Wade et Djibo Kâ. Car pour Idy, il n'était pas question de diriger un gouvernement dont DLK serait membre. En d'autres termes, le président devait choisir entre son numéro deux d'alors et le leader de l'Urd. C'est ce qui a, dans une certaine mesure, retardé l'entrée du numéro Un des rénova­teurs dans le gouvernement.

Aujourd'hui, parmi les principaux alliés politiques de Wade, figure en bonne place Djibo Leyti Kâ de l'Union pour le renouveau démo­cratique (URD). Et Wade sera-t-il obligé d'opérer encore un choix qui pencherait vers son ancien fils spirituel ? Ou bien, comme DLK a trouvé plus fort que lui dans la « tortuosité » en la personne de Idy, un change­ment de fusil d'épaule n'est pas à écarter. Quant à l'oppo­sition dite significative qui a partagé jusqu'à récemment le Front Siggil Sénégal avec Idrissa Seck, elle se retrouve une nouvelle fois bernée. Et dans la stratégie de Me Wade, tous les moyens sont bons pour la marginaliser davan­tage en lui retirant l'opposant qui est sorti second à la dernière prési­dentielle. Mais, forte de tout cela, cette opposition

Qui s'y frotte s'y pique

Et si c'était la personnalité de Idrissa Seck himself qui pose pro­blème ? On se rappelle d'une sortie de Me Wade qui disait que : « quand Idy aura réglé définitivement ses problèmes avec la justice, quand il aura un certificat comme quoi il n'est plus poursuivi, à ce moment, s'il le désir, il peut demander à reve­nir (...) ». A travers ses propos de Wade, l'on peut en déduire que le Président de « Rewmi » n'est pas blanc comme neige. S'y ajoute qu'il passe aujourd'hui, aux yeux de la classe politique et d'une bonne par­tie des Sénégalais comme le cham­pion de la « tortuosité » et des pirouettes. En résumé, un person­nage controversé.


Par MandiayeTHIOBANE
Source: Nouvel Horizon

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Lundi 6 Août 2007

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