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Succession et Héritage - Et si c’était IDY: Pourquoi Idy ?

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Avant même que Abdoulaye Wade ne prête serment le 1er avril 2000, la question que tout le monde se posait, était de savoir quand il allait quitter le pouvoir. Certains épiloguaient sur sa santé, d'autres sur sa capacité à conserver le pouvoir face à des électeurs impatients de voir ici et mainte­nant, les promesses de Wade se réaliser. Aussi bien dans son propre camp que dans l'opposition qui s'est constituée progressi­vement, à force de ruptures et de retourne­ments, personne n'a ignoré la question de la succession de Wade. Sept ans plus tard, l'enjeu de la succession de Wade demeure. Qui prendra la place de Wade au palais si celui-ci devrait le quitter pour quelques rai­sons que ce soit ?



Succession et Héritage -  Et si c’était IDY: Pourquoi Idy ?
On prête à Djibo Leïty Ka d'avoir déclaré ou cultivé en son fort intérieur l'ambition de devenir le quatrième président de la République du Sénégal après Senghor, Diouf et Wade. A-t-il encore des chances dans une élection présidentielle ?

On a accusé Idrissa Seck d'avoir comploté pour le devenir et, mieux ou pire, d'avoir caché un message secret dans le slogan 4-4-44 créé pour la fête de l'indépendance qui devait se tenir à Thiès le 4 avril 2004, et compris comme symbolisant le 4 avril, jour anniversaire des 44 ans d'indépendance. Ce supposé message codé signifiait, selon les détracteurs du maire de Thiès que ce jour-là, Seck deviendrait à 44 ans le quatrième président du Sénégal. Sauf qu'en 2004, Seck était âgé de 45 ans.

En dehors de la prétention de Ka, l'ambition de Seck qui est la plus ouverte et la plus ferme. Ce qui lui a valu ses déboires depuis son limogeage de la Primature en avril 2004. Aussi, l'épisode de la fête de l'indépendance d'avril 2004 tourné, Seck se retrouva dans la tourmente de l'affaire des chantiers de Thiès. Il diffusa ses confidences particulièrement diffamantes pour Wade. Il fit la prison. En sortit libéré, puis s'exila. Revenu pour la présidentielle, il rencontra moult problèmes pour y prendre part. Réhabilité par Wade, il s'engage dans la campagne pour l'élection présidentielle fort de ce blanchiment très cavalier décidé par le président de la République après une rencontre (le 22 janvier 2007) ressemblant fort au baiser du serpent. En haussant le ton après la présidentielle, Wade l'obligea à prendre ses distances et à garder le silence, laissant à ses hommes le soin de tenir la maison. Mieux, Seck choisit de suivre ses « alliés » de Siggil Sénégal qui décident le boycott des Législatives. Après l'attaque directe de Wade contre Seck, Niasse, Tanor et Dansokho, le 1er mars 2007, jour de la proclamation provisoire des résultats de la présidentielle, Seck est le seul à ne pas réa­gir devant l'accusation portée contre lui de détenir dans un compte trust à New York une fortune évaluée de 40 milliards de francs CFA. Un silence que d'ailleurs, la direction de REWMI n'a pas su décrypter. Elle continua à ferrailler avec Me Wade et le PDS dans des séries d'escarmouches. Celle-ci était apparemment tenue dans l'ignorance totale des jeux de couloir du second trimestre 2007.

L'annonce de retrouvailles prochaines entre les deux hommes participe de la logique bien wadienne : une séparation annonce des retrouvailles. Et les euphories sentimenta­les sont toujours éphémères. Comme deux amants terribles, les ruptures sont aussi vio­lentes que les retrouvailles sont fusionnel-les, chaleureuses et, bien sûr, ... surprenan­tes. Qui s'y mêle dans ce tango frénétique où les corps s'enlacent, se repoussent, se frôlent, s'évaluent, le fera à ses dépens. C'est actuellement la posture des princi­paux hommes qui entourent le président Wade : ils regardent faire. Alors que REWMI s'excite en provoquant un congrès extraordinaire pour donner un semblant de légitimité à des retrouvailles qui échappent à l'évidence à leur compréhension. Dans le camp présidentiel, informés, les principaux leaders ont donné sans grand enthousiasme leur accord à des retrouvailles entre le pré­sident et son ancien Premier ministre. En attendant de voir comment Wade va s'y prendre pour conforter tout cela au plan politique au sein du PDS, mais aussi dans l'intégration de l'ancien numéro deux dans le nouveau parti présidentiel.

Ils devraient dans les deux camps, pour avoir cheminé sous l'ombre des deux hom­mes, savoir mieux que quiconque que Wade se retrouve en Idrissa Seck. En qualité comme en défaut. Le fondateur du PDS est bluffé par ses audaces et son machiavé­lisme. Il se pâme devant son art oratoire, le talent à cacher derrière les mots les arguments qui lui permettront demain de retour­ner casaque sans souffrir de parjure. Ce que Wade considère avec euphémisme comme de la nuance. Alors, le retour de Seck dans la maison du père ainsi qu'il est annoncé, entre donc dans l'ordre normal des rela­tions entre les deux hommes. Ils ne peuvent se quitter bien qu'ils ont du mal à cohabiter. Wade est boulimique. Seck l'est aussi. Wade pense vivre éternellement. Idy est impatient de prendre la place du père.

Pourquoi le casting n'a pas abouti à la réa­lisation du scénario idéal : Wade président pendant deux mandats et Idrissa Seck qui lui succède ? Cela aurait pu advenir sans les ambitions et la boulimie de l'un et l'autre en plus de l'impatience du second.

Pourquoi des retrouvailles alors qu'ils ont fini de faire le tour de tout ce qui ne peut marcher dans le couple ? Là, c'est chez Wade qu'il faut chercher les raisons. Il lui pèse de voir le temps filer et souffre de voir les autres s'aiguiser les crocs alors qu'il veut avaler goulûment, jusqu'à son dernier souffle, les effluves revigorantes du pou­voir. Un vieux lion finissant qui voit les jeunes se préparer à lui enlever les atours qui font le pouvoir, qui devine les envies de « tuer » le roi que ses forces quittent, voilà la situation cruelle dans laquelle il se situe actuellement. On n'a pas besoin de décryp­ter les règles de la jungle pour sentir tout le drame qui va rythmer le second mandat de Wade.


Si l'on ne veut pas voir revenir demain le jeune lion fougueux chassé hier, pour non seulement étriper le vieux mâle décati et prendre la tête du clan et pourquoi pas chas­ser ou « tuer » les jeunes lionceaux pour ne pas voir un rival émerger et lui tenir tête, et que l'on n'est pas dans la savane mais en politique, on négocie. C'est la raison fonda­mentale de ce rabibochage d'amoureux pleins de haine. L'adrénaline coule en effet à flots dans les veines des protagonistes de ce jeu de dupes.

In fine, Wade a-t-il fait le choix de son successeur en la personne de Idrissa Seck ? Dans ces retrouvailles surprenantes, on peut y lire une capitulation du président de la République devant celui qui a affirmé avec le plus de détermination, sa volonté de lui succéder. Il n'en est rien. Wade mesure sans doute que dans son propre camp, faire accepter le retour de Seck n'est pas simple, a fortiori l'imposer comme dauphin relève de la mission impossible. Il mesure déjà les dégâts futurs. Personne n'acceptera que Seck revienne lui marcher sur le ventre, le traiter en moins que rien, l'humilier ou lui imposer un bannissement ou des quarantai­nes. Wade n'a pas tout dit de ses intentions véritables, des raisons qui l'ont poussé à se réconcilier avec Idrissa Seck. Ce dernier non plus. Mais les deux savent bien que « si quelqu'un te trahit une fois, c'est sa faute. Et que s'il te trahit deux fois, c'est ta faute ». Alors, aucun des deux ne manquera de vigilance dans ce poker menteur où cha­que joueur avec une carte dans sa manche. En tout cas, en rassemblant dans un parti tous « ses fils » et ses alliés, Wade va constituer un formidable pool d'ambitions. S'il réussit le pari de fonder ce parti, et de ne pas imposer aucun candidat à sa succes­sion, il se peut qu'il parvienne à ne plus être le seul qui reçoit les coups et qu'il mette hors des enjeux de successions ses proches. Mieux, il parviendrait à faire comme Houphouët selon l'analyse d'un observa­teur qui a préféré ne pas choisir entre tous ceux qui rêvaient de lui succéder. Mais mettra-t-il le pied à l'étrier à l'un d'entre eux en ramenant le fameux article 35 de la constitution qui avait permis à Diouf de finir le mandat de Senghor entre 1981 et 1983. Seck est-il celui que Wade va donner le petit plus pour sa succession parce qu'il est le plus sûr à sauvegarder l'héritage et à ne pas remuer les « affaires » pour l'avoir déjà fait ? Pour l'heure, il est celui qui a l'envergure et la tortuosité à géométrie variable la plus rodée.

Par Issa SALL
Source: Nouvel Horizon

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Lundi 6 Août 2007





1.Posté par xyz le 06/08/2007 14:33
Belle Analyse !

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