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Sommet de l'Union Africaine : Les ‘gradualistes’ remportent une bataille

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Les partisans des Etats-Unis d’Afrique voulaient que le sommet d’Accra mette au point un calendrier précis pour la création d’un gouvernement africain. Leur projet a finalement été contré à Accra par les pays les plus prudents, les défenseurs d’une avance progressive vers l’union politique. Ces ‘gradualistes’ gagnent une bataille et un peu de temps, mais le débat n’est pas tranché : il s’est d’ores et déjà invité au prochain sommet, à Addis-Abeba, en janvier 2008.



Sommet de l'Union Africaine : Les ‘gradualistes’ remportent une bataille
Cela faisait six mois que ce sommet avait été annoncé comme celui du ‘grand débat sur le gouvernement de l’Union’. Personne n’imaginait à vrai dire jusqu’à quel point ce débat allait monopoliser l’attention des chefs d’Etat… Accra restera le sommet où deux conceptions de l’avenir institutionnel de l’Afrique se sont affrontées : les gradualistes (comprenez les prudents) emmenés par les pays d’Afrique australe, et ceux qui voulaient les Etats-Unis d’Afrique tout de suite, derrière le Sénégal et la Libye. ‘Ce sera un combat d’éléphants qui ne débouchera sur rien’, pronostiquait - très lucide - un ministre avant même l’ouverture du sommet. Dès les travaux préparatoires, certains diplomates sont nerveux. ‘Un affrontement entre le colonel Khadafi et Thabo Mbéki peut être dangereux pour l’organisation’, affirme alors l’entourage d’Alpha Oumar Konaré, le président de la commission de l’Ua.
L’inquiétude est également manifeste dans de nombreuses délégations, où l’on redoute les conséquences des débordements de langage du numéro un libyen.

Premier soulagement : il n’y a pas de choc lors de la cérémonie d’ouverture, boudée par le colonel Khadafi. Et le premier jour du sommet est consacré à de toutes autres questions : les chefs d’Etat et de gouvernement se retrouvent dans un premier temps pour parler du Nepad, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique, et du Maep, le Mécanisme africain d’évaluation par les pairs. Un Nepad vivement critiqué par Abdoulaye Wade: ‘Ayez l’honnêteté de reconnaître que c’est une coquille vide’, lance alors le président sénégalais qui a fait part de sa frustration devant l’échec de ce projet.

La discussion sur les Etats-Unis d’Afrique n’a véritablement commencé que le lendemain, lundi 2 juillet, par une trentaine d’interventions. Pas vraiment de débat, mais une longue série de prises de parole qui a permis aux deux camps de se compter. Le président gabonais, Omar Bongo cherche alors à rassurer les sceptiques : ‘La mise en place d’un gouvernement de l’Afrique, déclare à ses pairs le doyen des chefs d’Etat, ne signifie nullement la fin des souverainetés nationales’. Selon Omar Bongo, le gouvernement de l’Union ne prendra en charge que les tâches que les Etats membres pourront mieux accomplir ‘ensemble que séparés’. Le Nigerian Yar’Adua et l’Ougandais Museveni plaident de leur côté la cause des communautés économiques régionales dont il faut, selon eux, renforcer les pouvoirs. Les échanges reprennent le mardi 3 avec une heure de retard, permettant aux uns et aux autres de discrètes négociations. ‘Ils se rencontrent dans les villas et dans les salons pour trouver une solution’, confie alors un diplomate africain. Le vrai débat a lieu en dehors de la plénière.

Après une nouvelle série de prises de position, l’atmosphère se dégrade mardi en fin de journée. L’affluence dans le salon réservé aux ministres et aux chefs d’Etat est alors révélatrice. A voix basse, les délégués assis dans de profonds fauteuils de cuir multiplient les conciliabules. On voit ainsi le président sénégalais Abdoulaye Wade, une feuille à la main, en grande discussion avec le colonel Khadafi. A la tombée de la nuit, les échanges se font de plus en plus vifs. Notamment entre le président sénégalais et le sud-africain. A ce moment-là, les chefs d’Etat et de gouvernement sont toujours derrière les portes massives du huis clos. Les échanges ont tellement tardé que certaines délégations partent en avance à l’aéroport pour permettre un départ plus rapide dès la fin des travaux. Difficile, en effet, de trouver un texte de compromis. Le comité de rédaction qui a travaillé dans l’après-midi présente d’abord une synthèse des discours prononcés. Certains pays membres protestent : selon eux, ce texte renvoie dos à dos les deux camps, sans dire lequel est majoritaire. Puis une autre critique est soulevée : des chefs d’Etat regrettent qu’on leur présente un résumé de ce qui a été dit et pas une déclaration politique de compromis… Le comité doit donc revoir sa copie.

Vers 22 heures, le colonel Khadafi quitte la salle. Il sait sans doute que la bataille est perdue. Imperturbable, assis dans son fauteuil, Thabo Mbeki peut savourer sa victoire : le texte lu à la presse par l’hôte du sommet, le président Kufuor du Ghana, a finalement décidé… de ne rien décider de neuf. ‘La montagne a accouché d’une souris !’, lâche à la fin des débats un délégué hostile aux Etats-Unis d’Afrique. Comme souvent dans la diplomatie africaine, pour masquer des divergences trop profondes et l’impossibilité d’un compromis, on a mis en place un groupe d’experts qui devra rendre compte au prochain sommet, à Addis-Abeba, en janvier 2008. La déclaration d’Accra est un tour de passe-passe politique : elle crée une impression de mouvement pour cacher un véritable blocage. Les ‘gradualistes’ ont simplement réussi à gagner du temps.

Le guide libyen n’avait pourtant pas ménagé ses efforts pour tenter d’obtenir gain de cause. Il a mis en scène son arrivée au sommet en faisant escale dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Pour Muhammar Kadhafi, ce sont les populations africaines qui doivent impulser le changement, mais le guide n’a pas oublié de donner des conseils ‘amicaux’ à ses pairs. ‘Le président est stressé en raison des pressions du guide’, confiait lundi un diplomate dans le sillage d’un chef d’Etat nerveux…

L’absence de décision sur le gouvernement africain est un échec pour les Sénégalais, très volontaires sur le dossier. C’est surtout un échec pour le guide et sa diplomatie d’influence sur le continent. Plusieurs grands pays ont fait barrage à ses projets : Afrique du Sud, Nigeria, Kenya, Ouganda, Ethiopie… Mais des Etats de moindre importance ont également réussi à résister aux pressions libyennes. Les Etats-Unis d’Afrique, ‘c’est une bonne idée, défendue par un mauvais avocat’, affirmait dès le début du sommet un délégué.

Source: Walfadji

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Jeudi 5 Juillet 2007

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