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SEYDOU GUEYE PORTE LA REPLIQUE AUX LIBERAUX : «Plutôt que de parler de vices de procédure, qu'ils aillent répondre de leurs propres vices»

Les sorties musclées des libéraux, qui se sont intensifiées - après que le Procureur spécial près la Cour de répression de l'enrichissement illicite (Crei) a saisi l'Assemblée nationale pour demander la levée de l'immunité des trois députés qui sont dans son viseur - ont poussé Seydou Guèye à monter au créneau. Dans l'entretien qu'il nous a accordé, le Secrétaire général du gouvernement et porte-parole de l'Alliance pour la République (Apr) réplique d’une façon cinglante à Oumar Sarr et ses «frères». «Plutôt que de parler de vices de procédure, qu'ils aillent répondre de leurs propres vices», assène-t-il. M. Guèye se prononce également sur d'autres questions d'actualité.



SEYDOU GUEYE PORTE LA REPLIQUE AUX LIBERAUX : «Plutôt que de parler de vices de procédure, qu'ils aillent répondre de leurs propres vices»
L'affaire de la traque des biens mal acquis a connu un nouveau tournant avec la saisine de l'Assemblée nationale par le Procureur spécial près la Crei pour la levée de l'immunité parlementaire de trois députés incriminés. Que pensez-vous de ce nouveau développement ?

Ce que j'en pense, c'est que d'abord, avec l'adoption des différents textes, le Code de transparence qui devient une sorte d'additif à la réglementation en matière budgétaire, avec l'adoption de l'Office national de lutte contre la corruption (Ofnac), nous sommes à une étape supplémentaire de la mise en oeuvre des outils de la bonne gouvernance et des outils qui permettent aux Sénégalais de pouvoir, de plus en plus, faire confiance au président de la République, Macky Sall. Puisque-là, il donne un débouché institutionnel à leur demande lancinant d'une bonne justice, d'une société de vertu et d'une société de transparence. Maintenant, s'agissant du dernier développement de la traque des biens mal acquis, avec la demande de levée de l'immunité parlementaire de trois députés, je voudrais signaler que ce n'est pas le Pds qui s'oppose à cela en bloc, ce sont des personnes qui refusent d'assumer leurs responsabilités, c'est-à-dire de se présenter à l'appel de la justice de notre
pays. Et elles ont usé, jusqu'ici, d'une stratégie qui ne trompe personne. C'est une stratégie d'obstruction et une stratégie de vociférations. Et je trouve, quand même, très curieux, que les personnes visées veuillent se donner le choix de la juridiction qui doit les juger. Leur préférence va pour la Haute Cour de justice, alors que, ce dont il s'agit, c'est une affaire d'enrichissement illicite. Il ne s'agit aucunement pas de fautes ou de crimes ou de délits commis dans l'exercice de leurs attributions de ministres. Mais la garantie qu'on leur donne est qu'il n'y aura pas des vices de procédure. Parce que la procédure, tous les magistrats la respecteront et l'appliqueront. C'est la première garantie des droits de la défense. Nous avons un système judiciaire suffisamment performant qui ne va pas s'amuser à torpiller la procédure. Ce sont les hommes politiques qui torpillent les procédures, comme eux, ils l'ont fait par le passé. Ils veulent donner un caractère foncièrement politique à une affaire qui est une affaire de justice et de bonne vertu. Leur préférence pour la Haute Cour de justice, en lieu et place de la Crei, montre à suffisance leur obsession à faire de cette affaire une affaire politicienne. Parce qu'en vérité, la Haute Cour de justice est composée de députés. Ils voudraient utiliser cela pour dire qu'ils ont été jugés politiquement. Les soupçons qui pèsent sur eux n'ont rien à voir avec les activités ministérielles, parce qu'aucun ministre n'a pour mission de s'enrichir de façon illicite.

Mais les libéraux estiment que le Procureur Alioune Ndao n'est pas habilité à saisir l'Assemblée nationale pour demander la levée de l'immunité parlementaire d'un député...

Non. Ils veulent prolonger le cycle de l'impunité. Ils cherchent des paravents. Aujourd'hui, il est établi, de manière claire, que le Pds est fissuré. D'un côté, il y a des gens qui veulent prendre le parapluie du Pds pour s'abriter et continuer à bénéficier de l'impunité, et de l'autre, ceux qui sont plus nombreux que ces personnes et qui refusent que leur parti soit instrumentalisé dans un jeu de protection individuelle. C'est le premier niveau de problème. Deuxième niveau de problème, le Procureur spécial agit dans le cadre de la Cour de répression de l'enrichissement illicite. De mon point de vue, il est bien fondé à demander la levée de l'immunité parlementaire. Notre Assemblée nationale fonctionne sur une session unique jusqu'au mois de juin. Donc, si on ne lève pas l'immunité de ces personnes visées, il ne peut pas y avoir d'action de justice. Et ne pas faire agir la justice, c'est garantir l'impunité. Le Procureur spécial a agi, sous le couvert du ministre de la Justice, qui est l'autorité politique compétente en la matière. Donc, ils veulent se draper du paravent de la procédure, en sortant des arguties et des arguments spécieux, mais ils n'ont pas raison. Ce sont des hommes qui ont refusé de répondre à l'appel de la justice. Nous ne sommes pas en phase de jugement, nous sommes en phase d'enquête. Je pense que le Procureur spécial agit en tant qu'officier de police judiciaire. Et les actes qui sont visés sont loin des responsabilités ministérielles. Plutôt que de parler de vices de procédure, qu'ils aillent répondre de leurs propres vices.

Quel commentaire faites-vous de la décision des trois députés incriminés de ne pas déférer devant la Commission ad hoc chargée de statuer sur la demande de levée de leur immunité ?

Mais, conformément à la procédure prévue par l'Assemblée nationale, cette présence n'est pas impérative. Leur absence ne gênera, absolument pas, le déroulement de la procédure. La Commission en tirera les conséquences. Ils n'ont qu'à assumer leurs responsabilités. Ce qu'ils perdent de vue, c'est que la gouvernance de Macky Sall est soumise à une surveillance citoyenne. A telle enseigne que, personne ne s'amusera à torpiller les institutions, comme ils l'ont fait par le passé. Nous ne serons jamais comme eux, en excluant des députés de l'Assemblée nationale, en instrumentalisant les institutions. En vérité, ce qui les déstabilise, c'est cette nette séparation qu'il y a entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir exécutif dans les affaires qui sont agitées. Ils n'ont pas cette habitude. C'est ça qui les déstabilise. Ils voudraient faire croire que nous sommes en train de leur faire un procès politique. Ce dont il s'agit, c'est de l'enrichissement illicite.

Ils s'insurgent également contre ce qu'ils considèrent comme une liste sélective dressée par le Procureur spécial...

Mais ça, c'est comme on dit en Wolof : «Du man rek». C'est comme si vous preniez un voleur et qu'il vous dise : «Avant de me juger, allez prendre les personnes qui ont volé, hier soir». Non ! Il est question de personnes qui ont exercé des responsabilités dans le pays, de personnes qui sont soupçonnées d'enrichissement illicite. Au lieu de perdre leur temps à chercher d'autres tribunes, la meilleure tribune qui peut leur être offerte, c'est celle de se présenter devant le Procureur et de justifier leur fortune. Nous avons fait le choix d'aller jusqu'au bout en matière de transparence et de traque des biens mal acquis. Puisque l'objectif fondamental n'est pas de les mettre en prison, l'objectif est qu'ils puissent rendre gorge. Maintenant, d'un point de vue éthique, ils sont tenus par cette obligation de rendre compte. Ils peuvent déchanter, l'Etat continuera sa mission de construire une société de justice, de mettre en oeuvre une gouvernance vertueuse et transparente et de défendre
les intérêts des populations. Là où par le passé, ils ont torpillé et pillé l'économie du pays. L'élection de Macky Sall doit constituer une date repère qui doit inaugurer dans notre pays une nouvelle ère de gouvernance. L'objectif que nous avons, c'est de vaincre les vices. La détermination du gouvernement est inébranlable.

Que vous inspire l'affaire Alioune Aïdara Sylla qui défraie actuellement la chronique dans le pays ?

C'est encore un indice qui montre que notre pays était soumis, sur la dernière période, à une logique de gang et de partage des richesses publiques, au profit de copains et de copines.

D'aucuns estiment que l'ex-Président Wade doit être poursuivi dans cette affaire, pour avoir été mouillé par Aïdara Sylla...

La justice qui est en train de faire des investigations en décidera en tenant compte de son statut d'ancien chef d'Etat et des procédures qui devraient lui être appliquées, si elle retenait de l'entendre sur cette affaire.

Est-ce que cette affaire vous a surpris ?

Je pense qu'il y aura d'autres affaires de ce genre. Puisque, ce qui a caractérisé la gestion passée, c'est trois choses, essentiellement : la logique de l'argent, la logique de la violence et la logique de l'impunité. Nous avons mis fin à l'impunité, et nous voulons clarifier les rapports entre l'argent et les politiques. Nous sortons d'une époque marquée par des logiques à la limite maffieuses. La mission du chef de l'Etat est de normaliser le Sénégal, d'en faire un pays où les ressources sont utilisées au profit des Sénégalais. Nous voulons sortir de l'ère de l'accaparement et de l'ère de l'enrichissement illicite. Nous travaillons pour le triomphe de la justice, de la transparence et de la bonne gouvernance.

Un homme d'une trentaine d'années a succombé à ses brûlures, après s'être immolé par le feu devant le Palais. Un acte que des Sénégalais ont interprété comme un signe de désespoir, alors que Macky Sall n'a même pas encore fait un an à la tête du pays...

Je ne pense pas que ce soit un signe de désespoir. Vous savez, il y a toujours le mimétisme qui fonctionne dans notre société. Mais il faut prendre cela comme une alerte après avoir regretté qu'un compatriote en arrive à s'immoler. Cela ne me semble pas, comme par le passé, une bonne attitude pour s'exprimer. Je pense qu'aujourd'hui, nous devons tous redoubler d'efforts pour accélérer le rythme et essayer d'avoir une couverture encore plus large en termes de cibles telles que définies par le programme «Yoonu yokkuté» : la jeunesse, les femmes, le monde rural. Il faut accélérer le rythme pour soutenir les réformes qui permettront aux Sénégalais d'entrer de plain-pied dans le développement par les différents transferts qui vont arriver dans leurs foyers, dans leurs poches et dans leurs conditions au quotidien.

Le “Rewmi” accuse des responsables de l'Apr de vouloir le déstabiliser à Thiès, avec des débauchages tous azimuts. Qu'en est-il réellement ?

En matière d'alliance, l'Apr est un partenaire loyal. Mais, il faut qu'on accepte un fait : dans nos traditions, il y a toujours un mouvement de flux et de reflux dans les partis. Et ce qu'on peut constater de 1960 à aujourd'hui, c'est qu'il y a des flux dont bénéficie le parti présidentiel. Quand un parti est au pouvoir, il devient attractif et il est l'objet d'une massification. Souvent, on dit que c'est de la transhumance. Mais le même mouvement qui nous vient de l'opposition, par de nouveaux militants qui veulent intégrer l'Apr, ce même mouvement se constate au niveau de notre propre plateforme de partenaires. Il y a chez les partenaires, des jeunes et des femmes qui, à un moment, veulent rejoindre l'Apr. Cela peut poser, quand même, quelques difficultés pour le parti de provenance, et surtout fragiliser un peu les relations que nous avons. Mais, l'Apr est un parti loyal qui ne cherche pas à déstabiliser ses partenaires. Elle cherche plutôt à consolider la plateforme partenariale.

POP Propos recueillis par Barka Isma BA

Mercredi 9 Janvier 2013



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