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SERIE D’AGRESSIONS AUX PARCELLES ASSAINIES ET AU NIGTH–CLUB «LE SAHEL»: Le chef de la bande et son bras droit écopent de 15 ans de travaux forcés

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Fortunes diverses pour Kadiécko Erick Basse et Cie. La Cour d’Assises a condamné Erick, présenté comme le chef de la bande, à 15 ans de travaux forcés, de même que son bras droit Lamine Sané. Les autres membres de la bande ont écopé de huit ans.



La mayonnaise n’a pas pris pour Erick et sa bande qui, hier, ont voulu maquiller les faits en présentant l’attaque perpétrée contre d’honnêtes citoyens à la sortie du Night-Club «Le Sahel» comme une expédition punitive destinée à solder des comptes avec une bande rivale. La Cour a éventé le système de dénégation choisi comme moyen de défense par les accusés. Des faits qui remontent au 9 juin 2002, au moment de la chevauchée mémorable des Lions du Sénégal en Coupe du monde. L’euphorie règne partout au Sénégal après la victoire sur la France. C’est le moment choisi par Kadiécko Erick Basse et sa bande pour sévir d’abord aux Parcelles Assainies, puis aux abords de la boîte de nuit «Le Sahel». En effet, ce jour-là, alors que la nuit venait de tomber sur Dakar, la bande, au nombre de quatre, réquisitionne deux taxis aux Parcelles Assainies après avoir peaufiné un plan dans la cour de l’école élémentaire de l’Unité 11 des Parcelles Assainies, devenue leur repaire. Dans le premier, s’installent leurs copines Maïmouna Sy, Ngoné Ngom, Aminata Camara et Ndèye Astou Fall, alors que dans le second prennent place Kadiécko Erick Basse, Khadim Kounta, Mame Mbaye Ndiaye et Moussa Diop alias Lamine Sané. Les quatre hommes cachent dans leurs habits des armes blanches –gourdin, coupe-coupe et couteau– alors qu’Erick Basse, en véritable chef, dissimule un pistolet de marque «Erma Werke» de calibre 6,35 mm chargé de cinq balles, dans sa ceinture. À 22 heures, au moment où dans le Night-Club, plein comme un œuf, les mélomanes et autres sportifs qui n’ont pas encore fini de fêter la victoire des Lions rivalisent d’ardeur sur la piste, les quatre malfaiteurs s’installent non loin du dancing attendant la fin de la soirée. Une heure plus tard, les portes s’ouvrent, libérant un flot de mélomanes. Tous ignorent que la fin de la soirée va être cauchemardesque. Au signal donné par le chef de la bande, les malfaiteurs sortent de l’obscurité comme l’a raconté, hier, à la barre Mame Mbaye Ndiaye. «Vers 23 heures, au moment où la foule sortait de la boîte de nuit, Erick a donné le signal. Nous avons attaqué un individu que nous avons battu à coups de gourdin avant de le dépouiller.» Alertée par les cris de la victime, la foule se lance à la poursuite des malfaiteurs qui, malheureusement, dans leur fuite, empruntent une impasse. Trois membres de la bande sont ainsi arrêtés, puis lynchés pendant qu’Erick, pour ne pas subir le même sort, dégaine son arme et tire trois coups de feu atteignant à la cheville une passante du nom de Seynabou Badji. Les trois malfaiteurs lynchés et laissés pour mort sont évacués à l’hôpital Abass Ndao où des policiers du commissariat de Médina ont été dépêchés pour y monter la garde.

Le cerveau «vendu» par ses complices

L’enquête confiée au commissariat central de Dakar aboutit à l’interpellation de Kadiécko Erick Basse dénoncé par les autres membres de la bande. Quant aux filles poursuivies pour non-dénonciation, elles sont envoyées devant le tribunal correctionnel à l’exception de Maïmouna Sy, mineure au moment des faits, elle est envoyée devant le tribunal pour enfants. Hier, après sept années passées en détention, les accusés qui avaient reconnu les faits à l’enquête préliminaire avant de varier sensiblement devant le magistrat- instructeur ont adopté la dénégation comme système de défense. Hélas, ils ont été enfoncés par les parties civiles qui, sans hésiter, les ont reconnus. L’avocat général, au cours de ses réquisitions, a mis la Cour en garde. «Soit vous sévissez contre ces malfaiteurs qui ne vont pas s’amender, soit la justice populaire, avec toutes les dérives, va se substituer à vous.» Et l’avocat général de s’attarder sur le cas de Kadiécko Erick Basse. «Même en prison, il ne fréquente personne. Il a, depuis le bas âge, commencé à agresser. C’est quelqu’un qui n’est pas capable de s’amender.» Il a ensuite demandé à la Cour de condamner Erick Basse et ses complices aux travaux forcés à perpétuité. Des réquisitions battues en brèche par les avocats de la défense qui ont eu, en un moment donné, des mots très durs à l’endroit de l’avocat général, tels ces propos de Me Martin Diatta : «Le Parquet s’est comporté comme une vulgaire ménagère en demandant une justice à la Zorro.» La Cour, après en avoir délibéré, a condamné Kadiécko Erick Basse et Lamine Sané à 15 ans de travaux forcé. Leurs acolytes Mame Mbaye Ndiaye et Khadim Kounta ont, pour leur part, écopé de 8 ans de travaux forcés. Ils devront, en outre, verser un million de francs à titre d’intérêts civils à Seynabou Badji, blessée par balle à la cheville.

Cruel destin d’un fils de suicidé

Qu’attendre d’autre de la vie si à l’âge de deux ans déjà, ceux qui devaient veiller sur vous choisissent de vivre chacun de son côté ? Et cinq années plus tard, vous découvrez votre père pendu à une corde. Tel est le destin cruel d’Erick Kadiécko Basse qui, ballotté entre plusieurs familles d’accueil, a finalement choisi la rue pour crier son désespoir. Un difficile apprentissage de la vie qui l’a finalement mené à la Cour d’Assises.

Certains évoquent sa froideur. D’autres, comme l’avocat général, le qualifient de «criminel né» doublé d’un «arrogant». Ce qui a fait bondir de son siège son avocat, Me Ibrahima Mbengue. Ce dernier, en évitant de remuer encore le couteau dans la plaie, a évoqué l’enfance malheureuse de son client qui a vu le jour au mois d’octobre 1977 à Mermoz, un quartier réputé calme dont la plupart des habitants sont à l’abri du besoin. Erick est promu alors à un bel avenir. Son sourire irradie le domicile des Basse. Hélas, en 1979, alors qu’il vient à peine d’être sevré et commence à marcher, le destin frappe à sa porte. Le clash survient entre ses parents qui choisissent de vivre séparément avant que le divorce n’intervienne quelques mois plus tard. Son élan est alors brisé. Cette épreuve est mal vécue par le jeune Erick. Il était loin de se douter que sa vie allait basculer encore avec la mort de son père Bissenty Basse qui avait sa garde et qu’il a découvert un jour pendu à une corde. Une mort atroce. L’image va rester gravée dans la mémoire d’Erick qui vient d’étrenner ses sept ans. Commence alors un difficile apprentissage de la vie pour le petit Erick, recueilli par le jeune frère de son père qui l’amène vivre avec lui aux Parcelles Assainies. Cependant, le garçon peine à s’intégrer dans sa nouvelle famille. Il s’enferme dans le mutisme et refuse de communiquer. À l’école, il ne peut supporter de voir ses camarades de classe rentrer à la maison avec leurs parents. En classe de CE2, il décide d’arrêter les études et se lance dans la confection. Un métier qu’il exerce pendant trois ans. Seulement, l’image de son père est encore vivace dans son esprit. Réfractaire à toute forme d’autorité, il finit par abandonner le métier de tailleur et embrasse celui de maçon. «J’aimais bien ce métier», reconnaît Erick, lors de son interrogatoire devant la Cour d’Assises de Dakar. Sept ans plus tard, le garçon, qui vient de souffler ses dix-neuf bougies, cherche encore son chemin dans la vie. Il est instable et personne n’est à ses côtés pour le guider. Devenu sans emploi et évoluant en marge de la société, il ne lui reste alors que la rue où il flirte avec la petite délinquance. À 20 ans, il se retrouve déjà en prison. Là-bas, il est oisif et ne communique avec personne. «Je n’ai rien appris en prison.» Ce premier séjour en prison fait de lui un «héros» auprès des jeunes de son âge. Et lui procure un succès auprès de la gent féminine. Enfin, une «reconnaissance» qui va l’installer définitivement dans la délinquance. Son avis est recherché par les petits délinquants des Parcelles Assainies qui le propulsent à la tête de leur bande. Un rang de chef, cela se mérite et pour rester à la tête, Erick n’hésite pas à se procurer un pistolet. Toujours armé, il est désormais craint jusqu’à ce fameux soir du 9 juin 2002 où sa bande et lui se signalent à l’entrée du «Sahel». C’est la fin de l’aventure et les portes de Rebeuss qui s’ouvrent grandement pour l’accueillir.

Alassane Hanne
Source L'Observateur

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Jeudi 12 Novembre 2009




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