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SANDAGA: Le cœur de la vie dakaroise

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Quand on parle de Sandaga, bien sûr on fait allusion au grand rond point délimité par les avenues Lamine Gueye et Ponty, deux rues animées qu’emprunte la majorité des dakarois pour aller vers le centre- ville. Nous parlons de ce carrefour situé en plein cœur du plateau où se côtoient des populations venues de différents horizons et qui est le théâtre de la vie quotidienne dakaroise. De nombreux marchands ambulants y ont élu domicile. Le vieux bâtiment qui date de l’ère coloniale est cependant en ruines. C’est pourtant un monument historique.



SANDAGA: Le cœur de la vie dakaroise
Reportage. Il est 11h à Sandaga. Les vendeurs à étals sont fourmillants sur les trottoirs et cachent les boutiques de la place souvent occupés par les libanais. Certains sont là depuis le matin, d’autres viennent de débarquer. Des femmes sont assises devant de petits étals en bois remplis de « thiaf »(cacahuètes grillées), à côté des balayeurs de rue aux tenues vertes. On peut voir des vendeurs de cosmétiques en dessous des tableaux publicitaires de mèches de la boutique Mor Maty Sarr dans laquelle les femmes entrent et sortent sans cesse.

Un peu plus loin, on aperçoit le grand bâtiment ocre du marché Sandaga, véritable monument historique aux murs tapissés d’affiches variées vantant les mérites des cubes Jumbo, Maggi, Garmi...

Voitures et deux roues s’engagent sur la voie, au signal de l’agent de la circulation, les vendeurs de cartes de crédits à leurs trousses : « seedo, promotion ». Tout est bon pour que le passant achète une carte de recharge pour son téléphone mobile.

On note également la présence d’autres vendeurs ambulants venus d’on ne sait où, quelque fois proposant les mêmes produits. Tantôt des parfums, foulards, vêtements, cotons tiges, d’autres fois : cures dent, arachides… : « hey sista kholal (ma sœur regarde), « hey guerte bou toy ? » (Arachides grillées ?)

Une jeune marchande d’eau fraiche fait le tour des tables « hé ndokh bou sedd han ? »(de l’eau fraiche) s’enquit-elle avec un faux accent qui dénote l’étrangère, ou à tout le moins d’une autre ethnie que le wolof.

Les mendiants s’emparent des chaussées où ils règnent en maîtres absolus, dominant la foule des badauds et des passants, importunant leur monde, quêtant leur pitance journalière. Un vieil homme aveugle marche tout seul en fredonnant des chansons religieuses reprises en chœur par un vendeur. On se demande comment il fait pour ne pas se cogner aux obstacles qu’il évite si adroitement, comme s’il les voyait. La force de l’habitude ? Un sixième sens ? Ou alors est-on seulement en présence d’un dissimulateur habile ? Qui sait ?

Un homme élancé se dandine au milieu de la route, portable à l’oreille et parlant à haute voix. Il dépasse un jeune vendeur de jus avec son chariot, à la recherche de clients, sous le chaud soleil, perdu dans sa conversation avec son mystérieux correspondant. Les automobilistes ainsi que les autres passants se chargeaient de l’éviter. C’est cela Sandaga !

Un autre tableau : un homme d’âge mûr attend, assis sur le pas de la porte du magasin, les consignes de son patron. Ce dernier, un libanais, sort de sa boutique une commission à la main, quelque chose qui ressemble à du papier et de l’argent. Il dit quelque chose machinalement, fait quelques gestes et retourne à la boutique.

Un groupe d’élèves passe, en pleine discussion. Deux d’entres elles s’affairent près des vendeurs de chaussures. « Bi Lou mouy djare ? » (Celles- ci sont à combien ?) Désignant une paire d’escarpins noirs. « 15 mille ngani ? » (15 milles tu as dit ?)Le vendeur de rétorquer « non orizinal leu koi ! » (C’est l’original). Pas convaincues, les jeunes filles s’en vont mais reviennent après l’interpellation du vendeur. Elles marchandent encore, essaient de repartir mais aussitôt rattrapées, le vendeur finit par accepter le prix proposé.

Tout près d’un grand magasin de téléphones, le regard est attiré par un groupe de vendeuses de jus bruyantes. Un homme aux dreadlocks (rastas) aborde une femme vêtue d’un jean serré et d’un décolleté suggestif, lui demandant « tey fiinga guéné ? Métina dé ». Des filles qui cherchent leur chemin interrogent un groupe d’hommes. L’un d’entre eux explique : « tu vas jusqu’à la place de l’indépendance, après tu descends pour aller vers la gare. Kholal tu sais c’est à côté de l’Arsenal. Quoi ? Tu ne connais pas, là où les jeunes vont danser les jours de fêtes ! Chiii !! Non laisse tomber ». Et le gars se met à raconter à son pote ses aventures d’un certain 15 août à l’Arsenal de la marine. Un autre, m’apercevant, lui dit « boy tu es mort, la fille là bas elle est journaliste. Elle va écrire toutes tes bêtises ».

12h00 : la foule se densifie de plus en plus au rond point Sandaga. Les marchands ambulants, sous le chaud soleil de midi, sont installés sur le bord des trottoirs et des routes, d’autres sur les voitures ou devant les boutiques. « Hey what’s up nigga » (imitant les américains noirs). Pacotilles, sandales, vêtements, sacs, dvd, tout se retrouvent là bas. Les vendeurs s’attroupent autour des clients, quelques fois s’arrêtent auprès des marchands d’eau fraiche qui font de bonnes affaires par ces temps qui courent.

Tout à coup, les agents de police arrivent : « ramasse, ramasse ! ». Les marchands ambulants déguerpissent avec leurs bagages, confiant çà et là quelques affaires aux boutiquiers. Affolés, désespérés, ils circulent et se fondent dans la foule de l’Avenue Lamine Gueye.

Khadim le vendeur de sac

Khadim est un jeune vendeur âgé de 19 ans. Il vend des sacs à main en plastique. Malgré la concurrence, il dit s’en sortir. Trouvé en train de siroter son jus de bissap, tranquillement dans un coin, Khadim s’est prêté à nos questions. Selon lui, les prix varient de 300 FCfa à 500 FCfa. Avec l’été qui s’annonce, beaucoup viennent acheter. Les sacs sont du style Bande dessinée comme Dora, Spider Man, camp rock.

Khadim est originaire du Baol, d’une famille modeste de paysans. Il a abandonné tôt les bancs de l’école à Khombol, faute de moyens, arrêtant ainsi ses études à la fin du cycle primaire. Refusant d’être un poids mort pour la famille, confie-t-il et désireux de s’affranchir, Khadim est venu à Dakar en 2007. Il jettera son dévolu dans la vente des sacs en plastique. Il loge actuellement à la médina rue 13. Tous les jours, il vient sur le rond point du marché sandaga pour vendre ses produits. Il se pointe à 8h et termine sa journée de labeur vers 19h.

A part la vente, l’adolescent occupe ses temps libres au sport. Comme tous les jeunes de son age, il va s’entraîner à la plage.

Bella A. Thiam
Source SudQuotidien

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Samedi 23 Mai 2009





1.Posté par salim le 23/05/2009 12:19
ah wéé c ca dakar tt té concentré au niveau de sandaga ki reste un lieu tré mythique et que la majeur partie des vendeurs ambulants vont faire leur gagne pain au niveau de labas puis voila koi

2.Posté par Gakou le 23/05/2009 16:30
Joli reportage, bien écrit, du courage!

3.Posté par Debolo le 23/05/2009 20:34
Mettons de l'ordre dans cette poudrière, avant qu'il n'arrive l'iréparable. L'expérience malheureuse du bateau le "Djola" doit enseigner. Mieux vaut prévenir que guérir. Occuper la place publique de prépotance est tout simplement inacceptable dans une société civilisée. Il faut un minimum de règles, il faut surtout les faire respecter, pour une bonne convivance civile. C'est incroyable comme nous pouvons etre désorganisés et indisciplinés. Je n'ai rien contre les marchands ambulants, mais je pense, que leur boulot doit etre organisé dans des espaces ad hoc.

4.Posté par bebe de lair usa new york le 24/05/2009 13:01
moi bébé de lair alias pi-boy je parle avec le president wade si jamais le marché écrase ont va vs porté plainte largent que vous mangé il faut reconstruire notre patrimoine sandaga la vérité ces ça wa mé diéguolou hannnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn

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