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SAINT-LOUIS - AVANCEE DE LA MER : Des habitations s’effondrent à Gokhou Mbathie

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Depuis quelques jours, le quartier de Gokhou Mbathie est en proie à l’avancée de la mer. Face à la furie des vagues qui atteignent parfois trois mètres de hauteur, plusieurs habitations, qui font front à la mer, se sont effondrées, obligeant leurs occupants à se déplacer. Aujourd’hui, les populations ne savent où donner de la tête et sollicitent le soutien des autorités locales et du gouvernement.

Gokhou Mbathie, populeux quartier de pêcheurs de la Langue de Barbarie. La vie, de jour comme de nuit, y est très bruyante. Dans ce patelin, la particularité est que nombre de maisons font front à la mer, cette mer qui leur a toujours donné un moyen de subsistance, car la pêche est leur seule source de revenus. Mais, aujourd’hui, cette mer est en passe de devenir leur nouveau cauchemar. Car son avancée nuit à leur existence. Depuis quelques jours déjà, la mer, dans sa furie, a détruit de nombreuses habitations. Le spectacle est ahurissant et la vue de ces demeures, nouvelles ou anciennes, avec leurs murs lézardés, leurs fondations découvertes ou leurs toits effondrés fait penser à un tsunami. Nul besoin de scénarios futuristes pour se rendre compte que l’océan gagne du terrain. Et sur les habitations en plus. Le constat est là et témoigne de l’implacable avancée de la mer sur ces maisons de Gokhou Mbathie. Avec ces vagues furieuses, qui viennent frapper ces habitations de jour comme de nuit, la seule question que l’on se pose est celle de savoir si la mer ne finira pas un jour par avoir raison sur ces maisons. Et pourtant, témoigne Assane Fall, un vieux pêcheur âgé de 70 ans, « vers les années 70, la mer se trouvait à presque à 100 mètres des habitations, mais et en moins de trente ans, l’océan cette a avalé cet intervalle ». De quoi faire peur à ces populations qui n’ont que leurs yeux pour constater l’ampleur des dégâts. Pour Seynabou Fall, « les populations sont confrontées à des marées de plus en plus hautes, qui ont emporté beaucoup d’habitations. L’avancée de la mer a détruit de nombreuses maisons et propriétés, et c’est le désarroi total, car certains n’ont nulle part où aller ». Mais, cette catastrophe qui ne dit pas son nom n’est en rien comparable à celle de l’année 2004 où la furie des vagues avait rasé 14 maisons, faisant plusieurs sans-abri. Depuis le début du mois de mars donc, ces habitants ont perdu le sommeil et les nombreuses pirogues en rade attestent longuement de leur inactivité. Impossible d’aller pêcher si on est menacé par l’avancée de la mer. « Nous sommes vraiment fatigués. Voilà deux semaines que les vagues ont commencé à déferler sur notre quartier. Elles ont détruit beaucoup d’habitations, occasionnant du coup plusieurs déplacés. Car certaines familles ont jugé mieux de quitter ces lieux pour aller s’installer dans des régions plus sûres », explique Baye Tabaski Guène. Malgré ces dégâts, d’aucuns ont préféré rester, faute d’avoir un endroit où aller. Toujours est-il que les populations ont engagé un véritable bras de fer contre ce fléau. Et certains propriétaires de maisons, épaulés par leurs voisins, ne sont pas restés les bras croisés. Chaque jour, ce sont des centaines de sacs qu’ils remplissent de sable pour bloquer les vagues, grâce à une surélévation du niveau de la rive, qui ne l’est plus que de nom. « On a dépensé toutes nos économies, car avec ces dégâts, il est impossible d’aller pêcher. Nous sommes obligés de dépenser notre argent pour l’achat de sac et, aujourd’hui, le prix de ces sacs ont augmenté, car les marchands savent que nous en avons impérativement besoin », s’alarme Khoudia Guèye. Le malheur des uns ne fait-il pas le bonheur des autres ? Mais, ces populations gagneront-elles ce bras de fer contre l’avancée. Nombre d’entre elles sont pessimistes et, pour le doyen M. Guèye, seul un mur de protection pourrait sauver ces habitations de l’avancée de la mer. « C’est la seule solution pour stopper les dégâts, les digues et autres sacs de sable ne peuvent rien contre ces vagues qui atteignent parfois cinq mètres », soutient-il. Il faut également signaler que le prélèvement de sable sur la plage pour réaliser des constructions contribue à aggraver le problème de l’érosion côtière dans son ensemble. Selon Mbaye Fall, « le gouvernement doit prendre des mesures réglementaires pour empêcher cette pratique, car ceux qui prélèvent le sable ne sont pas conscients des dégâts qu’ils causaient à la nature, car ils ne sont pas informés des aspects négatifs du prélèvement du sable de plage ». Face à toutes ces difficultés, les populations veulent attirer l’attention des autorités sur la menace qu’elles vivent. Elles appellent donc les autorités locales et le gouvernement à mener des actions de plus grande ampleur comme l’installation de digues ou d’un mur de protection, la pose de rocs le long des côtes et aussi l’interdiction d’extraction de sable. « Nous sommes vraiment fatigués et nous n’avons pas les moyens pour lutter contre ce fléau. Nous ne comptons que sur l’Etat pour une bonne prise en charge qui permettrait d’arriver à bout de ce problème », indique Assane Fall.

Source: Le Soleil

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Jeudi 10 Avril 2008

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