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Robert SAGNA : ‘Que le président nomme 65 sénateurs sur 100 pose problème’

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L'opportunité de mettre en place une structure comme le Sénat dans un pays qui a opté pour la décentralisation ne fait l’objet d’aucun doute pour le leader du Rassemblement pour le socialisme et la démocratie/’Takku Défarat Sénégal’. Par contre, pour Robert Sagna, le fait que le président de la République nomme 65 sénateurs sur les 100 pose problème. Selon lui, c’est l'inverse qui aurait été plus démocratique. C'est donc moins l'opportunité que la manière qu’il conteste.



Robert SAGNA : ‘Que le président nomme 65 sénateurs sur 100 pose problème’
Wal Fadjri : Pourquoi en tant que parti membre de l'opposition, vous avez participé aux élections sénatoriales ?
Robert Sagna : Parce que le meilleur moyen de participer démocratiquement à la vie politique du pays, c'est de prendre part à toutes les compétitions électorales. Nous avons participé à l'élection présidentielle et aux législatives, nous avons tout naturellement pensé qu'il faut prendre part aux élections sénatoriales. C'est donc dans notre logique de prendre part à toutes les compétitions électorales. C'est ça l'expression démocratique dans un pays qui se veut démocratique. Et l'accès au pouvoir, c'est au suffrage universel qu'il faut y arriver.

Wal Fadjri : C'est la première fois que vous allez aux élections en tant que parti politique. Etes-vous satisfait de vos résultats ?

Robert Sagna : Nous avons pris le parti du docteur Tété Diédhiou pour aller à ces élections. Parce que le Rassemblement pour le socialisme et la démocratie/’Takku Défarat Sénégal’ qui est le nom de mon parti, n'a pas encore reçu son récépissé. Quand il s'est agi d'aller aux élections, nous avons pris le parti du docteur Tété Diédhiou. Et nous avons fait de bons résultats pour une jeune formation comme la nôtre.

Wal Fadjri : Le Sénat est-il opportun dans ce contexte de crise économique au Sénégal ?

Robert Sagna : Il y en a qui contestent l'opportunité d'un Sénat. Mais, il faut qu'on comprenne bien une chose. Dans un pays qui a opté pour la décentralisation et la régionalisation, il faut permettre à la base de participer à la vie active. Compte tenu du fait qu'on a transféré un certain nombre de pouvoirs à la base, il faut que pour les grandes décisions nationales, il y ait une plus grande participation de la population. Le Sénat est un moyen par lequel les élus locaux vont prendre part aux grandes décisions nationales. L'opportunité de mettre en place une structure comme celle-là me paraît couler de source dans un pays qui a opté pour la décentralisation. Il faut permettre au conseil régional, aux communautés rurales et aux municipalités d'être représentés au sommet, dans une instance pour participer aux décisions nationales. C'est à ce titre que je crois qu'un Sénat peut être utile. Maintenant, on peut contester la manière dont on met en place ce Sénat. Par exemple, le fait que le président de la République nomme 65 membres sur les 100 pose problème. Je trouve que l'inverse aurait été certainement plus démocratique. C'est donc moins l'opportunité que la manière que je conteste. Parce que finalement, si nous devons nous retrouver avec un Sénat monocolore, ce n'est pas intéressant.

Wal Fadjri : Vous avez récemment été reçu par le chef de l'Etat. Peut-on s'attendre à ce que Robert Sagna soit nommé à la tête du Sénat ?

Robert Sagna : Cette question n'est pas encore à l'ordre du jour. C'est une question qui ne m'a jamais été posée. Par conséquent, je ne peux pas spéculer. Je ne peux pas anticiper ni faire de devinette.

Wal Fadjri : Vous venez de créer votre parti. Comment comptez-vous relever le défi de l'implantation pour que votre formation soit ce grand parti dont vous rêvez ?

Robert Sagna : Nous allons d'abord attendre que le récépissé soit donné. Une fois que nous aurons notre récépissé, nous allons vendre nos cartes, et ensuite mettre en place les structures qui seront installées de la base au sommet, en essayant au maximum d'élargir cette base pour en faire un véritable parti de masse. Ce sera certainement la tâche la plus difficile. Nous ferons en sorte d'être connu dans les coins les plus reculés au Sénégal, et surtout faire passer notre message. Parce que, ce que nous constatons aujourd'hui, c'est que la manière dont la politique est faite au Sénégal n'est pas satisfaisante. Il faut faire la politique autrement, en faire un moyen, et non pas une fin. Il faut éviter de faire une politique de personnes. Il faut mettre en place une stratégie, un programme qu'il faut expliquer pour que les populations sachent que nous avons des idées sur toutes les grandes questions qui se posent sur le plan national comme international, et notre objectif, c'est de travailler avec elles, pour améliorer leurs conditions de vie, de leur faire comprendre que leur avenir dépend d'elles-mêmes. Il faut qu'elles sachent qu'elles ne doivent pas attendre tout de l'Etat, en pensant que c'est lui qui a la clé de tout. Il faut impliquer tout le monde dans la marche du développement économique et social, il faut responsabiliser les populations dans les prises de décisions, les impliquer également dans les choix stratégiques pour améliorer les conditions de vie de chacun et lutter contre la pauvreté. Cela fait partie de notre mission. Mais, pour cela, il faut d'abord que les structures soient mises en place dans les formes que je viens de définir.

Wal Fadjri : Vous parlez très souvent de retrouvailles de la famille socialiste. Qu'est-ce qui empêche la réalisation d'un tel projet qui semble vous tenir à cœur ?

Robert Sagna : Vous avez vous-même constaté que je n'ai pas cessé de lancer un appel pour la retrouvaille de la grande famille sociale-démocrate. Cela, à mon avis, est utile pour les socialistes que nous sommes, mais indispensable pour le renforcement de la démocratie. C'est la raison pour laquelle, même si, pour le moment, je prêche dans le désert, je continue à me battre en lançant un appel à tous les membres de cette famille éclatée pour une retrouvaille autour de l'essentiel, et non pas autour de personnes. Mais, je constate que les gens n'ont pas encore perçu qu'il est possible que les socio-démocrates se retrouvent pour apporter une alternative à la manière dont le pays est géré et apporter des solutions nouvelles pour une contribution plus efficace au développement économique et social de ce pays. C'est une bonne chose que les socio-démocrates se retrouvent, parlent et ensemble mettent en place peut-être un nouveau grand parti, pourquoi pas ? J'y crois et je continue d'y croire.

Wal Fadjri : Vous aviez, pendant les dernières élections législatives, lié votre avenir politique à ce scrutin que vous avez finalement perdu. Comment envisagez-vous cet avenir surtout à la mairie de Ziguinchor ?

Robert Sagna : Je déciderai le moment venu. Mais, il n'y a aucune raison pour que je baisse les bras. Tant que les populations me feront confiance, je serai là. J'ai remplacé quelqu'un, quelqu'un me remplacera. Le moment de ce remplacement, c'est les Ziguinchorois qui le décideront. Je ne peux pas trahir une vocation, un idéal, une mission. C'est un sacerdoce que d'être maire. Mais, ce n'est pas du forcing. Si je dois reposer la question aux populations pour savoir s'ils ont encore besoin de Robert Sagna, je la reposerai, et la réponse, elles me la donneront.

Propos recueillis par Mamadou Papo MANE
Source: Walfadjri

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Jeudi 23 Août 2007

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