(Correspondance) - La polémique sur les circonstances de la cession de la Sotexka à la Sotiba-Simpafric est loin de se tasser. Hier, à Kaolack, ce sont les ex-travailleurs de l'usine qui en ont rajouté une couche. Une sortie au vitriol au cours de laquelle le ministre Ousmane Ngom et le repreneur Jean Marc Secondi en ont pris pour leur grade. Au premier, il est reproché sa ‘gestion cavalière’ du dossier. ‘Comment peut-on piloter un projet aussi sensible en mettant hors-jeu les travailleurs pour satisfaire un repreneur de triste renom’, lance Bixenty Mendy, l'ancien responsable de la maintenance de l'usine. Une première salve suivie d'autres. ‘Ce qui s'est passé, le 26 février dernier, jour de l'inauguration du Politexka par le président Wade est un montage grossier, car aucun mètre de tissu montré au chef de l'Etat n'a été fabriqué sur place’, rectifie le responsable syndical.
Revenant à la charge sur les accusations de saboter la manifestation, ces travailleurs ont du mal à cacher leur colère. ‘Vouloir nous présenter comme des hommes de main de Ibrahima Macodou Fall (l'ancien Dg de la Sotexka, Ndlr), est tout simplement insultant, car ce dernier au même titre que son prédécesseur, Lamine Fall Ndoye, nous doit plus de 350 millions de francs représentant le cumul de nos arriérés de salaire et nos cotisations sociales’, manque de s'étrangler Alioune Sène, membre du bureau du syndicat. Pour ce dernier qui se présente comme un ancien militant libéral ‘si en 1999, lui, le souteneur de Diouf avait vu ses sombres desseins réalisés, le président Wade ne serait pas là à inaugurer le Politexka’. Doutant de la crédibilité du patron de la Sotiba-Simpafric, ces travailleurs, au nombre de 438 dont 300 pour la région, font observer que le site de Kaolack est un complexe industriel qui n'a rien à voir avec l'ex-fleuron du textile dakarois.
‘Nous ne pouvons faire confiance à un prédateur industriel qui a vendu le foncier de la Sotiba Simpafric’, lance Bixenty Mendy. Lequel, en guise d'avertissement, prévient qu'il n’y aura pas de démarrage effectif tant que leurs droits ne seront pas liquidés. ‘A moins de marcher sur nos cadavres pour le faire’, conclut le secrétaire général du syndicat des travailleurs de la Sotexka, affilié à la Cnts. Autant dire que dans cette affaire, ces travailleurs semblent donner raison à nos confrères du journal Le Quotidien qui, dans une de leurs livraisons, avaient titré, à la Une, ‘Le président Wade inaugure une usine en faillite’.
Elh. Thiendella FALL
Source Walfadjri