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Reportage : A La Decouverte D’une Ville Religieuse - Voir Touba Et Mourir

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Des étudiants américains dont Brad KEIST et Todd TABER, stagiaires à chez nous, co-auteurs de cet article, découvrent pour la première fois Touba, la capitale du Mouridisme. Ils ont été frappés par l’architecture de la mosquée et le comportement des fidèles. Reportage.



Reportage : A La Decouverte D’une Ville Religieuse - Voir Touba Et Mourir
Un mercredi ordinaire. C’est au moment où le soleil sortait de son enveloppe « horizontale », pour entamer sa course vers le ciel, que nous nous apprêtons à prendre place dans le bus qui doit nous amener à Touba. Douze étudiants des universités américaines et sept encadreurs du « Programme d’été Indiana-Oregon-Ucad 2007 » qui dure cinq semaines, doivent faire le voyage. Nous étions joyeux à l’idée d’échapper à la monotonie des classes pour se confronter à d’autres réalités. Touba si loin, si proche ! Environ deux cents kilomètres nous séparent de cette ville religieuse, mais par la magie de l’imagination, notre esprit a déjà fait un aller-retour. Le temps passe. Le chauffeur du bus qui s’activait autour de son véhicule, nous invite à monter, non sans informer que le voyage sera difficile. Il nous parlera des embouteillages, des nids-de-poule, des animaux en divagation qui se disputent souvent la chaussée avec les voitures et qui constituent les principaux obstacles à une circulation fluide. Mais ces informations ne semblaient nous décourager, outre mesure. Bien au contraire, l’envie de visiter l’intérieur du pays était au-dessus de tout.

Le voyage a commencé. Le bus roule parfois lentement, parfois à toute allure. Nous allions alors expérimenter la dure réalité des embouteillages à l’entrée de Pikine, la banlieue dakaroise. Plus d’une heure de calvaire. Le vrombissement des moteurs agresse nos tympans, la fumée qui s’échappe des véhicules nous asphyxie, les charretiers qui circulent n’importe comment, sans le moindre respect du code de la route, en sont les manifestations. Nous voilà à Rufisque. L’étau des embouteillages se dessert petit à petit. Un étudiant Sénégalais qui participe au « Programme d’été Indiana-Oregon-Ucad 2007 », profite de ces moments d’attentes pour nous révéler que la ville que nous sommes en train de traverser faisait partie des quatre communes du Sénégal.

Ouf, Dakar et Rufisque sont derrière nous. Comme si le chauffeur du véhicule cherchait un second souffle, le voilà qui appuie sur l’accélérateur. Pendant ce temps, les étudiants ne voulaient, en aucun cas, se priver du beau paysage qui défilait sous leurs yeux, à travers les vitres du bus. Sur la route, on peut apercevoir des champs vierges, clairsemés, avec des baobabs, par endroits. Les villages, avec leurs cases, font aussi partie du décor. Nous sommes en plein hivernage. Les paysans travaillent dans les champs. De notre bus, nous apercevons des ânes qui tirent les charrettes, laissant derrière des montagnes de terre. Nous nous sommes pas privés d’observer le ballet des vautours qui formaient des cercles dans le ciel, attendant leur prochain repas.

Nous voilà enfin à Touba, après quelques heures de voyage. Un autre monde, un autre univers. Ce qui frappe, c’est l’accoutrement des « Bay Fall », avec leur gourdin. Ici, les femmes ne s’habillent pas n’importe comment. Les étudiantes américaines qui étaient du voyage l’ont appris à leurs dépens. Pour accéder dans ces lieux saints, comme la grande Mosquée de Touba, il a fallu changer d’accoutrement. Les robes ont remplacé les jeans délavés et les casquettes se sont substituées aux foulards. Les hommes de leur côté portaient les pantalons longs et chaque membre de notre entourage enlevait ses chaussures avant d’y entrer. Ces comportements ont frappé les étudiants américains que nous sommes, parce qu’habitués à voir des fidèles entrer dans des lieux de culte sans prendre de telles précautions. Le fait de marcher pieds nus dans la mosquée, nous intriguait parfois. Et l’on se demandait si nous n’étions pas en train de marcher sur les pas de célèbres figures religieuses.

Autre chose qui nous a frappés, c’est l’appel à la prière du muezzin. Sa voix portée par les haut-parleurs nous faisait « peur ». Parce que simplement, c’est une découverte pour nous.

En effet, c’ est en 1927, dit-on, que la construction de cette « maison de Dieu » a commencé grâce à quelques bonnes volontés de la communauté « Mouride », la confrérie dont Cheikh Ahmadou Bamba est le précurseur. Aujourd’hui, selon les informations fournies, plus de dix mille musulmans prient chaque vendredi dans cette mosquée.

On admire son architecture. Les dômes turquois de la mosquée s’élèvent vers le ciel comme pour saluer les nuages chargés en cette après-midi d’hivernage. Les femmes et les hommes prient séparément. La mosquée est décorée de marbre rose du Portugal et du marbre blanc d’Italie. 260 piliers supportent les plafonds.

Au moment où les mendiants qui étaient aux alentours de la mosquée, tendaient la main pour recevoir l’aumône, des hommes et femmes silencieux, entrent dans la « Maison de Dieu », pour honorer leur rendez-vous quotidien avec Allah.

Notre visite à la mosquée s’achève, et c’est le retour sur Dakar. Déjà,Touba a commencé à nous manquer.

Brad KEIST et Todd TABER et BDM
Source: Sud Quotidien

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Mardi 31 Juillet 2007

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