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Réechelonnement de la dette des Ics : La guerre des tranchées chez les créanciers

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Les créanciers des Industries chimiques du Sénégalais, en particulier les banques, sont en train de peaufiner une stratégie commune pour mieux négocier avec l’Etat sénégalais et son partenaire Iffco. Le pool bancaire local tient d’ailleurs aujourd’hui une réunion à la Bicis Prestige.



Réechelonnement de la dette des Ics : La guerre des tranchées chez les créanciers
Réunis autour de Gérard d’Héré, administrateur-directeur général de la Bicis, tête de file du pool bancaire, les banquiers ne veulent pas se faire plumer. Et c’est à la sortie de leur réunion d’information avec le ministre des Mines et de l’Industrie, Me Madické Niang, et du Pca des Ics, le directeur général de Iffco, l’Indien Dr. U. S. Awasthi, que le pool bancaire a décidé d’étudier les voies et moyens de faire face aux négociateurs sénégalais et indiens.
La position du Pca des Ics ne souffre d’aucun doute. Dr. U. S. Awasthi souhaite un rééchelonnement de la dette (plus de 240 milliards de francs) sur une période de 20 ans, en sus de 50 % d’abandon de créances. Du côté des banquiers, abandonner la moitié des 70 milliards de créances et rééchelonner le reste sur une période de 20 ans signerait la décadence. ‘Les gens veulent que les créanciers se soucient du sort des 2 500 travailleurs des Ics, sans pour autant penser aussi à celui des employés des banques locales, dont les créances portent sur un montant de plus de 70 milliards de francs Cfa’, souligne une source proche du pool bancaire.

L’autre cas de figure que l’Etat et son partenaire indien pourraient présenter aux créanciers est le rachat de la dette par la Cibank. Supposons que les créanciers arrivent au pire des cas à accepter 20 % d’abandon (14 milliards de francs), la Citybank aura à racheter 56 milliards de francs. Un montant que l’Etat pourrait payer à hauteur de 45 milliards de francs plus des commissions ou ristournes de 10 milliards. Le cas échéant, la Citybank ne payera que 46 milliards de francs. Cette banque sera alors la plus grande bénéficiaire de cette opération.

L’Etat et son partenaire indien pourraient aussi jouer sur la division au sein des créanciers. Ils peuvent convaincre les bailleurs de fonds institutionnels à un abandon de créances et un rééchelonnement sur 20 ans. Sous ce rapport, les Ics pourront-elles contracter des dettes ? ‘Les banques ne peuvent accepter cela. Abandonner des créances de l’ordre de 50 %, payer le reste sur une période de 20 ans et continuer à faire confiance aux Ics en lui octroyant d’autres crédits, cela est une aberration’, soutient un banquier.

Les bailleurs de fonds institutionnels peuvent tomber d’accord avec l’Etat dans le cadre de la coopération bilatérale ou multilatérale, en épongeant une partie de la dette des Ics. Quoi qu’il en soit, les banquiers veulent un traitement égal qui ne pénaliserait aucune partie.

Du côté de l’Etat, c’est la période de la sensibilisation. La phase de restructuration étant celle la plus difficile dans le plan de sauvetage des Ics, une source bien informée renseigne que le ministre des Mines et de l’Industrie, qui veut encore engranger des résultats, se rend en France dans les prochains jours. Me Madické Niang, qui a été dopé par le succès de la signature de l’accord de recapitalisation, discutera avec le grand patron de la Société générale de Paris dont la Sgbs est la filiale. Une réunion avec le patron de l’Agence française de développement est aussi prévue dans la capitale française. ‘Il s’agira de mettre les bouchées doubles pour convaincre les partenaires financiers des Ics de mettre en place un plan de restructuration afin qu’Iffco puisse dégager les 40 milliards de francs, conformément à l’accord de recapitalisation. En fait, le vœu le plus ardent des banquiers était la faillite des Ics pour pouvoir ensuite mettre la main sur les 63 milliards de francs de garantie’, estime un officiel sénégalais.

Expert en montage financier, Karim Wade aura du pain sur la planche. ‘S’il a réussi à décanter la situation entre l’Etat sénégalais et Iffco, la tâche ne lui sera pas facile avec les banquiers. Nous sommes en train d’étudier tous les cas de figure qui pourraient se présenter’, renseigne un créancier.

Les créanciers attendent toujours le contenu de l’accord de recapitalisation signé le 16 juillet dernier pour s’engager sur un plan de restructuration. Ils l’avaient affirmé le même jour à l’issue de leur réunion d’information avec le ministre des Mines et le Pca de Iffco.

Les dettes financières globales des Ics sont estimées à 80 milliards et les dettes commerciales sont du même ordre. Les dettes bancaires et monétaires sont de 70 milliards (56 milliards de découverts bancaires, 12 milliards de ‘roll over’). A ces 70 milliards de dettes financières et bancaires résiduelles, il faudrait ajouter les 90 milliards de dettes commerciales et diverses auxquelles il faudra faire un sort par un traitement approprié.

L’Etat cherche un traitement par un gel et un moratoire des grosses créances. Un autre créancier est aussi sur ses gardes : le pétrolier Total pour un montant de 10 milliards de francs.

Pour sécuriser leur patrimoine face à la menace des créanciers, les Ics avaient sollicité, en février 2006, auprès du président du tribunal régional hors classe de Dakar, leur admission au régime du règlement préventif prévu par l’Acte uniforme de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada) sur les procédures collectives d’apurement du passif. Et, pour présenter au président du Tribunal régional hors classe de Dakar, le juge Demba Kandji, un concordat préventif acceptable par les créanciers, Etat sénégalais et Indiens, après plusieurs séries de négociations, avaient convenu que la dette bancaire locale et la dette commerciale des Ics pourront faire l’objet d’une titrisation.

Parmi les conditions formulées par Iffco pour une prise de participation importante dans la recapitalisation des Ics, figure le gel sur 22 ans et un taux nul de 80 milliards de dettes financières et bancaires de la société. Mais les bailleurs de fonds et les banques en accepteront-ils le principe, sous réserve de pouvoir en négocier les modalités ?

Johnson MBENGUE
Source: Walfadji

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Jeudi 19 Juillet 2007

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