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Recomposition politique : Faut-il casser les coalitions?

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L'élection présidentielle de 2000 a fait découvrir à la face des Sénégalais une réalité : Aucun parti ne peut gagner seul des élections. Sept ans après, cette vérité s'est-elle défraîchie ?



Le président Abdoulaye Wade a accédé au pouvoir grâce au soutien d'une coalition aussi large qu'éclectique. La Coaltion alternance 2000 (Ca 2000) mariée à la Coalition de l'espoir 2000 (Code 2000) avait accouché du Front pour l'alternance (Fal) qui a porté l'estocade à Abdou Diouf. Mais, installé au palais de la République, Me Wade voudra gouverner à sa manière, selon sa conception du pouvoir et son style pour le moins iconoclaste. Les divergences - que la volonté d'arriver à bout du mammouth socialiste avait réussi à étouffer - entre le nouveau président de la République et ses alliés de ressurgir. Conséquence : Me Wade dépositaire de la légitimité populaire défenestre l'un après l'autre ses partenaires qui se retrouvent ainsi basculés dans l'opposition.
Cet épisode a fini d'édifier sur les limites des alliances hétéroclites non fondées sur l'idéologie, mais plutôt sur des intérêts conjoncturels. Mais, apparemment, cet épisode récent de notre histoire politique n'aura instruit personne. L'on continue de s'allier suivant la tête… de l'adversaire en face. Du côté du pouvoir comme de l'opposition, on répète aveuglément - telle une symphonie trop bien maîtrisée - les mêmes erreurs.

Le Pds est aujourd'hui soutenu par une quarantaine de partis aux origines idéologiques totalement opposées. Et le tout est maquillé par le prétexte bateau de l'intérêt supérieur de la nation. Mais, contrairement à 2000, la mayonnaise tient de moins en moins. Si à la présidentielle du 25 février dernier, le peuple a encore jeté son dévolu sur Me Wade, aux législatives par contre, elle n'a pas répondu massivement à l'appel de la coalition Sopi dirigée par le Pds. L'enseignement que l'on pourrait en tirer, c'est que les Sénégalais ont voté pour Me Wade, mais n'ont pas jugé - à l'écrasante majorité des inscrits - utile d'introduire leur bulletin dans l'urne pour le vote des députés. Le taux de participation (35,75 %) a atteint des profondeurs jamais touchées dans l'histoire politique du Sénégal. Le peu d'intérêt que les Sénégalais accordent aux législatives, a été imputé au manque de crédit du député aux yeux de ses concitoyens, à l'appel au boycott de l'opposition… Ce sont là, en tout cas, les principales raisons excipées pour justifier cette contre-performance. Mais, ces arguments sont contestés, selon que l'on est du côté du pouvoir ou de l'opposition. Mais, ce qui est indéniable, c'est que les quarante partis qui soutiennent le président Wade ont failli à leur mission. Ils s'étaient engagés, aux côtés du numéro deux du Pds, Macky Sall, à relever le défi de la participation. Ils n'y parviendront pas. D'où la question embarrassante, mais non moins pertinente : A quoi sert cette ribambelle - pour emprunter un mot cher à Idrissa Seck alors au faîte de sa puissance - de partis qui soutiennent Me Wade ?

Le chef de l'Etat semble avoir par-devers lui la réponse. Il a décidé de phagocyter le maximum de formations politiques pour créer un grand parti libéral. Sans doute, s'est-il rendu à l'évidence que la Cap 21 n'est pas aussi efficace qu'il le croyait et qu'elle n'était qu'une panoplie de sigles. A la différence d'une coalition, ce grand parti aura au moins le mérite de regrouper tout le monde sous la même bannière libérale.

Du côté de l'opposition, c'est encore plus laborieux. Au-delà du fait que le rassemblement des partis les plus significatifs est une union des contraires, il faut noter qu'il est multicéphale. Il n'y a pas de leadership, contrairement à la majorité présidentielle où Me Wade règne en maître incontesté. Ici, chacun est son propre prophète. L'unité de façade maintenue au sein de la Cpa et qui a prévalu durant toute la période qui a précédé l'élection présidentielle, a volé en éclats à l'approche de celle-ci. Personne n'a voulu se ranger derrière son prochain. Moustapha Niasse, Abdoulaye Bathily, Ousmane Tanor Dieng, Idrissa Seck, ont tous préféré rouler pour leur propre compte. Au finish, ils récolteront individuellement des scores médiocres.

Malgré tout, ces leaders de l'opposition, hormis Idrissa Seck, continue à se tenir par la main comme si de rien n'était. A la place d'une introspection sans complaisance, ils ont préféré donner encore un coup de vernis à leur compagnonnage. Bathily a gardé sa coalition ‘Jubbanti Sénégal’ qui a porté sa candidature à la présidentielle, Niasse itou, qui a maintenu sa Coalition alternantive 2007 (Ca 2007) et Ousmane Tanor Dieng est toujours avec ses alliés. Et le tout est posé sur les frêles épaules du ‘Front Siggil Sénégal’ qui n'est pas encore une alliance électorale, mais tout juste une unité d'action. Mais, comme par instinct grégaire, les partis qui le composent, refusent de prendre leur destin en main. Ils préfèrent rester dans ce conglomérat qui ne saura jamais se muer en alliance électorale. Le ‘Font Siggil Sénégal’ pourra-t-il réussir là où ses prédécesseurs (Cpc, Clarte Na leer, Cpa), ont échoué ? Denise Derneville n'a pas tort de demander à l'Afp de travailler pour son propre compte. Parce qu'il est fort probable que les partis de ce front aillent, à nouveau, en ordre dispersé, par groupuscules, aux élections loacles.

Eu égard à tout cela, cette question s'impose d'elle-même : Faut-il casser les coalitions pour mettre en place des groupes homogènes ? Surtout que les coalitions hétéroclytes semblent être en fin de cycle.

Amadou DIOUF
Source: Walfadji

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Samedi 11 Août 2007

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