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Ramadan: Plaintes et complaintes des commerçants et des clients : Toujours si cher le lait en poudre…

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Le communiqué du ministère du Commerce sur la baisse des prix du lait en poudre n’a pas servi à grand chose. Car, les commerçants font la sourde oreille pour écouler d’abord les stocks.



Ce n’est pas encore le grand rush au marché Castor, qui vit à son rythme habituel, dans ses eaux sales et les ordures qui envahissent certaines allées. Entre les étales, marchands ambulants et acheteurs se croisent, sous une chaleur accablante, et le regard de vendeurs qui ne désespèrent pas de voir les clients. En effet, ce n’est pas encore le grand rush des premiers jours de Ramadan. Une situation que les commerçants expliquent par le manque d’argent qui caractérise une bonne partie de la population. «Les acheteurs viennent, mais c’est à la fin du mois qu’on a plus de clients», explique Pape Diop, commerçant en gros et détail. Bachir Diouf confirme, convaincu toutefois que les clients viendront d’ici deux ou trois jours.

De manière générale, dans ce marché comme dans d’autres, tous les produits sont chers. En particulier le lait en poudre. Ce, malgré la baisse des prix annoncée par le ministère du Commerce dans un communiqué daté du 10 septembre dernier. En effet, les commerçants font la sourde oreille pour ne pas subir, justifient-ils, de perte. «Tout dépend des fournisseurs. Nous ne pouvons pas acheter cher et revendre moins cher», argumente M. Diop. S’y ajoute qu’il «est plus facile de demander à un vendeur d’augmenter que de lui demander de diminuer», poursuit-il, tout souriant. En réalité, la baisse n’est pas encore effective aussi bien chez les détaillants que chez les grossistes. Le lait est acheté au même prix que celui des semaines dernières. Au marché Grand-Yoff, certains grossistes pensent même que le prix va augmenter ces prochains jours. D’autres n’ont même pas le produit, et soupçonnent leurs fournisseurs de faire de la rétention en attendant que les prix changent. Néanmoins certains interlocuteurs sont bien au courant de la baisse, seulement, ils estiment qu’il faut que «les stocks soient épuisés pour pouvoir appliquer l’arrêté». M. Diouf, qui a déjà écoulé son lait bien avant même la publication de l’arrêté, déclare avoir «même peur de l’acheter (encore) pour ne pas courir de risque».

Par ailleurs, il y a des clients qui ne sont pas au même niveau d’information. Gnima Diatta Bodian, très souriante et bien coquette dans ses habits taille basse en wax confie : «Je ne suis pas au courant de cette baisse. J’achète aux mêmes prix qu’auparavant.» Aïssatou Diallo, quant à elle, croit que «ce serait une bonne chose si tel était le cas», parce que «les consommateurs utilisent beaucoup plus de lait, durant le mois de Ramadan». Quoi qu’il en soit, la non-application de l’arrêté du ministère du Commerce, semble ne pas inquiéter les vendeurs, d’autant qu’ils plaident la bonne foi : «On n’essaye pas d’arnaquer les acheteurs. C’est pourquoi, une fois qu’on viendra nous auditionner, nous leur montrerons les factures qui vont servir de preuves.»

Au delà du lait, les autres denrées de première nécessité préoccupent aussi les populations. Les prix des légumes, du poisson et de la viande restent toujours chers. Et les bonnes dames s’inquiètent pour leurs menus. Seulement, expliquent Mmes Bodian et Diallo, des vendeuses de légumes, si leurs prix de vente sont cher, c’est parce qu’elles achètent cher. Ainsi le prix du kilogramme de pommes de terre est à 300 francs, le kilo d’oignon importé se vend à 250 francs et à 280 francs pour l’oignon local. Pour un kilogramme de chou, il faut débourser 600 francs Cfa, alors que la carotte s’achète à 750 francs Cfa le kg, contre 500 francs pour l’aubergine. Au point que Mme Bodian se souci de ces «hommes (qui) vont encore être accablés par les dépenses quotidiennes». Alors, croit-elle, «le gouvernement doit se prononcer sur la cherté des produits pour venir en aide aux populations».

Les vendeuses de poissons ne sont pas mieux loties. Elles parviennent difficilement, à écouler leurs produits. Cette situation est due, de l’avis de Mbayang Kâne, «à l’hivernage, car les poissons sont rares et, par conséquent très chers». Sokhna Ndiaye, appelée «Mouride Ndiaye», la cinquantaine sonnée, soutient que si le poisson est vendu cher, c’est parce qu’elles l’achètent cher, payent des taxes, achètent des glaçons pour les protéger de la chaleur, etc. En plus, «le mois est creux et tout est cher», raisonne Aïssatou Diallo.

Une conjoncture qui n’épargne pas le secteur de la viande. Abdou Mbaye, un boucher de quarante années, indique que les commerçants n’entendent pas beaucoup «Diayma !Diayma !» (Vend moi) pour des raisons qu’ils «ignorent». Mais quoi qu’il en soit, «nous avons foi en Dieu et espérons bientôt voir les clients», se résigne-t-il.

Amadou Diallo, devant ses paniers de dattes, s’est fait une philosophie : «Avec l’aide du Tout-Puissant la marchandise sera écoulée» d’autant que les musulmans en ont besoin pour couper le jeûne.

Source: Le Quotidiein

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Samedi 15 Septembre 2007

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