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RIPOSTE: Cheikh Tidiane Gadio sur les poursuites contre des personnalités africaines par la justice

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«Une plainte contre des crimes liés à la colonisation n’est pas à exclue»

L’Union africaine veut adopter la loi du talion contre la Justice française et l’«abus» de la Compétence universelle. Au rythme des poursuites contre des personnalités africaines, le chef de la diplomatie sénégalaise, Cheikh Tidiane Gadio, a affirmé, en marge du 12e sommet de l’organisation panafricaine à Addis-Abeba, qu’une plainte contre les crimes liés à la colonisation n’est pas exclue.



RIPOSTE: Cheikh Tidiane Gadio sur les poursuites contre des personnalités africaines par la justice
Monsieur le ministre, vous être agacé par les juges français, et vous le dites. Pourquoi êtes-vous agacé ?

Euh… Ce n’est pas spécifiquement les juges français. Il y a ce qu’on appelle un abus de la Compétence universelle et cette compétence universelle est extrêmement importante. Maintenant, quand des pays, surtout européens, commencent à se doter eux-mêmes et directement de la Compétence universelle -et les cas qu’on a vus, de mandats d’arrêts lancés contre des autorités de nos pays avec une concentration sur l’Afrique- cela nous a posé problème. Le cas de Rose Kabuye (chef de protocole du président rwandais) a été évoqué, le cas des autorités sénégalaises aussi, et c’est dans ce cadre que le Sénégal a tenu à apporter sa contribution pour faire la différence entre la Cour pénale internationale que nous soutenons, dont nous nous réclamons. Et nos amis qui ont souhaité que la question du Président Omar el Béchir soit glissée un peu dans le débat sur la compétence universelle, nous ne les avons pas suivis. Là, on dit que c’est un problème tout à fait différent. Maintenant, la question de l’abus de compétence universelle, pour que l’Afrique puisse se faire respecter, nous avons dit qu’il faut envisager de riposter et de montrer que nous aussi nous sommes capables de faire la même chose et ça va créer une cacophonie, une zizanie mondiale et ça ne va pas régler les problèmes.

Mais est-ce que la Justice française se serait intéressée au naufrage du Joola si la Justice sénégalaise n’avait pas classé l’affaire ?

Mais, est-ce que c’est à la Justice française de dire au Sénégal comment lire le droit ou comment pratiquer le droit ? Je crois que nous avons dépassé une certaine période de l’histoire. Je pense que le juge français n’apprécierait pas du tout que des juges sénégalais décident que la France ou la Justice française n’a pas fait son travail ou ne l’a pas bien fait et porte des jugements de valeurs sur cette justice.

Est-ce qu’on peut imaginer que la Justice sénégalaise ou une autre Justice ouvre le procès des crimes liés à la colonisation ?

Ce n’est pas exclu, d’autant plus que, honnêtement, vous avez vu qu’il y a une certaine irritation des Africains qui ne comprennent pas que les autorités africaines soient particulièrement ciblées.

C’est une menace ?

Pas du tout alors. C’est simplement une logique symétrique pour leur montrer que si on entre dans cette logique, c’est un engrenage, on ne s’en sort pas.

Il y a deux ans et demi, l’Union africaine vous a donné mandat pour juger l’ancien Président Tchadien, Hissène Habré. Or, au-jourd’hui, de nombreuses Ong dénoncent les retards. Est-ce qu’il n’y a pas de la mauvaise volonté de votre part ?

Oui, mais c’est très gentil de leur part de faire cela parce que depuis lors nous avons quasiment mis en place tous les instruments juridiques ; nous avons buté sur un point essentiel. On ne peut pas hériter d’un dossier fait par d’autres sur un dossier que nous instruisons nous-mêmes. Il faut que le travail soit fait par le Sénégal sinon la première chose que les avocats de M. Habré pourraient faire, c’est de demander qu’on rejette tout le dossier. Donc, nous avons évalué. Alors, le problème le plus technique, il est essentiellement financier et, franchement, nous n’avons pas eu la réponse qu’on attendait aussi bien de l’Union africaine que des partenaires extérieurs.

De l’Union européenne…

Oui, de l’Union européenne. Mais, je pense que l’Union européenne fait quelques efforts. Ils viennent vers le Sénégal, ils discutent, ils annoncent des montants etc. Ces montants ne correspondent pas réellement à nos attentes mais beaucoup de pays sont venus me voir juste avant le sommet (12e de l’Ua à Addis Abeba) pour dire : «Nous insistons sur le fait que nous sommes prêts à mettre le maximum possible.» Nous leur avons dit : «Ben, faites les annonces de contribution clairement ; ça va permettre à l’Union africaine et à tout le monde d’être à l’aise.» Mais, ce que je dois vous dire, c’est que le Président Wade -on va inscrire ce point-là à l’ordre du jour- va faire un rapport aux chefs d’Etat africains sur tout ce qui a été fait par le Sénégal et où est-ce qu’on en est et demander maintenant à l’Union africaine de prendre ce dossier à bras-le-corps et de dire ce qu’on va faire de ce dossier parce que ce que nous redoutons et que nous refusons, c’est que, de dossier africain confié à un pays, ça devienne un dossier sénégalais et qu’on passe le temps à travers le monde, dans les journaux, à critiquer le Sénégal, à attaquer notre pays : ce n’est pas juste ; ce n’est pas équilibré et nous espérons que l’Union africaine va prouver que c’est son dossier et en apportant des réponses aux questions que va soulever le président du Sénégal.

Monsieur le ministre, la journée du dimanche (hier) va être consacrée au gouvernement de l’Union, aux Etats-Unis d’Afrique. On a l’impression que le blocage perdure sur cette question…

Non, j’ai plutôt l’impression qu’il y a une volonté de faire des pas en avant. Le débat n’est plus sur est-ce que oui ou non nous voulons un Gouvernement d’union -tout le monde a dit oui- le problème, c’est quand et comment. Alors, nous, nous savons que dans le débat sur l’Union, il y a deux positions : il y a les pays qui veulent le Gouvernement de l’union mais, comme une simple structure de gouvernance de l’Union africaine, de l’organisation, pas un exécutif continental, et les autres, comme nous, qui voulons aller vers les Etats-Unis d’Afrique, nous parlons de mettre en place un exécutif continental.

Donc, il faudrait que cette question soit clarifiée dimanche : de quoi parlons-nous ?

Deuxièmement, on nous parle de neuf portefeuilles ministériels déjà arrêtés par le Comité des ministres. Si tout le monde est d’accord avec ces neuf on peut démarrer avec ces neuf ; démarrer léger et, progressivement, continuer à massifier ce Gouvernement. Dernier point du calendrier de mise en œuvre, vous savez qu’il y a des pays qui parlent de 25 ans, c’est-à-dire toute une génération. Nous, nous ne sommes pas partants. Nous étions pour le plan de Obansanjo (du nom de l’ancien Président nigérian) qui était de neuf ans. Quelque part, le rapport que nous avons eu nous ramène au plan de Obasanjo parce qu’on parle de 2017 pour engager les débats constitutionnels sur les Etats-Unis d’Afrique. Nous trouvons cela excellent.

Qui doit présider l’Union africaine dans les 12 mois qui viennent ?

Vous savez que c’est pour l’Afrique du nord, en principe. Et, au début, on nous avait dit que les deux candidatures, ce sont l’Egypte et la Libye. Il nous semble que celle de l’Egypte n’est pas confirmée, donc, il ne reste que la candidature de la Libye et nous, Sénégal, nous pensons que c’est une très bonne chose si le colonel Kadhafi passait président en exercice de l’Union africaine.

Source: Tambacounda.info

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Mardi 3 Février 2009





1.Posté par golo le 03/02/2009 13:58
vous etes vraiment ridicule avec votre supposé proposition. les europeens eux font du concret etne juge pas le passé; ils jugent des personnalités comptemporaines. tout les acteurs de la colonisation sont morts cela veut dire que vous voulez juger des faits et pas des hommes....

2.Posté par GUERR le 03/02/2009 17:48
Balama Lagne thieuy yalla badolo dou djitou

3.Posté par Gaye le 05/02/2009 12:57
Il est vraiment bête ce Gadio. En voulant faire plaisir à Wade, il tente toujours à vouloir justifier l'injustifiable. En vérité, Wade a peur pour pour l'après pouvoir car, dans tous les cas, s'il ne meurt pas entre temps, il sera poursuivi pour les nombreuses crimes qu'il a commises -le naufrage du Joola, Me Babacar Seye etc..- alors, Gadio a beau se multiplié par quatre, mais les personnalités qui ont trempé dans des crimes devront être jugés quelle que soit du reste la juridiction. A bon entendeur salut.

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