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[ REPORTAGE ] UN VOYAGE AU ZIMBABWE : Harare dans le tourbillon de l’après-réforme agraire

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Sous l’onde de choc de la réforme agraire au bénéfice d’une partie de la population noire, de nombreux Blancs zimbabwéens ont quitté le pays et plus particulièrement la capitale. Du fait de l’encerclement anglo-américain, des difficultés du pays à échanger avec le reste du monde et d’une situation politique délétère, le Zimbabwe est en pleine crise. Mais, loin des banlieues pauvres, le marasme rampant ne saute pas aux yeux d’un Sahélien qui débarque à l’improviste à Harare, une ville qui fascine plutôt par son charme ...

Harare - Une fine pluie tombe par intermittence sur la ville. Le temps est gris et maussade. Sans cette moiteur tropicale qui emplit l’atmosphère, on se croirait en automne, quelque part dans une grande ville européenne ou nord-américaine. Le cœur de la capitale zimbabwéenne a les airs de Montréal. Buildings imposants.

Avenues larges et profondes, tracées au cordeau autour des Harare gardens. Des parcs verdoyants. Des allées et des parterres fleuris un peu partout. Les charmes urbains des lieux sont encore plus frappants vus d’en haut, dans son écrin boisé. La ville est comme largement taillée dans la forêt, dans un harmonieux contraste entre le béton et l’acier du monde moderne et la nature qui l’héberge comme elle couvre presque tout le pays de sa verdure opulente.

Un Sahélien qui en a eu plein les yeux y est allé de ce commentaire : « Les Anglais qui ont bâti cette belle ville n’entendaient assurément pas la quitter un jour et pour le moins un pays aussi généreusement doté par la nature. » Et pourtant, ils sont en train de le faire, massivement. Dans cette cité, une des plus coquettes d’Afrique, c’est exceptionnellement qu’il vous arrive de rencontrer un Occidental de race blanche. Les touristes ne font plus légion. Et les descendants des anciens sujets de la Couronne britannique qui croyaient avoir reconstruit ici, pour l’éternité, leur « home sweet home », sont nombreux à avoir quitté le Zimbabwe.

L’onde de choc a été rurale. Elle est partie de la « réforme agraire » décidée et mise en œuvre par Robert Mugabe pour que la majorité noire, longtemps spoliée par la minorité blanche, puisse accéder à la terre. Les accords de Lancaster House signés en 1979 entre le Zimbabwe accédant à la souveraineté internationale et l’ancien colonisateur britannique prévoyait bien cette transition, mais en douceur. Seulement, les promesses anglaises de financement de l’opération n’ont pas été tenues, plus d’une génération après. Pressé par une base électorale majoritairement rurale, Mugabe y est allé au forceps. Des milliers de fermes blanches ont tout bonnement été confisquées et remises à des paysans noirs.

En fait, nuance Zed Mpoperi, un « Harare boy » plein de bleu à l’âme : « les meilleures terres ont été majoritairement redistribuées aux membres de la Zanu-Pf et à la bourgeoisie noire proche du pouvoir. Les vrais paysans n’ont généralement eu que de petites fermes, de surcroît situées dans les zones les moins fertiles et sans le financement requis pour la viabilisation et la bonne prise en main de ces terres ». La confiscation des « terres blanches » et leur redistribution à des Noirs valent au Zimbabwe sa mise en quarantaine par les Anglais et leurs alliés Américains soutenus par des médiats occidentaux peu amènes envers Mugabe.

Cette « révolution » a poussé les Zimbabwéens blancs à déserter le pays, pour s’exiler, une première vague en Afrique du Sud et au Lesotho, une seconde en Angleterre et une troisième en Australie ou aux Etats-unis.

Ruraux jusqu’au bout des ongles, les Anglo-saxons zimbabwéens étaient surtout fréquents à Harare en fin de semaine, pour les matches de rugby et la farnienté, apprend-on. La plupart avaient des pieds à terre dans la capitale, des villas et des appartements cossus, très hautement protégés. Sinon ils n’y séjournaient pas dans les grands hôtels de luxe également propriétés de Blancs. Comme le majestueux Meikles sur la Third street, le Crowne Monomatapa Plazza sur Park Lane ou le Jameson sur Samora Machel avenue. Un Ouest-africain raconte que, quelque huit années plutôt, les serveurs noirs de ces palaces n’y avaient d’attentions et d’égards que pour la clientèle blanche. Ils snobaient royalement les gens de leur race, même d’origine étrangère, « comme s’ils n’étaient pas à leur place ».

Aujourd’hui, hormis quelques rares Européens et Asiatiques de passage, c’est entre Noirs qu’ils s’y retrouvent et dans des relations très fraternelles et conviviales. Dans les bars de ces palaces, comme dans les autres lieux de plaisirs désertés par les Blancs, une frange de la jeunesse intellectuelle locale y refait tous les soirs le monde, ou plutôt leur Zimbabwe.

Les Blancs qui ont fui la ville sont partis avec leurs titres de propriété, s’ils ne les ont pas vendus à la va-vite ou confiés à des notaires. En attendant des lendemains meilleurs...

Mais la nature humaine a également horreur du vide. Le pouvoir a mis la main sur beaucoup de biens immobiliers en déshérence. Des maisons laissées à l’abandon sont squattées par des privilégiés sur les agissements de qui les autorités locales ferment les yeux, en toute complicité bienveillante.

Comme à Greendale, une banlieue résidentielle, à 12 km du centre de Harare, dont des villas abandonnées par leurs propriétaires Blancs sont de plus en plus investies par les Noirs. Dieu seul sait de quoi demain sera fait ici.

Le calvaire des banlieusards

Très « city londonienne », le centre-ville de Harare est bien plus occupé par des commerces, hôtels, bureaux et autres lieux de travail que par des locaux à usage d’habitation.

La multitude étouffe plutôt dans les lointaines banlieues. Dans les bidonvilles où l’exode rural provoqué par « la révolution agraire » a fait exploser la demande en habitats de fortune. Des ghettos où les anciens ouvriers agricoles chassés par les nouveaux propriétaires de fermes sont venus s’entasser ont été rasés par le gouvernement.

Hatfield, Chitungwiza, White Cliff Farm et Mbare ont ainsi subi la rage des bulldozers en 2005 et 2006, rappelle-t-on.

L’opposition avait vu derrière ces opérations, le sombre dessein du pouvoir en place de chasser des villes ses soutiens potentiels qui se recrutent largement dans les couches pauvres des banlieues.

Le gouvernement lui avait prétexté la montée de la criminalité et les risques de maladies imputables à la promiscuité. Mais sans offre alternative de logements décents. A dix-sept heures tapantes, le cœur de Harare commence à se vider de son trop-plein de monde. Le soir tombé, les rues de « Down town », sont quasi-désertes, comme du temps de la ségrégation raciale, quand les Noirs ne pouvaient pas traîner en ville au-delà d’une certaine heure. Çà et là, quelques noctambules indécrottables jouent avec la nuit ; des péripatéticiennes étalent leurs charmes sous les réverbères, aux abords des parcs...

Entre-temps, les derniers banlieusards à quitter le centre-ville auront passé un temps fou devant les arrêts de bus avant de pouvoir embarquer pour leur lointaine destination qu’ils mettront des heures à atteindre. Ce calvaire, ils le subissent au quotidien, parce que les compagnies de transport ont toutes les peines du monde à se procurer du carburant.

Les prix à la pompe flambent vertigineusement. Du fait de « l’encerclement » anglo-américain, le Zimbabwe a du mal à s’approvisionner en pétrole. Le pays regorge d’énormes richesses minières dans son sous-sol, mais point de pétrole. Et ce n’est pas seulement ce précieux liquide qui lui manque...

Etre millionnaire en dollars et rester pauvre

Sourire en coin, un adolescent s’adresse à son père en lui tendant un billet de 10.000.000 dollars zimbabwéens : « Je t’avais juré que je serais millionnaire avant mes vingt ans. Voilà qui est fait ! ». Mais il y a millionnaire et millionnaire. L’être en dollar zimbabwéen n’est pas nécessairement signe de grande richesse. A moins d’en accumuler des quantités incommensurables.

Tout le monde est assurément millionnaire ici, mais le grand nombre reste pauvre. Et pour cause. 10.000.000 Z$ valent 330 US$ au cours officiel, mais pas plus de 2 US$ sur le marché noir, soit environ 900 francs CFA*. Cet écart de change est d’une grandeur telle que le commerce de l’argent est la gymnastique préférée à Harare. De la plus haute sphère jusqu’au bas de l’échelle sociale.

Les membres du gouvernement et du Zanu-Pf, que d’aucuns appellent « les deux cents familles », ont presque tous librement accès aux réserves de la Banque centrale. Ils peuvent y obtenir, à volonté, des dollars américains en échange de dollars zimbabwéens. Ils réalisent de fabuleux gains en écoulant ensuite ces devises fortes sur le marché noir. En effet, chaque dollar américain officiellement acheté à la Banque centrale à 30.000 Z$ leur rapportera entre 5.000.000 et 6.000.000 Z$, revendus sur le marché parallèle. Et le système fonctionne comme une noria justifiant nombre de ces rutilants véhicules neufs qui abondent dans les rues de Harare, malgré la crise.

A un niveau plus bas, le marché noir du dollar américain est alimenté par l’argent envoyé à des Zimbabwéens par des parents et proches exilés dans les pays voisins, en Europe ou aux Etats-unis. Il ne s’agit point des sommes qui passent par Western Union ou les banques. Par ces canaux, devant lesquels il y a de longues queues toute la journée, bénéficiaires de transferts ou titulaires de comptes ne peuvent d’ailleurs retirer que de la monnaie locale, pour des montants dont le plafond vient juste d’être porté de 50 à 500 millions de Z$, le 18 janvier dernier. Les devises fortes émanant des émigrés et écoulées sur le marché noir transitent plutôt par des voies clandestines. Des gars comme Zed Mpoperi noient leur spleen et vivent grâce à cette manne, en rêvant tous de quitter le pays.

A défaut d’un commerce de meilleur aloi et profitable à la dynamique économique du pays, le marché noir de du dollar américain prospère à Harare. La traque policière orchestrée par l’Etat contre les trafiquants de devises, ces « criminels économiques », dans les hôtels, les entreprises, le commerce et le secteur informel n’y fait rien. Le maître mot des uns et des autres semble être : s’enrichir ou survivre, quoi qu’il en coûte.

(*) 1 franc Cfa équivaut à environ 11.000 dollars Zimbabwéens.

Une coquille d’apparence très belle, mais vide

Il y a de moins en moins de marchandises dans les grandes surfaces, magasins et boutiques de Harare. Les stocks sont difficilement renouvelés. Les opérateurs économiques peinent à trouver des devises et des partenaires extérieurs pour importer. Les industries sont au plus bas de leur rendement par manque de matières premières et d’énergie. Le Zimbabwe qui était, il n’y a guère, producteur et exportateur de blé, est maintenant à court de froment. La production de céréales ne couvre plus que le tiers des besoins, faute de semences et d’engrais, principalement. Un fonctionnaire international sénégalais en poste à Harare révèle qu’il profite de ses retours épisodiques au pays pour s’approvisionner en denrées de première nécessité : riz, sucre, lait, farine, sel, etc. La ville donne l’image d’une coquille, très belle d’apparence, mais vide à l’intérieur.

Les produits de consommation courante s’y raréfient et renchérissent, jour après jour. Quand on en trouve sur le marché, au kilo, la pomme de terre est à 24.000.000 Z$ (dollars zimbabwéens), la tomate à 1.450.000, le haricot vert à 2.000.000, l’oignon à 1.500.000, le concombre à 1.000.000. La baguette de pain est 2.000.000 Z$. Le pouvoir d’achat local est complètement mis à terre par une inflation vertigineuse, corrélative à une incroyable dépréciation de la monnaie locale.

Le « business » parallèle pour survivre

Dans l’état actuel des choses, le taux réel de l’inflation avancée par le Fonds monétaire international (150.000 % !!!) est nettement plus proche de la réalité vécue que celui qui est affiché par l’Etat (400%). Sarah Ncube, une femme au foyer rencontrée dans un de ces complexes commerciaux où l’on trouvait de tout, quelques années plus tôt, se souvient de ce « bon vieux temps », quand avec 800 Z$, elle remplissait trois caddies de produits divers. Maintenant, elle ne peut même pas se payer une baguette de pain avec.

Et plus la monnaie locale continuera à perdre de sa valeur, plus les prix flamberont. Le dollar américain vaut officiellement 30.000 Z$. Mais on vous l’échangeait, ces dernières semaines, entre 5.000.000 et 6.000.000 Z$. Et certainement plus, ces jours-ci, à l’allure où vont les choses.

A Harare, ce dont les travailleurs se plaignent le plus, c’est la modicité de leur revenu. James Chikane, un cadre administratif, avoue que, avec des salaires mensuels dont les plus costauds dépassent rarement 100 millions de Z$, l’on ne peut que vivoter, au regard du coût élevé de la vie. Le salaire moyen d’un travailleur couvre à peine son transport pour une dizaine de jours, avance-t-on. Comme la plupart de ses compatriotes, Bob Mufamadi, chauffeur dans une entreprise de location de voitures, ne survit que grâce à du « business » parallèle. Les uns et les autres sont dans l’agriculture périurbaine, le marché noir ou le change informel fortement réprimé. Le petit commerce à la sauvette, inimaginable il y a quelques temps, commence à faire une timide apparition dans les rues de Harare.

Sauve-qui-peut chez les cadres

Ailleurs, à plus haut niveau, c’est le sauve-qui-peut. Un nombre croissant de cadres partent vers les pays voisins ou occidentaux. Cette saignée est atrocement vécue dans la Santé et l’Education, deux secteurs dont les réalisations, la bonne tenue et les performances faisaient jusque-là la fierté du gouvernement Mugabe.

Selon Raymond Majogwe, le président du « Progresssive Teachers Union of Zimbabwe », dont les propos ont été repris dans le « Financial gazette » du 24 janvier dernier : « les enseignants vont continuer à fuir le pays, cette année encore, à cause de la récession qui empêche la plupart d’entre eux de survivre économiquement avec leurs maigres salaires ».

Pour les mêmes raisons, les médecins continueront de déserter massivement les hôpitaux pour d’autres pays comme l’Afrique du Sud, laissant derrière eux des « blouses blanches » aux compétences douteuses. Un expatrié témoigne : le montant des trois salaires qu’il verse à son personnel domestique, 100 US$ au total, est plus important que ce que gagne un médecin ou un professeur d’université ! Harare respire encore une franche dignité

La crise est assurément réelle au Zimbabwe. Mais, loin des banlieues pauvres, elle ne saute pas aux yeux d’un Sahélien qui débarque à Harare et qui ne se promène que dans « Down town ». Les signes extérieurs de pauvreté ou d’appauvrissement ne sont pas encore très apparents dans Harare intra muros, comme ils le sont au cœur des capitales ouest-africaines.

Les niveaux de développement étaient, jusque-là, très loin d’être comparables. Harare respire encore une franche dignité et une aisance relative qui risquent, cependant, de se conjuguer irrémédiablement au passé, si la crise économique et politique qui l’asphyxie perdure.

Les fondamentaux du pays ont été fortement ébranlés, mais ils restent solides. L’appareil de production est grippé, mais ne demande qu’à être relancé pour se remettre à flot. Le marché monétaire et financier fonctionne, même si tout le système tourne bien en deçà de son régime normal, presque à vide. Malgré le marasme ambiant, des journaux comme « The Herald » ou « The Financial gazette » sont quotidiennement pleins d’annonces publicitaires. C’est le signe de potentialités qui refusent de sombrer, d’une vitalité qui entend résister à l’étouffement.

Il suffirait que l’étau anglo-américain se desserre, que la justice sociale soit restaurée sans de dommageables heurts entre les communautés blanche et noire, que les flux commerciaux et financiers entre le Zimbabwe et le reste du monde reviennent à la normale et que les indispensables changements politiques s’opèrent pour que le pays retrouve son tonus économique. Harare restaurerait alors son lustre. Elle redeviendrait une des perles urbaines les plus brillantes de l’Afrique australe.

Des élections à haut risque

Quelque six millions de Zimbabwéens sont appelés aux urnes, ce 29 mars, pour les élections présidentielle, législatives, sénatoriales et locales les plus incertaines de leur histoire, dans une conjoncture politique et économique fort critique. La Société civile locale ne cache guère son inquiétude quant à l’issue de cette double consultation à très haut risque de troubles et de déchirures. Sur la toile de fond d’une crise profonde, les tenants du pouvoir et l’opposition sont dans un antagonisme qui peut produire un chaos pire que celui qui a failli engloutir le Kenya dans la guerre civile.

Candidat pour la sixième fois de suite à la magistrature suprême qu’il occupe sans partage depuis vingt ans, le président zimbabwéen Robert Mugabe reste plus que jamais convaincu que, cette fois encore, il l’emportera. Il assure que « jamais, de son vivant, il ne verra l’opposition arriver au pouvoir ». Mais à quatre-vingt-quatre ans, le vieil homme n’a véritablement plus l’immense popularité du héros de la libération qu’il fut et du pragmatique bâtisseur qui a placé le Zimbabwe sur la voie de la croissance et du développement pendant des années.

L’autocrate qu’il est devenu, par la suite, en réaction à ses ennemis intérieurs et extérieurs, est comptable de la ruine économique du Zimbabwe, du fait de la plus haute responsabilité qu’il assume.

Le président Mugabe s’en défend, considérant que son pays est victime du sabotage des puissances occidentales, avec comme tête de file la Grande-Bretagne les Etats-unis. Il les accuse de comploter pour le chasser du pouvoir, à cause de sa réforme agraire au profit de la paysannerie noire de son pays.

Il est en train de faire courir le bruit que des centaines de personnes, sous couvert d’Organisations non-gouvernementales, auraient été envoyés par ses contempteurs étrangers pour déstabiliser le Zimbabwe et créer les conditions propices à la prise du pouvoir par le candidat de l’opposition qui a leur faveur, Morgan Tsvangirai, le leader du Movment for democratic change (Mdc), en l’occurrence.

Il est le principal challenger de Mugabe. Les autres sont Simba Makoni, un ancien ministre des Finances issu d’une faction du Zanu-Pf et Loughton, tous deux candidats indépendants.

Le Mdc est véritablement la première force d’opposition à Mugabe. Il est connu pour sa proximité avec la minorité blanche du pays et le soutien dont il bénéficie de l’ancienne puissance coloniale britannique. Il a son vivier électoral dans les milieux ouvriers et les banlieues pauvres. Pour que son candidat puisse s’imposer, par les urnes à tout le moins, il lui faudra ratisser large dans le monde rural qui constitue l’immense majorité de l’électorat zimbabwéen et où le président sortant a fait, jusque-là ses meilleurs résultats. C’est très certainement conscient qu’il ne ferait que renforcer les positions de Robert Mugabe dans l’électorat rural en continuant à l’attaquer sur sa « réforme agraire » que Morgan Tsvangirai a changé son fusil d’épaule, durant la campagne électorale. Il s’est en effet engagé, s’il est élu président, à ne pas revenir sur ce programme lancé par le gouvernement, il y a sept ans.

Morgan Tsvangirai est comme assuré de sa victoire prochaine. Il affirme qu’il a déjà suffisamment d’argent (celui de ses alliés occidentaux ?) pour engager les réformes qui vont sortir le Zimbabwe de sa léthargie économique, réapprovisionner le pays en denrées de première nécessité, relancer les activités et la création d’emplois. Il a prétendu que les forces de l’ordre s’étaient engagées à lui faire allégeance. Et que des forces extérieurs viendraient rétablir la vérité des urnes en sa faveur, au cas où Mugabe serait, contre toute attente, déclaré vainqueur à l’issue d’un scrutin qui ne pourrait alors être que truqué.

Comment s’en assurer franchement ? Aux dernières nouvelles, les pays qui enverront des observateurs pour superviser le scrutin du 29 mars ont été triés sur le volet. Ils sont 33 au total dont 23 africains. Aux dires du ministre zimbabwéen des Affaires étrangères repris par la presse locale, Samuel Mumbengegwi : « les observateurs étrangers étaient sélectionnés sur la base de réciprocité, d’objectivité et d’impartialité dans leurs relations avec le Zimbabwe ».

La précision est que les pays et organisations qui pensent que les élections ne seront libres et équitables que si l’opposition les gagne, ont été exclus. Un scenario à la kenyane se dessine au Zimbabwe...


Un reportage d’Amadou FALL

Source: Le Soleil

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Vendredi 28 Mars 2008


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