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REPORTAGE ILES DE DIEMBERING: Un paradis laissé à lui-même

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La zone des îles de la communauté rurale de Diembéring est un hameau de paix et de prospérité pour tout visiteur. Avec une population d'environ 7.000 habitants, cette zone abrite sept îles gâtées par une nature vraiment généreuse. De l'eau en abondance pour les rizières et en permanence à cause des nombreux affluents du fleuve Casamance. Hélas, derrière cette figure de carte postale, se cachent les véritables pro­blèmes que rencontrent les populations pour accéder au reste du monde. Là, les piro­gues restent le seul moyen pour regagner le continent. Le développement y est étouffé par le manque d'infrastructures de base et l'absence d'une bonne politique touristique pour vendre cette destination. Heureusement que les populations de ces îles ne comp­tent plus rester les bras croisés. Reportage au cœur de l'île de Wendaye.



REPORTAGE ILES DE DIEMBERING: Un paradis laissé à lui-même
La zone des îles, comme son nom l’indique est constituée de sept îles : Wendaye, Ehidj, Ourong, Carabane, Diogué, Sifoka et Cachouane. Les derniers recensements ont dénombré pas moins de 7.000 âmes qui y vivent. Les principales activités dans ces îles restent la pêche, très florissante, et l'agriculture.

Pour se rendre sur l'une des îles indiquées plus haut, Katakalouss est le point de départ et de chute pour celui qui vient de Ziguinchor. Il s'agit d'une bour­gade située à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale du sud.

16 heures. Nous embarquons à bord d'une pirogue, motorisée à destination de Wendaye, l'une des îles, que plusieurs fans de football ont déjà rejointe pour la finale de la zone 7 entre Cachouane et Djogué. Nous sommes une dizaine à bord de cette pirogue, qui à peine après avoir pris le départ, n’inspire plus confiance. Non sen­lement le «capitaine» se met à éco­per l'eau de la cale, mais il n'y a aucun gilet de sauvetage en vue. « Il faut faire avec », nous souffle un habitué du trajet. L’horizon se dessine au loin et laisse entrevoir un mur de palétuviers le long des côtes. Derrière le sillage qu'en­traine le passage de la pirogue sur l'eau, nous voyons des essaims de poissons accompagner la houle suscitée par cette eau très riche en ressources halieutiques. Les palétuviers qui s'étendent à perte de vue sont ancrés dans plusieurs périmètres, comme pour marquer leur territoire. Le martin-pêcheur y a installé ses quartiers. Ainsi, on y trouve une bonne variété d’oiseau qui ont fait de cette zone leur lieu de prédilection. Les deux femmes à bord de la pirogue, dans leur dialecte, se mettent à rire d’un

des passagers, non moins journaliste, qui pour sa première fois embarque dans ce moyen de transport pas du tout rassurant avec les balancements provoqués par les vagues. «C'est la première fois qu’il monte à bord d'une pirogue ?», s'exclame l'une d'entre elles. «Ici au Cassa, nous vivons avec l'eau tout autour de nous. Toutes les femmes savent nager et pêcher. Détendez-vous, en cas de pépin, nous allons vous sauver», ironisent-elles sans désintéresse­ment.

À 15 mn dans notre trajet, nous apercevons Ehidj à l'ouest de l'île des fétiches, connu pour son bois sacré très vénéré et respecté par les populations de la basse Casamance. De loin, nous voyons une végétation luxuriante qui est enveloppée d'un mur d'arbres ver­doyant, ne laissant apercevoir aucune habitation intérieure. Cinq minutes plus tard, nous sommes en escale à Ourong. Le terminus pour les deux femmes à bord. Elles sont de cette île. À quelques mètres des habitations de fortune, le banc de sable se mélange avec le sol boueux des marécages, avec la mangrove comme rempart. Deux jeunes filles se baignaient à ce quai de débarquement informel. Comme des poissons dans l’eau, les deux petites filles se chargent de prendre les bagages de leurs parents qui viennent d’Oussouye, où elles étaient parties vendre des produits halieutiques. Le moteur de la pirogue se remet en marche, crachant de temps en temps, des rejets d’huile sur la coque. Les jeunes filles, après nous avoir accompagné une dizaine de mètres à la nage, nous font un signe d’adieu, ramant à contre-courant sur ces eaux qui reflètent vivement les rayons du soleil, à deux heures de la tombée de la nuit. A quelques encablures de l'île de Wendaye, nous apercevons Elinkine, célèbre pour sa base militaire. Plus loin, les échos des supporters en plein dans le match qui opposait l'île de Djogué à celle de Cachouane, nous parviennent.

Wendaye : l’île aux multiples facettes

Au débarcadère de l'ile de Wendaye, seul un petit restaurant en chaume et en feuilles de palétu­vier vous fait remarquer une oeuvre humaine. La nature ici est généreuse et elle est omniprésente dans une constante datant de la nuit des temps. La descente sur cette île n'est pas de tout repos. La marée est encore basse et nous venons de parcourir pendant 40 minutes, les eaux poissonneuses et déchainées des bras du fleuve Casamance. La pirogue s’enlise dans de la boue. Le débarquement s'est fait un compte goutte compte tenu du sol qui ne laissait aucune chance aux pieds nus qui ne cessaient de s'enfoncer dans la boue. À 30 centimètres, les pieds rencon­trent malencontreusement des coquilles enfouies dans ces maré­cages, lacérant les partiés inférieu­res des membres.

La route qui mène au stade fait 700 mètres et passe entre les riziè­res où sur des sillons à perte de vue, exalte cet or encore vert qu'est le riz. Une véritable richesse. Les allées serpentées qui conduisent au terrain de football de l'ile sont escarpées, où quel­ques flaques d'eau font de la résis­tance face à une température qui plafonne vers les 30° Celsius. Les supporters, eux, ne se souciaient guère de ce paysage de conte de fées, plutôt préoccupés à rentrer avec une victoire. Quelques habi­tations sommaires sont visibles à partir du terrain de football. Comme le foyer des jeunes où une plaque solaire sert une hypothétique quantité d’électricité. Dans cette grande salle, une cinquantaine de téléphones portables sont branchés. Plus loin, un forage qui fournit de l’eau potable qui, ici est une question importante. Plus loin, nous apercevons des vaches en pâture divaguant entre les hautes herbes et les prés des environs. Ces vaches, vue leur poids, laissent supposer qu’elles broutent à satiété. En fait, l’élevage de bovins est une activité très florissantes, à côté de la pêche et de la riziculture. « Le Diola se nourrit du riz qu’il cultive depuis toujours et il en garde dans son grenier ; car celui-ci ne doit jamais être vide. Avant même la colonisation, ces zones ont été toujours autosuffisantes ; et surtout pas question de revendre ce riz», nous enseigne un habitant de Wendaye venu assister à la ren­contre.

La pêche est l'un des maillons forts de l'économie locale de l'île puisque plusieurs jeunes se sont investis dans cette activité lucra­tive, malgré les risques encourus. Les gilets ne sont pas encore entrés dans les meours et la pêche ici est surtout artisanale. En somme, il s'agit d'une activité de subsistance qui aide souvent les élèves de la localité, à travailler pendant toute les vacances pour pouvoir acheter des fournitures à la rentrée des classes. Victor Faye est étudiant à la Faculté de droit de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar et habitant l’île de Carabane. Victor est aussi pêcheur en plein temps pendant les vacances. « Avec des amis, je peux gagner jusqu’à hauteur de 250.000frs dans la pêche pendant les deux mois de vacances. Il suffit d’avoir la volonté, car c’est une activité très fructueuse », déclare Victor Faye présent à cette finale pour supporter l’équipe de Diogué.

« Les bateaux taxis pour le désenclavement des îles »

«La mobilité entre les îles connaît vraiment des écueils même si chaque île possède au moins une pirogue pour les déplacements», nous indique Tombon Gaye, président du Conseil rural de Diémbéring. À titre d'exemple pour l’organisation de cette finale, il a fallu plusieurs rotations des pirogues du matin jusqu’à après midi pour transporter les joueurs et les supporters. Pour résoudre le problème le Pcr lance un appel à l’Etat pour « mettre en place un système de bateaux taxi pour faciliter la mobilité entre les îles. » Et d’insiste : « Aujourd’hui c’est le véritable défi pour notre communauté rurale. Ces bateaux, comme dans certaines villes du pays va permettre de gagner du temps et aider les populations à acheminer en urgence les malades .» D’ailleurs, comme pour illustrer ces propos, à la fin de cette finale, un joueur de Diogué blessé au front suite à un télescopage avec un adversaire, est étendu à même la boue, au lieu d’embarquement, attendant la pirogue qui devait les transporter vers le dispensaire le plus proche. Son front a besoin de point de sutures. Hélas, ce n'est que vers 20 heures, alors que l'obscurité totale frappe l'île, que la pirogue a pris le chemin du retour. Les lumières des portables ont fait le reste.

Préservation de la man­grove :100.000 propagu­les plantées dans les îles

La mangrove est un écosystèmes très riche et productif. Sa faune est indispensable à la vie des communautés cotières puisqu’on y retrouve plusieurs espèces animales : huitres, crabe, crocodiles, loutres, singes, oiseaux, poissons... Ces différentes espèces éli­sent domicile dans cet écosystème et les poissons en ont fait leur lieu de nurserie. La superficie des forêts de mangrove a fortement diminué. Elles ne couvriraient en 2008 que 80.000 hectares, soit une réduction de 50% par rapport à l'année 1980 par exemple.

Pour protéger les îles contre l'érosion côtière, l'entretien de la mangrove à travers la plantation de milliers de propagules, est un message qu'ont bien compris les populations des îles. En effet, ces mêmes populations uilisent le bois de mangrove pour la cuisine. La récolte des propagules est soutnue par l’Océanium de Dakar qui a comme objectif d'atteindre 30 millions de palétuviers reboisés pour toute la Casamance. Ainsi, les volontaires de ce projet, en ramassant les propagules qu'ils reven­dent à 1.000 francs Cfa le sac à l’Océanium, contribuent à la régénérescence de la mangrove dans les îles. Selon Malick Sylla, le coordonnateur du projet dans les îles, 100.000 propagules ont été plantées graces aux volontaires à Cachouane. Ce programme vise à préserver la biodiversité qui est menacée par les changements climatique et à entretenir ces habi­tats naturels de centaines d'espè­ces.» Mais il reconnaît que même si les débuts étaient difficiles, aujourd’hui les populations ont beaucoup adhéré à ce secteur d'activités. D’après son analyse, Malick Sylla trouve que le reboisement de la mangrove en Casamance est une urgence écologique.

Boubacar SOW
Source Walf Grand Place

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Mercredi 14 Octobre 2009





1.Posté par Paco Diola le 14/10/2009 17:01
Merci Boubacar SOW pour ce beau reportage dans ce paradis mais malheureusement vous n'avez pas parlé de ma chére Carabane.
J'adore cette zone.

2.Posté par boydkr le 14/10/2009 21:56
toi aussi il faut mettre des photos

3.Posté par lamine sané le 15/10/2009 14:15
Nous avons besoin de ce genre de reportage pour connaître notre propre pays. Merci beaucoup Boubacar SOW

4.Posté par diara le 23/10/2009 16:10
C'est vraiment super, il faut que l'Etat investisse dans ces îles. Les politiciens ne font rien pour la Casamance!

5.Posté par lebou ngor le 23/10/2009 21:15
la casamance en elle meme est super c'est pourquoinous ne devons pas laisser ces salauds de politiciens mettre le feu a notre paradis comme ils ont fait e cote d'ivoire

6.Posté par lamine diop le 29/01/2016 15:21
Merci pour ce reportage
J'habite à Cachouane et je voudrais just dire aux sénégalais qu'il existe des endroits magnifique aux sénégal
Peut etre un clic sur ce lien vous renseignera plus
[http://cachouaneparadise.e-monsite.com/]

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